Luke… je suis

Avant qu’on nous l’impose, je me suis procuré un ensemble de six masques (qu’au Québec on s’obstine à appeler ridiculement « couvre-visages » de la Société Divoc (Covid à l’envers, fallait y penser), de Saint-Félix-de-Valois, près de ma ville d’origine. Fabrication québécoise. Oyaté et moi les avons étrennés aujourd’hui pour faire quelques courses. On m’a déjà demandé deux fois d’où ils viennent… Je l’avoue, ça fait un peu post-apocalyptique de se promener avec ça dans les magasins, mais au moins on y respire bien et ils se moulent plutôt bien au contour du visage. Ça prend quand même un peu d’ajustement, mais on s’y fait.

Gâteau «Swingue la Basquaise»

Il y a quelques jours, je lisais, dans ce qui se nommait autrefois «Le plus grand quotidien français d’Amérique» (La Presse, journal montréalais, pour ceux qui ne sauraient pas) cette recette d’une variation québécoise du gâteau basque réalisé par Garance Grandchamp, que je devine être Montréalaise d’adoption et Européenne d’origine (la recette donne les mesures au poids, chose extrêmement inhabituelle de ce côté-ci de l’Atlantique). La recette a, semble-t-il, suscité quelques controverses au Pays Basque, car il s’agit là d’un métissage certain de la garniture originale, normalement soit à la crème ou aux cerises. Intéressé et curieux, j’ai donc décidé d’essayer la recette telle qu’elle est fournie… en grammes et tout et tout. Bon, comme je n’ai pas de «sucre de canne Demerara» tel que la recette l’exige (à mon avis de manière plutôt prétentieuse), j’ai substitué du bon vieux sucre granulé que j’avais sous la main, mais le résultat n’en était pas moins délicieux.

Seul hic, et c’est la raison pour laquelle vous ne voyez pas le gâteau démoulé: je n’ai pas d’anneau à pâtisserie de huit pouces (20 cm) ni de moule à charnière de cette dimension. Comme je n’étais pas familier avec la méthode, il m’a fallu utiliser un moule à gâteau régulier de la bonne dimension. Au démoulage, j’ai simplement glissé un couteau bien tranchant tout le tour du moule, mais ce couteau a malencontreusement glissé et, coupant comme un scalpel, il a quelque peu entamé le pourtour du gâteau. Pas suffisamment pour en provoquer l’affaissement, mais suffisamment pour en entamer la beauté. C’est un délice, en passant, bien qu’un peu sucré. Et comme il s’agit ici d’une modification non-orthodoxe d’un plat régional, j’ai décidé de lui donner un nom à consonance bien québécoise, tiré d’une chanson folklorique elle même quelque peu métissée en l’honneur de l’origine du plat.

La recette figure à la fois sur l’article original et sur le blogue de Garance Grandchamp. Voici la version que j’ai suivie (oui, contrairement à mes habitudes, j’ai suivi les mesures au poids, même si c’est un peu déroutant pour un Nord-Américain). Les mesures en volume ont été ajoutées à titre indicatif seulement:

Pour la pâte

  • 160 g (2/3 tasse) de beurre non salé à température de la pièce
  • 85 g (¼ tasse) de sucre
  • 25 g (½ tasse bien tassée) de cassonade
  • ¼ cuiller à thé de sel (la recette demande de la fleur de sel et j’en ai, mais c’est vraiment du gaspillage que d’utiliser de la fleur de sel pour l’enfouir dans une pâtisserie)
  • 70 g (¾ tasse) d’amandes en poudre
  • 1 œuf
  • 230 g (1½ tasses chez moi, mais c’est possiblement plus ailleurs) de farine blanche tout-usage
  • 6 g de levure chimique (poudre à pâte)

Pour la crème pâtissière

  • 250 ml (1 tasse) de lait
  • 1 gousse de vanille (on peut substituer 1 cuiller à thé d’essence naturelle de vanille ajoutée après avoir éteint le feu).
  • 65 g de jaune d’œuf (soit 4 jaunes d’œuf; à titre indicatif, mes quatre jaunes d’œuf de calibre «très gros» m’ont donné 64 grammes)
  • 50 g de sucre
  • 20 g de fécule de maïs
  • 1 cuillère à soupe (45 ml) de rhum ambré

Autres :

  • 15 g de beurre et 3 cuillères à soupe de sucre pour le cercle ou le moule
  • Un jaune d’œuf et 1 cuillère à thé de crème liquide pour la dorure
  • Bleuets sauvages (bon, des bleuets congelés ici, parce que les bleuets sauvages, ce n’est pas encore la saison, hein!) En passant, des amélanches figureraient fort bien aussi.

Pâte:

Mélanger le beurre mou avec le sucre, la cassonnade, la pincée de fleur de sel et les amandes en poudre. Ajouter l’œuf et continuer à mélanger. Incorporer ensuite la farine tamisée et la levure chimique, et continuer à pétrir jusqu’à ce que la pâte soit homogène. Rouler la pâte en boule (ou deux boules qu’on roulera séparément) sur le plan de travail légèrement fariné, la recouvrir d’un film et la mettre au réfrigérateur plusieurs heures ou jusqu’au lendemain.

Crème pâtissière:

Mélanger au fouet le sucre et les jaunes d’œuf, puis ajouter la fécule de maïs et mélanger de nouveau. Dans une petite casserole, faire frémir le lait avec la gousse de vanille grattée. Retirer la gousse de vanille et verser le lait sur les jaunes et le sucre, tout en remuant au fouet.  Verser de nouveau le tout dans la casserole et cuire la crème pâtissière, sans jamais cesser de remuer et ce, jusqu’à ébullition pendant 30 secondes. Retirer du feu et ajouter le rhum ambré, puis bien remuer. Verser la crème dans un bol et couvrir d’une pellicule plastique et réserver au réfrigérateur jusqu’à refroidissement complet.

Montage:

Sortir la pâte du réfrigérateur 15 minutes avant de l’étaler au rouleau sur 4 mm d’épaisseur entre deux papiers parchemins. En passant, cela se comporte davantage comme une préparation à biscuit que comme une pâte à tarte. Il s’agira alors de détailler deux disques de pâte, l’un qui servira à foncer le fond du moule (environ 26 cm de diamètre), et l’autre, plus petit (20 cm diamètre), qui viendra couvrir le gâteau.

Beurrer et sucrer le moule (retirer l’excédent de sucre) pour créer une fine pellicule caramélisée sur la pâte. Foncer le moule du plus grand cercle de pâte, comme pour une tarte. Au besoin, couper l’excédent.

Lisser la crème pâtissière au fouet et l’étaler pour couvrir le fond. Garnir de bleuets toute la surface de la crème et la recouvrir avec le deuxième cercle de pâte. Ici, je dois ajouter qu’en ayant fait l’expérience, je préparerai plutôt une garniture de bleuets comme je l’avais fait ici pour une autre tarte combinant crème pâtissière et bleuets. Cela aurait permis à l’ensemble de mieux se présenter, plutôt que d’avoir du jus de bleuets se mêlant à la crème pâtissière.

Du bout des doigts, sceller les bords de la pâte en appuyant légèrement sur tout le tour du cercle ou du moule. Dans un petit bol, battre le jaune d’œuf avec 1 cuillère à thé de crème liquide (ou de lait) pour la dorure. En badigeonner au pinceau toute la surface de la pâte et, avec le dos d’une fourchette, quadriller le gâteau de manière à former des losanges.

Cuire à 350 °F (180 °C) pendant 40 à 45 minutes. À la sortie du four, laisser refroidir le gâteau sur une grille, puis décercler ou démouler. Réfrigérer 12 heures avant de servir.

Il s’agit là, on le constate, d’une recette qui requiert un certain niveau de manipulations et surtout de préparation (idéalement, on prépare la chose la veille) pour permettre à tout cela de refroidir. J’ai servi chambré (j’ai sorti le gâteau du frigo au début du repas). C’était délicieux… bien que quelque peu plus sucré que ce que peut tolérer mon cher et tendre. Est-ce que l’usage du sucre de canne mentionné dans la recette aurait mieux équilibré le niveau de sucre, je ne le sais pas. Je cherche donc à faire quelques modifications, surtout à la pâte, qui pourrait à mon avis être plus riche en amandes et un peu moins sucrée. Cependant, ça valait vraiment la peine d’essayer!

Jardin nouveau

Celles et ceux qui lisent ce blogue depuis longtemps savent que, à Red Deer, j’avais investi temps et énergie à amplifier l’aménagement paysager déjà considérable de mes propriétaires. Mes derniers efforts majeurs en ce sens, en 2016, avaient considérablement amélioré l’apparence de la maison en façade. Je jouissais également d’une floraison annuelle abondante à l’arrière de la maison. Cela requérait certes quelques efforts, mais ils étaient largement récompensés. J’avais prévu apporter quelques plantes lorsque nous avons commencé à planifier notre déménagement vers Edmonton, mais comme nous sommes partis à la fin du mois de mars, alors que le sol était bien gelé et qu’il y avait encore de la neige au sol, cela ne fut pas possible. J’aurais notamment voulu prendre quelques drageons des amélanchiers et quelques plants d’iris, lesquels avaient d’ailleurs besoin d’être éclaircis. Mais cela ne fut pas possible. Et j’avoue que l’an dernier, je n’avais pas vraiment l’énergie d’aller faire un tour à Red Deer pour cueillir quelques plantes et que je voulais voir comment le jardin se comportait ici avant d’y changer quoi que ce soit. Je ne peux qu’espérer que les nouveaux locataires jouissent de mon travail de jardinage à Red Deer et en prennent soin.

Nos propriétaires à Edmonton étaient des jardiniers d’intérieur. Il y avait plusieurs plantes en pots dans la maison lorsque nous sommes venus visiter. À l’extérieur, toutefois, il n’y avait que ces deux buissons qu’on peut voir derrière notre cour, un plant de dicentres (cœurs-saignants) qui commence à ressortir cette année, ainsi que des rosiers et de la menthe à l’arrière. La façade de la maison fait face au sud-ouest et ne jouit donc pas d’un ensoleillement exceptionnel. C’est pourquoi je me suis contenté d’ajouter un dicentre, des hostas et des hémérocalles, une plante très robuste qui devrait tirer profit d’un espace où il n’y avait que de grosses roches jusqu’à tout récemment.

À l’arrière, je continue un projet commencé l’an dernier, alors que la gestionnaire de la copropriété m’a demandé de remplacer le très petit «patio» de planches qui entourait la base de l’escalier. Après mûre réflexion, plutôt que de couvrir l’espace de dalles de béton comme j’avais prévu le faire à l’origine, j’ai plutôt décidé d’ensemencer ce petit espace pour y faire pousser du gazon. J’avais entamé le processus un peu tard l’été dernier, puis des contractuels sont venus ajouter du gravier autour du perron pour le renchausser afin d’éviter que des petites bestioles y trouvent logement, détruisant ainsi mes efforts. Ils ont bien appliqué une couche de terre par-dessus le gravier, mais c’était trop tard dans la saison pour re-semer. Je me suis donc repris aussitôt que le sol a dégelé, ajoutant une couche de terre. Les semences commencent à visiblement porter fruit. De l’autre côté de la cheminée qu’on aperçoit à droite et sous laquelle j’ai déplacé les roches qui se trouvaient à l’avant de la maison, je n’ai pas encore décidé ce que je vais planter.

Toutefois, le long de la clôture, ce sont trois plants d’amélanchiers qui ont commencé leur carrière. D’ici un an, ils devraient pouvoir profiter de l’ensoleillement direct qui abonde au-dessus de la clôture (fort basse au demeurant). Le boyau qui serpente devant eux n’est pas permanent… mais avec des arrosages quotidiens, j’ai vraiment la flemme de l’enrouler chaque fois! Au fond, à gauche, on entrevoit la plate-bande où poussent trois rosiers hérités de mes propriétaires et quelques plantes grimpantes qui commencent à peine à verdir. Les tuteurs autour des amélanchiers sont surtout là pour éviter que les employés de la compagnie qui tond la pelouse rasent les plants.

Après un peu plus d’un an, je commence finalement à faire notre nid. Il nous reste à repeindre les murs à l’intérieur; ça viendra, ça viendra!

Ail confit au multicuiseur

J’ai déjà parlé, il y a de cela plusieurs années (il y a très très longtemps, dans une lointaine galaxie) de la technique de l’ail confit. On ne se refait pas… les lieux changent, mais parfois, ce sont les plats les plus simples qui réconfortent le plus. Ce que je veux raconter de différent ici a trait à une acquisition faite en décembre dernier, lors d’un solde faramibolant, de cet appareil:

Il s’agit d’un multicuiseur. Je ne suis pas exactement porté sur les gadgets de cuisine, surtout ceux qui font ce que d’autres ustensiles font déjà. Ceci dit, parfois, cela vaut la peine. J’ai ainsi craqué, au fil des ans, pour un robot culinaire, un pied-mélangeur, une mijoteuse et cet appareil. Ce n’est pas exactement le même appareil que le très populaire Insta-Pot. La principale différence est que ce multicuiseur, basé sur la technologie des cuiseurs à riz, ne fait pas de cuisson sous pression. Personnellement, je ne suis pas vraiment converti par l’Insta-Pot, mais cet appareil m’intéressait à la fois pour préparer du riz et d’autres grains (le gruau du matin, parfois). Et, comme je vous disais, je l’ai eu en solde. Ce fut mon cadeau des Fêtes à moi-même. La recette que je vous partage pourrait probablement se préparer aussi bien à l’Insta-Pot que dans mon appareil.

La principale différence entre la maison où nous habitons maintenant et celle où nous étions à Red Deer est la gazinière. Le four est aussi au gaz. Cela veut dire que, pour des plats qui requièrent une longue cuisson (mais qui n’occupent pas un très gros espace), un multicuiseur s’avère plus efficace au plan énergétique que l’utilisation du four (et de la hotte). On suit toutefois la recette habituelle qui consiste à décapsuler des bulbes d’ail, puis de les emballer de papier d’aluminium et de verser un peu d’huile d’olive sur chaque bulbe.

La tasse à mesurer n’était pas tant nécessaire pour la mesure que parce que c’est plus facile à verser d’une petite tasse que d’un gros bidon de trois litres d’huile. On referme ensuite les papillottes et on insère dans le bol du multicuiseur, que l’on lance sur la fonction «bake» pendant une heure, jusqu’à ce que la cuisine fleure bon l’ail.

Il suffit ensuite de sortir les gousses de leur enveloppe naturelle et de s’en servir dans ses recettes préférées, par exemple la sauce qui allait garnir les pizzas servies ce soir-là.

Promenade vespérale

Le message d’aujourd’hui m’a été inspiré par le toujours éloquent Matoo, qui nous racontait récemment sa première promenade déconfinée. Bon. Il vit à Paris, près du centre historique… donc inévitablement, aussitôt qu’il franchit son seuil, il se retrouve devant de multiples monuments connus de par le monde. C’était le cas de l’une de ses promenades récentes: allez voir, car les photos font rêver. On se doute d’ailleurs que les lieux désertés qu’il a photographiés à ce moment ne seront pas longtemps libres de monde. Ici aussi, la vie semble vouloir reprendre, ainsi que la circulation et l’affluence, malgré diverses restrictions toujours en place.

Ce message est aussi écrit sous l’influence de mon cher et tendre, qui cherche à varier les endroits où nous allons nous exercer. Récemment, il a fait la découverte d’un site sur lequel diverses personnes partagent leurs parcours de randonnées et de course à pied. Il voulait explorer la vallée du ruisseau voisin, nommé «boue-blanche» (Whitemud, ça ne s’invente pas; nous avons aussi un ruisseau Blackmud, qui se joint au premier juste un peu au sud d’où nous demeurons, si ça vous intéresse). Le parcours va ainsi:

Il s’agit d’une route qui serpente le long du ruisseau, allant des hauts de crêtes, derrière les maisons, et se terminant à la station de ski et de camping Rainbow Valley Park. Aller-retour, ça fait à peu près dix kilomètres, plus un ou deux pour nous y rendre de notre domicile. Nous avons décidé de nous y rendre en longeant la 23e Avenue, qui fait l’un de ses rares détours pour accommoder la topographie dans le coin. La photo en tête de cet article a d’ailleurs été prise près du point de départ de la route telle qu’indiquée ci-haut, avant le coin de la 23e Avenue et de la 119e Rue. Juste un peu plus tard, on arrive dans la vallée creusée à l’âge glaciaire et au fond de laquelle coule présentement le ruisseau de la boue-blanche. L’endroit est aménagé comme un point d’accès au sentier qui longe le ruisseau par endroits et des stationnements se trouvent donc de chaque côté de la route. Oui, nous sommes bien en ville, si vous vous demandez…

En contrebas, on trouve donc le ruisseau qui coule paisiblement vers le nord, où il aboutit à la rivière Saskatchewan-Nord près du centre-ville.

Par la suite, on commence à suivre le sentier proprement dit. Au départ, on se trouve derrière des maisons dont la laideur n’a d’égale que le prix de vente et le mauvais goût des propriétaires…

Il vaut donc mieux regarder à droite du sentier, où la nature vit présentement son éclosion printanière.

Bon… cela n’a pas exactement le charme bucolique qu’on trouve chez un autre blogueur, Olivier, mais je vous rappelle que nous sommes en ville. Si. Si. Surtout, contrairement à Olivier, j’ai cessé de m’intéresser sérieusement à la botanique lorsque j’ai quitté l’adolescence, si bien que je n’ai aucune idée de l’identité des plantes que vous voyez, sinon que celle du bas ressemblent étrangement aux clématites qu’on trouve en variétés cultivées dans les jardineries. Le sentier suit donc un parcours plutôt agréable, surtout lorsqu’il s’éloigne un peu des habitations.

Et oui, la silhouette en bleu, c’est bien mon cher et tendre qui avait pris de l’avance pendant que je butinais les photographies.

Après avoir traversé une zone de lignes à haute tension servant de parc linéaire, on traverse à nouveau un quartier plutôt huppé (Ogilvie Ridge). En fait, le sentier devient alors trottoir. Ça manque quelque peu de charme. Et pour la course à pied, ce ne sera pas vraiment idéal, mais bon…

Cependant, là où le béton se termine, on atteint cette affiche et un sentier décidément moins bétonné. Après une série de marches en gravier et bois, on se retrouve dans la vallée du ruisseau de la boue-blanche. Un peu plus bas, on peut voir que la vie sauvage s’active autant que celle des humains. On peut voir ici un travail de collaboration entre les castors du coin (ambitieux, qu’ils étaient!) et les bûcherons. Les troncs sont laissés sur place, non pas par paresse, mais parce qu’il s’agit des pratiques actuelles de gestion des lieux semi-sauvages.

De loin en loin, le sentier (ici, gravelé) emprunte traverse le ruisseau sur de charmants ponts de bois. Ceux-ci offrent d’ailleurs des panoramas sur les alentours, dans la perspective du lit du ruisseau. Sur ce pont, par exemple, on a une vue imprenable d’une imposante maison du quartier Westbrook Estates. Si vous cliquez sur le lien et que vous affichez l’image satellite, vous la verrez du haut des airs… en construction.

Comme le soir tombait tout doucement, nous avons atteint notre destination, au détour de l’un des très nombreux méandres du ruisseau.

Puis en passant sous les viaducs jumeaux de l’autoroute qui tire son nom du ruisseau que nous venions plus ou moins de longer. L’éclairage doré du soir leur donnait une teinte chaleureuse.

Le crépuscule est très long en Alberta, surtout entre les mois de mai et de septembre, mais nous ne voulions pas prendre de chances de nous retrouver un peu trop dans l’obscurité, donc nous avons choisi de revenir par la route, ce qui nous a permis de voir les viaducs de haut aussi:

La circulation n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Les jours de semaine, ce segment de l’autoroute, entre la 111e Rue et la sortie vers la route Terwillegar, est généralement très congestionné aux heures d’affluence du soir. Je vous ai épargné une photo que j’aurais pu prendre d’un campement de sans-abris le long du muret qui longe l’autoroute en haut du bûton à droite de la photo… la vie n’est pas facile pour tout le monde à Edmonton. Dans les nombreux parcs urbains, particulièrement en zone boisée, on trouve plusieurs campements semi-permanents, souvent entourés des signes matériels bien évidents de consommation de substances illicites. J’ai d’ailleurs parlé du phénomène sur ce blogue il y a plusieurs années.

Arrivés au bout de la montée, à l’intersection de la 122e Rue (qui devient la 119e Rue au sud de l’autoroute Whitemud), on voit les résidences Michener Park de l’Université de l’Alberta: le seul parc de résidences universitaires conçues principalement pour l’hébergement de familles, cet ensemble de maisons de ville entourant la tour Vanier House sera bientôt rasé et le terrain probablement vendu. Il faut dire qu’il se trouve vraiment en périphérie lointaine du campus universitaire (au sud de la ferme expérimentale) et que les résidences souffraient de manque d’entretien et de vétusté.

Sur le chemin du retour, nous avons traversé les quartiers résidentiels qui, au moment de leur développement, formaient la banlieue de la ville et sont donc principalement constitués de résidences unifamiliales, souvent accompagnées de cet accessoire quelque peu encombrant qui permet aux banlieusards de «s’échapper» en tout confort pour affronter la nature… Mais qui suis-je pour juger des goûts des autres.

Voilà, c’était notre petite promenade de onze kilomètres en ce lundi de congé férié. Rien de bien exceptionnel… promenade printanière urbaine typique à Edmonton.

On garde la forme!

Cet après-midi, après avoir couru dix kilomètres (j’avais prévu en faire douze, comme c’était le cas ces derniers jours, mais je crois que mon cher et tendre a décidé d’accélérer le rythme aujourd’hui, donc j’étais à bout de souffle après dix), alors que je faisais quelques exercices d’étirement dans le parc local, j’ai remarqué cette coccinelle sur un brin d’herbe… La vie reprend!

Notre parcours, selon Gougueule (à peu de chose près, puisque mon cher et tendre a complété les deux kilomètres supplémentaires prévus au programme, mais qui suivaient le même tracé):

Et non, Olivier. Les lilas ne sont pas encore en fleurs… mais ça ne devrait plus tarder: les pommettiers et cerisiers ornementaux et quelques autres arbres ont commencé à fleurir et mes allergies sont à l’avenant, ce qui peut expliquer que je manque de souffle!

Pain doré

Vous avez du pain légèrement rassis? Vous avez envie d’œufs, mais pas de manger des œufs comme tels? Cette méthode, connue au Canada sous le nom de pain doré (et que les anglophones appellent French toast, allez savoir pourquoi) est une bonne solution. C’est encore mieux lorsque, comme c’est notre cas, vous avez une belle challah qui avait été préparée pour être donnée, mais que sa destinataire n’a jamais récupérée. Elle avait donc séjourné quelques jours au congélateur et commençait à prendre un peu de lourdeur. On en fait de belles tranches:

Le pain doré n’est pas tant une recette précise qu’une méthode, mais si vous préférez une recette, voici celle de Jehane Benoit, sous le titre «Pain doré de ma mère» (Encyclopédie de la cuisine de Jehane Benoit, Ottawa: Brimar ERPI, 1991, p. 372):

Pour 8 tranches de pain rassis:

  • 3 œufs
  • 1 pincée de sel
  • 1 pincée de muscade
  • 125 ml (½ tasse) de sirop d’érable
  • 250 ml (1 tasse) de lait
  • 50 ml (¼ tasse) de crème légère
  • Beurre

Personnellement, je préfère ajouter le sirop d’érable sur le pain cuit, car on le goûte davantage, mais c’est une question de goût. La méthode de base consiste à battre ensemble des œufs et du lait et d’accompagner la chose de quelques assaisonnements (sel, muscade, cannelle et poudre de gingembre dans notre cas). On mélange bien:

Puis on trempe dans le mélange des tranches de pain (préférablement légèrement rassis).

Des deux côtés:

On trempe combien de temps? C’est selon le goût. On veut que le pain absorbe un peu du mélange, mais ne devienne pas pour autant une éponge saturée et molle. Quelques secondes suffisent généralement. On fait ensuite dorer dans une poêle graissée bien chaude:

Puis on déguste! On se régale! On succule! Avec un peu de sirop d’érable (ou un quelconque coulis de fruits), un léger enneigement de sucre en poudre, si on veut… ou tout simplement nature. On peut même servir avec des œufs sur le plat et s’en servir comme mouillettes… Personnellement, j’adore manger la chose avec des cretons, mais cette charcuterie est à peu près introuvable ici; j’ai donc accompagné de bacon et de tomates. Ça rassasie son homme! Nous avons fait suivre la chose par une petite promenade de 13 kilomètres à pied pendant laquelle nous avons pu célébrer l’arrivée du printemps en dégustant notre premier cornet de crème glacée.