Le grand (a)ménage(ment) du printemps IV

On aurait dit en ce matin du 15 mai que l’été était arrivé. Le thermomètre est allé se balader en haut des vingt degrés pour la première fois et je n’ai pas pu résister à la tentation d’aller prendre mon déjeuner à l’extérieur. Je sais que la table a besoin d’être repeinte… Ça fait partie des projets de l’été, ainsi que de la consolider un peu. Ah! Manger au soleil!

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Il me fallait aller porter un certain rapport au collège, mais par la suite, j’avais décidé de vraiment donner le coup d’envoi au potager et de retravailler certaines plates-bandes. Je n’aurai eu que le temps de m’occuper du potager et de planter quelques framboisiers le long de la clôture arrière. Mais avant tout, il fallait que j’aille quérir le compost nécessaire à la préparation du jardin, car mon composteur n’a évidemment pas encore produit, tout neuf qu’il est. La Ville de Red Deer, qui récolte chaque semaine les rebuts de jardin des citoyens séparément des déchets pour les composter, en plus d’utiliser le compost produit pour l’embellissement de la ville, en vend à qui en veut. Il suffit pour cela se rendre au site d’enfouissement situé à l’extrémité sud de la ville.

Le compostage, comme on peut voir, s’y effectue de la manière la plus naturelle du monde: on entasse les rebuts de jardin et on les retourne à l’occasion à l’aide de pelles mécaniques. Quand on entre sur le site, il faut naviguer entre les tas pour se rendre jusqu’au plus éloigné, ce qui permet de constater la progression du compost (selon toute vraisemblance, en retournant les tas, ils migrent aussi vers le nord, soit le fond de cette partie du terrain). Il fallait voir la face du gros monsieur à la station de pesée quand je suis arrivé à bord de Bernadette… Lorsque je lui ai annoncé que je venais chercher du compost, il m’a dit, «but you will need a truck to carry that». Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter, de me donner cinq sacs et que tout allait s’arranger… Je passe sur ce que je me suis dit en mon for intérieur (et lui s’est probablement dit le même genre de choses à mon propos).

Je me suis donc approché du tas de compost, près duquel se trouvait un contenant dans lequel une pelle attendait (elle est fichée dans le tas de compost sur la photo). Au-dessus de moi volaient en lançant leur cri caractéristique des nuées de goélands à bec cerclé… nous sommes pourtant bien loin de l’océan! Comme il fallait s’y attendre, si j’ai moi-même été épargné, Bernadette a ensuite dû passer par le lave-auto en sortant du site d’enfouissement à cause de quelques décorations d’origine aviaire.

Le processus est d’une simplicité désarmante. À l’entrée, après que j’ai payé, on m’a remis cinq sacs de toile de plastique vides et des bouts de «corde de bale».

C’est du libre-service: on utilise la pelle fournie pour remplir les sacs. Notez que j’ai dû payer pour obtenir ce compost que la Ville récolte en nous facturant près de 12$ par mois pour l’enlèvement des ordures… et que je dois remplir les sacs moi-même. Vive l’économie de libre-marché! Ce processus de remplissage présente un défi particulier lorsque le vent souffle en bourrasque (c’est-à-dire à peu près toujours dans cette plaine ouverte). Un(e) assistant(e) aurait facilité la tâche.

Une fois le sac rempli, on attache solidement avec la corde fournie et le tour est joué.

Il ne reste plus qu’à charger. Soit dit en passant, je ne me passerais plus d’une voiture à hayon. La polyvalence et la capacité de chargement sont impressionnantes, non pas que cela ait été un problème aujourd’hui (et le bonhomme croyait qu’il me fallait un camion…). Ces voitures sont plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur! Bon. Passons. J’ai ensuite fait un détour par une quincaillerie dont le rayon des outils de jardin avait manifestement été dévalisé durant les derniers jours; ils n’avaient plus de fourche… mais j’ai acheté quelques plantes, ainsi que — enfin! — ma propre scie circulaire. En attendant le banc de scie, cela va rendre service.

Une fois de retour à la maison, je me suis mis au travail sous le regard vigilant de mon superviseur, Monsieur R. On peut aussi voir sur cette photo la vieille brouette bringuebalante que m’ont laissée mes propriétaires. Elle rend service… mais je n’essaierais pas d’y mélanger du ciment.

C’est en retournant la terre (à la pelle, car j’essaie d’utiliser le moins possible d’aides mécaniques et de garder la culture le plus organique possible) que j’ai subitement remarqué que l’arbre de mes voisins, dont les branches dépassent au-dessus de la clôture, est un arbre fruitier et qu’il était en fleurs! Le printemps est vraiment arrivé.

On nous annonce plusieurs jours de beau temps (pour ce que cela peut vouloir dire). J’ai décidé de prendre le risque de planter mes cultures qui, pour la plupart, sont des légumes assez résistants. J’ai en effet beaucoup de légumes-racine (oignons, que l’on voit ci-bas, carottes, radis, betteraves) et de l’ail. Je me suis aussi aventuré à acheter quelques fraisiers; on verra ce que cela va donner. Seules les tomates n’ont pas encore été plantées en pleine terre: elles sont dans des bacs qui peuvent être facilement rentrés si le besoin s’en faisait sentir.

Je n’ai pas eu le temps de jouer dans mes plates-bandes aujourd’hui (ni de tondre le gazon, ce qui commence à s’imposer à certains endroits), mais j’ai au moins la satisfaction d’avoir enfin lancé le potager.

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5 commentaires sur « Le grand (a)ménage(ment) du printemps IV »

  1. I don’t read French, but this is what I understood from your post just looking at the pictures: it was such a beautiful spring day that you had breakfast in the backyard and then went out to get compost that is available to bring home so you can plant your beautiful new flowers/plants. The cat told you he would help you with the planting, but first, he had to rest … 🙂
    [I jumped here from Momo’s]
    Cheers!

  2. Hi Lilian and thanks for visiting. You got the gist of the story I told. Only one difference: the cat never offered to help, or he did in the way the people who wear white hardhats on construction sites (supervisors) do… Yet he’s a sweetie and he did not try to escape this time!

  3. I am not surprised, kittie cats seem to act as VIPs within the household. He probably thinks you work for him 🙂
    Best Regards–

  4. Oui… c’est une de ses activités favorites. Et il s’écrasouille de la manière la plus étrange qui soit. C’est le seul chat que j’ai vu dormir raide comme une barre plutôt que pelotonné en boule. À eux deux, Monsieur C et Monsieur R forment un i lorsqu’ils dorment près l’un de l’autre (ou un point d’exclamation selon l’angle duquel on les observe).

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