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Rouleauville et la cathédrale de Calgary

0UTC Mercredi 9 septembre 2009 6 commentaires

Rouleauville Square

Sur la 17e Avenue SO, en fait près du point où elle devient SE, on trouve une trace fort visible de l’héritage francophone dans la ville: le site de Rouleauville. Il ne reste pas grand-chose des bâtiments qui ont autrefois formé le cœur d’un établissement francophone dynamique, mais les plaques bilingues qui entourent la place devant la cathédrale catholique de Calgary, Saint Mary’s, permettent de faire revivre un peu de ce passé.

Cathédrale St Mary's

La cathédrale se dresse au fond de la place. Construite en 1954, elle mêle des influences gothiques et art déco. Elle a remplacé l’édifice original qui a dû être démoli en 1954 et dont on trouve une maquette dans une des chapelles latérales. Le style rappelle certaines églises de la Nouvelle-France du dix-huitième siècle et surtout l’architecture, au dix-neuvième, de Victor Bourgeau. Quatre des cinq cloches de l’église originale ont été intégrées au carillon de la nouvelle.

Maquette ancienne cathédrale

Personnellement, j’aime bien ce «nouvel» édifice de brique au style inhabituel réalisé par Maxwell Bates.

Portail cathédrale

Contrairement à mon dernier passage dans ce coin, la porte était grande ouverte. J’y suis donc entré pour avoir une idée de l’architecture intérieure.

Intérieur cathédrale

Comparativement à d’autres églises, c’est peut-être un peu modeste, mais j’aime bien ce dépouillement qui révèle la vérité des matériaux, plutôt que des fausses voûtes de plâtre peint. Cela a un petit côté anglican… qui, encore, n’est pas pour me déplaire.

Choeur cathédrale

Le chœur est ouvert, aéré… peut-être même un peu trop au sens où il est un peu difficile de lier les divers éléments de la liturgie (Parole, Eucharistie, Présidence), mais c’est plutôt commun. Cependant, où donc est la cathèdre (le siège de l’évêque, qui le représente quand il n’est pas présent)? Là aussi, c’est un problème commun à bien des cathédrales, qui sous prétexte de réduire l’«élitisme», font disparaître des symboles importants.

Lampe sanctuaire cathédrale

Nonobstant cette petite critique, j’aime beaucoup le design adopté pour le mobilier liturgique. La lampe du sanctuaire, qui descend de la voûte, est bien présente, sans toutefois distraire ou supplanter l’autel, dont elle est le complément.

Baptistère

La fontaine baptismale, près de l’entrée, ne manque pas de majesté. De plus, contrairement à Saint Luke’s, elle n’est pas enfermée dans un écrin de verre qui la rend inaccessible. Encore ici, il faudrait voir comment le lieu est habité liturgiquement. Un chantre qui répétait au jubé ne me donnait pendant ma visite ne me donnait pas vraiment le goût de découvrir…

Vues de Calgary

0UTC Mardi 8 septembre 2009 5 commentaires

Downtown from cliff

Laissez-moi poursuivre quelques-unes des explorations de l’été en vous montrant quelques vues intéressantes prises à Calgary lors de mes divers passages en juillet. D’abord, cette vue du centre-ville à partir du haut de l’escalier qui permet d’accéder à Crescent Heights à partir de la route Memorial. On y a une vue imprenable du centre-ville… et de ses nombreux chantiers de construction. Le pont que l’on aperçoit au milieu est piétonnier et permet d’accéder à Prince’s Island Park.

Fontaine PIP

Cette oasis de verdure au cœur du centre-ville est manifestement appréciée des Calgariens. Et il y a de quoi. Ce parc est un endroit idéal pour se recharger les batteries.

Théâtre PIP

On peut aussi y faire le plein de culture. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu de représentations théâtrales en plein-air comme ceci. Malheureusement, je ne pouvais pas m’y arrêter.

Scottish Shoppe

Dans un tout autre quartier, sur la 17e Avenue SO, on trouve cette sympathique échoppe. Il manque apparemment un «and» sur l’affiche, selon le propriétaire. On y trouve en fait tout ce qui a trait au tartan, autant irlandais qu’écossais. Le proprio est évidemment d’Écosse et a l’accent idoine.

Model Milk

Toujours sur la 17e Avenue, mais plus à l’est, on trouve le restaurant Victoria. L’historien fasciné par l’architecture a levé les yeux le long de ce bâtiment art déco et, tout en haut, on peut voir ces corniches décoratives. Une ancienne laiterie? Ce n’était pas sans me rappeler l’énorme réservoir d’eau en forme de bouteille de lait qui se dressait autrefois sur la Guaranteed Milk à Montréal. Au fait, a-t-elle été préservée, finalement?

Dream

Enfin, l’historien de la surdité ne pouvait pas ne pas remarquer, sur la 4e Rue, ces mains épelant «dream» le long d’un bâtiment. Celui-ci ne semble rien avoir à faire avec les sourds, mais l’artiste Derek Besant a installé là, en 2003, son œuvre… qui fait rêver à une meilleure communication entre tous.

Petite découverte ecclésiale

0UTC Lundi 7 septembre 2009 6 commentaires

St Luke's Facade

L’année scolaire va bientôt commencer et je continue à parler de mes excursions estivales… C’est que j’ai comme qui dirait un surplus photographique! Voici un autre chapitre, à Calgary cette fois. À la mi-juillet, il me fallait retourner chez le concessionnaire où j’avais pris possession de Bernadette, car celle-ci devait recevoir une inspection bisanuelle liée à un traitement qui a été appliqué à la carrosserie.

J’avais bien vu, lors de mon bref passage du mois d’août 2007, cet édifice qui se dressait de l’autre côté de la rue, mais j’étais plutôt pressé de rentrer à Red Deer. Je n’étais pas revenu dans ce coin depuis, mais il me fallait attendre deux heures pendant qu’on bichonnait ma voiture. Il y avait bien le centre d’achat voisin, mais après une heure à m’y promener, je voulais prendre l’air. C’est alors que j’ai ré-aperçu cette église, Saint Luke’s, et que la curiosité m’a poussé à y entrer. Ceux qui me connaissent savent bien que je suis fasciné par l’architecture moderne et par les aménagements liturgiques.

Intérieur St Luke's

L’extérieur de l’église est un exemple parlant de «brutalisme», cette vogue qui visait à mettre en valeur la texture brute des matériaux comme le béton ou la pierre. Les formes du bâtiment sont audacieuses et elles ont conservé leur intérêt malgré un agrandissement en 2004 qui en a modifié quelque peu le volume original. À l’intérieur, ce qui pourrait avoir l’air d’un cube de béton sombre se révèle être empli de lumière naturelle.

Vitraux St Luke's

Les vitraux, au niveau du sol, ne sont pas dénués d’intérêt. Ils ont été réalisés par Robert Oldrich et représentent des aspects de la création. Ils baignent les bas-côtés de la nef dans une douce lumière multicolore qui donne à ce bâtiment beaucoup de chaleur.

Baptistère

Le baptistère est de facture plus récente; il a été installé durant les travaux d’expansion et de rénovation réalisés en 2004. Comme il se doit, il se trouve près de l’entrée de l’église, symbolisant par sa présence l’entrée dans la vie chrétienne de chaque baptisé qui entre dans le lieu sacré. Je ne suis pas certain d’aimer le choix de l’aménagement en ce qui concerne le lien avec l’architecture générale du bâtiment, mais sa dimension symbolique est indéniable.

Abside

Les travaux d’expansion ont amené la construction d’un centre communautaire qui donne au bâtiment l’aspect d’un garage sur certaines façades… un choix douteux. Néanmoins, cette communauté est manifestement dynamique et avait besoin de bâtiments pour héberger ses nombreux services à la population environnante. J’ignore comment se vivent les célébrations liturgiques dans ce lieu, mais j’aurais envie de le savoir.

Dessin architectural de l'église telle qu'elle a été construite en 1968

Dessin architectural de l'église telle qu'elle a été construite en 1968

Vue de l'église depuis les travaux d'agrandissement de 2004. Les bas-côtés ont été ajoutés et l'édifice du presbytère lourdement modifié.

Vue de l'église depuis les travaux d'agrandissement de 2004. Les bas-côtés ont été ajoutés et l'édifice du presbytère lourdement modifié.

Un dimanche pas comme les autres.

0UTC Lundi 17 août 2009 4 commentaires

Cassonade

Dimanche matin. J’ai dans les mains un pot de cassonade. Car il y avait des crêpes au menu. C’est que Marine et Alex avaient accepté mon hospitalité pour la nuit après la grande bouffe… et qu’ils me remerciaient avec des crêpes. Ah!

Alex aux crêpes

La recette était essentiellement la même que la mienne… sauf que, pour une fois, je n’étais pas au fourneau. Et Alex les a fait cuire à la perfection, ce qui est parfois difficile avec ma poêle. Pendant ce temps-là, Marine s’amusait avec son i-fun (après avoir soigneusement préparé la pâte à crêpes)…

La raison pour laquelle ils sont demeurés chez moi tenait surtout à ceci:

Marine et Zoé

Marine a adopté un chien récemment, et l’élevage se trouve tout près de Red Deer, sur la route de Delburne. Voici Marine avec le père du chiot, Rocky.

Rocky et Zoe

Et ça, ce sont les deux parents, Zoé et Rocky. Chose certaine, Marine a pris conscience de la grosseur de ces animaux au beau pelage, surtout dans le cas du papa! Elle a aussi parlé de sa visite sur son blogue. Le petit est cependant encore très… petit!

Le petit

Nous ne savons pas encore lequel des mâles de la portée sera l’élu du cœur de Marine, mais l’éleveuse a consenti à nous en montrer un. Si miiignon! Nous ne pouvions pas toucher, mais c’était tellement tentant…

TerreNeuve

Il y avait, à l’élevage, un sympathique Terre-Neuve qui nous a accueillis. Méfiant au départ, il est venu me dire bonjour. Il m’arrivait à la taille!

Mais ce n’était pas tout. Après cette visite, nous prenions la route de Calgary. Et c’est là que j’ai rencontré Madame Panthère!

Panthère

Sympathique, même si elle a une personnalité bien à elle… elle devra bientôt compter avec deux canidés dans son nouvel environnement (car elle déménage avec ses maîtres la fin de semaine prochaine dans une grande maison). Et qu’est-ce qu’on a fait, chez Marine et Alex? Devinez… Re-bouffe, bien entendu!

Alex et saumon

Alex s’est affairé à préparer un délicieux plat de saumon, alors que Marine s’est lancée dans un dessert aux pommes délicieux ainsi que dans la préparation de tomates mimosa.

Tomate mimosa

C’était beau de les voir collaborer à la préparation du repas, se partager les tâches presque naturellement… et le résultat était délicieux!

Saumon mariné

La chose peut avoir l’air simple, mais les pommes de terre purée que j’ai mangé ce soir-là n’avaient pas d’équivalent dans ce que j’ai mangé jusqu’ici. La crème fait toute la différence!

Gâteau pommes

En dessert, un succulent gâteau aux pommes. Myam! J’ai hâte de voir ce qu’ils vont arriver à faire, lorsqu’ils auront vraiment l’espace et l’équipement, ces deux-là!

Merci de votre hospitalité!

Panthère couchée

Le pont des verbes

0UTC Lundi 10 août 2009 8 commentaires

Glenmore Trail

L’autoroute Glenmore à Calgary (Glenmore Trail) traverse la ville d’est en ouest dans sa partie sud. Lors de mon excursion en boucle autour du réservoir du même nom, il me fallait passer deux fois par-dessus cette importante voie de communication. La première traversée se faisait le long d’un viaduc automobile auquel était accolé un large espace bien protégé pour les bicyclettes et piétons duquel on avait une très belle vue sur la section nord-est du réservoir. Pour le retour, toutefois, je devais traverser un petit viaduc expressément conçu pour les piétons, vélos et patineurs, qui enjambait l’autoroute entre deux quartiers résidentiels. À son approche, on pouvait constater qu’il était d’une belle élégance, mais ce n’était pas tout.

Viaduc Glenmore Trail

On pouvait être frappé par le fait que le viaduc n’a aucun support central pour une travée d’une quarantaine de mètres. Impressionnant. Puis, en gravissant la rampe d’accès en pente douce, mon œil fut attiré par un détail:

Expansion

Un joint d’expansion identifié comme tel. Étrange. Déjà que, au moment d’arriver au pied du viaduc, j’avais pu voir un bloc de béton dans lequel était gravé le mot anchoring, (ancrage). Décidément, ce modeste ouvrage de génie civil avait des visées bien didactiques. C’est cependant en arrivant sur le pilier nord, au moment où je m’apprêtais à m’engager sur le tablier du pont, que j’ai commencé à comprendre que ces mots étaient en fait une œuvre d’art intégrée à l’ouvrage qui allait au-delà d’une simple explication des principes physiques qui assuraient la solidité de la structure. Sur la partie en porte-à-faux, on trouvait ces lignes qui montraient la dynamique de forces, en plus du principe de la porte-à-faux (cantilever) inscrit dans ces lignes de force.

Cantilever

En s’engageant sur le tablier proprement dit, on trouvait une série de verbes qui exprimaient d’abord la fonction spécifique d’un pont (bridging, spanning) que j’ai bien de la difficulté à traduire en français, puisque nous n’avons pas de verbe pour «ponter», quoique l’on pourrait traduire ces deux verbes par «relier», mais c’est enlever leur richesse sémantique en anglais, qui exprime à la fois quelque chose de spécifique aux ponts et, par métaphore, l’action de relier en général.

Bridging

La section suivante du garde-corps liait ces premiers verbes propres au vocabulaire des ponts à l’activité humaine de relier en général (linking, joining) qui n’est alors plus spécifique au génie civil mais s’étend plus généralement à la fonction humaine d’un pont.

Linking

Cela m’a semblé un fort habile jeu sémantique et artistique. De plus, sur cette section du viaduc, les lignes de forces sont alignées, ce qui correspond également à la manière dont les forces se répartissent sur ce tablier fait de Ductal® (une sorte de béton précontraint, si j’ai bien compris). Le tablier mesure 33,6 mètres de longueur et repose, à ses deux extrémités, sur des joints d’expansion tel que mentionné plus haut, qui le relient à deux sections en porte-à-faux reposant sur les piliers.

Floating

C’est cette caractéristique d’être simplement déposé sur des supports qui a amené l’artiste Adam Kuby, qui a ainsi «verbalisé» ce viaduc, à écrire sur toute la longueur de la chaussée du tablier, «floating», comme si le tablier «flottait» entre ses supports. Ça donne aussi l’impression aux passants qu’ils flottent en quelque sorte au-dessus de l’autoroute et de sa circulation parfois dense.

CompressAnchoring

Une fois redescendu du viaduc (j’y suis en fait remonté pour prendre les photos par la suite), le pilier sud montre encore les forces en présence: la compression (rôle joué par le pilier) et la tension (rôle joué par les câbles d’ancrage enfouis 13 mètres dans le sol).

Mur de verbes

Les verbes poursuivent leur envahissement en décorant le mur pare-son qui se trouve sous le viaduc, jouant ici avec les fonctions du mur, qui est de séparer, de cacher, mais avec quelques blocs transparents qui indiquent les fonctions inverses et qui rappellent un peu le rôle du pont, qui est de relier. En tout, cela m’apparaît une belle œuvre au sens architectural, mais encore plus une intégration intelligente de l’art à un ouvrage fonctionnel, ce qui en souligne la dimension humaine aussi.

Plaque explicative au pied du pont: cliquer pour agrandir.

Plaque explicative au pied du pont: cliquer pour agrandir.

Voir aussi les superbes photos du pont par l’artiste Adam Kuby sur son site.