Edmonton a sa fierté

Au cas où vous vous le demanderiez, c’est une femme. Elle était parmi les participant(e)s les plus flamboyant(e)s du défilé de la fierté qui a eu lieu à Edmonton cet après-midi avenue Jasper, en plein centre-ville. Je n’ai pas parlé beaucoup de choses gaies, puisque à Red Deer, c’est, disons, bien discret. Néanmoins, il y a bel et bien une vie gaie en Alberta et une revue mensuelle (malheureusement pleine de fautes) est publiée à Calgary. Comme toutes les publications du genre, on y retrouve surtout de l’information pour celles et ceux qui fréquentent les bars, mais à l’instar du Fugues montréalais, il s’y trouve également divers renseignements d’intérêt communautaire. Ce mois-ci, la une est occupée par une nouvelle docteure Honoris Causa de l’Université de l’Alberta que j’ai déjà mentionnée dans ce blogue.

Le défilé s’est ébranlé au coin de la 108e Rue et de l’Avenue Jasper, donc à un jet de pierre de la Législature provinciale, peu après 14 heures et le dernier char est apparu au coin de ces rues vingt minutes plus tard. C’est plutôt modeste en comparaison de ce que j’ai connu à Montréal, mais l’essentiel y était.

Même les services de transports en commun avaient tenu à se rendre visibles, cherchant à se montrer accueillants par leur «Welcome aboard». Je ne pense pas que l’orientation sexuelle des usagers préoccupe particulièrement les chauffeurs d’autobus, mais la présence de cet autobus soulignait un des sous-thèmes du défilé, soit la conscience environnementale.

Dans le même esprit, le grand drapeau de la fierté était commandité par Planet Organic, une chaîne de commerces d’alimentation naturelle fondée à Edmonton en 1993.

Les communautés gaies d’Edmonton et de Calgary élisent annuellement un «empereur» et une «impératrice». Montréal a sa Mado, qui règne sans conteste depuis plusieurs années sur la communauté de la rue Sainte-Catherine est, ici, personne n’a encore pu établir de dynastie durable et les empereurs et impératrices se succèdent depuis trente-et-un ans à Edmonton!

Les jeunes du Camp Fyrefly, un camp de leadership destiné aux jeunes «lesbiennes, gais, bisexuel(le)s, transgenres, doubles-esprits, queer et alliés» suivaient les dignitaires en tête du peloton. Ils étaient nombreux et dynamiques.

Venaient ensuite plusieurs syndicats qui affirmaient leur soutien au mouvement pour l’égalité représenté par la fierté gaie (et autres). Le syndicat des postiers était particulièrement présent et distribuait des affiches.

PFLAG, un groupe de soutien pour ceux qui ont des membres de la communauté gaie parmi leurs proches (et qui se posent des questions à se sujet ou qui ont de la difficulté à accepter la chose) était précédé par cette petite voiture télécommandée qui attirait l’attention malgré son petit format. Il faut dire que comme la foule était loin d’être compacte, bien qu’il y avait du monde tout le long du parcours.

Divers groupes religieux étaient présents, de l’Église unie, probablement l’église chrétienne la plus ouverte à la réalité gaie, aux Quakers, en passant par les unitariens, dont on voit plus bas une pasteure revêtue de son étole de circonstance.

Tous les groupes religieux, peu importe leur allégeance, soulignaient l’importance de l’ouverture d’esprit et de l’acceptation.

Même les athées étaient représentés. Ils avaient l’air un peu sérieux… Tous ces groupes avaient droit, à la fin du parcours, à un kiosque d’information où ils pouvaient promouvoir leurs activités. Ça fait partie de la dynamique de ces défilés.

Plusieurs sociétés de protection des droits des animaux étaient présentes, élargissant le thème de l’acceptation universelle à nos amis à quatre pattes (ou plus, ou moins, ou à ailes ou à nageoires).

Et on nous offrait des câlins gratuits. Ce petit groupe était probablement le plus amusant de tous, puisque ces joyeuses embrassades étaient particulièrement bruyantes.

Comme dans tous les défilés de la fierté, on retrouvait certaines «variétés» de la communauté, dont le groupe cuir. Les habitués du défilé de Montréal remarqueront peut-être qu’on voit passablement moins de peau ici… on pourrait penser que cela tient aux mentalités plus conservatrices, mais je pense qu’il y a une autre explication, plus pragmatique. Disons qu’à Edmonton, en cet après-midi du 14 juin, on supportait le slip. Rien à voir avec les chaleurs suffocantes d’un après-midi d’août à Montréal.

Quelques ours s’étaient déplacés pour l’occasion, bien qu’ils n’étaient pas formellement présents dans le défilé lui-même. En fait, après le passage du dernier char, j’ai marché pendant quelques minutes avec la foule et lorsque le cheminement du défilé a marqué une pause momentanée pour laisser passer la circulation d’une rue transversale, j’ai remonté tout le défilé jusqu’à son début, que j’ai rejoint avant qu’il entre dans le Parc Churchill, où il se terminait. Cela m’a permis de prendre quelques clichés de la foule.

Plusieurs groupes sportifs de la communauté étaient également présents et cherchaient à recruter. Je ne l’ai pas inclus, mais il y avait un gros Hummer rouge de la police d’Edmonton qui cherchait à recruter. Avis aux intéressé(e)s. Il est un peu dommage qu’ils n’aient même pas fait l’effort de décorer leur voyant véhicule pour la circonstance… pas même la moindre banderole arc-en-ciel. Ça en dit long sur l’inclusivité dans le milieu et ça contraste avec le service de police d’Ottawa, pour laquelle je connaissais un recruteur (qui fut un de mes étudiants) qui me disait qu’ils cherchaient justement à pêcher leurs nouveaux effectifs parmi les minorités, affirmant que «la diversité, c’est important».

Des partis politiques étaient représentés… mais pas tous. En fait, les partis conservateur et libéral étaient complètement absents du défilé, si ce n’est par la présence de Laurie Blakeman, députée libérale provinciale d’Edmonton-Centre dans l’un des premiers véhicules. Le Nouveau Parti Démocratique, dont l’engagement envers les causes sociales a toujours fait partie de son orientation fondamentale, ne surprenait personne par sa présence dans le défilé.

Ni d’ailleurs le Parti Vert, qui soulignait également la dimension environnementaliste qui sous-tendait le défilé dans son ensemble. Ni l’un, ni l’autre de ces partis ne sont très populaires en Alberta présentement…

Même Gaïa s’était déplacée pour l’occasion, revêtant des bas de circonstance. Est-ce à dire que d’être gai veut automatiquement dire être environnementaliste? Non. Il y a de toutes les tendances politiques à l’intérieur de la communauté gaie autant que dans le reste de la société. Cependant, le message de tolérance et d’acceptation globale véhiculé par les défilés de la fierté ont tendance à attirer davantage les groupes concerné par le bien-être de la société à travers l’engagement pour des causes environnementales ou humanitaires.

Les femmes étaient beaucoup plus présentes dans le défilé ici qu’à Montréal, ce qui résulte peut-être du fait qu’il y avait peu de chars commandités par des bars (quatre au total), lesquels visent souvent une clientèle masculine. D’ailleurs, même les chars des bars étaient plutôt modestes.

En voici un, promouvant le seul bar ouvertement et exclusivement gai des quatre présents. Pas de danseurs… pas de musique.

L’Empress était un peu plus visible. D’ailleurs, les personnages du char avaient à leur disposition du fruit du houblon bien frais et ils s’en désaltéraient allègrement tout le long du parcours. La photo a été prise au début… Vers la fin, les occupants du char étaient plutôt joyeux.

Le défilé était clôturé par le char de Woody’s, probablement le plus voyant de tous et celui qui représentait le mieux la diversité par les personnes qui y étaient présentes.

Ceux qui avaient soif pouvaient trouver à se désaltérer auprès de cette charmante drag queen associée au quatrième bar dont je n’ose pas afficher la photo du char pour ne pas attenter aux bonnes mœurs… disons simplement qu’il y avait à l’avant de ce char une personne de sexe masculin qui aurait mieux fait de porter des vêtements couvrant une proportion plus élevée de son corps… qui n’avait rien de très aguichant. Vous voulez vraiment le voir? Suivez ce lien. Tous les goûts sont dans la nature et je ne voudrais pas faire de discrimination, mais… enfin.

Quelques rares commerces marquaient leur soutien à la «cause», comme ce bar situé sur la route du défilé et assez près du lieu de rassemblement final. Commode, non?

Si je ne me trompe, un des groupes de de défense des animaux était accompagné par le Pied Piper. Le symbolisme est intéressant. L’homme faisait seulement semblant de jouer…

Au point de rassemblement final au Parc Churchill, plusieurs commerces avaient installé leurs comptoirs alimentaires, dont cette pizzeria réputée d’Edmonton. Avis aux amateurs de pizza qui se retrouveraient éventuellement à Edmonton. En plus, le côté festif et vaguement irrévérencieux du nom et de l’image allait fort bien avec l’atmosphère de la Fierté.

Le Parc Sir Winston Churchill est en fait un vaste espace aménagé pour les spectacles et l’animation de masse. Je doute que le Premier Ministre britannique à la mine renfrognée aurait particulièrement apprécié cet usage particulier d’un espace portant son nom, mais il pouvait être pince-sans-rire… donc qui sait?

La foule se rassemblait donc dans le square. À l’avant-plan, on retrouve les divers kiosques des groupes ayant participé au défilé et à l’arrière se trouvait un espace clôturé où de l’animation devait avoir lieu toute la journée. Il fallait cependant payer et… je suis cheap. De plus, je ne peux prendre des bains de foule que de manière limitée et j’avais le goût de faire autre chose du reste de ma journée. Cependant, cet événement était à la fois intéressant et instructif en ce qui concerne les ressources de la communauté gaie à Edmonton. Avant de rentrer à Red Deer, il me fallait aussi passer par le Italian Centre, car j’étais à court d’huile d’olive… le drame!

Celles et ceux qui voudraient voir une sélection plus vaste des photos présentées dans l’ordre du défilé, allez voir l’album Picasa.

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2 commentaires sur “Edmonton a sa fierté

  1. J’adore la petite voiture télécommandée! Tres humoureux!

    J’aspire que tu as amusee.

    Je suis desole– ma francais… meh!

  2. Oui, j’ai eu bien du plaisir. Et la petite voiture était fort amusante… pour ceux qui l’ont remarquée!

    Et ne t’excuse pas! Au moins, tu essaies!

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