J’adore!

Les cours reprennent bientôt… J’en profite pour vous demander votre avis. Comme on sait, je travaille dans un collège qui, l’année dernière, a décidé de refaire son image de marque. Voici le résultat affiché depuis le printemps dernier sur les bancs de la ville… Euh… Annoncer un collège (même si le mot n’apparaît nulle part) en montrant un couple de retraités réjouis? Sur lesquels on a en plus superimposé, par un travail photoshoppifiant bâclé, le nouvel emblème des équipes sportives de l’institution? On peut m’excuser de ne pas comprendre? Quelqu’un peut éclairer ma lanterne?
Dire que l’administration collégiale croit que la campagne de reconception de l’image de marque est à la source de l’augmentation phénoménale des inscriptions cet automne… Il faut dire que l’offre de la gratuité de l’inscription et, rendons tout de même justice au département de marketing, une campagne de séduction intense dans les écoles secondaires, a pu aider la récession à attirer les étudiants.
Mais quand même… Ces affiches?
Comme tous les jeudis, je me suis rendu au collège autour de midi pour terminer la préparation de mon cours et tenir mon heure de disponibilité au bureau. Je verrouillais ma bicyclette quand des employées qui étaient à leur pause-cigarette près du support à vélos m’ont annoncé qu’il n’y avait pas d’électricité…
Mon bureau n’a pas de fenêtre.
Et j’avais encore pas mal de travail à faire à l’ordinateur.
Je me suis rendu à la bibliothèque dans l’espoir d’y trouver un endroit où travailler (car il y a là d’abondantes fenêtres) mais j’y ai plutôt croisé une collègue qui avait dû déplacer son cours (car, comme moi, elle enseigne dans une classe sans fenêtres). Il n’y avait pas de ventilation non plus… si bien que les endroits fenestrés devenaient rapidement un four (il faisait un soleil radieux aujourd’hui).
Je retournais vers mon bureau quand j’ai croisé le président du collège qui était justement en mission de reconnaissance. La cause de la panne était connue: une rétrocaveuse avait sectionné le cable d’alimentation principal du collège, entraînant la fermeture automatique de tous les circuits pour éviter les surcharges sectorielles. Cependant, pas plus que moi, il ne savait quoi faire.
La panne a finalement duré près de trois heures; l’électricité est revenue au moment où je retournais à mon bureau pour y chercher mes affaires et me préparer à me tenir devant la porte de la classe pour annoncer aux étudiants que le cours était annulé et qu’ils avaient donc un délai supplémentaire pour rendre leur travail de session, s’ils le désiraient. C’est tout de même ce qui s’est produit, car plusieurs étudiants avaient aussi été affectés par la panne, interrompus dans leur travail par l’arrêt de l’alimentation électrique.
Disons que ce petit dérangement (qui m’a donné trois heures supplémentaires pour corriger les travaux que la plupart m’ont quand même remis, et ce dans le confort de mon jardin) a permis de démontrer quelques failles de notre système d’urgence au collège…
Certains d’entre vous savent que j’enseigne présentement un cours pendant la session de printemps qui a pour titre «l’Ouest canadien depuis 1870». Hier… alors que j’expliquais la Loi sur les mesures de guerre adoptée en 1914, je me suis subitement rendu compte que mes étudiants (dans un cours de deuxième année de niveau universitaire) auraient tous échoué un test de citoyenneté… J’ai dû prendre une dizaine de minutes pour expliquer le fonctionnement du système parlementaire canadien. Bon. Faut dire que j’ai eu droit à une immersion intensive de deux ans dans ces institutions, ayant été page, puis guide parlementaire dans le bâtiment qu’on voit ci-haut, mais quand même… ne pas savoir différencier le Parlement du Cabinet?
Suis-je surpris? Toujours et pas vraiment… Et ça vote, ce monde-là… À quand une véritable éducation citoyenne? Quoique…
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