Le grand (a)ménage(ment) du printemps III

Il m’a foutu une belle frousse, le Monsieur R, cet après-midi. Décidément, celui-là, j’ai l’impression qu’il va m’en faire voir de toutes les couleurs. J’ai toujours su qu’il avait des velléités d’indépendance et un désir fort poussé d’explorer le monde qui l’entoure, mais j’ai été pris de court cet après-midi. Pendant que j’effectuais les travaux que je vais décrire ci-dessous, il m’a fallu dégager une planche qui bloquait le dessous de la clôture dans le coin où j’installais mon composteur. Monsieur R et moi étions seuls au jardin; Monsieur C, pour sa part, était sagement allongé sur mon lit (ou enfin, je sais qu’il était à l’intérieur de la maison et on peut présumer qu’il piquait un de ses nombreux roupillons). Sur ces entrefaites, ma voisine — celle dont mes propriétaires m’ont dit de me méfier — a décidé de venir en visite pour causer jardinage et «sentir», comme on dirait par chez nous, c’est-à-dire fouiner. Pendant que je lui parlais, eh bien, le petit monsieur orange et blanc en a profité pour creuser sous la clôture et prendre la clef des champs!

Pour lire l’article précédent concernant l’aménagement du jardin, cliquez ici.

Je me suis rendu compte de sa disparition sitôt que je me suis remis au travail. J’ai donc parcouru la ruelle, ce qui m’a permis de rencontrer une autre voisine qui n’avait pas vu mon minet. J’ai donc commencé à explorer les cours arrières les plus près de chez moi pour le retrouver encore en train de se préparer à une querelle avec un autre chat du voisinage (en fait, celui de la voisine de la phrase précédente). Allez hop! Prestement, le Monsieur R s’est ramassé sous mon bras, chialant de toute la force de ses petits poumons et il s’est fait prestement remettre à l’intérieur de la maison au moins le temps que je puisse colmater toutes les brèches possibles à la clôture. Et dire que je venais d’installer un filet au-dessus du composteur pour qu’il ne puisse pas s’en servir comme tremplin! J’en ai été quitte pour la peur, mais le petit monsieur va se faire surveiller de près tant que les travaux ne seront pas terminés (il y a encore des endroits où s’il s’y mettait, il pourrait creuser la pelouse et passer).

J’ai mentionné hier que je me suis procuré un composteur. Il fallait donc que je l’installe à l’extérieur, sur la terre nue (car ça n’a pas de fond, ces affaires-là!) et donc que je trouve un endroit discret où cela soit possible, tout en ne fournissant pas, comme je le disais, un tremplin à chats aventureux. Le site était tout choisi: il s’agit d’un espace inculte entre mon garage et la clôture, où rien ne pousse parce qu’il n’y a pas assez de soleil (vous pouvez d’ailleurs voir sur la photo mon ajout de morceaux de pelouse tirés du site du futur potager).

En premier lieu, j’ai fixé du «grillage à poules» en nylon entre la toiture du garage et le dessus de la clôture. Chaque fois que je me sers de ce grillage, je ne peux m’empêcher de me rappeler qu’il a été acheté après la culbute de Gulliver de notre balcon du troisième étage à Longueuil, chute de laquelle il avait survécu, même s’il a passé quelques jours dans un état inquiétant. Aucun chat n’a ensuite tenté le plongeon. J’avais utilisé le même filet à Hull pour empêcher Monsieur C de dépasser l’espace délimité par ma terrasse arrière. Comme la locataire qui a repris le logement n’en avait pas besoin, je l’ai enlevé et une partie du grillage a trouvé une nouvelle utilité ici.

Là, je vous montre vraiment les recoins du jardin… C’est presque intime… ahem! Mes proprios avaient installé six plaques de béton de 2X3 pieds (60X90 cm) pour empêcher, je suppose, que l’endroit devienne une fondrière après la pluie et une source de poussière par temps sec. Ils ont aussi laissé le bois d’une ancienne table de pique-nique vermoulue qui finira un jour dans le foyer extérieur (que l’on voit sur les photos suivantes) dont je ne me suis pas encore servi. C’est en enlevant les deux dalles du fond que j’ai dû déplacer la planche bloquant l’espace sous la clôture par où Monsieur R s’est éclipsé. On voit encore un jour sous la clôture en se rapprochant, mais c’est trop étroit pour qu’un chat puisse passer et il y a des morceaux de bois dans le sol qui empêchent les papates de creuser. Je passe sur les détails de l’aménagement de ce recoin. Il suffit de savoir que, en enlevant les deux dalles de béton, je disposais dorénavant de trois de ces dalles (l’une d’entre elles avait été enlevée pour aménager le potager) et que j’avais pour elles un autre usage.

Sur cette photo prise en mars dernier, on peut voir une section du trottoir qui mène de la maison au garage où il y a du gravier et des petites dalles dépareillées. À l’œil, je me disais que cela se comblerait par trois dalles… dont je disposais dorénavant. Je ne m’étais pas trompé. Je passe encore sur les détails: disons qu’il restait, sous ce gravier, des morceaux de l’ancien trottoir en béton coulé pas complètement désagrégés (le plus gros faisait peut-être 25 cm de long) et que, ne disposant que de pelles, je n’avais pas tout-à-fait l’équipement nécessaire (un pic aurait été apprécié). Mais bon… j’ai réussi à extirper ces morceaux, à niveler à peu près le gravier et à y déposer les trois dalles. Il restait une dizaine de centimètres d’espace irrégulier que j’ai dû combler par du gravier. Cependant, c’est beaucoup plus facile à enjamber et ça ne risque pas de devenir un bourbier au printemps prochain ou à la prochaine pluie. Ma question est: pourquoi mes proprios ne l’ont-ils pas fait avant?

Parlant précipitations, la pluie (et la neige) d’hier ont eu un effet merveilleux sur la végétation. Les arbres ont enfin laissé éclater leurs bourgeons! Nous aurons bientôt des feuilles dans les arbres et les gazons verdissent visiblement. C’était très visible ce matin au club de golf où j’étais à nouveau convoqué en «retraite» départementale (voir le message de vendredi dernier). Vous vous demanderez peut-être pourquoi je jardinais alors que j’aurais dû être en retraite… Eh bien, ce matin, je suis sorti du lit avec un torticolis dont je me serais bien passé. À l’heure du dîner, j’ai demandé la permission de quitter… car je n’en pouvais plus d’être assis avec cette douleur (et nous parlions des MÊMES CHOSES que la semaine dernière). Cependant, comme il m’était moins douloureux de bouger que de rester assis à tenter de lire, je me suis mis au jardinage. Il fallait voir ça: jeans, bottes de travail et t-shirt avec un gros foulard autour du cou! Ce soir, la douleur est encore présente, mais moins incapacitante.

Je laisse le mot de la fin à Monsieur C, celui qui ne cause pas de problèmes. Il est sorti après la fin des travaux pour faire sa ronde d’inspection, à commencer par la table à pique-nique.


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3 commentaires sur « Le grand (a)ménage(ment) du printemps III »

  1. Cher Monsieur R! Pour t’avoir rencontrer en personne, je ne suis pas surpris outre mesure de tes frasques d’aujourd’hui. Tu devrais prendre exemple sur ton ainé, Monsieur C et considérer la vie posément et avec philosophie…

  2. Bon courage bon ton aménagement printanier Doreus.

    Ho, le beau matou !

    Cordialement

  3. Monsieur R a l’air d’être plus stimulé par la testostérone qu’il devrait pourtant avoir moins active que par le gros bon sens… Pourtant, il aime aussi se prélasser comme son aîné.

    Et pour l’aménagement, ça avance… ça avance.

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