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Archive for the ‘Si on me demandait mon avis’ Category

Explication, SVP!

0UTC Dimanche 30 août 2009 9 commentaires

Esprit RDC

Les cours reprennent bientôt… J’en profite pour vous demander votre avis. Comme on sait, je travaille dans un collège qui, l’année dernière, a décidé de refaire son image de marque. Voici le résultat affiché depuis le printemps dernier sur les bancs de la ville… Euh… Annoncer un collège (même si le mot n’apparaît nulle part) en montrant un couple de retraités réjouis? Sur lesquels on a en plus superimposé, par un travail photoshoppifiant bâclé, le nouvel emblème des équipes sportives de l’institution? On peut m’excuser de ne pas comprendre? Quelqu’un peut éclairer ma lanterne?

Dire que l’administration collégiale croit que la campagne de reconception de l’image de marque est à la source de l’augmentation phénoménale des inscriptions cet automne… Il faut dire que l’offre de la gratuité de l’inscription et, rendons tout de même justice au département de marketing, une campagne de séduction intense dans les écoles secondaires, a pu aider la récession à attirer les étudiants.

Mais quand même… Ces affiches?

Nono logo

0UTC Jeudi 9 avril 2009 20 commentaires

logo-sur-college

Le nouveau logo du collège trône dorénavant sur le Centre des Arts, en vue de l’Autoroute 2… Ce logotype a remplacé l’enseigne qui avait été installée là il y a presque exactement un an. Est-ce un progrès? Je le laisse à votre appréciation… Quant à moi, je ne suis pas trop sûr que les passants sur l’autoroute sauront nécessairement à quoi les lettres RDC font référence. Ce n’est pas exactement comme si le collège était le MIT.

Il semblerait que c’est devenu une véritable industrie, le rebranding. Ça ne change rien à l’entreprise (ni surtout aux institutions) visée, mais il y a des entreprises de publicité/communication qui font visiblement fortune en faisant croire aux gens qu’en se repositionnant visuellement ils auront une meilleure part de marché.

Voici justement que la province (dont le budget — le premier déficitaire en 16 ans — vient de sortir) se paie une opération de remise à jour de son «image de marque» de l’ordre de 25 millions de dollars. Bon… oui, l’ancien logotype commençait à accuser son âge, mais il me semble qu’il y a peut-être de l’abus dans les coûts. Pour l’explication de la nouvelle image de marque (accompagné par l’abandon du slogan «Alberta Advantage» qui est remplacé par «Freedom to Create. Spirit to Achieve» qui se traduit fort mal en français), voir le site du gouvernement albertain.

Le nouveau (en haut) et l'ancien (en bas) logos du gouvernement provincial.

Le nouveau (en haut) et l'ancien (en bas) logo du gouvernement provincial. Source: Radio-Canada (voir article cité au paragraphe précédent)

Ceci dit, le gouvernement a pris la décision (sensée!) de remettre à plus tard l’introduction d’une nouvelle plaque d’immatriculation dans la province. Disons que ça pourrait mal passer dans un temps de récession qui frappe assez durement la province. Curieusement, on a trouvé que l’ajout d’un caractère supplémentaire pourrait fonctionner après tout… (voir à ce sujet mon article de l’an dernier)

La saga n’est pas encore terminée

0UTC Mardi 31 mars 2009 4 commentaires

arlington-de-louest

Le plus vieil hôtel de Red Deer refuse de mourir. La Ville s’est bel et bien portée acquéreur de l’hôtel Arlington, dans le but de le raser pour faire place, temporairement, à un stationnement, puis à un «développement multifonctionnel» (lire: un centre d’achats, probablement). Cependant, la Ville doit attendre 45 jours après avoir soumis sa demande de démolition, ce qui laisse le temps à des groupes de citoyens de faire pression sur les élus pour sauvegarder l’édifice. La Ville n’ayant pas de projet précis, elle n’a pour atout que la mauvaise réputation de l’édifice, qui était devenu une piquerie et une maison de chambre et que d’aucuns considèrent comme un obstacle au développement d’un centre-ville moderne (on n’a qu’à lire les commentaires dans les articles du journal local concernant cette polémique). C’est une mentalité bien commune en Alberta, où la préservation du patrimoine, sauf peut-être lorsque les édifices sont beaux, n’importe pas.

Au moment où le Conseil municipal lance un ambitieux plan de relance du centre-ville, l’Arlington semble irrécupérable. La vision d’«authenticité» qu’inclut ce plan de relance veut recréer le passé ferroviaire d’une partie du centre-ville (le chemin de fer a été détourné il y a quelques décennies pour faire place à une route, à des garages municipaux et à des commerces) mais ne cherche pas à protéger ce qui existe déjà. Pourtant, l’Arlington existait justement à l’origine à cause du chemin de fer en question.

Dans un récent article du journal local, une responsable d’un groupe de planification disait que l’édifice (qui n’est pas classé) avait conservé peu de ses caractéristiques d’origine. Je traduis:

L’hôtel le plus ancien de Red Deer a été évalué selon les sept critères de conservation du gouvernement albertain: lieu, environnement, conception, matériaux, techniques de construction, esthétique ou sens historique de l’époque [de construction, je suppose] et association avec une ressource historique, une personne ou un thème historiquement significatif.

«Plusieurs éléments originaux du bâtiment, dont le clin de bois dont il était recouvert et le joli balcon qui l’entourait n’y sont plus» disait-elle. «L’édifice a toujours deux étages, la même silhouette… l’intérieur du bâtiment n’a rien avoir avec l’original.»

Bon. Voici ce dont avait l’air l’hôtel Arlington en 1911, selon le volume de Georgean C. Parker, Proud Beginnings: A Pictorial History of Red Deer (p. 136):

arlington-1911

Certes, il faudrait d’importants travaux de réfection pour faire retrouver à cet édifice sa gloire d’antan et surtout pour lui trouver une nouvelle vocation qui permette d’en faire un pilier du redéveloppement du coin. Cependant, la structure de base est encore là et probablement en bonne condition. Cependant, un édifice, c’est plus que des matériaux de construction: c’est un organisme à qui les humains donnent vie.

Il faut dire qu’il est assez mal entouré et que les édifices des alentours servent aussi de refuge à des laissés-pour-compte que les élus autant que les bien-pensants préfèreraient ignorer, oublier, et reléguer à un endroit moins visible. Je pense que c’est là que le bât blesse, en plus du manque flagrant de créativité des élus, qui n’imaginent le progrès que selon des normes contemporaines. Pourtant, un autre édifice a récemment fait l’objet d’un vaste programme de restauration qui a permis de le faire revivre sous une nouvelle vocation. Un peu d’imagination, que diable!

Chose certaine, cette affiche, au coin de l’avenue Gaetz (la rue principale de Red Deer, sur laquelle la façade de l’hôtel se trouve) et de la 49e rue aura permis à plusieurs de prendre conscience de l’importance historique d’un bâtiment qui s’est tenu là 110 ans. Survivra-t-il? J’en doute et c’est malheureux.

affiche-arlington

Ironie du sort, selon un article publié hier dans le journal local, une pétition circule actuellement pour obtenir que soit protégé l’édifice par une désignation en tant qu’édifice historique au niveau municipal. Cependant, pour que la requête soit recevable, elle doit être signée par le propriétaire de l’édifice, soit la Ville de Red Deer. Comme l’administration municipale a pour seul projet de raser le bâtiment, on peut douter de l’efficacité de ce moyen de pression.

Enfin! … ou presque

0UTC Dimanche 29 mars 2009 15 commentaires

legislature-en-hiver

Il paraît qu’un projet d’amendement à la Charte albertaine des «droits humains, de la citoyenneté et du multiculturalisme» sera bientôt proposé par le ministre responsable, Lindsay Blackett. Cet amendement mettrait fin à une anomalie typiquement albertaine par laquelle la Charte ne protège pas contre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Depuis 1998, suite à des poursuites intentées sur la base de la législation fédérale interdisant la discrimination selon l’orientation sexuelle, les cours albertaines ont choisi de «read in», c’est-à-dire de considérer comme ayant force de loi sans pour autant oser l’écrire, l’interdiction de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. L’Alberta est la seule province canadienne où subsiste cet anachronisme légal.

Le gouvernement conservateur d’Ed Stelmach serait apparemment ouvert à cette modification de la Charte; quant à la population, on verra bien… Après tout, c’est ici que subsiste la plus forte opposition à la reconnaissance des droits civils des homosexuels: la différence fait peur dans cette province, surtout hors de Calgary et Edmonton. Cet amendement à la Charte ne changera pas grand-chose en pratique… mais clarifiera une situation qui perdure indûment.

Copyright?

0UTC Jeudi 19 mars 2009 20 commentaires

fair-copyrightDepuis 2002 se tient au collège une série de conférences intitulées «Perspectives, Canada and the World». Elles ont lieu deux fois par année, à raison d’une par session académique. La dernière à laquelle j’avais assisté m’avait profondément déçu, mais ce n’était pas une raison pour bouder cette série par principe, même si celle de l’automne n’avait pas réussi à m’attirer parce qu’elle mettait à l’honneur un militaire.

Le mercredi 11 mars dernier avait lieu la présentation de Michael Geist, professeur de droit spécialisé sur les questions liées à l’internet à l’Université d’Ottawa. Sa conférence portait sur la campagne qu’il a menée pour réformer le projet de loi C-61 mort au feuilleton l’automne dernier lors de la dissolution du Parlement par suite du déclenchement des élections générales. Ce projet de loi criminalisait un ensemble de pratiques liées au partage de fichiers électroniques ou de ressources numériques; il devenait par exemple illégal (et passible d’une amende allant jusqu’à 500$ par fichier) de transférer de la musique d’un DC protégé à un lecteur numérique. La publication d’une vidéo dotée de droits d’auteur sur un support comme YouTube entraînerait une amende pouvant aller jusqu’à 20 000$ par infraction.

La réaction à cette copie d’une législation étatsunienne datant d’il y a plus de dix ans (donc avant l’explosion des technologies numériques) avait en fait commencé avant même que soit déposé le projet de loi, en partie grâce à un groupe Facebook lancé par Geist. L’été dernier, il avait également organisé un concours sur YouTube: «C-61 in 61 seconds» destiné à lancer un débat public sur le projet de loi qui était alors débattu en Chambre.

Que l’on soit d’accord ou non avec les idées mises de l’avant par Geist, sa conférence mettait de l’avant de manière éloquente le fait que la question du copyright n’est pas qu’une question de droits d’auteur et de juste compensation à donner aux auteurs et producteurs de biens culturels. En fait, sa conférence soulignait l’importance croissante de la participation citoyenne dans un monde numérique qui n’a pas une existence seulement virtuelle. De la même manière, la loi devrait évoluer non pas d’une manière rétrograde qui ne rend pas justice à une évolution sociale et technologique qui peut donner une voix aux citoyens comme elle peut aussi servir de bâillon.

Chose certaine, il s’agit là d’un débat qui n’est pas près de mourir; Brett Gaylor, un réalisateur canadien vient justement de produire un documentaire sur le sujet.