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Archive for the ‘Vancouver 2008’ Category

Boulimie photographique?

1UTC Dimanche 15 juin 2008 5 commentaires

La semaine dernière, une des premières tâches que je m’étais fixé était de faire imprimer une sélection des photos prises durant mon séjour en Colombie Britannique. J’ai beau faire dans le numérique, je suis un historien et je ne fais pas confiance aux fichiers informatiques pour garder l’information ad vitam æternam. L’inconvénient du numérique, s’il y en a un, c’est que j’ai encore plus le doigt rapide sur la gâchette… si bien qu’il y a plus de 600 photographies sur cette table, pré-classées. Il ne me reste plus qu’à les identifier et à les insérer dans les albums en ordre. C’est un processus plutôt long… mais j’ai réussi à terminer environ la moitié ce soir. La grosse pile dans la colonne de gauche, ce sont les photos prises aux Jardins Butchart; il y a environ 250 dans cette seule pile…

Avec tout ça, je n’ai certainement pas besoin de téléviseur pour me tenir occupé!

Tel que promis, chronique du retour vers Red Deer

1UTC Mardi 10 juin 2008 3 commentaires

Il fallait bien rentrer un jour… L’avantage de ne pas être contraint à un moment précis de retour par un billet d’avion est que j’aurais pu décider de passer quelques jours à Victoria pour découvrir davantage; il y avait beaucoup à voir que je n’ai pas encore vu. Mais comme je l’ai dit dans un commentaire précédent, j’avais l’impression que si je restais une journée de plus, je me trouverais un emploi de concierge, s’il le fallait, mais je ne serais plus rentré à Red Deer. J’exagère un tantinet, mais c’est un peu ce que je ressentais. Comme pour confirmer ma décision de partir, l’exécrable caissière de la cafétéria de l’Université de Victoria était égale à elle-même. En quittant, j’ai dit à la réceptionniste des résidences: «I will not miss the most obnoxious cashier in the universe». Il paraît que je ne suis pas le premier à me plaindre.

Alors j’ai pris la route vers 8 h 30 pour me diriger vers la «Baie noire» (Schwartz Bay) où se trouve le terminus des traversiers en direction de Tsawwassen, le terminal du sud de Vancouver (pas le même que celui de l’aller). Je suis arrivé à 9 h 05, juste en retard pour le traversier de 9 heures et il n’y en avait pas à 10 heures. J’ai donc dû passer deux heures à attendre… pas grave! Je n’étais pas pressé, j’avais de la lecture, et ça m’a donné l’occasion de jaser avec l’un des artistes et vendeurs d’art pour touriste installé à cet endroit, qui a grandi à Montréal avant de venir s’installer à Victoria. Et dans un rare élan, j’ai même cédé au charme d’une de ses reproductions… Vous ai-je dit que je m’ennuyais un tantinet de mes minets?

Un peu avant 11 heures, ce fut l’embarquement, puis le départ. La traversée à cet endroit est plus pittoresque que celle de Horseshoe Bay à Nanaimo, car le bateau traverse un archipel fort animé.

Le temps gris était cependant au rendez-vous. Il paraît que Victoria vit cette année son printemps le plus frais et humide depuis 1954. Je n’ai pas eu trop à m’en plaindre, comme on a pu le constater durant les deux jours précédents. Je suppose que pour les habitants, c’est surprenant.

Je n’avais pas prévu faire le trajet en une seule journée pour le retour; je pensais arrêter soit à Revelstoke, soit à Golden pour y passer la nuit. Je suis donc parti sans vraiment me sentir pressé par quoi que ce soit. Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas un peu de plomb dans la semelle de ma sandale droite (non, pas de contravention…). Je reprenais en partie le même trajet qu’à l’aller, sauf de Merritt à Sicamous. À l’aller, j’étais descendu par la vallée de l’Okanagan et Kelowna (voir la carte). Au retour, je passerais plutôt par la vallée de la rivière Coquihalla et donc Kamloops.

Je n’avais pas fait le plein depuis mon arrivée à Vancouver (la joie des petites voitures). Comme l’aiguille de niveau d’essence chatouillait à peine la moitié, il me fallait arrêter quelque part avant d’entreprendre la vertigineuse montée. Au sortir du traversier, j’avais aperçu quelques stations-service… où l’essence se détaillait 1,459$ le litre. Euh… à Victoria, c’était 1,399$. Disons que j’ai décidé de passer et d’attendre d’être sorti de Vancouver dans l’espoir de trouver mieux et c’est finalement à Chilliwack que j’ai trouvé le précieux liquide à 1,309$. Pas exactement une aubaine, mais tout de même quinze cents de moins que quelques dizaines de kilomètres plus tôt. Un peu après d’avoir fait le plein, dans les derniers bouts de plaine alluviale où loge la ville de Hope, on trouve cette affiche étrange:

Le plus curieux, c’est qu’il y a un panneau une centaine de mètres plus tôt qui annonce des stations d’essence avec l’intitulé «Fuel». À croire qu’à Hope, le pétrole de la Coquille, ça se mange… Remarquez en passant la végétation luxuriante de feuillus, que j’allais bientôt quitter pour ne plus la revoir avant un bout de temps.

C’est après Hope que l’on entame la vertigineuse remontée. On a trois choix: la route Transcanadienne proprement dite, qui passe à l’ouest de la vallée de Coquihalla avant de rejoindre Kamloops, l’autoroute Coquihalla qui longe la rivière du même nom et la route Crowsnest, qui longe pour sa part la frontière étatsunienne en zigzaguant par monts et par vaux. On m’a dit que le paysage était spectaculaire, mais ce sera pour une autre fois, car je n’avais pas exactement envie de me taper un trajet interminable. J’ai choisi la voie facile: Coquihalla.

Tout de suite après Hope, qui se trouve, toujours selon les données d’Environnement Canada, à 39 mètres d’altitude, on entreprend une montée rapide qui nous porte à 1230 mètres d’altitude, au sommet de la route Coquihalla. (Commentaires d’un cycliste qui s’est amusé à faire la Colombie Britannique ici; en passant, il y en avait plusieurs à divers endroits sur la route.) Ça se fait en moins d’une demi-heure; 1200 mètres en environ 35-40 kilomètres de distance horizontale. Et en ce dimanche, comme pour souligner la chose, on se retrouvait le nez littéralement sous les nuages. On remarque aussi que la végétation a changé drastiquement et qu’on passe de la forêt mixte à une forêt boréale où dominent les conifères, avec quelques bouleaux et peupliers. À partir de ce moment, on ne redescend pas beaucoup sous le kilomètre d’altitude.

Comme je le racontais à l’aller, c’est une autoroute à péage et, pour celles et ceux qui ne sauraient pas de quoi a l’air un poste de péage «à l’ancienne», j’ai pris ce cliché. Et imaginez-vous que j’ai eu la même préposée qu’à l’aller. Je lui ai demandé ce qui me turlupinait à l’aller: où donc habitent ceux qui travaillent au péage? Elle m’a dit que certains vivaient à Hope, d’autres à Merritt… donc au moins à 60 km de distance de leur lieu d’emploi. J’espère qu’ils sont bien payés!

Les paysages le long de la Coquihalla sont moins bucoliques que ceux de l’Okanagan, mais ils n’en sont pas moins spectaculaires. L’autoroute serpente allègrement, parfois au creux des vallées, parfois à flanc de montagne. À part certaines pentes très longues où le moteur demandait de rétrograder, s.v.p., la montée se fait assez facilement. Comme je m’y attendais, Bernadette avait un peu plus soif dans cette direction qu’une semaine plus tôt. En fait, pour me rendre au sommet Coquihalla (et je venais de faire le plein à Chilliwack), j’ai vu l’aiguille descendre d’un huitième de la capacité. Cela fait une consommation de 7 litres de carburant environ, soit 5 km au litre à peu près, ce qui n’est pas exactement typique! Ça travaillait sous le capot, mais Bernadette ne s’en portait pas plus mal et la température du moteur n’a même pas augmenté.

J’ai encore passé Merritt sans sourciller et je me suis rendu à Kamloops directement. Par la suite, on traverse les hauts plateaux centraux, où les montagnes sont plutôt rondes et couvertes de forêts, contrastant avec les paysages accidentés des cordillères du Pacifique et des Rocheuses proprement dites, à l’est. Le plateau central compte plusieurs grands lacs logés entre des crêtes, dont certains ont été formés artificiellement. Comme le Québec (et contrairement à l’Alberta), la Colombie Britannique tire la plus grande partie de son électricité de sources hydriques.

Dans cette région du plateau, contrairement à l’Okanagan, les terres sont plus arides et la culture ressemble davantage à celle des Prairies qu’aux vignobles et cultures maraîchères et fruitières de l’Okanagan. L’industrie forestière est également très importante, comme en témoignent plusieurs zones de coupe à blanc que l’on aperçoit à flanc de montagne.

J’ai bientôt rejoint Sicamous, l’endroit où à l’aller j’étais descendu vers la vallée de l’Okanagan, et repris une route que je connaissais déjà. C’est entre Sicamous et l’Alberta que la route est le plus difficile, si on peut parler ainsi. On atteint alors la zone où les sommets grimpent à des hauteurs vertigineuses et la route doit serpenter entre les montagnes. Les voies de dépassement qui permettent aux véhicules plus lents de se ranger à droite et aux «p’tits vites» de passer à gauche sont cependant communes, sauf entre Golden et la frontière albertaine, où la route devient vraiment tortueuse (à plusieurs endroits, la vitesse est limitée à 40 km/h et on comprend pourquoi).

Ces petites préoccupations routières ne comptent pas pour grand-chose lorsque l’on contemple les superbes paysages qui s’offrent à nous. Peu après Sicamous, on entre dans le Parc national des Glaciers, où s’effectue d’ailleurs, à Roger’s Pass, le changement d’heure. C’est là que l’on commence à voir les premiers sommets enneigés qui annoncent les «vraies» Rocheuses. En fait, le trajet d’ouest en est devient encore plus spectaculaire qu’en sens inverse, puisque les sommets deviennent de plus en plus spectaculaires à mesure qu’on se rapproche de l’Alberta. Comment décrire le sentiment très particulier qui nous habite lorsqu’on se promène au flanc d’une montagne qui s’élève à plus d’un kilomètre au-dessus de notre tête et qu’on longe une vallée qui est aussi profonde la montagne est haute? Ce sont des sensations qui ne se décrivent pas et que même les images ne rendent que très imparfaitement.

Quand je me suis arrêté à Golden pour faire le plein, vers 21h, je savais qu’il me restait encore quatre bonnes heures de route à faire, avec le pire chemin de tout le trajet tout de suite en sortant de Golden. Je savais aussi, qu’il ne me restait que quatre heures de route avant de retrouver mon lit et mes adorables quatre-pattes. J’étais un peu fatigué, mais pas suffisamment pour dire que cela m’empêcherait de poursuivre ma route. Comme le soleil n’était pas encore couché et que je savais que je pouvais atteindre Lake Louise (où la route est plus simple, car elle est comparativement droite jusqu’à Calgary) avant la disparition des lueurs du crépuscule, je me suis lancé après une brève pause. J’ai donc décidé de continuer. C’est avec grande joie que j’ai vu apparaître la ligne de partage des eaux et la frontière albertaine dans Kicking Horse Pass. Malgré une bonne pluie entre Lake Louise et Banff qui rendait la route un peu périlleuse, je me suis rendu sans problème jusqu’à Calgary, où je pouvais presque mettre le pilote automatique pour rentrer chez moi.

Trajet de retour de Victoria à Red Deer

1UTC Mardi 10 juin 2008 2 commentaires

De retour

1UTC Lundi 9 juin 2008 2 commentaires

Je suis à nouveau sur le versant est des Rocheuses…

Le temps de m’organiser un peu et la chronique du retour avec photos apparaîtra ici. Auparavant, je dois aller faire l’épicerie et tondre le gazon; en fait, j’aurais besoin d’une moissonneuse-batteuse… en auriez-vous une à me prêter?

Catégories:Vancouver 2008

Journée victorienne (et pas seulement à cause du nom de la ville)

1UTC Samedi 7 juin 2008 14 commentaires

Je savais que le centre de l’univers était au Canada… maintenant, j’en ai la preuve. En plus, c’est sur la péninsule de Saanich, qui s’étend au nord de Victoria. En fait, il s’agit d’un centre de recherches astronomiques du gouvernement canadien… mais avouez que ça surprend, quand on voit ça apparaître sur le bord de la route, au beau milieu du bois.

J’ai vu cette affiche en me rendant à Butchart Garden, ma première destination ce matin. Je suis parti après un déjeuner à la cafétéria inclus dans mon forfait à 48$ la nuit. Un conseil: si vous venez coucher ici un jour, d’abord apportez-vous une débarbouillette et un verre pour boire, car ils ne fournissent ni l’un, ni l’autre. Ils ont du savon et fournissent deux serviettes, mais c’est tout. Je pensais prendre leur super-spécial «backpacker» à 35$ la nuit, qui n’inclut pas le service aux chambres ni le petit déj’, et j’aurais dû. Bon, il y a plus de variété à la cafétéria et les œufs brouillés sont faits avec de vrais œufs, mais ça ne vaut pas vraiment le coût… car, ce qu’ils ne disent pas, c’est que le petit déjeuner est compris jusqu’à concurrence de 5,75$. Tout achat supplémentaire étant facturé… Mais ne nous plaignons pas: le lit est confortable et je peux vous écrire. Et j’ai pu me reposer pour partir en forme ce matin vers les renommés jardins. Ce n’est pas exactement à côté: j’ai mis une bonne trentaine de minutes à m’y rendre (en passant par le «centre de l’univers», bien sûr)!

Les Jardins Butchart, c’est d’abord une carrière de pierre calcaire épuisée et abandonnée, puis le rêve de Jenny Butchart, femme de riche industriel, d’en faire un jardin. Ça se passait il y a plus d’un siècle. Le lieu est impressionnant. On ne sait plus où donner de l’objectif et j’ai pour la première fois de ma vie complètement rempli ma carte de mémoire de 2 gigaoctets. Heureusement que j’en ai d’autres de réserve… Certains se plaignaient du fait qu’il n’y a pas de plaques d’identification des plantes; ce n’est pas un jardin botanique, mais plutôt un immense aménagement paysager à apprécier plutôt qu’à décortiquer. Ça n’empêche pas qu’il y a un comptoir pour répondre aux questions horticoles des visiteurs. J’y ai passé trois heures en contemplation.

Au plus profond de la carrière se trouve une fontaine spectaculaire. J’ai pensé à BBBB qui a un faible pour les fontaines. Les jeux d’eau variés rendent ce spectacle constamment fascinant.

Il y avait bien entendu des fleurs spectaculaires. Ici, deux pivoines se donnaient à admirer. Nous sommes dans l’entre-saison: la plupart des fleurs printanières terminaient leur cycle et les annuelles et les fleurs d’été ne sont pas complètement écloses, ce qui n’empêchait pas le jardin de fournir un spectacle époustouflant. Une section, toutefois, manquait un peu d’intérêt pour cause de floraison qui se fait attendre: la roseraie.

Il y avait quand même quelques rosiers sauvages en fleurs, et cette abeille en profitait goulûment. Çà et là, des décorations de jardin donnaient aussi de la vie à l’endroit.

Dans la roseraie, une petite fontaine mettait en vedette une grenouille de bronze. Emmanuelle, j’ai pensé à toi, dans ta lointaine Tunisie.

Et je n’ai pas pu résister à cette «boule en miroir» d’un genre différent de celles qui ornaient jadis les salles de danse.

Le jardin japonais offrait un spectacle tout en harmonie et en couleurs (ça semble presque cliché de le dire). Des ruisseaux, des rochers et des plantes à profusion. Il y avait aussi quelques belles lanternes de pierre. Et c’était de là qu’on pouvait accéder à un observatoire qui donnait sur une baie dans Saanich Inlet où des bateaux de plaisance ont remplacé ceux qui fournissaient autrefois la cimenterie.

Près de la résidence, on trouve des jardins plus formels, dont cet étang en étoile qui avait été conçu par Monsieur Butchart pour sa collection de canards. Il n’y avait aucune trace des volatiles, mais les grenouilles (de bronze) s’en donnaient encore à cœur-joie dans la fontaine.

À la sortie un sanglier à l’air sympathique trônait sur une place où il y a de l’animation durant la haute saison. Dieu merci, ce n’est pas encore la saison des vacances, ce qui veut dire que c’était un peu plus tranquille et que j’ai pu visiter à ma guise et parfois même arriver à prendre des croquis sans être pris dans un embouteillage de touristes.

Je suis ensuite revenu vers Victoria pour aller visiter une autre merveille de l’époque victorienne, Craigdarroch Castle, qui se trouve près de l’endroit où je me suis stationné hier. Réalisation architecturale vaguement mégalomane de l’un des robber barons de la fin du siècle, qui s’est enrichi par le commerce du charbon, alors que les ouvriers qui ont fait sa prospérité et celle de ses congénères de la grande industrie gelaient dans leurs maisons faute de pouvoir se payer le précieux combustible. En passant, l’historien n’était pas impressionné par la présentation des jardins Butchart ni par celle de Craigdarroch à ce sujet: on oublie trop facilement les travailleurs qui ont rendu ces merveilles bourgeoises possibles…

Alors voilà ce château. Contrairement à Casa Loma à Toronto, dont la construction a essentiellement mené son propriétaire à la banqueroute, cette résidence cossue n’a pas causé la ruine financière de la famille, même si celui qui l’a fait construire est décédé avant que le château soit terminé. Sa veuve s’y est cependant installée et y a vécu en grande dame, laissant une fortune évaluée à 20 millions de dollars à son décès, une somme plus que considérable à l’époque. La résidence a cependant été abandonnée par les héritiers, aucun d’entre eux n’ayant voulu s’en charger, ce qui a mené au lotissement du vaste domaine (ce qui explique que le bâtiment repose sur un terrain de la grosseur d’un mouchoir de poche aujourd’hui) et à une rafle du bâtiment lui-même. Le gagnant de la loterie n’ayant pas pu entretenir le château, il fut réquisitionné à la fin de la première Guerre mondiale pour servir d’hôpital militaire, puis il est devenu un collège pour enfin héberger les bureaux administratifs de la commission scolaire avant de devenir un conservatoire. Depuis 1980, il est devenu un musée.

Ces nombreuses transactions ont entraîné de vastes transformations à l’intérieur, et le travail de restauration du château se poursuit toujours. Il a fallu chercher des meubles anciens pour recréer dans les diverses pièces l’atmosphère victorienne, car le mobilier avait été vendu aux enchères au décès de la veuve. Dans l’ensemble, la visite impressionne.

L’escalier lambrissé de chêne constitue le centre de la résidence. C’est aussi un excellent exemple des défis de photographier de tels intérieurs. J’ai dû utiliser mon «gros» flash et reprendre plusieurs clichés à de nombreuses reprises jusqu’à ce que j’obtienne le résultat désiré. Vive le numérique!

Du haut de la tour de Craigdarroch, on a une vue imprenable sur Victoria. Remarquez l’omniprésence de la végétation.

Enfin, on remarque le soin apporté à la restauration dans l’utilisation d’ampoules d’époque dans les luminaires. La visite de pièces en cours de restauration était intéressante en soi, même si ces pièces n’étaient pas photogéniques et qu’elles étaient ignorées de la plupart des visiteurs. Les couches de peinture, les épaisseurs de plancher… tout montre l’usage varié de la demeure au gré des ans. Il y avait même une photo, prise en 2005, d’un ancien élève du conservatoire qui montrait un trou dans le linoléum d’une pièce où il jouait du violoncelle; le trou lui servait pour placer le pied de son instrument. Le trou en question est toujours présent.

Il était trop tard quand je suis sorti de Craigdarroch pour aller visiter le parlement provincial ou le musée. De plus, j’avais mal aux pattes. Je suis donc descendu pas trop loin de Craigdarroch pour aller visiter le jardin de Government House, dont on voit ici la grille.

La résidence du Lieutenant-Gouverneur de la Colombie-Britannique est modeste, somme toute… Elle a été reconstruite dans un style discutable à la fin des années 1950 autour du seul élément qui survivait de la résidence précédente, soit sa porte-cochère victorienne. Le résultat est ininspirant mais imposant. Cependant, depuis les années 1990, les lieutenants-gouverneurs ont rendu les vastes jardins de la résidence (qui donnent une idée de ce que pouvait avoir eu l’air la propriété entourant Craigdarroch à l’origine) accessibles au public. Il suffit de passer la grille… on peut même stationner devant la maison! (ayant l’habitude des restrictions liées aux véhicules à Ottawa, je ne le savais pas et Bernadette attendait sagement hors des grilles).

Il y a plusieurs bénévoles qui s’occupent des jardins et j’en ai rencontré deux qui amusaient des chats résidant sur le terrain… deux sympathiques matous de neuf mois (deux frères) fort enjoués. Décidément, Messieurs C et R me manquent terriblement.

Les jardins n’étaient pas aussi spectaculaires que Butchart, mais cet iris n’avait rien à demander à personne. De plus, la vue du haut du promontoire sur lequel est juchée la résidence vice-royale était particulièrement spectaculaire. On voyait au loin poindre les montagnes de l’autre côté du détroit Juan-de-Fuca, qui émergeaient au dessus d’une bande de nuages.

Environnement qui impressionne et qui nous rappelle à quel point nous ne sommes que de passage sur cette terre…

Le présent Lieutenant-Gouverneur est d’origine amérindienne (de la nation Sto’lo). Ce n’est probablement pas à cause de lui que ce cadran solaire décorait un des jardins (la plaque était illisible, donc je n’ai pas pu le savoir), mais c’était tout de même intéressant à voir. Et comme tous les cadrans solaires, il ne donne pas l’heure juste en été, car il donne l’heure normale; il faut donc y ajouter une heure.

Voilà pour une journée somme toute bien remplie, qui s’est terminée dans un restaurant grec en banlieue que j’avais repéré en me rendant aux jardins ce matin. Délicieux, cet agneau. J’ai aussi mangé des escargots enfin présentés autrement que dans une assiette ronde à cuvettes… et surtout cuits à point, c’est-à-dire pas trop.

Décidément, j’aime cette ville.