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Archive for the ‘Patrimoine’ Category

Invermere… pour le p’tit déj’

0UTC Dimanche 13 septembre 2009 16 commentaires

Invermere downtown

Comme je le disais précédemment, le choix de restaurants à Radium est assez restreint… surtout si l’on désire, un samedi matin, déjeuner un peu plus tard. Par conséquent, Boris et moi-même avons décidé de nous rendre, vingt minutes plus au sud, à la petite ville d’Invermere pour notre réfection matutinale.

Bistro Invermere

Nous avons abouti dans ce sympathique petit bistro du centre-ville, qui était assez achalandé. J’ai souvenir d’y avoir pris un bon repas reconstituant et le service était sympathique.

Quality Bakery

Invermere vaut la peine d’être découvert. Il y a bien sûr le lac sur le bord duquel la petite ville est bâtie, mais on y trouve un nombre impressionnant de petits commerces de qualité, notamment cette boulangerie où j’aurais bien aimé me perdre… car c’est quelque chose qui me manque à Red Deer. Cependant, nous ne voulions pas nous éterniser.

Village Arts Invermere

Nous sommes allés faire un tour dans une sympathique échoppe qui vend un peu de tout pour la maison (après tout, je venais de repeindre ma salle de bains et j’étais à la recherche de quelques accessoires). La prochaine fois, j’irai me perdre aussi dans cette coopérative artistique logée dans un bâtiment historique du centre-ville. J’ai dû me retenir… les finances n’étant pas encore en mesure de soutenir mes désirs.

Épilobes Kootenays

Pourquoi devions-nous repartir? Eh bien, j’étais attendu à Calgary ce soir-là pour y cueillir une collègue à l’aéroport. Cela nous a permis de retraverser la superbe vallée des Kootenays, puis de prendre notre dîner à Banff, ce qui a enfin permis de réparer l’omission de l’année dernière, alors que j’avais raté l’hôtel qui fait la réputation de cette ville de villégiature dans une excursion précédente avec Boris. Je m’étais toutefois repris plus tard durant l’année, comme j’en ai parlé ici.

Banff Springs 2009

La vue du haut des terrasses arrières de l’hôtel n’est pas à dédaigner non plus. Ici, la vallée de la rivière Bow encadrée par le mont Tunnel (à gauche) et le mont Rundle (à droite).

Vallée Bow 2009

Un petit arrêt près de l’hôtel avant de reprendre la voiture nous a permis de sympathiser avec de petits rongeurs fort curieux qui n’avaient aucune peur des humains (même si nous n’avions aucune nourriture pour eux). Il s’agit de spermophiles (connus sous le nom de Richardson’s ground squirrel en anglais).

Ground squirrel

Puis ce fut le retour vers la métropole, puis un souper aéroportuaire en attendant le retour de ma collègue. Une pause à l’extérieur de l’aéroport nous a permis de constater ce qui arrive quand on confie la rédaction d’affiches dans l’autre langue officielle à des gens qui n’ont fait que prendre des cours d’immersion française en Alberta…

Affiche aéroport Calgary

Non mais… pour un endroit soumis à la juridiction fédérale… Y’a un(e) réviseur(e) dans la salle?

Rouleauville et la cathédrale de Calgary

0UTC Mercredi 9 septembre 2009 6 commentaires

Rouleauville Square

Sur la 17e Avenue SO, en fait près du point où elle devient SE, on trouve une trace fort visible de l’héritage francophone dans la ville: le site de Rouleauville. Il ne reste pas grand-chose des bâtiments qui ont autrefois formé le cœur d’un établissement francophone dynamique, mais les plaques bilingues qui entourent la place devant la cathédrale catholique de Calgary, Saint Mary’s, permettent de faire revivre un peu de ce passé.

Cathédrale St Mary's

La cathédrale se dresse au fond de la place. Construite en 1954, elle mêle des influences gothiques et art déco. Elle a remplacé l’édifice original qui a dû être démoli en 1954 et dont on trouve une maquette dans une des chapelles latérales. Le style rappelle certaines églises de la Nouvelle-France du dix-huitième siècle et surtout l’architecture, au dix-neuvième, de Victor Bourgeau. Quatre des cinq cloches de l’église originale ont été intégrées au carillon de la nouvelle.

Maquette ancienne cathédrale

Personnellement, j’aime bien ce «nouvel» édifice de brique au style inhabituel réalisé par Maxwell Bates.

Portail cathédrale

Contrairement à mon dernier passage dans ce coin, la porte était grande ouverte. J’y suis donc entré pour avoir une idée de l’architecture intérieure.

Intérieur cathédrale

Comparativement à d’autres églises, c’est peut-être un peu modeste, mais j’aime bien ce dépouillement qui révèle la vérité des matériaux, plutôt que des fausses voûtes de plâtre peint. Cela a un petit côté anglican… qui, encore, n’est pas pour me déplaire.

Choeur cathédrale

Le chœur est ouvert, aéré… peut-être même un peu trop au sens où il est un peu difficile de lier les divers éléments de la liturgie (Parole, Eucharistie, Présidence), mais c’est plutôt commun. Cependant, où donc est la cathèdre (le siège de l’évêque, qui le représente quand il n’est pas présent)? Là aussi, c’est un problème commun à bien des cathédrales, qui sous prétexte de réduire l’«élitisme», font disparaître des symboles importants.

Lampe sanctuaire cathédrale

Nonobstant cette petite critique, j’aime beaucoup le design adopté pour le mobilier liturgique. La lampe du sanctuaire, qui descend de la voûte, est bien présente, sans toutefois distraire ou supplanter l’autel, dont elle est le complément.

Baptistère

La fontaine baptismale, près de l’entrée, ne manque pas de majesté. De plus, contrairement à Saint Luke’s, elle n’est pas enfermée dans un écrin de verre qui la rend inaccessible. Encore ici, il faudrait voir comment le lieu est habité liturgiquement. Un chantre qui répétait au jubé ne me donnait pendant ma visite ne me donnait pas vraiment le goût de découvrir…

Musée royal de l’Alberta

0UTC Vendredi 4 septembre 2009 2 commentaires

Animaux RAM

Le Musée royal de l’Alberta se trouve au nord-ouest du centre-ville, dans le quartier Glenora, sur les terrains de Government House. Fondé en 1967 il a pour mission de «préserver et raconter l’histoire de l’Alberta et donner le goût aux Albertain(e)s d’explorer et de comprendre le monde qui les entoure».

Accueil RAM

Le musée parle dans son architecture: la pierre choisie pour le revêtement extérieur répond à celle qui revêt Government House par sa couleur, mais elle parle aussi d’histoire, puisqu’il s’agit de pierre calcaire de Tyndall, extraite au Manitoba, et riche en fossiles. L’Alberta s’identifie constamment à sa richesse géologique autant qu’à la biosphère. Le musée comporte quatre salles (dans l’ordre de ma visite): L’Alberta sauvage, la galerie d’histoire naturelle, la galerie Syncrude des cultures autochtones et une salle d’expositions temporaires. Il y a également un auditorium. Les salles sont disposées sur deux étages, aux extrémités du bâtiment; une longue galerie remplie de lumière naturelle les sépare.

Diorama ours

La salle consacrée à «l’Alberta sauvage» se compose surtout d’une série de dioramas spectaculaires qui cherchent à représenter les écosystèmes de la province, mettant l’accent sur les espèces menacées et mal comprises de la population en général (que l’on pense aux coyotes ou aux ours). Les explications sont détaillées à souhait, les dioramas bien réalisés et cette salle remplit à merveille son rôle d’éducation. Je pense qu’il s’agit là, pour les visiteurs, de la salle la plus intéressante de tout le musée.

Histoire naturelle

À l’étage, la salle consacrée à l’histoire naturelle déçoit quelque peu lorsque l’on a visité le Musée Tyrell (voir mon article de l’an dernier), surtout dans la salle des dinosaures. Cependant, il y avait une galerie de spécimens géologiques qui pourrait intéresser particulièrement ceux que les gemmes fascinent. Comme ce n’est pas mon genre et que je n’avais pas ce qu’il aurait fallu pour prendre des photos appropriées de  ces choses (un défi photographique intéressant en soi, mais les trépieds sont généralement interdits dans les musées), je suis passé plutôt rapidement dans cette salle.

Tipi

La troisième salle visitée est celle des cultures autochtones. Ici, on sent cruellement le manque d’espace: des artefacts énormes, comme ce tipi que l’on aperçoit en toile de fond, manquent d’espace pour se déployer et rendre justice à leur fonction. J’ai déjà vu mieux, disons, entre autres au musée Glenbow à Calgary pour ne parler que d’un autre exemple albertain. La galerie était plutôt déserte: les gens passent rapidement. Ce n’est pourtant pas par manque d’artefacts intéressants, mais ils ne sont pas mis en valeur. Témoin cette sculpture:

Bison et petit

En apparence, un «banal» exemple d’art autochtone du genre de ceux que l’on peut souvent trouver dans les boutiques haut-de-gamme pour touristes. Puis… on regarde de l’autre côté et soudain, cette sculpture d’une mère bison et de son petit prend une dimension symbolique (expliquée par une plaque): on y retrouve le foyer nourricier, rappel de l’importance du bison à l’économie des peuples autochtones des prairies. En quelque sorte, les peuples des prairies étaient eux aussi les «enfants» du bison.

Bison intérieur

La dernière salle contenait une exposition temporaire intitulée «Wildlife Photographer of the Year». Évidemment, par respect pour les œuvres exposées, je n’ai pas pris de photos. Cependant, cette salle valait également le détour; j’ai eu le souffle coupé devant certaines des photographies, passant de longues minutes en béate contemplation. L’exposition se termine le 13 septembre… avis aux intéressés!

Enfin, une petite promenade autour du musée permet de voir des œuvres intéressantes, dont celle qui ouvre cet article, réalisée par Ole Holmsten, et qui représente certains aspects de la vie animale dans ce qui est aujourd’hui l’Alberta.

Castor

0UTC Samedi 29 août 2009 2 commentaires

Castor Welcome

Castor est un petit village sur la route 12 à environ 140 km à l’est de Red Deer. C’était mon dernier arrêt lors de ma tournée dans l’est de la province en juillet dernier.

Castor

Le village, comme j’en ai parlé ailleurs, a été nommé Castor en l’honneur du ruisseau qui le traverse, Beaver Creek. C’est pour cela qu’une statue surdimensionnée du rongeur se dresse à l’entrée du village.

Musée Castor

Près de l’entrée du village, on trouve cet édifice, l’ancienne gare du Canadien-Pacifique, qui héberge maintenant le musée régional. Celui-ci n’est manifestement pas une opération à grand budget et n’est ouvert que trois jours par semaine à raison de deux heures par jour ou sur rendez-vous. Je n’ai pas vu les objets exposés, mais un groupe scolaire en parle sur un mini site web. Des artefacts intéressants y apparaissent qui nous plongent à une époque où les communications étaient plus rudimentaires et où l’agriculture dominait encore véritablement l’économie des prairies.

Élévateur Castor

Castor, comme bien d’autres centres de l’Ouest canadien, s’est développé autour d’un élévateur à grains. En fait, il y en avait plusieurs, mais les autres ont été démolis; celui-ci n’ayant échappé à ce sort que de justesse. Les dernières pages du document expliquant la mission et les services du musée mentionne la controverse entourant la préservation du patrimoine bâti dans les prairies, un univers où l’utilitarisme prime sur la conservation. Celui de Castor est l’un des plus vieux élévateurs originaux existant toujours en Alberta. Il a été construit en 1910, ce qui en fait le deuxième plus ancien de la province. En 2004, l’élévateur a été déclaré ressource historique provinciale, ce qui lui donne le niveau de protection le plus élevé dans la province (ainsi que des subventions pour son entretien).

Wagons

À côté de l’élévateur, on voit ses compléments essentiels: des wagons. Il y en a quatre: un wagon à bestiaux à deux étages, deux wagons à grains et un fourgon de queue. Ceux-ci, donnés par le Canadien-Pacifique, ont été rénovés et repeints… gracieuseté d’un carrossier local qui s’affiche fièrement à proximité de ceux-ci. Fort bien! On utilise les ressources du milieu.

École Castor

Une gare, un élévateur, quelques wagons… Que manque-t-il à tout bon village? Une école, bien sûr! L’école de Castor a été construite en 1919 et est l’une des plus anciennes à avoir été préservées dans la province. On y a enseigné jusqu’en 1959 dans une seule salle de classe, un peu comme l’école que j’ai plus récemment visitée. L’intérieur semble toutefois en avoir été mieux préservé et reconstitué.

Atelier musée Castor

Un quatrième bâtiment s’ajoute au complexe muséal: un atelier de mécanique dans lequel on trouve des véhicules automobiles des années 1920 aux années 1950. Rien qui se compare au Musée Remington de voitures (principalement) hippomobiles à Cardston, mais quand même… j’aurais apprécié au moins pouvoir y entrer. Dommage que l’endroit ferme à 16 h!

Instruments aratoires

Autour de ces bâtiments, on trouve quelques instruments aratoires qui semblent presque abandonnés à leur propre sort… mais qui doivent pouvoir prendre vie avec une animation appropriée. Enfin, près de l’entrée du musée, tout près d’un castor qui autrefois ornait une locomotive du CP, on trouve un ancien chariot à bagages qui semble dire: Prêts à partir (vers le passé)? En voiture!

Chariot bagages Castor

Lloydminster: ville frontalière

0UTC Jeudi 27 août 2009 2 commentaires

Marqueur frontalier Lloydminster

J’ai déjà brièvement évoqué mon passage à Lloydminster le 4-5 juillet dernier. J’y ai couché une nuit au retour de Saint-Paul et Bonnyville, question de visiter un peu l’est de la province et des bouts de la Saskatchewan sur le chemin du retour, plutôt que de simplement reprendre la route en direction de Red Deer.

Red Deer Loop 4-5 juillet 2009

Cliquez sur l’image pour agrandir. Cliquez ici pour voir la carte (zoomable) sur Google Maps.

Il y avait donc d’abord ces marqueurs frontaliers géants que l’on ne peut pas manquer en arrivant à Lloydminster. Quatre immenses pylônes qui reprennent la forme des marqueurs utilisés par les arpenteurs pour signaler la présence de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, qui suit le «quatrième méridien» tracé depuis le Manitoba comme base du système d’arpentage des terres des Prairies.

Marqueurs de l'est

Lloydminster, c’est toutefois plus qu’une ville frontalière. En plus de cette caractéristique déjà assez particulière, l’histoire de la ville est assez unique. À l’origine, il s’agissait d’une des quelques colonies utopistes fondées par des groupes religieux cherchant, dans l’immensité des Prairies, une liberté qui leur ouvrirait des possibilités nouvelles pour vivre en paix, loin des persécutions religieuses qui marquent périodiquement l’Europe.

Temple Barr

C’est pour cette raison que, derrière le centre d’information touristique — et accessoirement directement en face du motel où j’avais élu domicile pour la nuit — on trouve le centre d’interprétation de la colonie de Barr. Malheureusement, c’était dimanche. Le centre n’ouvrait qu’à midi. Pour ma part, à cette heure-là, j’avais prévu être, disons, un peu plus loin au sud. J’ai donc dû me contenter de me promener sur le site, qui rassemble des objets hétéroclites qui rappellent le passé de la ville.

Vue générale expo BarrStation serviceTracteursMaison colons

Isaac Barr avait acheté d’immenses terres pour y installer un groupe de deux mille colons qui allaient fonder une colonie agricole utopiste. Les choses commencent plutôt mal et Barr ne reste pas en place longtemps. Le leadership en revint à George Lloyd (qui devint plus tard évêque anglican de la Saskatchewan) et les colons, malgré les rivalités initiales, furent responsable du développement d’une bonne partie de l’ouest de la province. Lloydminster doit son expansion non seulement à l’agriculture, mais aussi à l’exploitation pétrolière, la région étant très riche en huile lourde.

Huskfiner

Cet artefact tiré d’une raffinerie, un «Huskyfiner» (développé par la compagnie Husky Energy) montrait d’ailleurs l’importance de cette industrie dans la région. Le pétrole que l’on récolte dans la région, du bitume assez épais (mais pas des sables bitumineux) sert à fabriquer de l’asphalte.

Après cette brève visite, j’ai repris la route… Je voulais aller explorer plus au sud. Je vous en parle bientôt!

Route 17 vers le sud