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Bonne fête?

1UTC Lundi 21 avril 2008 Laisser un commentaire


C’est aujourd’hui le Jour de la Terre. Depuis 1970, alors que les premiers véritables mouvements écologistes prenaient leur envol, nous aurons souligné 38 anniversaires… Que ferez-vous aujourd’hui pour que ce soit un peu la fête de notre bonne vieille terre, la seule que nous ayons?

Pour ma part, j’ai l’intention de demeurer à la maison (réduisant ainsi ma part de pollution atmosphérique) et de me plonger dans la révision de mon article sur les «Diverses lectures de l’histoire sourde au Québec» que Charles attend avec impatience depuis décembre dernier.

Et je prierai. Pour un peu plus de justice sur cette planète. Pour Haïti, ce pays que j’aime et qui est une fois de plus déchiré en grande partie à cause de nous et de notre confort (crise alimentaire provoquée en grande partie par l’engouement pour les biocarburants). Pour que s’ouvrent les yeux de ceux qui nous dirigent, surtout dans cette province qui fait tant reculer le Canada sur le plan environnemental.

Ils ont le pétrole…

1UTC Vendredi 28 mars 2008 Laisser un commentaire

Certains d’entre vous se souviendront de la chanson de Michel Sardou (1979)… Je l’entendais hier (oui, elle fait partie des trois mille et quelque tounes enregistrées sur mon ordinateur et que je fais jouer au hasard pendant que je travaille) et tout-à-coup il me semblait que cette chanson s’appliquait drôlement à l’Alberta, même si elle vise évidemment autre chose. Disons qu’ici, pour «le bon pain» et «le bon vin», il faut parfois faire des détours…

Avant même mon arrivée ici, j’avais fait l’inventaire des épiceries disponibles. D’abord, précisons qu’il n’y a à peu près pas d’épiceries spécialisées (ou bien elles sont bien cachées). La seule que j’ai trouvée est une minuscule boutique, la Tienda latina, qui se trouve sur la rue Ross et qui vend, vous l’avez deviné, des accessoires pour cuisine hispanique. Le choix n’est pas terrible et est principalement orienté sur l’Amérique centrale. On y trouve par contre des habitués sympathiques qui viennent y prendre le café pour un brin de causette. Il y a aussi un marché extérieur estival où je n’ai pas eu le temps d’aller avant qu’il cesse ses activités pour l’hiver. Je me promets d’y aller cet été. On trouve aussi une poissonnerie où je ne suis pas encore allé et, depuis peu, une boucherie spécialisée qui, entre autres, tient de la viande de bison d’élevage. Il n’y a cependant pas de boulangerie ni de fromagerie.

Il faut donc se contenter des grandes chaînes. Éliminons d’emblée Safeway. C’est une chaîne étatsunienne et ils n’ont pas besoin de mes dollars. Idem pour Wal-Mart et Costco, où je ne mets jamais les pieds, encore une fois par principe. Cela nous laisse le choix entre The Real Canadian Superstore, un membre de la grande famille Loblaws, Sobeys, une compagnie néo-brunswickoise et Save-on-Foods, une chaîne de la Colombie Britannique. Il ne semble pas y avoir de chaîne indigène (d’origine albertaine), sinon peut-être Co-op, mais le choix à cet endroit n’est pas terrible.

Pour ceux qui vivent au Québec, Superstore, c’est l’équivalent de Maxi & Cie: la moitié du magasin est une épicerie et l’autre un concurrent de Wal-Mart: on y trouve des vêtements, de la literie, des jouets, des meubles en kits, des accessoires de jardin et tout plein d’articles saisonniers en plus d’une pharmacie, d’un nettoyeur, et que sais-je encore. Si Ben Béland était du cru, il ne dirait pas «et chez Jean-Coutu pour le restant» en parlant des habitudes de magasinage, mais bien «et chez Superstore pour le restant». (Bon, je sais, je viens de révéler mon âge et celui de mes lointaines références télévisuelles, ici).

Le choix est assez bon et c’est probablement l’épicerie où l’on trouve généralement le panier le moins cher, mais je déteste profondément ce magasin. D’abord, pour obtenir un panier d’épicerie, il faut insérer une pièce d’un dollar dans un mécanisme logé dans la poignée, ce qui permet de dégager une chaînette attachée aux autres paniers. Pour récupérer sa pièce de monnaie, il faut rattacher le panier à un autre. Cela évite que les clients partent avec les paniers et les laissent traîner un peu partout, mais je n’ai pas toujours de pièces de 1$ sur moi… Il y aussi quelque chose en moi qui s’oppose à toute forme de contrôle du genre. De plus, on ne peut pas entrer dans ce magasin sans se faire «accueillir» par des employées plutôt agressives (ce sont généralement des femmes d’un certain âge) qui s’assurent que l’on n’entre pas à cet endroit avec un sac au dos. C’est curieux, pourtant, depuis que mon sac à dos est décédé après dix ans de bons et loyaux services et que je l’ai remplacé par un sac en bandouillère — qui contient pourtant la même chose! — on ne me dérange plus! Je suppose que cela passe davantage pour une «sacoche». Et troisièmement, il y a un prix à payer pour obtenir les meilleurs prix en ville: il faut accepter de faire la file interminablement aux caisses (car ils n’embauchent que le minimum nécessaire de personnel pour maximiser les profits). Depuis peu, ils ont installé des caisses automatisées, mais encore une fois, elles sont surchargées. En plus, on doit payer ses sacs d’épicerie si l’on n’a pas de sacs réutilisables. Je comprends le principe écologique, mais je suis beaucoup trop conscient que le réel motif de la chose est encore une fois d’augmenter les profits du magasin… J’évite donc d’aller à cet endroit et lorsque j’y vais, c’est surtout pour des articles non-alimentaires ou en vrac. Je m’apporte de la lecture. L’autre jour, je voulais arrêter en passant (c’est la seule épicerie sur le trajet régulier de ma maison au collège) pour prendre des bananes que j’avais oublié d’acheter la veille en faisant l’épicerie. Un coup d’œil aux files d’attente aux caisses m’a carrément fait virer les talons. J’allais me passer de ce fruit jusqu’à la semaine suivante.

La première épicerie où je suis allé à mon arrivée (vous savez, L’ÉPICERIE, celle qui coûte une fortune lorsque l’on emménage), ce fut Sobey’s. Leurs magasins sont agréables, vastes, bien décorés… mais c’est probablement là où j’ai payé le plus cher de ma vie. Plutôt que d’acheter des réserves, je me suis procuré le strict nécessaire pour manger quelques jours, me disant que je trouverais bien un meilleur endroit. Un exemple: le jus Tropicana en contenant de 3.78L coûtait 8$ (je sais, j’ai des goûts de luxe). De plus, pas moyen de trouver un pain (exception faite de l’excécrable «Wonder Bread» à la mie blanche et pâteuse) à moins de 3$. Je préfère le multigrain… il faut croire que la santé a un prix! Je me souvenais avoir payé moins cher au Superstore lors de mon passage de juillet, lorsque je cherchais un logement. Je n’ai plus remis les pieds chez Sobey’s depuis, sauf une fois, il n’y a pas très longtemps, où je suis allé visiter celui qui se trouve près de chez moi à la recherche d’articles nécessaires à la préparation d’un plat de dernière minute. Je ne voulais pas prendre la voiture pour me rendre à mon épicerie régulière. Ils n’avaient évidemment pas de fenouil… ils ne savaient même pas ce que c’est!

Finalement, au fil de mes explorations, j’ai abouti chez Save-on-Foods, qui est devenu mon fournisseur régulier. L’endroit est plutôt sympathique et la succursale où je vais (il y en a deux à Red Deer) se trouve dans un espace qui regroupe plusieurs autres commerces, dont une clinique vétérinaire où mes chats ont un dossier et un optométriste qui se spécialise dans le traitement de cas bizarres et étranges comme le mien. Cela m’évite donc des tours de roue pour faire mes courses. Le choix chez Save-on-Foods est adéquat et même un peu au-dessus de la moyenne de ce qui est accessible ici. Entre autres, on trouve d’autres fromages que le cheddar et le gouda.

J’ai toutefois acquis, au fil des années, des petits caprices alimentaires, oh, bien innocents, mais qui m’ont causé quelques maux de tête une fois mes réserves épuisées. Par exemple, je crois fermement que la vie est trop courte pour boire du mauvais café ou du mauvais vin. Comme je ne bois généralement qu’une seule tasse de café avec mon petit-déjeuner, j’aime bien qu’elle soit bonne. Je mouds moi-même mes grains de café Lavazza Qualità Oro importé d’Italie, puis je crée le divin breuvage grâce à une cafetière-moka (je me suis promis une véritable cafetière expresso électrique lorsque les finances se seront remises du déménagement). À Ottawa, je pouvais trouver ce café chez Loblaws, où d’ailleurs je trouvais à peu près tout ce qui m’était nécessaire, sauf quelques articles que j’allais me procurer au Marché Atwater lors de mes visites mensuelles à Montréal.

Ici, aucune épicerie ne vend de ce café. Certaines vendent des cafés équitables, ce qui est fort bien, mais je n’en ai malheureusement pas encore goûté un qui vaille la peine de changer mes habitudes, sinon ce café artisanal qu’on nous avait vendu à Port-au-Prince, torréfié à la main… un pur délice! Mais je n’ai pas les moyens de me rendre en Haïti régulièrement et je suis dépourvu de contacts qui parcourent ce trajet. Après quelques mois ici (et au moment où mes réserves de café baissaient de manière inquiétante), un collègue m’a mentionné un marché italien à Edmonton, un peu l’équivalent propret de la délectablement bordélique épicerie Milano du boulevard Saint-Laurent à Montréal… où je trouve dorénavant ces petites spécialités qui rendent la vie plus agréable: café, pâtes longues, pesto, tomates séchées, huile d’olive, vinaigre balsamique… entre autres! Ils ont aussi du pain frais, des pâtisseries, une sélection de chocolats impressionnante, et aussi des accessoires de cuisine. Comme je me rends régulièrement dans la capitale, j’en profite! Ce cri perçant que vous entendez, c’est celui de mon portefeuille qu’on égorge lorsque je passe la porte. Comme Oscar Wilde, je résiste à la tentation en succombant…

Il restait toutefois un problème durant mon premier mois ici: où trouver du vin décent (lire: autre chose que ce qui se vend dans les dépanneurs et épiceries au Québec) et du fromage de qualité? Pour le fromage, l’acheteur de Save-on-Foods fait des efforts et je trouve souvent ce que je veux et je peux passer des commandes spéciales. Oui, je trouve du Oka ici, mais aussi tout un assortiment de pâtes persillées et d’autres délices. De plus, on m’a éventuellement présenté un ancien prof du collège qui reçoit régulièrement des arrivages d’un grossiste et qui vend le tout au détail à des prix de gros. J’ai reçu de lui un fromage de chèvre divin et quelques autres délices qui ont fait ma joie en décembre, et ce à un prix incroyablement bas.

Pour le vin, il m’a fallu me renseigner auprès de collègues qui s’y connaissent. Ici, il n’y a pas de Société des alcools ou de LCBO. Il y n’y a pas de vin dans les épiceries et dépanneurs non plus, sinon de petites quantités de vin destiné à la cuisson. Le gouvernement contrôle le commerce des alcools, mais la vente au détail est privatisée. On trouve donc un peu partout des magasins aux noms évocateurs, des variations sur le thème «Liquor». Ici, impossible de ne pas savoir ce qu’ils vendent. Près du collège, un détaillant affiche en lettres immenses: «Cold Beer». Ce n’est pas qu’il soit difficile de trouver de l’alcool, mais si on cherche autre chose que de la bière, de l’alcool fort ou du pipi de chat, il faut faire un effort. J’ai finalement réussi à localiser deux fournisseurs: l’un d’eux est le détaillant d’alcools associé au Superstore, qui a probablement la meilleure sélection à bons prix en ville et l’autre s’appelle «Liquor Hutch». C’est un magasin un peu plus spécialisé, qui organise même des dégustations. On y trouve un peu de tout, mais à des prix légèrement plus élevés. Il y aussi ce magasin haut-de-gamme à Calgary où j’ai trouvé du rhum Barbancourt en janvier… mais là, je n’ai même pas osé acheter autre chose: les prix sont carrément indécents pour mon modeste budget. D’ailleurs, ce n’est pas que le vin fasse partie de ma diète régulière, mais justement, puisque c’est un aliment de fête, il faut bien qu’il en soit digne! J’ai finalement de quoi satisfaire mes goûts de luxe. Voir aussi à ce sujet mon article portant sur les magasins d’alcools.

Je me permets une parenthèse sur les restaurants de cette charmante ville. Red Deer, vous l’aurez deviné, n’est pas exactement une capitale culturelle, ni le point de rencontre des saveurs du monde. Les restaurants sont à l’avenant. Si vous consultez le guide touristique de Red Deer à la section restauration, vous pourrez admirer une liste complète d’à peu près toutes les chaînes de «cuisine familiale» de l’Amérique du Nord. Il y a bien quelques restos indépendants, mais il faut chercher. Les meilleurs, étrangement, sont des restaurants ethniques: le buffet indien Tandoor & Grill est de loin le meilleur restaurant en ville et pour ceux qui n’aiment pas la nourriture indienne, ils offrent un menu occidental, mais à quoi bon? Las Palmeras, restaurant mexicain et Tex-Mex vaut lui aussi le détour. Il y a deux restaurants de sushi, dont un seul, Shiso, vaut parfois la peine de s’y rendre… mais il ne faut pas être pressé, car la pénurie de personnel qui frappe la province se répercute dans le service! On m’a chaudement recommandé It’s All Greek to Me, mais je n’y suis pas encore allé. Il n’y pas de restaurant italien digne de ce nom et on ne trouve qu’un buffet chinois qui ne soit pas toxique: Dragon City, mais il ne faut pas s’attendre à de la haute gastronomie. Un seul restaurant, le Redstone, prétend être un endroit de ce qu’on appelle ici le fine dining, mais l’endroit est plus prétentieux et cher qu’autre chose…

Ici, les gens qui cuisinent ne sont par conséquent pas rares. Je dépense davantage en épicerie qu’en factures de restaurant et comme je suis du genre qui aime mitonner, je ne souffre pas trop. Donc, si vous venez faire un tour, vous êtes les bienvenus chez Doréus pour un repas gastronomique mettant peut-être en vedette le justement renommé bœuf albertain que je peux vous apprêter sur le gril, accompagné, s’il est en saison, de maïs de Taber. L’été, nous avons accès aux excellents fruits de la Colombie Britannique que nous proposent des marchands le long des routes. Ah! Vivement l’été et ses saveurs! Je prévois également semer un jardin dans la cour arrière cet été: la fraîcheur sera donc au rendez-vous.

Perspectives étudiantes I

1UTC Vendredi 14 mars 2008 Laisser un commentaire

Voilà! C’est lancé! Les étudiants du département de sciences humaines du collège prennent pied sur la scène! Ce soir avait lieu l’ouverture de la 4e conférence annuelle «Student Perspectives», qui permet à des jeunes de diverses disciplines de nous faire partager leurs travaux. L’atmosphère est conviviale et sympathique et l’événement a été lancé en grand ce soir.

Nous avons eu droit à quatre présentations, dont deux (une sur les écrits de Samuel Johnson à propos du poète John Gay et une autre sur la création d’un art «national» étasunien au dix-neuvième siècle) étaient dignes d’étudiants aux cycles supérieurs. Il y a quelques étoiles montantes dans cet humble collège.

Nous avons aussi pu assister à la projection d’un film réalisé par des talents locaux (dont certains ont étudié au collège): «E for Everyone: the Mouse and the Elephant». Il s’agit d’un pseudo-documentaire racontant l’aventure de Joel, un étudiant en psychologie qui, insatisfait de l’explication de la hiérarchie des besoins humains offerte par la pyramide de Maslow, part en voyage au Kenya, en Inde, en Thaïlande et à divers autres endroits dans le but d’élaborer sa théorie pour sa thèse de maîtrise. Son ami Steve l’accompagne, caméra à l’épaule. On les accompagne à travers leurs moments d’émerveillement, d’étonnement, de frustration et de colère face à la vie humaine. Des contrastes — un peu faciles — avec des gens vivant dans le monde industrialisé qui expriment leurs propres besoins font ressortir la tragique ironie de ceux-ci. À travers tout cela, la dimension spirituelle de la quête humaine prend une grande place et sert de fil conducteur, car elle est présente partout, peu importe le niveau de vie.

Le film est honnête et touchant par moments, mais un brin trop prêchi-prêcha (lire: chrétien évangélique). Essentiellement, le protagoniste principal en arrive à découvrir que la dimension transcendante que Maslow associe à sa pyramide comme une «troisième dimension» est en fait le fondement de l’être. Il aurait pu lire Paul Tillich et ce qu’il a à dire sur the ground of being et il aurait constaté que la chose avait déjà été dite… mais enfin. Un brin d’études culturelles aurait également aidé: la quête spirituelle est continuellement associée seulement au christianisme. Ils réussissent par exemple à toucher à l’hindouisme en n’abordant que l’iniquité du système de castes, sans parler de son ancrage dans une vision religieuse du monde. J’ai donc tiqué par endroits. À travers tout cela, cependant, l’aspect humanitaire du développement est abordé avec les clichés habituels concernant la population privilégiée (c’est nous, en passant) qui bénéficie de la pauvreté de 80% de la population humaine.

Une image m’a pourtant frappé. Une scène représente Joel et Steve en train de manger en Inde et Joel se rappelle un texte qu’il a lu concernant une stratégie pour développer une meilleure hygiène dentaire chez des patients. Essentiellement, il disait que les images de graves affections avaient moins d’effet pour changer le comportement que des photos de gingivite bénigne. Autrement dit, lorsque le problème paraît tellement grave qu’il n’y a plus rien à faire, l’humain tend à baisser les bras. Le message essentiel du film repose autour de cette image: on peut tous faire quelque chose en choisissant de vivre selon des valeurs humaines (qu’ils associent ici au christianisme).

La scène finale me rappelait ce que j’ai vécu lors de mon retour d’un mois passé en Haïti en 2003. À vivre au milieu de la misère quand on est très conscient que cette misère sert surtout à nous permettre de nous payer des biens dont nous n’avons pas nécessairement besoin, on ne peut qu’être frappé, remué, bouleversé. Je me souviens, de retour à Montréal, d’avoir vécu un profond choc culturel et un désir de changer les choses. Bien entendu, le temps a passé et les vieilles habitudes et le confort sont revenus. Toutefois, je pourrais dire que ce séjour a renforcé chez moi le désir de vivre en m’encombrant le moins possible (à part les livres…) et en faisant des choix le plus responsables possibles. Non, je ne peux pas individuellement renverser la vapeur, mais en privilégiant un mode de vie le moins nuisible possible, en évitant les grandes multinationales que je ne nommerai pas ici et en acceptant de payer plus cher parfois, j’essaie de faire ma part. Si ce film peut contribuer à répandre un peu d’humanité sur la planète, c’est tant mieux.

Les acteurs et trois membres de l’équipe de production étaient là. De toute évidence, ils croient à la mission sociale de leur film. Ils nous offraient même, en collaboration avec «Dix Mille Villages», des récipients de terre cuite dans lesquels les intouchables indiens doivent boire et qu’ils doivent ensuite fracasser afin qu’un Hindou n’y boive pas à son tour par accident. Ils nous ont partagé quelques-unes de leurs expériences par la suite.

Cette conférence est donc très bien lancée. Demain, nous aurons surtout droit à des présentations traditionnelles dans le style respectif des diverses disciplines: des présentations d’affiches, des conférences, de la poésie… Pour ma part, je prends un plaisir immense à être là avec les étudiants, à les encourager et à pouvoir les mieux connaître. C’est quelque chose que je n’ai jamais pu faire dans un contexte universitaire auparavant. Il y a de l’humour aussi: demain, j’y vais «déguisé» en prof; vous savez, le blouson sport en laine d’Écosse, les pantalons classiques, les souliers Richelieu… J’anime deux sessions, dont une sur «la vie secrète des hommes». À suivre…

Pour se réchauffer un peu… des souvenirs!

1UTC Mercredi 30 janvier 2008 Laisser un commentaire

Le froid des derniers jours me donne une nostalgie d’Haïti… où je suis allé passer un mois (et ce n’étaient pas des vacances) en mars 2002 dans le cadre de ma formation de novice en communauté religieuse. J’ai gardé un souvenir extraordinaire de ce séjour dans ce pays le plus pauvre des Amériques. Tant de potentiel! Tant de beauté! Et en même temps que d’emmerdements au quotidien dans un pays où tout manque constamment, sauf le soleil, la chaleur, et ces fleurs qui ont le don de surgir de partout pour donner de la couleur aux pavés et aux murs les plus rebutants. Oui, j’y retournerais volontiers, même si c’est dangereux.

Pendant que nous y étions, nous avons passé deux journées à la plage de Wahoo Bay Beach, le long de la côte des Arcahaies (entre Port-au-Prince et Saint-Marc). La photo vous donne une idée… la mer, les montagnes (vous constaterez qu’il n’y a à peu près plus d’arbres, car les forêts ont été surexploitées, donnant ce paysage lunaire aux montagnes et causant des inondations dévastatrices en bas à la moindre pluie). Mais en ces jours de froidure au coeur des Prairies, la pensée d’Haïti a de quoi réchauffer. Et sur cette plage de Wahoo, on nous avait servi, en plus de noix de coco fraîches, un succulent rhum-punch… à prendre l’après-midi de préférence, lorsque la baignade n’est plus recommandée à cause de la pollution qui arrive au rivage, allez savoir pourquoi. Disons qu’ils ont l’art de vous servir une boisson riche en alcool.

Lors d’un récent passage à Calgary pour cueillir une amie qui rentrait d’Ottawa après les Fêtes, j’y ai d’ailleurs découvert un souvenir de la Perle des Antilles et de ses plages, et que je n’avais pas encore réussi à trouver au Canada: l’excellent rhum de la distillerie locale, Barbancourt. Ça a le don de vous réchauffer avec cette saveur des Tropiques… Ne vous inquiétez pas, la modération a bien meilleur goût! (surtout au prix que ça coûte!).

Ce matin, la radio nationale (CBC Radio One) dans sa version Calgarienne que nous recevons à Red Deer mentionnait que les agences de voyage recevaient présentement de nombreuses demandes de gens qui, excédés par quelques jours de froid voulaient partir n’importe où, à n’importe quel prix, pourvu qu’il y fasse chaud… Ce n’est pas mon cas, car j’aime bien l’hiver; je préfère mes souvenirs d’un pays chaud, quelques gouttes de nectar antillais et un chat qui ronronne sur mes genoux. Sur ce, je retourne corriger des examens…