Ça m’a fait sourire

Depuis le 7 août dernier, l’entrée du collège a revêtu des atours colorés! Je le savais via les nouvelles, mais je ne l’avais pas encore vu, jusqu’à ce que je doive me rendre au collège il y a quelques jours. C’est frappant entre autres parce que l’alignement avec l’entrée principale du Centre des Arts met ce passage clouté en valeur. La route que ce passage traverse est également l’entrée principale du collège, ce qui veut dire que tout le monde qui y circule doit le traverser… et aussi voir ces jolis panneaux:

Je suis certain que ça en fait rager plusieurs parmi les intolérants qui se présentent régulièrement au collège, et ça me fait sourire. Belle initiative de la part de l’association étudiante. Je ne sais pas si cela se veut une installation permanente, mais c’est joli, joyeux et ça se veut inclusif.

En passant, excusez mon silence dans ces pages… comme vous le devinez, l’enseignement (virtuel) a repris et je suis passablement occupé ces derniers temps. Il y en a que notre présence accrue à la maison ces derniers mois ne fait pas trop souffrir, toutefois. N’est-ce pas, Oscar?

Toujours aussi poseur à huit ans qu’il l’était à un an.

Pont Tawatinâ

Dr. CaSo en parlait il y a quelques jours et ça m’a donné l’idée de faire un passage dans le coin lors de notre promenade à vélo ce soir: le pont Tawatinâ, par lequel la nouvelle ligne de train léger (métro) traversera bientôt la rivière Saskatchewan Nord juste au sud du centre-ville, est presque complété dans son gros-œuvre. Les haubans sont installés et les rives à peu près connectées; il reste à construire la passerelle inférieure pour piétons qui, comme pour le pont Menzies un peu plus à l’ouest, permettra la traversée aux cyclistes et piétons… et bien entendu à achever l’ensemble du travail. Un peu partout le long de cette nouvelle ligne, qui s’étend jusque dans le quartier de Mill Woods, dans le sud-est, on voit les travaux qui avancent, même si l’ensemble du projet est en retard de plus d’un an sur la date de livraison originalement prévue. Les travaux de la partie ouest de la même ligne de train léger, qui le mèneront jusqu’au centre d’achats bien connu de la ville, n’ont pas encore commencé. Cependant, si tout va bien (on se croise les doigts et tout ce  qui peut l’être), la partie présentement en construction devrait être accessible quelque part l’an prochain.

En passant, le nom du pont, Tawatinâ, est un mot de la langue Nehiyāw (Crie) qui signifie «vallée». Le peuple Nehiyāw est le peuple autochtone le plus nombreux à être présent sur le territoire occupé par la ville d’Amiskwacîwâskahikan (Edmonton), et le principal signataire autochtone du Traité 6, dont le territoire englobe la ville en plus d’une grande partie du centre de l’Alberta et de la Saskatchewan actuelles.

Exercice

Mais qu’est-ce qu’ils font, ces deux-là, en cet été de pandémie, sans pow-wows à aller visiter?

Il se trouve que nous nous tenons occupés, même si nos journées commencent un peu plus tard, disons, que ne l’approuveraient les personnes matinales. Depuis la fonte des neiges, nous avons pu reprendre l’entraînement à l’extérieur, d’abord en faisant des boucles de plus en plus larges autour du parc du quartier, puis, lorsque la mousson ne nous frappe pas trop durement, dans le ravin du ruisseau tout près, que nous avons exploré il y a quelque temps. Les jours où la pluie rend le sentier potentiellement trop boueux, nous parcourons plutôt les sentiers pavés qui mènent là où nous nous entraînions jusqu’en janvier dernier: le centre Terwillegar, à l’ouest, puis nous revenons en décrivant un parcours qui n’est pas sans rappeler la forme d’une chaussure de course! Ce parcours nous donne 13,45 km. On fait une distance entre dix et quinze kilomètres tous les deux jours.

Les autres jours, nous avons pris goût à la bicyclette… parfois pour nous rendre chez un glacier, parfois simplement pour explorer. Hier, nous avons fait une boucle au centre-ville, une petite trotte d’une trentaine de kilomètres, et comme le temps s’y prêtait, nous avons fait quelques clichés, dont voici deux exemples:

Le centre-ville vu du pont dit Low Level, avant de repartir vers le haut et vers le centre-ville.

L’édifice de l’assemblée législative paré de son éclairage nocturne… je n’avais pas remarqué la lune au moment de prendre la photo, puisque j’étais distrait par d’agaçants utilisateurs des planches à rouler à propulsion électrique qui pullulent autour du centre-ville.

Remontée covidienne

L’image illustre les statistiques à jour au 19 juillet 2020. Cliquez sur l’image pour accéder au site original et obtenir les statistiques à jour.

Il n’y a pas si longtemps, on aurait presque pu, à Edmonton, se complaire dans l’idée qu’on avait, comme l’a si bien dit Dr. CaSo le 5 mai dernier, écrapouti la courbe épidémique (et sur laquelle, coïncidence, elle revient aujourd’hui). Cependant, c’était avant le retour du vrai beau temps, la reprise des activités commerciales… et le relâchement général. Depuis la réouverture de la province au début du mois de juin, la courbe épidémique a repris son élan… lentement au départ, mais c’est maintenant une croissance à un rythme semblable à ce qui se produisait au mois de mars. Au train où vont les choses (et les gens semblent toujours aussi réticents ici à porter un masque), il faudra bien prendre des mesures plus drastiques. On voit sur le graphique ci-haut la remontée de la ligne verte, qui marque les cas à Edmonton. Il y a eu une éclosion dans un hôpital local, mais nul doute qu’il y en a plusieurs autres dans la communauté.

Cliquez sur l’image pour accéder au site original et obtenir les statistiques à jour.

Jusqu’ici, la panique n’est pas en la demeure. Toutefois, il devient de plus en plus clair qu’il sera nécessaire d’imposer des mesures plus restrictives. Ce qui m’inquiète personnellement un peu plus, c’est la remontée soudaine et inquiétante du nombre de cas actif dans le quartier où j’habite. Au plus fort de la première phase d’infection, nous n’avons jamais dépassé deux ou trois cas actifs en même temps. Vendredi, une remontée subite à 24 cas a été marquée. Les statistiques publiées aujourd’hui montrent une croissance qui continue:

Cliquez sur l’image pour accéder au site original et obtenir les statistiques à jour. Cette carte se trouve au bas de la page et par défaut montre les statistiques par municipalité. Il faut cliquer sur « Local Geographic Area » (zone sanitaire) pour obtenir la carte visible sur cette image.

Nous continuons donc à prendre, autant que nous le pouvons, nos précautions. Cela ne nous empêche pas d’aller faire notre course d’une dizaine de kilomètres aux deux jours et, depuis peu, de nous promener à bicyclette pour changer l’exercice. Nous hésitons toujours à retourner à notre salle d’entraînement, même si elle a rouvert ses portes… Et nous portons rigoureusement nos masques, même s’ils en effraient certains. Il nous faudra d’ailleurs en commander d’autres… Ils sont réutilisables, mais seulement jusqu’à un certain point­. Ceux qui sont trop usés pour servir de prophylaxie serviront à protéger de la poussière lorsqu’il s’agira de faire des travaux de sablage préparatoires à la peinture à venir…

Soupe aux arachides à l’africaine

L’autre jour, je suis tombé sur cette recette publiée il y a six ans dans le Guardian et j’ai été pris par l’envie d’essayer. Après tout, mon cher et tendre adoooooore les arachides (cacahuètes), et ce même s’il y est légèrement allergique. Quant à moi, je ne les déteste pas, mais je les préfère comme ingrédient que comme élément principal (les tartines au beurre d’arachides pour moi sont un repas d’urgence lorsqu’il y a absolument rien d’autre de rapide et facile… et est préférable avec des bananes). Ceci dit, je me suis fait des tartines vendredi matin avec le pain au blé entier confectionné quelques jours plus tôt et, à part le désagrément de la texture collante de la chose, c’était bien bon.

Donc, pour la soupe… Vous savez, on dit que les musiciens peuvent entendre la musique rien qu’en parcourant la partition? Ce n’est pas mon cas… mais je peux avoir une idée assez précise du goût et de la texture d’un plat en lisant la recette. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé lorsque j’ai lu cette recette de soupe à l’arachide, que j’ai préparée presque exactement selon les indications (n’ayant pas de boîte de tomates de 400 grammes, mais plutôt une d’un peu plus de 900 grammes, j’ai compensé en augmentant un peu les quantités de tout et j’ai ajouté un petit piment fort frais… mais c’était assez fidèle) et ça m’a donné à peu près quatre portions généreuses, dégustées avec de généreuses tranches de délicieux pain «sans pétrissage» préparé à la farine de blé entier. Par la suite, Oyaté et moi sommes allés courir une dizaine de kilomètres.

La liste d’ingrédients est plutôt imposante au premier regard, mais il s’agit surtout d’assaisonnements.

  • 2 cuillers à table (30 ml) d’huile végétale ou d’arachide
  • 1 oignon en dés grossiers
  • 2-3 gousses d’ail hachées
  • Un morceau de gingembre frais d’environ 2,5 cm, en dés fins
  • ½ c. à thé (2-3 ml) de flocons de piment (et un petit piment frais haché finement)
  • 1 c. à thé (5 ml) de cumin moulu
  • Une généreuse pincée de cannelle
  • 2 patates douces pelées et coupées en dés grossiers
  • 1 boîte (la recette demande 400 gr; je n’avais que 900 gr) de tomates en dés
  • 300 ml (environ) de bouillon de poulet ou de légumes (pour une version végétarienne)
  • 3 c. à table (45 ml) de beurre d’arachides naturel (crémeux ou croquant, selon la préférence). Si on pulse le tout, on pourrait procéder avec des arachides entières, mais la texture ne serait pas la même, puisque le beurre d’arachides sert d’émulsifiant.
  • Jus d’une lime
  • Quelques feuilles de coriandre pour garnir (au choix; je n’avais pas ça sous la main)
  • (Fleur de) sel et poivre (du moulin) au moment de servir.

Chauffer l’huile dans une casserole et y faire tomber l’oignon à feu moyen. Lorsqu’il commence à être transparent, ajouter l’ail et les autres assaisonnements et faire revenir une minute ou deux, sans faire brunir l’ail. Ajouter les morceaux de patates douces et enduire du mélange d’épices. Ajouter le bouillon et les tomates avec leur jus. Amener à ébullition en touillant fréquemment et laisser mijoter une dizaine de minutes, jusqu’à ce que la patate douce soit bien ramollie. Déposer le beurre d’arachide dans un petit bol et y ajouter assez de bouillon chaud pour en faire une crème et verser dans la soupe et réchauffer le tout.

On peut servir comme tel ou écraser avec un pilon à pommes de terre, passer au pied-mélangeur ou simplement verser le tout dans un mélangeur et pulser jusqu’à ce que la texture désirée soit atteinte. Au moment de servir, arroser du jus de lime et garnir de morceaux d’arachides (ou de noix de cajou car c’est ce que nous avions sous la main) et de feuilles de coriandre. Saler et poivrer au goût. C’est délicieux et ça tient au corps!