Ayiti chérie! Je pleure pour toi!
Vous n’êtes certainement pas sans savoir que le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental a été frappé par quatre ouragans consécutifs en cette saison. La situation est dramatique, et comme d’habitude, si les projecteurs du monde entier se tournent momentanément sur ce pays qui occupe la partie occidentale de l’île d’Hispaniola, ils ne sont que temporairement braqués sur la misère, le temps, par exemple, pour deux stars de se montrer en train de «faire du bien» (ici, Matt Damon et Wyclef Jean). Cela va-t-il contribuer à changer les choses? On ne peut que l’espérer… mais j’en doute. Ce pays souffre depuis 200 ans d’interventions étrangères avortées qui ne font qu’empirer la situation.
L’une des villes les plus affectées est la deuxième ville en importance du pays: Gonaïves. Cette ville située à un peu plus d’une centaine de kilomètres au nord de la capitale (un trajet qui prend au moins trois heures vu les routes défoncées et qui est impossible présentement à cause des ponts écroulés). J’y fus pendant mon séjour en 2002. J’y ai passé une semaine, résidant au Collège Immaculée-Conception, que tient la communauté religieuse dont je faisais alors partie. Cela m’a ouvert les yeux sur les beautés et les misères de ce pays, surnommé la «perle des Antilles».
La ville de Gonaïves se trouve déjà sous le niveau de la mer. En fait, la terre est tellement gorgée d’eau que, même par temps sec, il n’est pas nécessaire de gratter très profondément pour trouver de l’eau. Présentement, le tout se trouve inondé… La famine — et bien sûr la maladie — guette.

Le mont Biénac se dresse au nord de Gonaïves. On le voit ici des marais salants. On ne pourrait pas illustrer plus clairement le problème criant posé par le déboisement de ce pays. (14 mars 2002)
Bon courage, amis d’Ayiti! A Dié vlé!





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