L’ail, les pâtes et moi…

Un bulbe d’ail. Quoi de plus banal? Et pourtant, non. Celui-là allait être à la base d’un petit péché mignon que j’ai nommé spaghetti à l’ail confit. L’ail et moi, c’est une vieille histoire d’amour qui remonte à loin. Les pâtes aussi. En fait, il paraît que la première nourriture solide que le jeune enfant difficile que j’étais a daigné consentir à ingurgiter est un plat que ma mère, en désespoir de cause, s’était résolue à me préparer en tirant dans les recettes que lui préparait sa mère quand elle était jeune et que la famille était fort pauvre: du spaghetti au jus de tomate. Vous avez bien lu: au jus de tomate. Il se trouve que ça m’a plu… probablement parce que le jus de tomate est vaguement sucré. Pour rendre la chose encore plus délicieuse, elle émiettait une tranche de fromage Singles de Kraft sur les pâtes chaudes. Eh bien, ce repas du pauvre, je me le prépare encore parfois… c’est resté une de ces nourritures réconfortantes qui me rappellent mon enfance, un peu comme le bouillon de poulet. Il faut dire qu’à cette recette de «Spaghetti Ginette», j’ajoute généralement des épices… et souvent de l’ail.

J’ai découvert l’ail un peu plus tard, mais ce fut un coup de foudre. Comme bien des enfants de familles canadiennes-françaises, j’ai grandi dans un environnement où l’ail, comme la plupart des épices et fines herbes, était considéré presque exotique. C’était quelque chose que je goûtais généralement au restaurant, sous la forme de «pain à l’ail gratiné», dont mon père raffolait (et raffole probablement encore). Quand nous allions au restaurant durant mon enfance, après l’entrée de pain à l’ail, je prenais systématiquement un spaghetti aux boulettes de viande, puisque la sauce bolognaise ne ressemblait en rien à ce que préparait ma mère et que c’était exotique. Il y avait là une touche d’ail. Mais si j’avais déjà vu des aulx à l’épicerie, ma mère n’en achetait jamais. C’est un de ces assaisonnements que j’ai découvert une fois que j’ai quitté la maison pour l’université. Et, au cas où vous ne l’auriez pas deviné, J’AIME! Au point où mon conjoint de l’époque m’a offert, il y a trois ans, ce volume où j’ai enfin appris la méthode de l’ail confit (page 14). C’est très simple.

D’abord, vous prenez un bulbe d’ail bien charnu dont vous tranchez la tête pour dégager le dessus des gousses. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agissait d’un «ail éléphant» (il occupe toute la paume d’une main). Cette variété est très douce et se prête très bien à être confite. Donc, vous dégagez le dessus des gousses au couteau bien aiguisé.

Ensuite, vous emballez dans du papier d’aluminium, puis vous déposez sur le dessus des gousses une cuillerée à table d’huile d’olive (environ). Ceci fait, vous refermez le papier d’aluminium de façon à former un cocon à peu près étanche, puis vous déposez la ou les gousses au milieu d’un four préchauffé à 350°F et on l’y oublie pendant une heure à une heure et quart. Si on en fait plus d’une, il est préférable de les emballer séparément, à moins d’utiliser l’un de ces plats spécialisés que l’on vend dans les boutiques d’articles de cuisine mais qui ne sont vraiment pas nécessaires, à moins de faire de l’ail confit sur une base industrielle.

Lorsque la cuisine fleure bon les effluves du bulbe en train de doucement mijoter dans son jus, on éteint le four, puis on sort l’ail. Les gousses se dégagent très facilement de leur enveloppe; il suffit de les presser doucement. Pendant la cuisson, j’avais commencé à préparer les autres ingrédients qui allaient former ma «sauce»: des champignons, une tomate, des oignons verts et une gousse d’ail frais qui allait parfumer les champignons.

Il ne restait plus qu’à assembler, pendant que l’eau frémissait. En passant, cette recette n’est qu’une recette-type; on varie comme on veut. À la base, il y a de l’huile d’olive et de l’ail. Le reste varie selon le contenu de mon garde-manger et du frigo ainsi que de mon humeur. Comme il y avait des champignons, il fallait d’abord les faire revenir dans l’huile chaude avec une gousse d’ail frais. J’ai ajouté une très légère touche de cumin, juste pour donner du piquant au goût. Une fois les champignons dorés, on commence la cuisson des pâtes et, après avoir baissé le feu sous la poêle, on ajoute aux champignons les autres ingrédients: la tomate en dés, les oignons verts finement hachés, une grosse gousse d’ail confit en dés (ou plusieurs petites gousses entières), ainsi que du basilic et du thym. Couvrir et laisser doucement se réchauffer à feu très doux (il ne faut tout de même pas transformer les tomates en purée!).

Pendant ce temps, les pâtes ont cuit al dente. On les égoutte, les dépose dans une assiette chaude (un truc que j’ai appris pour réchauffer rapidement une assiette pour les pâtes: la déposer au fond de l’évier, déposer dessus un tamis et y verser les pâtes dans leur eau. Égoutter les pâtes et essuyer l’assiette avec une serviette de papier. On peut aussi mettre l’assiette au four, puisqu’il était encore chaud d’avoir préparé de l’ail confit). Ajouter la «sauce» sur les pâtes.

Un peu de fromage fraîchement râpé (de l’asiago, ce jour-là, puisque je suis à court de parmiggiano), de poivre du moulin et de fleur de sel de Guérande ne font pas de tort non plus.

Servir avec un Chianti en faisant bien attention à Monsieur C qui avait profité du fait que j’avais tiré la chaise pour venir se mettre le nez dangereusement près de l’assiette pendant que je photographiais. L’ail est un poison pour les chats, en passant. Et de toutes façons, c’est beaucoup trop bon pour qu’on en donne aux félins de la maison.

Le spaghetti à l’huile et à l’ail est, comme l’omelette dont je vous ai parlé plus tôt, un de ces plats rapidement préparés (une vingtaine de minutes au total, excluant le processus de préparation de l’ail confit, lequel se conserve quelques semaines au frigo) que j’aime bien faire lorsque la fatigue m’empêche de cuisiner quoi que ce soit d’élaboré. Je le cuisine aussi pour le plaisir. Et les variations sont infinies. Et il n’y avait pas d’asperges cette fois!

Et c’est déjà le dernier jour d’avril. Tempus fugit!

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2 commentaires sur « L’ail, les pâtes et moi… »

  1. … et je n’ose pas imaginer ce qui arriverait si je lui donnais un spaghetti. Car ceux-là, c’est la variété longue… Il ne finirait plus de le manger!

    Ou peut-être qu’il voulait tout oublier et s’approprier la bouteille de vin?

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