Edgar dans l’expectative

Edgar sur le litEdgar trépigne d’impatience de connaître les résultats finaux de l’élection fédérale…

Gâteau aux bananes «à l’ancienne»

J’ai déjà publié sur ce blogue la recette d’un pain ou gâteau aux bananes à la somptueuse et riche mie qui peut autant servir de collation nutritive que de dessert. Il s’agit là d’une recette fort utile si vous avez, comme cela nous arrive parfois, des bananes qui mûrissent un peu trop vite et que vous voulez passer. En passant, on peut avantageusement congeler les bananes si on n’a pas le temps de se lancer immédiatement dans la pâtisserie.

La recette présentée aujourd’hui est très différente, même si elle provient de la même source: le site de Stephanie Jaworski. Il s’agit d’un gâteau tout léger et vraiment destiné à servir de dessert. Je m’y suis pris à deux fois pour le réussir, parce qu’à ma première tentative, j’ai fait l’erreur de ne pas laisser mes morceaux de bananes (congelés) atteindre la température de la pièce avant de les passer au robot et de les intégrer à la pâte. Le résultat: la température de l’appareil était de beaucoup inférieure à la température de la pièce et donc le gâteau n’a pas pu cuire correctement: il s’est effondré au centre et avait une texture dense. Le fait que je n’avais pas de farine à pâtisserie, préparée avec un blé à teneur moins élevée en gluten, n’a pas aidé non plus. Cette fois, cependant, je m’y suis pris correctement, avec de la farine à pâtisserie (ça fait toute la différence!) et le résultat fut parfait. Un gâteau léger et savoureux. On en redemande. Aussi, la méthode de préparation de ce gâteau est différente des deux autres communes, soit la méthode beurre-farine-liquide et celle qui consiste à mélanger séparément les ingrédients secs et les ingrédients liquides, puis de les combiner. Cela veut aussi dire que pour suivre la recette à la lettre, il faut avoir un robot culinaire (ou un mélangeur) et un batteur sur socle (ou à main, mais c’est assez exigeant sur le moteur).

J’ai suivi à la lettre la recette originale, que je recopie ici en traduction. Seule modification: comme j’avais des œufs plus volumineux que la recette le demandait (125 grammes au lieu de 100), j’ai augmenté la quantité de chaque autre ingrédient d’un quart pour que les proportions soient sauves, ce qui veut aussi dire que j’ai tout mesuré au poids. Je présente ici les mesures de la recette originale en fournissant aussi à titre indicatif les mesures en volume.

Pour le gâteau:

  • 2 bananes bien mûres, pour un poids total de 225 grammes épluchées
  • 80 grammes (1/3 tasse, 85 ml) de crème sure et/ou de yaourt nature à température de la pièce
  • 6 grammes (1½ c. à thé, 7 ml) d’essence de vanille
  • 2 gros œufs (100 grammes) à la température de la pièce
  • 240 grammes (2 tasses, 500 ml) de farine à pâtisserie
  • 150 grammes (¾ tasse, 175 ml) de sucre blanc granulé (comme d’habitude avec les recettes de Stephanie Jaworski, je réduis la quantité de sucre d’environ un quart)
  • 6 grammes (1¼ c. à thé, 6 ml) de poudre à pâte (levure chimique)
  • 2 grammes (½ c. à thé, 3 ml) de bicarbonate de soude
  • 1 gramme (¼ c. à thé, 1 ml) de sel
  • 140 grammes (½ tasse plus 2 c. à table, 170 ml) de beurre non salé, ramolli

Pour le glaçage:

  • Notez qu’on peut employer n’importe quel glaçage, mais celui-ci s’harmonise parfaitement à la saveur du gâteau)
  • 170 grammes (6 onces) de fromage à la crème ramolli
  • 55 grammes (4  c. à table ou ¼ tasse, 60 ml) de beurre non salé, ramolli
  • 90 grammes (¾ tasse, 175 ml) de sucre à glacer, tamisé
  • 4 grammes (1 c. à thé, 5 ml) d’essence de vanille
  • 25 grammes (¼ tasse, 60 ml) de pacanes ou noix de Grenoble rôties et finement hachées (j’ai omis cette fois).
  • On peut garnir de morceaux de noix ou de pacanes au goût; j’ai choisi de substituer des petits bonbons décoratifs

Préchauffer le four à 350°F (180°C), graisser et parcheminer un moule à gâteau de 9 pouces (23 cm)

Mélanger les bananes, la crème sure et l’essence de vanille au robot culinaire jusqu’à onctuosité. Ajouter les œufs et mélanger jusqu’à ce que le tout soit homogène.

Combiner les ingrédients secs (farine, sucre, levure chimique, bicarbonate de soude et sel) dans le bol du batteur. Ajouter le beurre ainsi que la moitié du mélange de bananes et battre à basse vitesse jusqu’à ce que les ingrédients secs soient humectés.  Augmenter la vitesse à moyenne-élevée et battre l’appareil pendant 90 secondes (1 minute et demie) afin d’aérer et de créer une bonne structure. Ajouter le reste du mélange de bananes et battre, puis verser dans le moule à gâteau préparé. Enfourner de 30 à 40 minutes ou jusqu’à ce qu’un cure-dents inséré au milieu en ressorte propre (le centre rebondira au toucher).

Laisser refroidir sur une grille environ 10 minutes puis démouler et laisser refroidir complètement avant de glacer.

Pour préparer le glaçage, battre ensemble le fromage à la crème et le beurre jusqu’à ce qu’ils soient légers et onctueux. Ajouter le sucre à glacer et l’essence de vanille et battre jusqu’à ce que le mélange soit léger (environ 2-3 minutes). Ajouter les noix ou pacanes finement hachées et combiner. Garnir de morceaux de noix ou de pacanes.

Pandémie collégiale

La session académique a repris le 2 septembre et me revoici sur le campus deux jours par semaine (les mercredis et vendredis) pour l’enseignement «présentiel». À quoi ça ressemble? Le campus est à moitié désert et l’achalandage se compare à ce qu’on voit généralement durant la session de printemps. Un effort a été fait pour tenter de réduire au minimum l’encombrement autant dans les salles de classe que dans les corridors. Les masques sont revenus en force dans la deuxième semaine de septembre dans la foulée de la remise en place des directives provinciales à cet égard, mais ils étaient obligatoires en classe sauf, ironiquement, pour l’enseignant lorsqu’une distance minimale de deux mètres est possible. C’est dingue et je garde mon masque en tout temps, même au bureau.

Il faut s’inscrire en utilisant l’application dédiée, soit via son propre ordiphone ou en utilisant l’une des stations d’enregistrement via tablette disponibles à chaque entrée. Toutefois, je doute fortement que l’ensemble des étudiant.e.s ou même du personnel s’y plient. Pour ma part, je fais diligence, même si je crois que ça ne sert pas à grand-chose sauf à traquer les employés, car il y a une certaine insistance de la part des autorités à nous ramener sur le campus.

Un peu partout, des affiches annoncent, parfois de manière contradictoire, ce qui est permis et interdit (par exemple, le retrait possible du masque dans les aires où il est possible de consommer de la nourriture pour manger sert d’excuse à plusieurs pour simplement l’enlever, même s’ils ne sont pas en train de manger.

Des distributrices de gel désinfectant pour les mains ont été posés sur les murs dans les corridors un peu partout. Impossible de les manquer. Je n’ai toutefois pas vu beaucoup de gens s’en prévaloir.

Les fontaines automatiques pour le remplissage de contenants réutilisables sont enfin redevenues disponibles, mais les fontaines à boire sont fermées.

L’ubiquité des affiches crée cependant l’inverse de l’effet voulu: on finit par ne plus les voir.

Cette dernière photo a été prise dans une salle de toilette, où l’exubérance des affiches atteint un paroxysme. Et malgré tout, je continue à voir des gens sortir de la salle sans même se mouiller les mains.

Avec l’annonce la semaine dernière des restrictions sanitaires mercredi dernier (ironiquement juste après que j’ai pris ces photos), nous avons vécu deux jours d’incertitude, puisque rien dans la conférence de presse ne parlait directement de l’enseignement postsecondaire. On mentionnait les écoles primaires et secondaires, mais on ne précisait pas les mesures à appliquer dans le cadre postsecondaire, ce qui a donné lieu on s’en doute à des échanges frénétiques entre administrateurs des vingt-six institutions concernées dans la province. Finalement, le collège a décidé de continuer l’enseignement présentiel autant que les salles de classe permettent la distanciation physique. Cela veut dire que l’une de mes sections de cours continuera telle quelle puisqu’elle se tient dans un local pouvant accueillir le triple du nombre d’étudiant.e.s inscrit.e.s. Toutefois, pour l’autre section, j’attends toujours la décision qui sera prise: déplacement dans une salle plus grande (si la chose est possible) ou virage en ligne. Je n’ai toujours pas pu communiquer d’information à mes étudiant.e.s, ne sachant rien moi-même.

Ma préférence aurait été de virer tout simplement au virtuel, mais il y a une forte opposition à cela dans la population étudiante, et notre administration collégiale est très sensible à ce qu’elle voit comme sa «clientèle». Je me prépare donc à tout scénario possible. On nous a déjà avertis qu’il ne fallait pas prendre d’initiative qui contredirait l’horaire et la distribution prévus au calendrier officiel.

Boussole et tournesols

C’est bien connu, le tournesol n’a pas besoin d’une boussole… Et ceux que font pousser les voisins dans leur courette semblent ne pas avoir trop souffert de notre été exceptionnellement chaud et sec; il faut dire qu’ils ont été généreusement arrosés. Paraît-il que c’est quelque chose qui s’est produit un peu partout dans la province: les tournesols sont tout simplement gargantuesques cette année. Le plus grand des plants atteignait facilement entre trois et quatre mètres de haut. Le lendemain de cette photo, le vent l’avait renversé et les voisins l’ont abattu.

Mais parlons boussole pour quelques instants. La boussole électorale, s’entend. Le 15 août dernier, le 43e Parlement a été dissous et des élections législatives fédérales ont été déclenchées. Pour nos lectrices et lecteurs d’outre-mer, il n’y a pas d’élections présidentielles au Canada, puisque notre système de gouvernement est une monarchie constitutionnelle et que le chef (présentement la cheffe) de l’État est la Reine, représentée au Canada par un.e gouverneur.e général.e. Le poste n’est pas soumis à des élections: la personne qui sert comme gouverneur.e général.e est nommée par la Reine sur recommandation du ou de la Premier.ère Ministre en poste. Le système parlementaire qui est le nôtre appelle à des élections où les citoyen.ne.s votent pour un.e représentant.e local.e dont le poste est connu en français comme «député.e». Pour ce faire, le pays est divisé en circonscriptions électorales, souvent nommés comtés dans le langage populaire. Il y a présentement 337 de ces circonscriptions et le nombre varie selon la population. La formule d’attribution des circonscriptions électorales est assez complexe mais tient compte de divers facteurs qui ont évolué au fil du temps dans une quête jamais assouvie d’assurer une représentativité équitable de la population. En gros, chaque circonscription devrait représenter un nombre aussi égal que possible de citoyens, mais des facteurs comme la densité variable de la population fait qu’il y a des circonscriptions urbaines dont on peut faire le tour en marchant d’un bon pas en une heure à peine alors que certaines circonscriptions nordiques sont tellement étendues qu’on ne peut les parcourir qu’en avion (on peut voir la carte des derniers résultats électoraux ici). On devine le casse-tête logistique du processus électoral…

Pour faire court, le but d’une élection fédérale (le même système s’applique, mutatis mutandis, lorsqu’il y a des élections provinciales) est, pour chaque parti politique, de faire élire des candidats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions, puisque le gagnant de l’élection est déterminé par le parti qui remporte le plus grand nombre de circonscriptions, chacune obtenant un siège à la Chambre des Communes (l’assemblée législative fédérale). L’occupant.e de chaque siège sera la personne ayant remporté le scrutin uninominal à un tour dans sa circonscription, cette personne représentant généralement l’un des partis politiques. Les candidats indépendants sont assez rarement élus à moins de susciter un deuxième mandat après avoir été élus une première fois sous la bannière d’un parti politique. Autrement dit, au niveau de la circonscription, le ou la candidat.e ayant remporté le plus grand nombre de votes, même si c’est moins de la moitié, remporte le siège et le parti ayant remporté ainsi le plus grand nombre de sièges sera appelé par le ou la gouverneur.e général.e à former le gouvernement. Il y a de possibles exceptions à cette règle pouvant, par exemple, entraîner le parti au pouvoir avant l’élection à être convoqué pour former un nouveau gouvernement même sans la pluralité des sièges dans des circonstances bien précises. La personne qui mènera le gouvernement porte le titre de Premier ou Première Ministre et cette personne doit élue comme député.e dans sa propre circonscription pour pouvoir siéger en Chambre en plus de voir son parti remporter la pluralité des sièges. La population dans l’ensemble n’élit donc pas directement le ou la Premier.ère Ministre. C’est plus simple à vivre qu’à expliquer…

Il peut y avoir un gouvernement majoritaire lorsque le parti au pouvoir a obtenu plus de la moitié des sièges à la Chambre des Communes ou un gouvernement minoritaire (c’était le cas du 43e Parlement qui vient d’être dissous) lorsque le parti au pouvoir a obtenu la pluralité (le plus grand nombre de sièges) sans toutefois avoir atteint la majorité (la moitié des sièges plus un). Le système parlementaire canadien ayant été calqué au dix-neuvième siècle sur le système parlementaire britannique, il est basé en principe sur l’opposition de deux partis politiques, ce qui explique la disposition de la Chambre en face-à-face plutôt qu’en hémicycle. Toutefois, depuis après la Première Guerre mondiale et en partie à cause des crises créées par celle-ci, il y a toujours eu trois partis ou plus représentés en Chambre. Plus il y a de partis représentés, plus il devient difficile d’obtenir un gouvernement majoritaire. Il y avait, à la dissolution du Parlement, cinq partis représentés en plus de cinq députés «indépendants» (n’ayant pas d’affiliation politique officielle). C’est en partie à cause de cette situation de gouvernement minoritaire que des élections anticipées ont été déclenchées cette année; la dernière élection «régulière» ayant eu lieu en 2019. Constitutionnellement, les élections doivent être déclenchées au moins tous les cinq ans (Loi constitutionnelle de 1982, art. 50), sauf en cas d’urgence nationale, comme ce fut le cas durant la Première Guerre mondiale, où l’élection prévue en 1916 a exceptionnellement été reportée à l’année suivante. Toutefois la Loi électorale du Canada a été amendée en 2007 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, sous influence étatsunienne, pour créer un cycle électoral de quatre ans, dictant que «les élections générales ont lieu le troisième lundi d’octobre de la quatrième année civile qui suit le jour du scrutin de la dernière élection générale (art. 56.1(2))». Ce changement (aux motivations discutables à mon avis, confirmait en partie une tradition assez bien ancrée dans les pratiques politiques de tenir des élections dans l’année précédant la fin constitutionnellement prévue par un mandat, donc plus ou moins aux quatre ans. Toutefois, le fondement d’une élection reste la capacité du parti au pouvoir de maintenir la confiance de la Chambre des Communes et c’est là qu’un gouvernement minoritaire est, dans un certain sens plus fragile: une défaite sur une motion de confiance entraîne aussi automatiquement le déclenchement d’élections. Dans le cas présent, il n’y a pas eu de vote de confiance et cette élection est vue assez cyniquement comme une tentative du gouvernement libéral sortant de consolider son pouvoir en cherchant à obtenir une majorité. C’est probable. Les gouvernements minoritaires présentent une possible instabilité, mais ils ont aussi l’avantage de forcer le parti au pouvoir à négocier avec l’un ou l’autre parti d’opposition afin de se maintenir au pouvoir, ce qui entraîne un partage plus large du pouvoir de décision et des concessions souvent souhaitables.

Il y a donc des élections qui se tiennent lundi. J’ai déjà voté, car je vote presque toujours par anticipation, mais je vous partage le résultat de mes réponses à la Boussole électorale; ceux-ci ne surprendront pas celles et ceux qui me connaissent:

Comme à peu près à toutes les élections, je suis à gauche de la gauche autant en ce qui concerne les questions économiques et sociales. Évidemment, on me dira que je suis très mal à ma place en Alberta, où le vote sera presque assurément et presque unanimement conservateur à moins d’une surprise de taille, avec fort probablement une bonne représentation des partis d’extrême-droite que sont le Parti populaire et le Parti Maverick (essentiellement un parti séparatiste de l’Ouest).

La culture politique actuelle a même entraîné dans la province une tempête parfaite pour le virus et ce n’est que la semaine dernière, sous intense pression, que le gouvernement provincial a décidé de remettre en place des mesures sanitaires au demeurant fort limitées. C’est sur la route du retour de Red Deer que j’ai écouté la désastreuse conférence de presse du Premier Ministre provincial, accompagné de l’hygiéniste en chef et du Ministre de la Santé, où de timides semblants d’excuses ont été présentées pour le bilan dévastateur de la pandémie. Il semble toutefois que cela aura décidé une frange de la population réfractaire à la vaccination à enfin passer à l’acte. Je vous laisse sur les tableaux suivants, qui illustrent les ravages de la quatrième vague (entièrement prévisible et surtout évitable) de l’épidémie dans la province. Ces graphiques sont tirés du site dédié du gouvernement provincial, où l’on trouvera également ces mêmes graphiques à jour ainsi que les données détaillées.

Évolution du nombre de cas depuis le début de l’épidémie. On notera l’insignifiance de la première vague comparativement aux autres (simplement parce que les mesures de confinement ont fonctionné).
Surcharge du système de santé. Ce graphique ne tient pas compte du fait que le nombre de lits de soins intensifs dépasse de près de 50% la capacité initiale. Il y a présentement 287 lits de soins intensifs occupés, mais il n’y a en réalité que 173 lits disponibles dans les unités dédiées de soins intensifs dans les hôpitaux de la province.
Nombre de doses de vaccin administrées. Seul l’avenir permettra de vérifier si la tendance à la hausse se poursuivra.

Pop Shoppe

L’autre jour, à l’épicerie du coin, je suis tombé sur cette tablette parmi les nombreuses boissons gazeuses de la rangée «sucreries et autres machins que nous n’achetons jamais» qu’il me fallait traverser pour aller trouver ce que nous cherchions ce jour-là. Je n’ai pu m’empêcher de prendre le temps de photographier la chose. C’est que c’est une vague de souvenirs vaguement nostalgiques qui m’a soudain envahi.

Lorsque j’étais enfant, il y avait encore un laitier qui circulait dans la rue où nous habitions (à ma grande surprise, je découvre que cela existe toujours). Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agissait d’un livreur de lait à domicile, relent d’une époque où les réfrigérateurs domestiques étaient rares, les déplacements à distance plus difficiles, et que les produits périssables devaient donc être distribués plus fréquemment. La maison où j’ai habité à Red Deer avait même un petit cagibi dans le mur arrière destiné à recevoir le lait (autrefois vendu en bouteilles, que l’on mettait dans le même cagibi une fois vides pour qu’elles soient lavées, puis remplies à nouveau à la crèmerie). Comme il s’agissait d’un mur exposé au sud, il n’aurait pas été sage d’y laisser le lait trop longtemps, mais cette particularité architecturale était d’un intérêt historique certain. Ceci dit, ma mère n’achetait que très rarement du lait du laitier, puisque nous avions un réfrigérateur et que nous faisions le plain de lait lors de l’épicerie hebdomadaire. Lorsqu’elle désirait acheter des produits que vendait le laitier, il lui suffisait de mettre un carton sur lequel était imprimé «lait» à la fenêtre de la cuisine et le laitier arrêtait devant la maison pour s’enquérir de ce que nous désirions.

Au tout début des années 1980, un nouveau livreur s’est mis à sillonner notre quartier: il vendait des jus et boissons gazeuses de la marque Pop Shoppe, laquelle n’était pas vendue en épicerie et qui étaient différentes du cola ou de la boisson gazeuse citronnée que l’on trouvait un peu partout. Je me souviens de la date précise parce que c’est associé à un autre souvenir familial: l’achat par mon père d’un bateau de plaisance en 1980 sur lequel ces boissons gazeuses ont été consommées en grande quantité. Cela a commencé par du jus, mais rapidement, mes parents ont commencé à acheter des boissons gazeuses à saveurs fruitées: raisin, fraise et, surtout, orange. J’adorais l’orangeade (aujourd’hui, je trouverais probablement la chose insupportablement sucrée). Ma mère préférait le raisin, que je ne dédaignais pas non plus.

C’est donc en pensant à ma mère que j’ai pris cette photo qui lui rappellera sûrement, si elle lit ce message, des souvenirs tendres.