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Articles avec le mot clé ‘Économie Alberta’

Énergie (plus) verte pour l’Alberta

0UTC Mercredi 16 septembre 2009 5 commentaires

Éolienne SinnottPincher Creek est peut-être une bien petite ville, mais c’est indéniablement la région la plus venteuse de la province. J’avais déjà remarqué la présence de nombreuses éoliennes dans la région au cours de mes divers passages: on voit de loin les alignements de ces géants tranquilles qui tournent majestueusement dans le vent. Depuis longtemps, je voulais voir un de ces appareils de plus près, mais il n’est pas toujours facile de s’en approcher.

Lors de mes vagabondages du mois de juillet, j’ai aperçu, près de Sinnott (donc de Pincher Creek) cette éolienne qui se trouve près de la route Crowsnest et dont l’acces n’est obstrué par rien d’autre qu’un champ de blé. Bernadette a donc fait un petit détour pour permettre de donner un peu la perspective. La chose est gigantesque; ça, je le savais déjà, parce que j’ai croisé à de multiples reprises des pales d’éoliennes montées sur des fardiers lorsque je faisais régulièrement le trajet entre Montréal et Ottawa (je n’ai jamais su leur destination finale, mais elles étaient nombreuses et immenses). De plus, lors de mon passage à Taber, j’avais pu voir une série de rotors d’éoliennes sur un train qui était de passage.

Explication turbine

Voici le panneau explicatif qui se trouvait près de l’éolienne photographiée ci-haut. 35 minutes d’opération suffit pour fournir l’électricité nécessaire à une maison moyenne pendant un mois… Pas mal, tout de même. Quant au bruit et aux oiseaux qu’elles dérangent apparemment… est-ce pire qu’une centrale thermique?

Medalta

0UTC Dimanche 2 août 2009 6 commentaires

Medalta back

C’est aujourd’hui l’anniversaire de Docteure G et cet article tombe à pic. C’est grâce à G que j’ai connu l’existence de la poterie Medalta, produite à Medicine Hat jusqu’en 1954. C’est donc en pensant à mon amie que je visitais, le 1er juillet dernier, l’usine devenue musée, dans le quartier historique de la poterie à Medicine Hat. Une plaque à l’entrée du musée nous permet d’ailleurs de nous faire une idée de l’importance de cette activité économique à Medicine Hat. L’industrie de la terre cuite s’y était implantée grâce à la présence à cet endroit d’un argile de grande qualité et d’une source abondante d’énergie: le gaz naturel.

Plaque industrie poterie MHQuartier poterie MH

Près de l’entrée principale, on peut également voir l’alignement des fours circulaires (en forme de ruche) qui servaient à la cuisson des pots. Au cours de la visite, nous avons pu entrer dans l’un de ces fours; j’y reviendrai donc.

Fours Medalta

On entre dans l’usine par ce qui était probablement la salle d’expédition; on s’y trouve dans une vaste salle où, en plus de l’accueil, on trouve une boutique où il est possible d’acheter de la poterie reproduisant certains des articles produits autrefois par Medalta… et ils sont toujours produits sur place!

Medalta Entrance

Nous fûmes trois à visiter en ce matin du 1er juillet; les visites partent toutes les demi-heures et il était 10 h lorsque nous nous sommes mis en route avec notre guide, que je me suis surpris à trouver bien jeune. Vieillirais-je?

Collection

La première salle d’exposition est particulièrement impressionnante, car on y trouve les quelque 2500 articles de la collection A. T. Schlachter, qui a été donnée au musée en 2008. Cette photo ne montre que l’une des quatre rangées d’étagères qui la contiennent. La plus grande partie de cette collection, consacrée aux poteries albertaines, a été produite par Medalta. Dire qu’autrefois elle occupait la moitié du sous-sol du collectionneur!

Jarres à eauEstampe MedaltaBarratte à beurre

Surprenant, ce dernier appareil; c’était la première fois que j’en voyais un. Il s’agit d’une baratte à beurre rotative qui fonctionnait à pédale.

Cette salle, que j’ai eu l’occasion d’explorer plus en détail à la fin de la visite guidée, nous faisait voir la variété de la production de Medalta: des pots en grès à vocation purement utilitaire à la porcelaine fine destinée aux hôtels et chemins de fer en passant par des pieds de lampe et autres bibelots en céramique décorative.

En guise d’entrée en matière, on pourrait difficilement imaginer mieux: on voit dès l’entrée ce qui était produit à l’usine… puis on passe au processus de production. Je dois dire tout de suite que ce qui m’a particulièrement fasciné dans cette visite, ce fut de voir les moyens ingénieux qui ont été mis en place pour transformer un processus artisanal en industrie à grande échelle. Un exemple: cette machine Weeks à tourner les grosses pièces, qui permettait de réaliser d’énormes jarres en quelques secondes.

Weeks Machine

La visite fonctionnait à rebours: notre premier arrêt avait lieu dans les fours à cuisson dont j’avais pu voir l’extérieur à l’entrée.

Intérieur four Medalta

Le premier des quatre fours restants a été restauré et aménagé pour permettre d’expliquer le processus de cuisson des produits de terre cuite. Sur le pourtour se trouvaient une série de becs de gaz que l’on allumait après avoir rempli le four et bouché ses issues avec de la brique réfractaire. La chaleur de ces becs montait à la voûte, longeant les pièces à cuire empilées au milieu, puis était forcée à redescentre, cuisant les pièces au passage, par le fait que la cheminée ne permettait l’évacuation de la chaleur que par le bas, sous le plancher du four.

Plancher four Medalta

Ce plancher était formé d’une série de briques empilées de manière à laisser passer l’air, qui était ensuite évacué par la cheminée (que l’on peut voir à gauche sur la photo).

Pots à cuisson

Les pièces les plus grosses et résistantes (comme la jarre que l’on voit au premier plan) étaient simplement empilées les unes sur les autres; les plus petites et délicates (des tasses, par exemple) étaient déposées dans des formes de biscuit (une terre cuite poreuse) que l’on peut voir en arrière. Le processus de cuisson prenait plusieurs jours, car il fallait d’abord remplir le four, puis en boucher les ouvertures, puis le laisser entièrement refroidir avant d’aller chercher les pièces.

Thermomètre à cuisson

Aucun thermomètre n’aurait évidemment pu résister à la température du four; pour connaître le degré de cuisson des pièces que les fours contenaient, on avait mis au point un procédé astucieux: les ouvriers inséraient dans une ouverture dans le mur du four une plaquette d’argile piquée de pièces de terre fondant à une température précise. Les pièces étaient prêtes lorsque toutes les pointes étaient fondues.

Intérieur usine Medalta

La restauration de l’intérieur de l’usine est encore en voie d’être complétée. Néanmoins, notre guide s’efforçait de rendre vivant le processus industriel qui y était réalisé. Des affiches ont également été réalisées, probablement pour rendre l’interprétation plus facile pour les groupes d’enfants.

Plaques explicatives

Plus loin, on pouvait voir un autre type de four, à cuisson continue, qui a été développé, si ma mémoire est bonne, dans les années 1940. Conçu un peu comme les fours à cuisson pour la peinture sur les chaînes de montage, il permettait de gagner du temps en n’exigeant pas le long processus de remplissage des fours en forme de ruche.

Atelier de reproduction

Passé cette salle, on entrait dans l’atelier de fabrication de reproductions des produits Medalta. On voit ici plusieurs bols à mélanger (de superbe facture; si j’avais eu les moyens…). C’est également là que nous avons eu droit à une explication du processus de moulage, qui permet de réaliser rapidement des pièces à la forme complexe.

Moulage

En gros, si j’ai bien compris le processus, il s’agit de remplir ces moules de plâtre avec une pâte à poterie plus diluée que celle qui est utilisée pour les pièces tournées. La porosité du plâtre, par capillarité, permet à l’argile de «sécher» sur les bords du moule; lorsque la paroi a atteint l’épaisseur voulue, on verse le trop-plein d’argile, on laisse sécher, puis on démoule et ça donne des pièces comme ces pieds de lampe qui, réalisés à la main, auraient été trop longs à fabriquer.

Pieds de lampe

L’atelier nous donnait aussi l’occasion de voir un four moderne, celui dont ils se servent pour cuire les reproductions qui sont produites ici.

Four de l'atelier

La dernière pièce avant le retour au point de départ contient une série de montres dans lesquelles l’histoire de Medalta se donne à voir à travers l’évolution de la production de l’usine à travers le temps, des pièces de grès grossier à la fine porcelaine d’hôtel fabriquée dans les années 1940. On y voyait aussi, c’était inévitable, une exposition de quelques défauts communs:

Exposition produitsFreaks

Puis c’était le retour au point de départ, où, en plus de l’imposante collection Schlachter, quelques pièces des autres usines qui se trouvaient dans les environs. Ces pièces de tuyaux d’aqueduc et égout ne laissent pas indifférent:

Coudes aqueduc

Aujourd’hui, trois usines de produits de terre cuite subsistent à Medicine Hat, qui ne font pas dans la dentelle: la compagnie I-XL, qui produit des briques, Indepor, qui fabrique des isolateurs pour lignes à haute tension et Plaisman, qui réalise diverses pièces de céramique. L’industrie de la porcelaine fine est allée ailleurs, même s’il y a en Alberta de nombreux artisans qui réalisent de la poterie, dont quelques uns à Red Deer, dont un francophone: Alain Favre.

TGV albertain: intérêt renouvelé

0UTC Samedi 11 juillet 2009 4 commentaires

Logo gouvernement albertaLe gouvernement albertain a récemment rendu public un vaste rapport concernant le projet d’un lien rapide par rail entre Calgary et Edmonton, qui ferait escale à Red Deer. Ce corridor de transport étant le deuxième en importance au pays, on commence à s’interroger sur les moyens à développer pour éviter l’engorgement à terme de l’autoroute 2. En effet, il n’existe présentement aucune alternative viable au transport routier, soit en automobile ou par l’un des deux services d’autobus (le Lévrier ou la Flèche rouge). La seule autre manière de parcourir le trajet, l’avion, prend presque autant de temps pour effectuer le trajet entre la capitale et la métropole si on tient compte du temps requis par l’enregistrement et l’attente à l’aéroport.

Dans mon précédent article à ce sujet, l’année dernière, je n’entrevoyais pas la possibilité de voir ce projet à jour de mon vivant. Pourtant, il se trouve que le projet suscite maintenant l’intérêt d’investisseurs privés, ce qui pourrait en assurer la réalisation éventuelle. Ce qui semble importer pour l’instant est la sélection d’un corridor le long duquel le chemin de fer serait construit. Il existe déjà une emprise ferroviaire qui parcourt ce trajet, mais elle ne conviendrait pas à des trains de type TGV. Le coût de l’ensemble du projet est, comme il se doit, pharaonique et entouré d’un flou artistique, mais ses retombées promises en valent la peine. Si Red Deer constituait le seul arrêt entre Calgary et Edmonton, on peut croire que les retombées locales seraient à l’avenant. Ce regain d’intérêt pour le projet dans l’actualité devrait renouveler l’espoir du principal promoteur du projet depuis les années 1990. On ne verra pas de trains rouler avant au moins dix ans, mais on peut espérer!

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Girouxville perdra son train

0UTC Jeudi 25 juin 2009 3 commentaires

Train CNPhoto: Le Franco

Dans sa livraison de la semaine dernière, le Franco affichait cette photo et titrait «Quand le train ne passe plus». Depuis quelques semaines, en effet, le village de Girouxville, dans le nord de la province, défraie la manchette car le Canadien National a décidé d’abandonner le tronçon de voie ferrée qui y mène, alléguant qu’il coûterait trop cher de réparer la voie. Girouxville constitue présentement un important centre de transbordement de grain (3000 camions y viennent chaque année). Les opérateurs d’élévateurs se voient forcés de déménager, sans autre compensation du CN qu’une aide pour trouver un nouvel emplacement à Fahler, là où la voie ferrée arrêtera à partir du 3 août prochain. Nul besoin de dire que la décision corporative du CN a des conséquences qui s’étendent à toute la communauté de Girouxville, laquelle pourrait connaître le sort de tant de petits centres ruraux des Prairies condamnés par l’enlèvement des rails depuis une vingtaine d’années.

Les élévateurs disparaissent

0UTC Lundi 9 février 2009 4 commentaires

elevateur-de-trochu

Ils font depuis toujours partie du paysage des prairies. Ces géants silencieux que sont les élévateurs à grains qui ponctuaient l’horizon ont fondé la sociabilité dans l’Ouest canadien. Diverses compagnies — parfois de féroces rivales — les opéraient. C’était au pied des élévateurs que le prix payé à l’agriculteur pour son grain se négociait. Leur rôle premier? Entreposer le grain jusqu’au passage du prochain train à destination de Thunder Bay, terminal céréalier à l’est, sur le lac Supérieur, ou de Vancouver, à l’ouest. Pour en voir d’autres exemples sur ce blogue, cliquer ici.

Depuis quelques années, multinationales et les profits de leurs actionnaires obligent, plusieurs de ces élévateurs, qui ne sont dorénavant plus rentables, ont été abandonnés. À la fin de la semaine dernière, notre fidèle journal local nous faisait part de la destruction de l’un des élévateurs de Trochu, vidéo à l’appui. Dorénavant, les producteurs doivent charger leur grain dans des camions beaucoup plus gros et les faire livrer plus loin, à des élévateurs de béton ressemblant à celui-ci, que nous avions vu au Manitoba lors de mon déménagement l’an dernier.

silos-manitobains

C’est tout un pan de l’histoire des prairies qui se fait détruire, un élévateur à la fois. Mais les conséquences sont bien plus importantes qu’une seule perte de patrimoine. Si les grossistes en grains économisent grâce à ces installations centralisées, le coût additionel de l’expédition du grain sur une distance beaucoup plus considérable de la ferme à l’élévateur est encaissé par le producteur et, à terme, par tous les citoyens qui doivent payer pour les coûts plus élevés de l’entretien des routes qu’entraîne le passage des fardiers plus nombreux et plus lourds. De plus, la fermeture de nombreuses lignes de chemin de fer locales entraîne une dislocation des petites communautés qui vivaient grâce au trafic ferroviaire; l’exemple de Donalda, que j’ai pu visiter l’été dernier, est patent.

Tout changement n’est pas nécessairement un progrès pour tout le monde… et quelqu’un finit toujours par payer. Faut-il pour autant s’y opposer? Pas nécessairement, mais peut-être faudrait-il mieux le préparer et réfléchir aux conséquences autres que le profit immédiat.