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Archive for the ‘Botanique’ Category

Dormance

1UTC Dimanche 26 octobre 2008 7 commentaires

Ça y est. Les préparatifs hivernaux sont presque terminés en ce dimanche avec les travaux extérieurs. Le jardin entre en dormance. Hier, nous avons connu des rafales de vent de 90 km pendant à peu près toute la journée, rendant impossible le travail de préparation extérieure que je voulais faire depuis trois semaines mais que mes folles activités avaient retardé jusqu’ici. Le potager, patiemment préparé ce printemps, a perdu ses derniers légumes: des carottes (un bon kilo).

Je dois malheureusement me résoudre à acheter à nouveau des tomates, et bientôt d’autres légumes que je produisais jusqu’à tout récemment… Cependant, j’ai encore en réserve des oignons, des haricots (congelés) et de l’ail.

Ces travaux automnaux qui marquent le rythme de la vie sous nos latitudes nordiques me rappellent chaque fois mon enfance, ainsi que les «maisons» de feuilles que nous créions dans notre enfance, utilisant des petites piles de feuilles pour marquer les «murs». Évidemment, comme tous les enfants, nous adorions également empiler les feuilles le plus haut possible (ce qui était plus facile avec les feuilles d’érable et de chêne qu’avec les petites feuilles disponibles ici) pour ensuite s’y précipiter avec délectation. Faire ce travail seul me rappelle aussi que chez nous c’était une activité familiale… la dernière grande activité commune avant la froidure de l’hiver. Et chez mes parents, à cause de l’abondance des feuilles, ce travail s’étalait généralement sur deux ou trois semaines. Comme notre maison était bâtie en bordure d’une rivière, de laquelle elle était séparée par une centaine de mètres de distance sur une trentaine de dénivellation, nous allions porter les feuilles en «bas de la côte» pour qu’elles s’y décomposent en formant le fond d’un sentier. Ici, j’aurais pu, comme l’année dernière, en remplir des contenants à récupérer par la Ville, mais je me suis contenté de les empiler sur une plate-bande et sur le jardin pour qu’ils s’y décomposent pendant l’hiver.

Sur cette plate-bande, on trouve, en plus des «déchets de jardin» (que je n’aime pas cette expression!), une riche couche d’humus… C’est là le produit de mon composteur! Il était presque émouvant de sortir du ventre de cette caisse de plastique ces matières organiques, résultat de mon jardinage et de mes achats de fruits et légumes… transformées à nouveau en nourriture pour plantes, cette fois.

J’ai sorti du composteur quatre brouettes de cette riche terre noire à la bonne odeur (oui, la brouette que m’ont laissé mes propriétaires est un peu bringuebalante… mais elle fait encore le travail qu’on lui demande!)

En plus du ratissage des feuilles, il me fallait rabattre les plantes qui restaient… et dont certaines avaient gardé une certaine dignité, comme ces lanternes chinoises. Elles sont maintenant enfouies sous la plate-bande ci-haut, où l’on trouve également des feuilles d’iris coupées ici et là. Il ne reste plus, au jardin, que ce buisson aux couleurs ardentes, qui vient de passer du vert au jaune cette semaine: baroud d’honneur avant l’assoupissement hivernal. L’ami Boris vient justement de commettre un bel article à ce sujet. Ce buisson constitue le lieu de repos préféré de Monsieur C, qui rapporte ensuite des feuilles attachées à son poil… comme autant de feuilles d’or… destinées au composteur pour donner à nouveau la vie!

Tout cela ne me rend certainement pas triste. D’abord, j’aime beaucoup l’hiver. Ensuite, je sais très bien que si la Terre s’endort un peu… c’est pour se reposer de tout ce qu’on lui demande! Il me semble qu’avec ce qu’on exige d’elle ces dernières années, elle aurait besoin de bien plus que les six mois qu’elle prend dans notre région… Malgré notre ingratitude… elle se réveillera pour nous redonner généreusement l’an prochain ce dont nous avons besoin pour vivre.

Râteau à la main, en pensant à cette renaissance espérée, il m’est remonté à l’esprit la chanson «The Rose», de Bette Midler, qui parle justement de cette lente germination secrète et souterraine (de l’amour) pendant le repos hivernal. C’est en cherchant une interprétation de cette chanson sur YouTube que je suis tombé sur cette étonnante association entre cette chanson et le film d’Ang Lee, «Brokeback Mountain». Je vous laisse là-dessus. Bonne semaine!

L’automne…

1UTC Vendredi 12 septembre 2008 4 commentaires

Dans les vastes forêts décidues (et mixtes) de l’est du pays, l’automne constitue presque une fête. Vers la mi-octobre, les paysages revêtent des couleurs flamboyantes et on organise un peu partout des «festivals de couleurs» qui voient les citadins délaisser en masses leurs villes pour aller prendre un bain de campagne et de couleur. C’est aussi… souvent, le temps de la fermeture des chalets, quelque part autour de la fête de l’Action de Grâce.

Je soupçonne que dans ma région d’origine, il y a bien quelques arbres, les plus timides, qui commencent déjà à rougir. Ici, le processus est bien amorcé. Mercredi, pendant l’heure du dîner, je me suis amusé à me promener, appareil-photo en main, sur le vaste terrain du collège; il faisait fort beau après plusieurs journées plutôt moches et j’ai décidé d’en profiter. Eh bien, les couleurs automnales commencent à s’imposer vraiment un peu partout. Cet arbre, tout près du terrain où je stationne, prend décidément la même couleur que Bernadette.

Si l’automne est festif dans l’est, ici, c’est plutôt l’annonce que l’hiver va bientôt nous tomber dessus. J’aime beaucoup l’hiver… mais je ne peux pas m’empêcher d’être un peu nostalgique de cet été qui m’a paru un brin trop court. Nous avons encore plusieurs belles journées devant nous et j’ai l’intention d’en profiter, mais c’est avec le sentiment de voler quelques petits plaisirs à la vie qui inexorablement continue sa marche implacable! Ces pommettes poussant en bordure du Centre des arts du collège nous rappellent éloquemment la vie qui se renouvelle malgré tout. Elles apportent une certaine consolation.

Mon jardin: une explosion de couleurs

1UTC Mercredi 9 juillet 2008 4 commentaires

Un des lecteurs de ce blogue, Dante, a qualifié ma maison de «petit palais». Je crois que c’est surtout en raison des photos du jardin. Ces derniers jours, mon jardin explose. Les longs jours dérangent peut-être mon horloge biologique, mais ils sont particulièrement bénéfique aux végétaux, qui vivent présentement une orgie de croissance et de floraison. On voit ici l’un de mes lys qui a recueilli dans sa corolle les pétales fanés d’une fleur d’ancolie qui le surplombait.

J’ai aussi de très beaux lys japonais (à moins que je me trompe de variété) qui sont présentement en pleine explosion florale. J’en ai tout un buisson dont les couleurs orangées mettent de la vie dans la plate-bande.

Entre les deux, j’ai planté quelques lupins cette année. C’est une fleur que j’ai découverte en 2000 lorsque j’ai passé l’été à Sainte-Luce-sur-Mer et que j’adore. J’avoue que le lupin blanc sur le fond blanc de la palissade n’est pas exactement génial, mais on y remédiera l’an prochain. À date, c’est le seul des trois que j’ai plantés cette année qui a décidé de fleurir et c’est une surprise.

J’ai aussi un petit plant de pavot qui fleurit pour la deuxième fois cette année. Il ne s’agit pas des gigantesques fleurs spectaculaires que j’ai vues à Vancouver, mais c’est coquet. Une voisine, qui en a d’autres, m’a promis des semences en échange de plants d’iris… qui envahissent toutes les plates-bandes et qui fleurissent généreusement.

J’ai aussi de ces petites fleurs blanches dont j’ignore le nom… ce sont les premières fleurs sur un buisson assez important qui s’en couvrira bientôt.

À côté de celles-ci, les delphiniums (pieds-d’alouette) commencent à laisser éclater leurs couleurs le long de leur longue hampe florale. J’aiiiime!

Plus à ras de sol, dans une plate-bande située à l’ombre du garage, des hostas ont décidé de faire éclater leurs fleurs. Ces plantes sont cultivées davantage pour leur beau feuillage, celui-ci étant liséré de blanc dans le cas présent, mais cette plante m’a offert un boni.

Juste à côté d’elle, une autre plante dont j’ignore le nom a commencé son offrande florale; comme on peut le voir, ce n’est que le prélude d’une abondante constellation d’étoiles blanches.

Le long de la palissade, une plante dont je me demandais depuis longtemps s’il s’agissait d’une mauvaise herbe a elle aussi offert ses petites fleurs très décoratives à mon admiration. Si c’est bien une «mauvaise herbe», elle est tout de même la bienvenue. Je vais quand même la surveiller… car la plante (mais pas la hampe florale) me rappelle l’ignoble salicaire pourpre qui, bien que belle, a envahi tous les fossés et terrains vagues de l’est canadien, tuant tout sur son passage.

Enfin, la façade, bien qu’exposée au nord, n’est pas en reste. Une vasque de géraniums accueille les visiteurs et les hémérocalles s’en donnent à cœur-joie dans les plates-bandes qui bordent la maison.

Je pense que nous avons eu une saison horticole idéale jusqu’ici: le printemps a été très humide, favorisant la germination et l’établissement des racines, puis nous traversons présentement une période plutôt sèche, ce qui provoque chez les plantes un «choc hydrique», déclenchant le processus de floraison par réflexe de survie. J’en profite… tout en arrosant à l’occasion!

Et le potager dans tout ça? Eh bien, les radis continuent à produire, les haricots commencent à faire des fleurs et j’ai même pu manger quelques fraises, fort chenues, il est vrai, mais savoureuses. Quant aux tomates, on commence à en voir qui se forment sur leurs plants. Il y a de l’espoir! Il me reste maintenant à repiquer les carottes et le gros du travail (hormis l’entretien régulier) sera terminé pour la saison. Je pense toutefois replanter des radis pour une deuxième récolte.

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Une journée dans la vie d’un blogueur

1UTC Mardi 24 juin 2008 6 commentaires

Il y a un blogueur étatsunien qui s’amuse, tous les 12 du mois, à colliger la «journée en images» de ceux qui veulent bien lui envoyer leur montage. J’ai pensé que ça pourrait être une idée de m’en inspirer… même si je dépasse ici la limite de douze clichés qu’il fixe. De plus, je n’ai pas l’intention d’inscrire d’heures sous chacune des photos.

En en-tête, mes premières hémérocalles qui ont décidé de fleurir aujourd’hui. Faire le tour du jardin, enlever quelques mauvaises herbes, arroser si nécessaire, c’est une activité intermittente que je fais pendant que je prends une pause du reste de mon travail. J’ai donc parsemé ce message d’intervalles floraux.

Sitôt que le soleil fait son apparition et se manifeste dans la chambre, malgré le store, Monsieur R demande instamment la permission de sortir. Il a appris qu’il ne sert à rien d’insister: si j’ai décidé de rester au lit, il ne pousse pas et revient se coucher à côté de ma tête. Par contre, sitôt que j’émerge du lit, et ce même si ce n’est que pour aller répondre à l’appel de la nature, il commence à chanter son chant de sortie! Une fois que j’ai décidé de me lever, il a le droit d’aller gambader à sa guise… habituellement suivi d’un «frère» plus âgé et au poil gris.

Le frère en question a généralement une autre préoccupation au sortir du lit. Les croquettes exercent leur charme bien particulier sur lui, surtout depuis que, à cause de la mauvaise habitude qu’a prise son jeune partenaire de manger dans son écuelle, je dois couvrir son plat durant la nuit. Si vous connaissez un système qui permettrait de mettre un collier avec un radio-transmetteur à Monsieur R, lequel communiquerait avec un mécanisme de fermeture de l’écuelle de Monsieur C si Monsieur R s’en approche trop, faites-m’en part. J’aimerais avoir les connaissances techniques pour réaliser la chose moi-même…

Après avoir ouvert la porte et m’être assuré que les minets ont ce dont ils ont besoin, je descends au sous-sol allumer Didi. Si j’ai pensé mettre mes lunettes, j’attends parfois qu’il soit en état de marche et je passe quelques minutes à vérifier les messages reçus par courriel et par blogue. Selon l’heure et mon humeur, je peux même passer quelques minutes à y répondre. Ce petit écran est aussi ma fenêtre sur le monde et tous les matins j’y consulte l’actualité locale, provinciale, nationale (ou ici) et celle du coin de pays de mes origines. Divers autres autres journaux s’ajoutent, selon les jours. Mais habituellement, j’allume, puis je me rends à la douche avant de revenir. Je vous épargne la photo.

Brzzzzzzz! Ah! La bonne odeur du café en grains que l’on moud. Un tantinet bruyant (en fait, très énormément beaucoup bruyant) mais c’est tellement meilleur.

Il faisait beau, même très beau ce matin. Petite visite aux iris qui sont en pleine éclosion et qui donnent une fête pour les yeux. Moment de méditation au jardin et d’amusement avec les chats.

Réponse aux grondements de l’estomac. Pour moi, le petit déjeuner est le repas le plus important pour passer une bonne journée. Le bol de céréales (un savant mélange de muesli, de blé filamenté et de céréales au son et aux raisins secs) me fournit ma portion minimale de calcium de la journée. Les accompagnement varient: rôties avec confiture ou marmelade, fruits. Le jus d’orange et le café font aussi partie de tous mes déjeuners. Il est très rare que je mange des œufs le matin: trop lourd et surtout, comme je ne suis pas assez réveillé avant le repas pour préparer quoi que ce soit qui demande de la cuisson, ça me décourage. Exit aussi les céréales chaudes, que je mange davantage à l’occasion en fin de soirée que le matin. Ce matin, déjeuner en terrasse… Le bonheur!

Au cours de la fin de semaine, j’avais décidé de terminer le projet que j’avais commencé il y a deux mois de rassembler des photographies destinées à mes parents dans un album (il y en a cent). Hier, c’était la rédaction des légendes. J’ai décidé de leur envoyer la version informatique des fichiers, non pas qu’ils puissent les lire (ils n’ont pas d’ordinateur), mais afin qu’ils puissent reproduire les photos au besoin en allant dans un centre photo. D’ailleurs, j’ai eu une conversation téléphonique de plus de trois heures avec mes parents hier soir. Et chose rarissime, plus de la moitié de ce temps a été passé avec mon père. Il était curieux au sujet de mon récent séjour en Colombie Britannique.

Bon. Il faut bien la faire une fois de temps en temps… la vaisselle. Ma maison n’est, Dieu merci, pas équipée d’un lave-vaisselle. À vivre en solitaire, je n’aurais jamais vraiment l’occasion de la remplir. Et je ne déteste pas la vaisselle… ça fait partie de la vie et je la fais généralement une fois par jour, après le souper. L’appel avec mes parents ayant pris plus de temps que prévu hier, j’ai soupé à 23 heures et la vaisselle d’hier a exceptionnellement attendu à ce matin.

Ancolie. C’est une très belle fleur toute délicate dans sa petite ombrelle. Et très très vivace. J’en ai plusieurs buissons, tous de la même couleur. J’espère diversifier la chose avec le temps.

Au travail! Le bonheur de cette période de l’année, c’est que je ne suis pas obligé de me rendre au collège pour travailler. En fait, cet ouvrage, c’est du bénévolat mais il est lié à mon travail. Il n’y a pas très longtemps, j’ai reçu de la part d’un éditeur universitaire montréalais une demande: j’avais été mentionné comme évaluateur potentiel d’un manuscrit à paraître et j’ai accepté de faire ce travail. Le manuscrit (la pile à gauche, sous la boule de verre) compte 362 pages d’un texte dense. Il faut que je lise la chose en détail pour ensuite transmettre mes recommandations à l’éditeur. Ça fait partie du processus normal de publication savante: on appelle ça l’évaluation par les pairs et ça vise à assurer que les textes qui sont publiés sont d’une qualité reconnue par les spécialistes de la discipline. Le manuscrit en question est une version à peine remaniée d’une thèse de doctorat; il ne s’agit donc pas de l’évaluer pour la qualité de son argumentaire (la chose a déjà été faite!) mais de voir si elle peut être publiée en livre. Dans le cas qui nous intéresse, il y aura de ma part diverses suggestions pour alléger le texte, lourdement didactique et trop proche de la thèse. J’en ai pour quelques jours… Ce n’est pas un travail très palpitant.

Peu avant l’heure du souper: examen du jardin potager. J’y ai fait une agréable découverte: les tomates commencent à apparaître.

Et je vous ai déjà parlé de ces beaux radis qui commencent à être prêts à cueillir. Comme ils ne
grossissent pas tous à la même vitesse, je devrais en avoir pour quelques semaines.

Au moment où je me préparais à confectionner le souper, le téléphone a retenti: mon amie la nouvelle docteure (voir au bas de ce message) était revenue de Montréal et répondait par l’affirmative à mon invitation de célébrer la chose à la crèmerie du coin. Comme je m’apprêtais à souper, je l’ai invitée à partager mon repas de salade grecque, de radis frais et de salade de thon (dont je vous donnerai un jour la recette si vous êtes gentils).

Après ce simple souper, nous avons marché jusqu’à la crèmerie dont je vous ai déjà parlé et qui fait décidément la meilleure crème glacée en ville. O.K., ce n’est pas le gelato que je pouvais déguster à Montréal et Ottawa (et aussi aux Jardins Butchart), mais ça vaut quand même le détour. Et c’était une célébration appropriée, laquelle se poursuivra mercredi par la crémation cérémonielle des brouillons de la thèse maintenant officiellement acceptée et déposée. Encore bravo, Carlen!

Après son départ, je suis allé faire une petite promenade digestive comme je le fais souvent après le souper. Ce soir, le ciel s’obscurcissait pas tant à cause du crépuscule que parce qu’un orage s’avançait sur nous en venant de l’ouest. Il nous aura finalement évité. Cette menace ne m’a pas empêché d’aller me promener du côté du Centre Michener, près de là où je demeure. Sur la colline où il est construit, on a une des meilleures vues panoramiques du centre-ville de Red-Deer.

En me retournant, je pouvais voir le bâtiment en rénovation de la direction régionale de la santé. Récemment, le gouvernement provincial a unilatéralement décidé de fusionner les neuf régions administratives qui régissaient l’offre de services de santé dans la province. Cette décision qui n’a pas été préparée (et qui est probablement basée davantage sur le népotisme que sur de véritables économies d’échelle) a entraîné la disparition virtuelle des neuf directions régionales. Cependant, ce n’est pas encore chose faite et il est prévu que les bureaux de la direction de la région «David-Thompson» temporairement relocalisés depuis l’incendie de cet édifice en 2003 y reviendront à la fin de l’été. Avez-vous dit broche à foin? L’édifice demeure imposant. Construit en 1911, il est un des plus vieux bâtiments de la ville (ou, les Européens, riez!).

De retour à la maison, j’ai constaté que malgré les pluies répétées, mes muguets vivaient une période de sécheresse à cause de la toiture. J’ai donc tiré le boyau d’arrosage pour leur donner un peu de cette eau tant désirée. Après tout, je n’ai pas fait l’effort de les repiquer pour les voir mourir!

Ceci fait, quand ce message sera terminé, je me lancerai à nouveau dans le manuscrit ci-haut mentionné. Et puis ce sera la préparation pour une nuit que j’espère être plus hâtive que certaines des dernières (hier, ou plutôt ce matin, au moment d’aller me coucher, je pouvais voir poindre l’aube!).

Avant d’aller au lit, un mot à écrire à la main. Dans mon oratoire, j’ai aménagé un coin pour faire le bilan de ma journée, ce qui fait davantage partie de ma spiritualité que le fait de prier formellement. Avec tout ça, je prends parfois conscience que j’écris beaucoup dans une journée… Ce qu’il y a dans ce cahier, c’est tout ce que le blogue ne raconte pas!

Journée victorienne (et pas seulement à cause du nom de la ville)

1UTC Samedi 7 juin 2008 14 commentaires

Je savais que le centre de l’univers était au Canada… maintenant, j’en ai la preuve. En plus, c’est sur la péninsule de Saanich, qui s’étend au nord de Victoria. En fait, il s’agit d’un centre de recherches astronomiques du gouvernement canadien… mais avouez que ça surprend, quand on voit ça apparaître sur le bord de la route, au beau milieu du bois.

J’ai vu cette affiche en me rendant à Butchart Garden, ma première destination ce matin. Je suis parti après un déjeuner à la cafétéria inclus dans mon forfait à 48$ la nuit. Un conseil: si vous venez coucher ici un jour, d’abord apportez-vous une débarbouillette et un verre pour boire, car ils ne fournissent ni l’un, ni l’autre. Ils ont du savon et fournissent deux serviettes, mais c’est tout. Je pensais prendre leur super-spécial «backpacker» à 35$ la nuit, qui n’inclut pas le service aux chambres ni le petit déj’, et j’aurais dû. Bon, il y a plus de variété à la cafétéria et les œufs brouillés sont faits avec de vrais œufs, mais ça ne vaut pas vraiment le coût… car, ce qu’ils ne disent pas, c’est que le petit déjeuner est compris jusqu’à concurrence de 5,75$. Tout achat supplémentaire étant facturé… Mais ne nous plaignons pas: le lit est confortable et je peux vous écrire. Et j’ai pu me reposer pour partir en forme ce matin vers les renommés jardins. Ce n’est pas exactement à côté: j’ai mis une bonne trentaine de minutes à m’y rendre (en passant par le «centre de l’univers», bien sûr)!

Les Jardins Butchart, c’est d’abord une carrière de pierre calcaire épuisée et abandonnée, puis le rêve de Jenny Butchart, femme de riche industriel, d’en faire un jardin. Ça se passait il y a plus d’un siècle. Le lieu est impressionnant. On ne sait plus où donner de l’objectif et j’ai pour la première fois de ma vie complètement rempli ma carte de mémoire de 2 gigaoctets. Heureusement que j’en ai d’autres de réserve… Certains se plaignaient du fait qu’il n’y a pas de plaques d’identification des plantes; ce n’est pas un jardin botanique, mais plutôt un immense aménagement paysager à apprécier plutôt qu’à décortiquer. Ça n’empêche pas qu’il y a un comptoir pour répondre aux questions horticoles des visiteurs. J’y ai passé trois heures en contemplation.

Au plus profond de la carrière se trouve une fontaine spectaculaire. J’ai pensé à BBBB qui a un faible pour les fontaines. Les jeux d’eau variés rendent ce spectacle constamment fascinant.

Il y avait bien entendu des fleurs spectaculaires. Ici, deux pivoines se donnaient à admirer. Nous sommes dans l’entre-saison: la plupart des fleurs printanières terminaient leur cycle et les annuelles et les fleurs d’été ne sont pas complètement écloses, ce qui n’empêchait pas le jardin de fournir un spectacle époustouflant. Une section, toutefois, manquait un peu d’intérêt pour cause de floraison qui se fait attendre: la roseraie.

Il y avait quand même quelques rosiers sauvages en fleurs, et cette abeille en profitait goulûment. Çà et là, des décorations de jardin donnaient aussi de la vie à l’endroit.

Dans la roseraie, une petite fontaine mettait en vedette une grenouille de bronze. Emmanuelle, j’ai pensé à toi, dans ta lointaine Tunisie.

Et je n’ai pas pu résister à cette «boule en miroir» d’un genre différent de celles qui ornaient jadis les salles de danse.

Le jardin japonais offrait un spectacle tout en harmonie et en couleurs (ça semble presque cliché de le dire). Des ruisseaux, des rochers et des plantes à profusion. Il y avait aussi quelques belles lanternes de pierre. Et c’était de là qu’on pouvait accéder à un observatoire qui donnait sur une baie dans Saanich Inlet où des bateaux de plaisance ont remplacé ceux qui fournissaient autrefois la cimenterie.

Près de la résidence, on trouve des jardins plus formels, dont cet étang en étoile qui avait été conçu par Monsieur Butchart pour sa collection de canards. Il n’y avait aucune trace des volatiles, mais les grenouilles (de bronze) s’en donnaient encore à cœur-joie dans la fontaine.

À la sortie un sanglier à l’air sympathique trônait sur une place où il y a de l’animation durant la haute saison. Dieu merci, ce n’est pas encore la saison des vacances, ce qui veut dire que c’était un peu plus tranquille et que j’ai pu visiter à ma guise et parfois même arriver à prendre des croquis sans être pris dans un embouteillage de touristes.

Je suis ensuite revenu vers Victoria pour aller visiter une autre merveille de l’époque victorienne, Craigdarroch Castle, qui se trouve près de l’endroit où je me suis stationné hier. Réalisation architecturale vaguement mégalomane de l’un des robber barons de la fin du siècle, qui s’est enrichi par le commerce du charbon, alors que les ouvriers qui ont fait sa prospérité et celle de ses congénères de la grande industrie gelaient dans leurs maisons faute de pouvoir se payer le précieux combustible. En passant, l’historien n’était pas impressionné par la présentation des jardins Butchart ni par celle de Craigdarroch à ce sujet: on oublie trop facilement les travailleurs qui ont rendu ces merveilles bourgeoises possibles…

Alors voilà ce château. Contrairement à Casa Loma à Toronto, dont la construction a essentiellement mené son propriétaire à la banqueroute, cette résidence cossue n’a pas causé la ruine financière de la famille, même si celui qui l’a fait construire est décédé avant que le château soit terminé. Sa veuve s’y est cependant installée et y a vécu en grande dame, laissant une fortune évaluée à 20 millions de dollars à son décès, une somme plus que considérable à l’époque. La résidence a cependant été abandonnée par les héritiers, aucun d’entre eux n’ayant voulu s’en charger, ce qui a mené au lotissement du vaste domaine (ce qui explique que le bâtiment repose sur un terrain de la grosseur d’un mouchoir de poche aujourd’hui) et à une rafle du bâtiment lui-même. Le gagnant de la loterie n’ayant pas pu entretenir le château, il fut réquisitionné à la fin de la première Guerre mondiale pour servir d’hôpital militaire, puis il est devenu un collège pour enfin héberger les bureaux administratifs de la commission scolaire avant de devenir un conservatoire. Depuis 1980, il est devenu un musée.

Ces nombreuses transactions ont entraîné de vastes transformations à l’intérieur, et le travail de restauration du château se poursuit toujours. Il a fallu chercher des meubles anciens pour recréer dans les diverses pièces l’atmosphère victorienne, car le mobilier avait été vendu aux enchères au décès de la veuve. Dans l’ensemble, la visite impressionne.

L’escalier lambrissé de chêne constitue le centre de la résidence. C’est aussi un excellent exemple des défis de photographier de tels intérieurs. J’ai dû utiliser mon «gros» flash et reprendre plusieurs clichés à de nombreuses reprises jusqu’à ce que j’obtienne le résultat désiré. Vive le numérique!

Du haut de la tour de Craigdarroch, on a une vue imprenable sur Victoria. Remarquez l’omniprésence de la végétation.

Enfin, on remarque le soin apporté à la restauration dans l’utilisation d’ampoules d’époque dans les luminaires. La visite de pièces en cours de restauration était intéressante en soi, même si ces pièces n’étaient pas photogéniques et qu’elles étaient ignorées de la plupart des visiteurs. Les couches de peinture, les épaisseurs de plancher… tout montre l’usage varié de la demeure au gré des ans. Il y avait même une photo, prise en 2005, d’un ancien élève du conservatoire qui montrait un trou dans le linoléum d’une pièce où il jouait du violoncelle; le trou lui servait pour placer le pied de son instrument. Le trou en question est toujours présent.

Il était trop tard quand je suis sorti de Craigdarroch pour aller visiter le parlement provincial ou le musée. De plus, j’avais mal aux pattes. Je suis donc descendu pas trop loin de Craigdarroch pour aller visiter le jardin de Government House, dont on voit ici la grille.

La résidence du Lieutenant-Gouverneur de la Colombie-Britannique est modeste, somme toute… Elle a été reconstruite dans un style discutable à la fin des années 1950 autour du seul élément qui survivait de la résidence précédente, soit sa porte-cochère victorienne. Le résultat est ininspirant mais imposant. Cependant, depuis les années 1990, les lieutenants-gouverneurs ont rendu les vastes jardins de la résidence (qui donnent une idée de ce que pouvait avoir eu l’air la propriété entourant Craigdarroch à l’origine) accessibles au public. Il suffit de passer la grille… on peut même stationner devant la maison! (ayant l’habitude des restrictions liées aux véhicules à Ottawa, je ne le savais pas et Bernadette attendait sagement hors des grilles).

Il y a plusieurs bénévoles qui s’occupent des jardins et j’en ai rencontré deux qui amusaient des chats résidant sur le terrain… deux sympathiques matous de neuf mois (deux frères) fort enjoués. Décidément, Messieurs C et R me manquent terriblement.

Les jardins n’étaient pas aussi spectaculaires que Butchart, mais cet iris n’avait rien à demander à personne. De plus, la vue du haut du promontoire sur lequel est juchée la résidence vice-royale était particulièrement spectaculaire. On voyait au loin poindre les montagnes de l’autre côté du détroit Juan-de-Fuca, qui émergeaient au dessus d’une bande de nuages.

Environnement qui impressionne et qui nous rappelle à quel point nous ne sommes que de passage sur cette terre…

Le présent Lieutenant-Gouverneur est d’origine amérindienne (de la nation Sto’lo). Ce n’est probablement pas à cause de lui que ce cadran solaire décorait un des jardins (la plaque était illisible, donc je n’ai pas pu le savoir), mais c’était tout de même intéressant à voir. Et comme tous les cadrans solaires, il ne donne pas l’heure juste en été, car il donne l’heure normale; il faut donc y ajouter une heure.

Voilà pour une journée somme toute bien remplie, qui s’est terminée dans un restaurant grec en banlieue que j’avais repéré en me rendant aux jardins ce matin. Délicieux, cet agneau. J’ai aussi mangé des escargots enfin présentés autrement que dans une assiette ronde à cuvettes… et surtout cuits à point, c’est-à-dire pas trop.

Décidément, j’aime cette ville.