Bricoles

Depuis quelques jours, vous avez eu droit à du réchauffé»… des articles écrits avant que je disparaisse de la circulation. Où suis-je? Principalement dans mon sous-sol. J’ai décidé de profiter de ces vacances pour aménager de manière plus conviviale l’espace de la maison où je passe le plus gros de mon temps, car c’est là que se trouve mon bureau. En fait, vous avez sur la première photo une vue de ce que je voyais jusqu’à tout récemment lorsque je suis assis au bureau.

La disposition des meubles du sous-sol laissait à désirer pour plusieurs raisons selon moi. Il y avait d’abord des bris dans la séquence des étagères, ce qui imposait des contraintes quant à l’organisation des sections (thématiques) qui composent ma bibliothèque. La partie concernant l’histoire du monde, par exemple, explosait, ainsi que celle sur ma recherche, tandis que l’histoire du Canada était divisée entre deux côtés de la pièce. Tout ceci avait pour but de tenir compte des contraintes des divers types d’étagères (certaines ne permettant pas d’accueillir certains formats de livres). J’ai donc décidé de me lancer dans une réforme de tout ça. En même temps, je rénove la «salle d’archives» (qui agit aussi comme chambre d’amis) qui se trouve derrière le mur du futon. Il m’est venu à l’esprit dans les deux cas qu’une disposition différente pourrait aussi pallier le problème de la topographie de ces pièces, toutes les deux longues et plutôt étroites pour leur longueur. Je reviendrai plus tard sur la salle des archives, car elle est présentement au beau milieu du processus de rénovation.

Dans le bureau, je voulais augmenter la surface des tablettes mais surtout les rendre plus fonctionnelles en standardisant davantage la hauteur ou du moins en augmentant la flexibilité quant aux ajustements. Je voulais aussi régler le problème des étagères noires que l’on voit à gauche derrière la lampe, qui étaient plus longues de 10 cm que le mur contre lequel elles reposaient. Cela fut simple: j’ai enlevé l’une d’entre elles qui a remplacé l’autre bibliothèque noire que l’on voit au fond de la pièce, celle-ci étant mutée aux «archives».

Pour la remplacer, j’ai installé des montants à crémaillère sur les côtés des deux bibliothèques de chaque côté, puis des tablettes à la largeur nécessaire entre les deux. Au lieu de coûter le 100$ que chacune de ces bibliothèques vaut, j’ai dépensé 10$ pour une feuille de mélamine noire, 5$ pour de la bordure à coller… et je me suis acheté une scie d’établi (banc de scie), ce que je voulais faire depuis longtemps. Elle a déjà rendu service pour plus que sa valeur en deux jours! Oh! Et l’atelier commence aussi à prendre forme avec tout ça! Ainsi, les livres et revues d’histoire du Canada qui servent à l’enseignement peuvent maintenant être regroupés, puisque la bibliothèque noire que j’ai déplacée ne pouvait pas les accueillir à cause de l’étrange disposition de ses tablettes, mais elle convient parfaitement à ma collection d’études religieuses.

Toujours dans le bureau, je voulais aussi décoincer le futon et créer davantage un «espace social», ce que j’ai fait en déplacant les bibliothèques du mur latéral (nord) vers le mur du fond (ouest) et en plaçant le futon à l’endroit où se trouvaient auparavant les étagères. Cela au aussi résolu la question du coin nord-ouest où, à cause d’une bouche de chauffage (inefficace, mais quand même), je ne peux placer de meuble. La nouvelle disposition ressemblait à cela hier soir:

Il me restait à combler l’espace que l’on voit derrière la chaise jaune (qui devrait être au jardin… mais qui attend un remplaçant permanent plus confortable). J’aurais pu acheter une autre étagère «Billy» (Ikea) de 90 cm, car c’est exactement l’espace qui restait… sauf pour la hauteur! Les conduits de chauffage qui passent dans le «faux plafond» à gauche réduisent la hauteur disponible. Je n’avais pas exactement envie de couper une bibliothèque de 115$… Une autre feuille de mélamine (un peu plus chère, 45$) est passée sur le banc de scie pour donner des tablettes entièrement ajustables, appuyées d’un côté sur un renfort de mélamine vissé au mur et de l’autre côté sur l’étagère à sa droite.

Mes livres peuvent maintenant respirer un peu… jusqu’à ce que je reçoive un arrivage important que j’attends de la bibliothèque du collège, qui élaguait ses collections.

Bon. Je sais, ce n’est pas aussi excitant que mes visites touristiques, mais j’en ai pour quelques jours à me plonger dans la vie domestique. Le jardin s’épanouit aussi et je vous en toucherai mot bientôt! Et je dois dire que je suis plutôt heureux d’avoir enfin l’espace et la possibilité de bricoler un peu…

Publicités

9 commentaires sur « Bricoles »

  1. Ayoye !!! Des livres en veux tu en v’la lol! J’imagine qu’il doit y avoir environ 3 000 livres là-dedans? En tout cas, pas loin lol! Finalement, j’ai trouvé quelqu’un qui lit plus que moi XD!

  2. J’ai *ahem!* quelques livres… Mes aides-déménageurs s’en souviennent… Il y en a d’autres au collège et dans la salle des archives. Oui, environ 3000. J’ai l’excuse de pouvoir dire que ce sont mes outils de travail, surtout qu’à Red Deer nous n’avons pas de bibliothèque de recherche.

  3. What a many books !

    You have enough time for read all the books ?

    Since I have internet, I read more on the internet than on the books.

    How do you read?

    I try to read as if I stroll myself.

  4. LA question. Je n’ai pas le temps de tout lire… et tous ces livres ne sont pas nécessairement «à lire» d’un bout à l’autre; il y a beaucoup d’ouvrages de référence (en fait, les plus gros en général). Je suppose que c’est dans mes gènes: mon père, qui était mécanicien de profession, a un sous-sol rempli d’outils, dont certains ne lui servent qu’à l’occasion (il me vient parfois des cauchemars où mon père meurt avant de s’être défait de cet attirail et que j’ai à organiser la «vente» de la chose; il y a là-dedans des choses dont je ne pourrais même pas imaginer l’utilité potentielle). Mes outils à moi sont des livres: c’est tout aussi lourd à déménager et un tantinet encombrant, sauf que j’ose penser que c’est plus esthétique.

    Je lis toujours moins sur internet que dans les livres; lire longtemps à l’écran fatigue beaucoup mes pauvres yeux d’astigmate extrême.

    Et le livre se transporte beaucoup plus facilement au jardin pour consommation extérieure!

    Sur la surabondance de livres, je me permets de citer Umberto Eco (et ce petit livre n’apparaît pas dans la photo puisqu’il réside aux «archives»):

    «[Un problème affecte] ceux qui, comme moi, ont une énorme bibliothèque, si vaste que, en entrant à la maison, on ne voit qu’elle, car il n’y a qu’elle. Le visiteur s’avance et dit: «Que de livres! Et vous les avez tous lus?» Au début, je pensais que cette réaction était l’apanage de gens peu familiers du livre, habitués aux petites étagères où trônent cinq polars et trois volumes d’une encyclopédie pour enfants. Or l’expérience m’a appris que c’est aussi celle de personnes au-dessus de tout soupçon. Vous me direz qu’il s’agit de gens pour qui la bibliothèque est un dépôt de bouquins lus et non un instrument de travail, mais cela ne suffit pas. Je crois que face à une multitude de livres, chacun est saisi par l’angoisse de la connaissance, et dérape fatalement vers la question qui exprime son tourment et ses remords.

    […] Avant, J’optais pour le mépris: «Non, je n’en ai lu aucun, sinon pourquoi les garderais-je ici?» Mais la réponse est dangereuse car elle déclenche une réaction évidente: »Ah bon! Et vous les mettez où, ceux que vous avez lus?» Le mieux serait une réponse standard de Roberto Leydi «J’en ai lu bien davantage, Monsieur, bien davantage», qui foudroie l’adversaire, le plongeant dans un état d’engourdissante vénération. Mais je la trouve impitoyable et anxiogène. Aujourd’hui, je m’en tiens à l’affirmation: «Non, là c’est ceux que je dois lire d’ici le mois prochain, le reste je l’entrepose à l’université», réponse qui d’un côté suggère une sublime stratégie ergonomique, et de l’autre amène le visiteur à anticiper le moment de prendre congé.»

    ——-

    Umberto Eco, Comment voyager avec un saumon: nouveaux pastiches et postiches, trad Myriem Bouzaher, (Paris, Grasset, 1992), 190-191.

  5. Il n’y a pas besoin de souffrir (ce qui est affligeant) ou d’être affligé (ce qui doit être souffrant) d’astigmatisme pour trouver fatiguant pour les keneuyes de lire un livre sur un écran d’ordinateur. Je me refuserai toujours à le faire. D’autant qu’il manque une bonne partie de l’expérience tactile oh! tellement sensuelle de tenir un livre entre les mains. Et je ne parle même pas de l’aspect olfactif d’un livre: l’odeur du neuf ou du vieux n’est pas la même…

  6. Tu l’as dit, Boris, lire, c’est aussi un acte éminemment sensuel.

    Mais de là à avoir sa bibliothèque personnelle, j’avoue qu’il y a peut-être un peu d’obsession…

  7. Tant que ça ne fait pas de mal à personne, l’obsession de la culture, tant qu’à moi, c’est ben correct!!!

  8. L’avantage, en ce qui me concerne, de lire à l’écran c’est que ça fait luminothérapie (ça combat la déprime), tandis que la réverbération de la lumière sur les pages blanches ont tendance à mettre en évidence mes corps flottants avec une netteté démentielle.

    Je suis pour moitié du vingtième siècle, mais au bout du compte je m’adapte assez bien aux « ergonomies » du vingt et unième siècle.

    Lire un livre (entier) sur un écran d’ordi, je n’allais pas jusque là, mais allez savoir, il y en a peut-être qui y parviennent… (reste que c’est moins cher, les livres sont chers, affreusement chers).

    Pour ma part, internet est idéal pour lire de façon ciblée ou décousue, pour consulter ponctuellement ou de façon arboréscente…

    Comment lisez-vous ? Ça ferait un beau sondage, je trouve.

    J’ai une bibliothèque, moi aussi, organisée en « livres lus », « livres en train d’être lus », « livres à moitié lus », « livres pas lus ».

    Par ailleurs, je vois quand même ma bibliothèque comme une sorte de trophée à usage personnel, j’aime ressentir le « poids » visuel de ce que j’ai lu.

    De temps à autres je me prends à essayer d’évaluer le nombre de livres lus en cartons de bananes, et je crois pouvoir estimer cela à – ce n’est pas beaucoup – 4 ou 5 cartons de banane, pas plus (en excluant les journaux et les revues spécialisées).

    Si ma santé me le permettait, j’appliquerai les principes de la lecture rapide, et alors je dévorerai tout ce qui me passe sous la main.

  9. Je n’avais jamais pensé à l’écran d’ordinateur comme luminothérapie. Pourquoi pas! C’est peut-être ce qui explique le magnétisme de ces écrans devant lesquels nous passons des heures!

    J’ai une amie qui vient de partir pour l’Angleterre et la Turquie avec une quinzaine de livres électroniques sur un PDA (Personal Digital Assistant). Je vois bien comment ça peut être pratique en voyage, mais je ne serais pas capable. Je suis d’accord avec toi: l’internet est merveilleux pour la lecture non-séquentielle et pour faire des croisements (il paraît d’ailleurs que ça transforme le fonctionnement de nos neurones). Mais lire un livre à l’écran, je n’en suis pas capable.

    Ma bibliothèque est aussi un rappel visuel de toutes sortes de choses au-delà même du contenu des livres. La plupart d’entre eux ont des souvenirs attachés aux circonstances entourant leur consultation, leur achat ou leur usage en recherche. Me promener le long des rayonnages me fait ainsi voyager dans l’espace et le temps, entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle.

    Des cartons de bananes… Je n’oserais pas compter car, sans vouloir me vanter, j’ai lu plus de livres que j’en possède… C’est mon travail! Et c’est un plaisir! Quoi demander de mieux?

Les commentaires sont fermés.