Vignettes sur la vie en Alberta

Après un peu plus de six mois en Alberta, quelles sont mes impressions? Qu’est-ce qui m’étonne, m’apporte de la joie ou des frustrations? Voici donc quelques vignettes et anecdotes livrées en vrac, sans ordre précis…

La première chose qui m’a frappé lorsque je suis sorti de l’aéroport de Calgary à mon premier séjour en Alberta (pour l’entrevue en mai 2007) fut l’omniprésence des camions, particulièrement des «pick-ups». Il y en a partout. Bon, personnellement, je suis un brin écolo et je ne pourrais pas justifier de conduire un mastodonte alors que ma Bernadette est déjà bien assez volumineuse pour mes besoins. D’ailleurs, avec le retour du beau temps cet été, je vais recommencer à utiliser ma bicyclette pour me rendre au travail: j’ai besoin de l’exercice et la Terre a besoin du répit — si petit soit-il — que je peux lui apporter. Malgré tout, j’avoue que la conduite d’une petite voiture au milieu de camions pose parfois des défis: on ne voit pas très loin en avant, la nuit on se fait éblouir par les phares, et certains conducteurs se croient tout permis parce qu’ils sont au volant d’un véhicule plus lourd. C’est bien leur problème… il m’est cependant parfois arrivé, surtout à Calgary ou Edmonton, de devoir ressortir mes réflexes de conduite montréalaise pour faire ma place dans le trafic. Ceci dit, les Albertains ne sont ni meilleurs ni pires conducteurs que les Québécois. Ici aussi, on oublie de signaler son intention avant de changer de voie ou de tourner. Certains croient que les dépassements à droite sont permis. Certains croient posséder une voie et la rage au volant est présente, même dans une ville de relative petite taille comme Red Deer. On se calme, les gars et les filles… on va tous finir par arriver à destination!

On m’avait prévenu en ce qui concerne la conduite et la présence de pick-ups. On s’y fait, comme les Montréalais — ou plutôt les banlieusards de la Rive-Sud — s’habituent à passer 45 minutes chaque jour sur le pont Champlain (j’en sais quelque chose!). Ici, les véritables embouteillages sont plutôt rares et j’avoue que je souris lorsque j’entends à la radio parler des imbroglios de circulation à Calgary, qui n’ont rien à voir avec ceux de Montréal ou de Toronto…

Pour demeurer dans le thème de la circulation, le plus grand défi, je pense, concerne la conduite hivernale. La plupart des villes ne déneigent pas vraiment les rues: on attend que la neige fonde. À Red Deer, seules les artères principales se font déneiger après les grosses bordées de neige. Les rues résidentielles ne se font déneiger que si elles deviennent trop enneigées pour permettre la circulation ce qui ne s’est pas produit cet hiver. De plus, on n’épand pas de sel de déglaçage, sauf sur l’autoroute 2 et dans les grandes villes. C’est merveilleux pour conserver la carrosserie des voitures… mais ce qui remplace le sel pour aider l’adhérence, un mélange de gravier et de sable, pose problème d’une autre façon: les petits cailloux sur l’autoroute ont la manie d’aller percuter la calandre et le pare-brise des véhicules à haute vitesse… avec des conséquences qui peuvent être funestes. Il faut faire réparer tout éclat sans tarder! Ma compagnie d’assurance me proposait d’ailleurs une protection spéciale pour le pare-brise, ce dont je n’avais jamais entendu parler dans l’est. Ce n’est pas un luxe! Les entreprises de réparation de pare-brise font des affaires d’or. Une trousse de retouche pour la peinture n’est pas un luxe non plus, pour éviter que ces éclats de roche provoquent de la rouille.

Enfin, le sable accumulé au cours de l’hiver commence à poser problème d’une autre manière. Présentement, l’air de Red Deer est jaunasse à cause de la poussière qui lève des rues. Les équipes de nettoyage se sont mises à pied d’œuvre cette semaine, mais elles en auront pour quelques semaines à rendre la ville un peu plus propre. Non seulement ma voiture est-elle constamment recouverte d’un film jaune, qui ne paraît pas trop sur la carrosserie étant donné sa couleur, mais qui pose problème dans les fenêtres lorsque le soleil donne directement dans la lunette arrière, par exemple. C’est tout de même moins pire que de conduire dans la slush montréalaise, où il faut utiliser presque autant de liquide lave-glace que d’essence… Je passe sur l’irritation de la cornée causée par ces poussières qui se glissent sous mes verres de contact…

Les pneus d’hiver ne sont pas optionnels: ils sont une nécessité! Et ce même en ville. Je suis allé à Edmonton au début février, alors que la température ne s’était pas encore réchauffée. Sur Gateway Boulevard, qui est l’entrée principale de la ville, on n’avait pas déneigé. On se retrouvait donc avec quatre voies de circulation qui avaient toutes pris la forme d’ornières glacées desquelles on ne sortait qu’à ses risques et périls. Comme la vitesse est limitée à 70 km/h, tout le monde roule à 90… Bien des gens ont non seulement des pneus d’hiver, mais aussi des pneus cloutés. Je les comprends. Mes Blizzak ont donné leur plein rendement! (O.K. mon père a travaillé 37 ans pour Bridgestone/Firestone, il faut bien que je les plogue quelque part! Et oui, petits curieux, j’ai droit à un rabais d’employé grâce au paternel…)

La province est orientée nord-sud, ce qui veut dire que lorsque l’on se rend de Calgary à Edmonton, par exemple, on peut rencontrer les températures les plus diverses. Il faut être prêt à affronter des changements de température radicaux ou même des tempêtes subites. À mon dernier passage à Calgary, sur le chemin du retour, il faisait un temps radieux, sauf sur une portion d’environ 20 km autour de Didsbury, où il neigeait à plein ciel! Comme c’était la nuit, ça surprend toujours un peu.

D’ailleurs, on m’a averti lorsque je suis arrivé: «Si le temps te déplaît, attends cinq minutes…» Depuis trois semaines environ, nous avons eu à peu près du beau temps de manière continue, mais le temps peut changer de manière subite. C’est en partie à cause de notre proximité des Rocheuses, qui entraîne des changements subits des masses d’air qui président à la météo. Nous vivons un redoux présentement, mais les tempêtes de neige en fin de printemps ne sont pas rares: l’an dernier, il y a eu une tempête majeure autour du 20 mai. J’ai hâte de jardiner, mais il faut être patient. Je dois toutefois dire que l’Alberta est l’une des provinces les plus ensoleillées du Canada. Comme je carbure à la lumière solaire, ce n’est pas pour me déplaire. D’ailleurs, si un jour je possède ma propre maison, j’y installerai sans tarder un système à l’énergie solaire).

Que dire des Albertains? Je n’ai pas pu dresser de «portrait-type» de l’Albertain(e). Je n’ai pas été souvent confronté aux stéréotypes habituels du red neck, mais cela tient peut-être au fait que je vis dans une ville et que je travaille dans un collège… Comme partout ailleurs, les types de personnalités varient aussi selon les professions. De l’intolérance, j’en entends certes parler, mais pas plus qu’au Québec. En fait, j’oserais dire que les Québécois et les Albertains se ressemblent à plusieurs égards: désir d’indépendance (au niveau personnel autant que collectif), culture d’entraide entre personnes qui ont des affinités ou qui font partie de réseaux, éthique du travail, conservatisme social profond… et attitude plutôt chaleureuse envers les visiteurs, surtout s’ils apportent de l’argent avec eux!

La vie pratique révèle parfois des petites surprises. En arrivant ici, on m’avait prévenu de photocopier mon permis de conduire du Québec, car aussitôt que je ferais la demande d’un permis albertain, on me l’enlèverait. C’est normal, étant donné qu’il est interdit de détenir plus d’un permis de conduire. Ici, à peu près tout, incluant les services gouvernementaux, est privatisé (c’est le modèle que Charest essaie d’implanter, j’en ai bien peur). Pour enregistrer son véhicule et obtenir les documents gouvernementaux comme un document d’état civil ou un permis de conduire, on passe par l’une des nombreuses agences privées qui remplissent ce rôle. On prendra soin de bien se renseigner quant aux procédures à suivre, entre autres lorsque l’on désire un surclassement. La province n’est pas étrangère aux imbroglios bureaucratiques et à la tâtillonnerie.

L’Alberta, bon gré-mal gré, participe aussi au régime canadien d’assurance-maladie, sauf qu’il faut payer directement pour ce privilège. Ce point fut d’ailleurs un sujet brûlant au cours de la dernière élection: le gouvernement actuel a promis d’éliminer les frais d’assurance-maladie d’ici quatre ans… selon l’état de l’économie. Car il faut savoir que la prime d’assurance-maladie (qui est de 44$ par mois pour une personne seule et j’oublie le montant pour une famille) n’est pas récoltée à des fins d’amélioration du réseau de la santé: ces revenus colossaux tombent plutôt directement dans le fonds consolidé de la province et servent aux dépenses générales, tout comme la centaine d’autres redevances cachées qui font leur apparition partout dans la vie quotidienne, comme les «frais de recyclage» à l’achat de certains biens et les diverses taxes qui ornent les factures de services publics. Le système de taxation qui règne ici est byzantin, mais il donne l’illusion aux Albertains qu’ils ne paient pas beaucoup de taxes, un peu comme tous ces petits achats sur le compte de carte de crédit qui paraissent insignifiants mais finissent par faire un montant élevé. Il n’y a en effet pas de taxe provinciale sur les produits et services, mais bien des services sont taxés. C’est le principe de l’«utilisateur-payeur», mais comme pour la taxe sur les services de santé, il s’agit souvent de frais fixes (et donc régressifs, comme l’impôt provincial fixé à 10% peu importe le revenu) qui frappent plus durement les ménages à faibles revenus. Le social-démocrate que je suis ne peux qu’être choqué.

D’ailleurs, l’iniquité du système de perception de taxes et frais est partout. Par exemple, l’eau est fournie au compteur et en tant que locataire, je dois payer séparément pour ce service municipal. Il est d’ailleurs nécessaire de s’inscrire auprès de la Ville lorsqu’on arrive et leur communiquer une lecture initiale du compteur. Depuis mon arrivée, par exemple, j’ai consommé entre 8 et 14 mètres cubes d’eau par mois. Cependant, peu importe la consommation, je dois payer des frais fixes de 12,25$. On ne paie un supplément que lorsque l’on utilise plus qu’une certaine quantité d’eau… bel encouragement à réduire la consommation! D’ailleurs, s’il y a une question sur laquelle les Albertains sont chatouilleux, c’est l’utilisation de l’eau potable, car elle est rare dans les Prairies.

Pour revenir au système de taxation, je n’arrive toujours pas à comprendre mon compte d’électricité et de gaz. Ici, il faut magasiner son fournisseur, certains offrant seulement l’électricité, d’autres le gaz, et certains les deux. Divers systèmes de frais existent: par exemple, on peut «verrouiller» le tarif ou le laisser varier selon le marché. C’est un peu étourdissant lorsque l’on magasine le tout… J’ai un fournisseur qui m’approvisionne à la fois en électricité et en gaz. Le détail des charges est tout aussi ahurissant: il y a là des redevances à la compagnie provinciale qui fournit réellement l’électricité et à celle qui distribue le gaz (et qu’il faut d’ailleurs contacter en cas de problème ou de modification à l’installation), en plus d’une série de taxes municipales et provinciales. J’en perds mon latin, mais il faut bien que je paie. Les tarifs sont somme toute raisonnables, mais c’est la série de taxes à la fois cachées et visibles qui me rend perplexe. Sous prétexte de transparence, le tout devient illisible. En plus, certains tarifs sont fixes et d’autres varient selon la consommation; comme je suis un petit consommateur, je paie davantage de frais fixes que variables. L’économie de marché et la logique du profit triomphent. Ce sont les plus pauvres qui paient. Je ne suis pas pauvre, mais je me demande bien comment quelqu’un qui ne gagne que le salaire minimum peut arriver à boucler les fins de mois.

Heureusement, les factures de téléphone, d’internet et de cellulaire ressemblent à ce que je connaissais auparavant. Quant au câble, vous demanderez à quelqu’un qui a la télévision.

En réaction à toute cette dérèglementation et au peu de services gouvernementaux, les employeurs offrent souvent des bénéfices marginaux substantiels. Dans mon cas, mon employeur paie les trois quarts de la prime d’assurance-maladie, par exemple, ce qui ne me laisse que 11$ par mois à payer en déduction directe de ma paie. Nous avons aussi un programme d’assurance-santé complémentaire très généreux. Heureusement. Cependant, cela n’est pas offert par tous les employeurs. Présentement, l’Alberta manquant cruellement de main-d’œuvre, on a recours à des travailleurs étrangers, des Gastarbeiter comme les appellent les Allemands. Ce sont des travailleurs qui ne sont recrutés que pour un temps fixe, généralement deux ans, et qui doivent retourner dans leur pays d’origine une fois leur contrat échu. Les employeurs sont légalement responsables de leur fournir certains bénéfices, mais tous ne s’acquittent pas également de cette obligation. La province est en train de créer une sous-classe prolétaire dont seuls bénéficient les grands industriels… et le tout est généreusement encouragé par divers programmes gouvernementaux, autant fédéraux que provinciaux. Nous aurons, j’en suis certain, des problèmes sociaux graves à moyen terme et il y a fort à parier que les «travailleurs-invités» en porteront l’opprobre, plutôt que ceux qui ont créé le système et qui en bénéficient.

Il y a donc de l’emploi dans cette province. On blague parfois que si l’on heurte un étranger dans la rue, plutôt que de vous demander de vous excuser, celui-ci risque de vous offrir une job. N’importe qui ayant un pouls et plus de 12 ans peut aisément se trouver de l’emploi, mais ce n’est pas nécessairement une garantie de vie facile. J’ai plusieurs étudiants qui cumulent deux, parfois trois emplois à temps partiel en plus des études à temps plein afin de joindre les deux bouts. Cette situation est problématique pour les consommateurs dans l’industrie des services: comme les employeurs sont perpétuellement en situation de crise, leurs standards d’embauche sont peu élevés. Il est exceptionnel d’obtenir du bon service dans un restaurant, par exemple.

Les loyers sont prohibitifs et la plupart des propriétaires exigent un dépôt de sécurité qui, légalement, ne peut être plus élevé que le montant d’un mois de loyer. Il est d’ailleurs nécessaire de procéder à une inspection du logement avec le propriétaire à la fois au moment de prise de possession et à la fin du bail. La prise de nombreuses photographies est fortement recommandée, car bien des proprios peu scrupuleux essaient d’utiliser tous les prétextes possibles pour s’arroger le dépôt de sécurité. À l’échéance du bail, les proprios peuvent augmenter le loyer à loisir: il n’y a pas de plafond. Personnellement, je suis très chanceux côté logement: un loyer raisonnable pour la maison que j’habite (le même loyer pourrait s’appliquer à un 4½), mais ce n’est pas le cas de la majorité. Les prix des maisons sont également, vous le devinez, fous. Il n’y a à peu près rien à moins de 300 000$ Il y a donc une profonde crise sociale au milieu de la prospérité effrénée.

Ceci dit, je suis très heureux ici. Je m’attendais à ce genre de problèmes sociaux et, bien que cela me choque, j’y ai déjà été confronté en travaillant auprès des sans-abri à Ottawa et auprès de jeunes décrocheurs à Amos. On ne peut pas toujours combattre le système directement; vous devinez bien que mon vote a été noyé dans le raz-de-marée conservateur qui a balayé la province pour la onzième fois consécutive au début du mois (le règne des conservateurs dure depuis l’année de ma naissance!). J’avoue que je trouve tout de même reposant de ne pas avoir à constamment me définir face à mon appartenance au Canada comme c’était le cas lorsque j’habitais au Québec. Difficile d’être à la fois fier d’être francophone tout en étant profondément enraciné dans la réalité canadienne. On me regardait bien étrangement quand je disais que je n’étais pas Québécois mais Canadien-français. Me voici Franco-albertain, ce qui est davantage un état de fait qu’une bannière politique à porter sur toutes les tribunes. Mon combat social, je le vis davantage en classe, non pas en cherchant à faire de mes étudiants des militants de gauche (j’ai horreur du clonage académique), mais en ouvrant leurs yeux sur des réalités qui portent à réfléchir et en développant leur esprit critique.

Un élément qui semble détonner au premier regard dans l’attitude des Albertains est l’écologisme à la pièce. La même personne qui laisse rouler le moteur V8 son camion dans le stationnement de l’épicerie peut regarder de travers une personne qui à la caisse de la même épicerie fait emballer ses achats dans des sacs de plastique jetables. Il y a beaucoup de pensée écologique ici, mais comme à bien d’autres endroits, elle n’est pas nécessairement cohérente. On s’inquiète de l’approvisionnement en eau, mais en même temps on encourage un gouvernement qui promeut le développement à tout crin des sables bitumineux, lesquels consomment des quantités incroyables d’eau. Mais cela se passe loin d’ici, dans le nord de la province; ici, tout ce qu’on reçoit, c’est la prospérité qui résulte de l’exploitation pétrolière. De la même manière, certaines épiceries et les magasins IKEA vous demandent de payer pour les sacs nécessaires à l’emballage de vos achats. Cela part d’un bon principe, mais n’empêche pas ces mêmes détaillants d’utiliser des emballages en plastique rigide pour les articles qu’ils vendent, lesquels sont au moins aussi polluants que les sacs jetables. Oui, j’ai mon ensemble de sacs de tissu réutilisables pour l’épicerie et je pense généralement à les prendre dans le coffre de la voiture en entrant à l’épicerie. Cependant, je me demandais bien comment j’aillais dorénavant disposer de la litière des chats, pour laquelle j’utilisais les sacs d’épicerie. En fait de pensée écologique, l’Alberta n’est pas unique: le problème est universel. On cherche à tout prix à maintenir notre niveau de vie qui requiert une empreinte écologique énorme en faisant le minimum pour tenter de préserver la planète. J’en suis aussi coupable que toute autre personne.

Je parlais plus haut de l’eau potable. Celle-ci peut surprendre au début. Au cas où je ne l’aurais pas déjà dit, nous sommes à proximité des Rocheuses, et notre eau vient de ces montagnes (avant d’aller se déverser, loin, loin, après avoir traversé la Saskatchewan et le Manitoba, dans la Baie d’Hudson). Comme l’eau descend des montagnes, elle est extrêmement minéralisée. Une bonne quantité de vinaigre est nécessaire, pas tant pour assaisonner les frites (tous les goûts sont dans la nature) mais pour nettoyer casseroles, bouilloire et fer à repasser. À chaque fois que je fais bouillir de l’eau pour des pâtes, le fond de ma marmite se recouvre de petites bulles de calcaire qu’un simple lavage n’enlève pas: il faut passer le tout au vinaigre. La même chose s’applique au gobelet à boire de la salle de bains, au fond de l’évier de la cuisine et même aux plats d’eau des chats: tout endroit où l’eau s’évapore se couvre d’un résidu calcaire qu’il faut périodiquement enlever. L’évaporateur de l’humidificateur de la fournaise — qui ne fonctionne d’ailleurs plus — est recouvert d’une épaisse couche de calcaire. Je suppose que je vais avoir de bons os avec tout ce calcaire! Mon dentiste aime bien: je dois me faire détartrer aux quatre mois!

Dernier détail: l’air des Prairies est horriblement sec pour quelqu’un qui a grandi dans l’aquarium qu’est la région montréalaise. Cela a un immense avantage autant au cœur de l’hiver qu’au beau milieu de l’été: l’hiver est moins glacial malgré les basses températures et la chaleur de l’été est beaucoup plus agréable. Néanmoins, la crème hydratante, le baume à lèvres et pour certaines personnes l’hydratant nasal sont des nécessités dont même les «gros gars toffes» ne se passent pas. L’hiver, une crème pour le visage s’impose pour ne pas voir sa face complètement desquamer et tomber en lambeaux. Tout ne peut pas être parfait…

Voici donc, en vrac, quelques vignettes. Je retourne à la correction des travaux de session de mes étudiants…

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