Visions d’automne au ras des pâquerettes

Voici la vue que l’on a présentement de la fenêtre de mon bureau domestique, au sous-sol. Les arbres sont présentement dans toute leur splendeur et le sorbier de ma voisine est couvert de fruits… qui serviront probablement cet hiver à nourrir les cerfs qui viennent se promener la nuit.

En regardant plus près de la fenêtre… on voit ce joli fruit de muguet. Un peu de poésie en ces journées de températures estivales. Et joyeux Nouvel An à tous les Juifs! Je m’en vais de ce pas célébrer l’événement chez une collègue.

Action!

Oui, je suis allé à Calgary samedi… Je ne regrette pas du tout d’avoir pris du temps sur mon travail de correction pour passer cette journée «en ville» avec une collègue! J’aime beaucoup vivre à Red Deer, avec son atmosphère de petite ville, mais il y a en moi un indécrottable citadin qui aime arpenter le béton de temps à autre. Il y a quelque chose d’étrange aussi à parcourir les rues du district des affaires désertées la fin de semaine.

C’est donc par une superbe journée d’automne, ensoleillée et douce, que nous avons quitté Red Deer pour nous rendre dans la métropole albertaine. Ayant eu vent de travaux ralentissant la circulation entre Airdrie et Calgary, nous étions partis avec une bonne heure d’avance… Mais comme la route était parfaitement dégagée, nous avons eu le temps d’aller faire un tour sur Kensington, que ma collègue, arrivée en août dernier, découvrait pour la première fois. J’ai enfin trouvé du limoncello! Puis nous avons pris le chemin du centre-ville, car les deux premiers films que nous avions prévu voir étaient projetés aux cinéma Uptown et Globe, qui se trouvent l’un en face de l’autre, sur la 8e Avenue SW.

Les édifices du QG de la pétrolière Husky.

Nous nous sommes donc retrouvés entre les gratte-ciels… sur des rues presque désertes. Le stationnement n’était pas difficile, mais limité à deux heures; donc, il fallait bien planifier. Et non, nous n’avons pas eu droit à une décoration supplémentaire au pare-brise de Bernadette. Premier arrêt: la billetterie du cinéma Globe, où avait lieu la projection du premier film au programme de la journée. Ensuite, un arrêt rapide pour une bouchée (nous avions dix minutes). Un petit resto vietnamien en face proposait des sous-marins… qui se sont avérés délicieux! Pas exactement une expérience gastronomique, mais ça valait le détour.

Notre premier film était intitulé «Toi», par François Delisle. L’histoire tournait autour d’une femme dans la quarantaine, aux prises avec sa «crise de la quarantaine» et vivant une aventure extraconjugale pour sortir de son marasme existentiel… Histoire convenue au possible avec une réalisation également sans imagination. C’était au bord du pornographique… les scènes de baise se succédant à un rythme fou jusqu’à ce qu’elle quitte son mari et qu’elle commence à vivre son marasme avec son amant, en plus d’être déchirée d’avoir laissé son fils à son ancien époux. Disons que c’était correct, sans plus, mais que ça n’apporte rien de neuf. Le petit court-métrage qui précédait était tout-à-fait dans le ton: une étudiante attend son prof pour une «p’tite vite» dans une chambre d’hôtel… puis… pfuit!

Calgary croule sous les pétrodollars... La construction en témoigne partout.
Calgary croule sous les pétrodollars... La construction en témoigne partout.

Nous dispositions d’un peu plus d’une heure avant la prochaine projection. Comme il fallait déplacer la voiture, nous sommes allés nous promener sur la 17e Avenue, où nous avons pris un café-dessert dans un sympathique bistro italien. Le tiramisu était divin. Le café, ordinaire.

Cinéma Uptown
Cinéma Uptown

Deuxième film: «The Amazing Truth About Queen Raquela», par Olaf de Fleur Johannesson avait constitué notre premier choix et orienté la confection de notre programme de la journée. Il était projeté au cinéma Uptown, situé juste en face du Globe. Pour l’étrangeté et le dépaysement, difficile de mieux faire: un film sur un transsexuel pré-chirurgie (ladyboy est le terme utilisé) philippin qui se retrouve en Islande et qui rêve d’une vie meilleure à Paris. À travers ce docu-drame qui n’exploite pas visiblement la sexualité, on est toutefois confronté à un regard sur le monde de la pornographie par internet et diverses quêtes humaines de bonheur. À travers tout ça, on examine la pauvreté, l’exploitation, l’aspiration au voyage et à une vie meilleure… Un beau film… et amusant en prime!

Détails de la façade Art-Déco du cinéma Uptown
Détails de la façade Art-Déco du cinéma Uptown

Nous avions un peu moins d’une heure avant notre dernier film, «La crème», de Reynald Bertrand. Nous devions quitter le centre-ville pour nous rendre au cinéma Plaza, situé sur Kensington et dont j’ai déjà parlé. En nous y rendant, nous ne pouvions qu’être frappés par le fait que nous venions de voir quelque chose d’assez extraordinaire: deux cinémas, disposant chacun de deux salles, en plein quartier des affaires (donc dans une zone déserte après la fermeture des bureaux) mais qui semblent survivre à la mode des cinémas de banlieue… Les salles du Uptown ont visiblement déjà formé un seul amphithéâtre, qui a été divisé verticalement à un moment donné. Il faut dire que les sièges des deux cinémas auraient eu besoin d’un bon rembourrage et que leur survie est peut-être éphémère. Le cinéma Uptown, par exemple, dispose visiblement d’espaces de bureaux qui pourraient devenir des lofts urbains, mais qui paraissaient déserts. Institutions en sursis?

En nous rendant au Plaza, nous revenions dans le temps et nous nous apprêtions à entrer dans un édifice datant de la première moitié du siècle dernier… et qui a gardé tout son charme désuet. Un véritable temple pour les cinéphiles. Je me retrouvais en pays de connaissance, avec des souvenirs du bon vieux Bytowne d’Ottawa, en plus petit.

Et le film? La crème est absolument désopilant. C’est une histoire loufoque comme seuls les Français peuvent en pondre: un marchand offre un poste de vendeur à deux candidats en même temps, leur laissant la tâche de se départager entre eux et d’en arriver à une décision unanime. Les deux sont chômeurs depuis longtemps; l’un est en retard sur ses versements de pension alimentaire et a les avocats aux fesses; l’autre se débrouille en vendant des cartes postales, supposément pour une organisation charitable. Et on commence le tout la veille de Noël! Les candidats ont une semaine pour en venir à une décision et la communiquer au marchand. Mais voilà qu’une crème reçue en cadeau donne à l’un des candidats un avantage inespéré par son effet sur les personnes rencontrées… La suite est absolument tordante.

Mais le meilleur de cette soirée ne fut pas seulement le film. Dans la file où nous nous étions installés, un couple de Lethbridge qui se trouvait devant nous nous a fait la conversation… Il se trouve qu’ils étaient aussi au festival de films francophones en avril dernier. Nous avons poursuivi la conversation après le film… chez Charly Chan’s un resto chinois situé en face. L’une des petites joies de la vie se trouve dans ces rencontres faites au hasard… Ils avaient un film à 21 heures et donc le souper fut un peu plus rapide que nous l’aurions voulu; pour notre part, après trois films, nous avons pris notre temps, pris un peu de thé au jasmin… puis nous sommes rentrés. Une très très belle journée. Je suis un peu plus en retard dans mes corrections, mais je n’au aucun, mais alors là aucun regret!

Et soit dit en passant, au lever, la radio m’a appris qu’il y avait aussi un festival de cinéma qui commençait aujourd’hui à Edmonton. Décidément…

Corne d’abondance culturelle

Je ne sais plus où donner de la tête. On dirait que toutes les manifestations cuturelles intéressantes se sont données rendez-vous en même temps en Alberta. Cette semaine, c’est le festival international de cinéma de Calgary… Je voudrais bien y aller avant qu’il se termine dimanche! Il y a si longtemps que j’ai vu un film… et encore plus longtemps que j’en ai vu un bon! Samedi, c’est le festival de la chanson francophone d’Edmonton qui commence. Un autre festival où j’aimerais aller me mouiller. Et sous peu, ce sera au tour de Red Deer d’accueillir un mini-festival de cinéma. Je ne sais plus où me jeter… surtout que j’ai de la correction par-dessus la tête et que je dois préparer certains cours, car je ne peux pas tout bonnement me présenter devant mes étudiants et leur raconter des histoires! Et moi qui craignais la disette culturelle!

De la difficulté d’être catholique à l’heure des réponses univoques

Je lisais ce matin ce billet de Louis Cornellier, tout en nuances… Je ne peux qu’être d’accord. Comment, en effet, en pas s’interroger face aux prises de position des responsables ecclésiastiques qui, sous couvert de prophétisme, nient la charité évangélique et veulent faire perdre des acquis sociaux gagnés de haute lutte? À l’heure du radicalisme conservateur qui règne en Occident, il faut rester aux aguets, car les libertés civiles inspirées par la simple justice humaine sont tellement facilement perdues… Et le fait d’être religieux ne veut pas dire s’en remettre à l’Église pour qu’elle nous assène la vérité dans toute sa splendeur…

Soirées automnales à Red Deer

Je commence déjà à ressentir le débordement des corrections… et avec toutes ces pratiques de chorale (en grand chœur, en quartette ou en duo avec une autre basse, sans compter les répétitions à la maison et dans l’auto…) je ne sais plus trop où donner de la tête. Ainsi, je n’ai pas grand-chose à vous raconter. Cependant, ces quelques photos prises la semaine dernière, à l’heure de gloire de nos feuillages, vous donneront peut-être une idée de la beauté qui nous entoure.

Ceci est une des rues de mon voisinage. Ça ressemble beaucoup à ma rue, en fait, mais les arbres y sont plus beaux. Et le soleil irradiait plein ouest alors qu’il allait se coucher. Remarquez la largeur des rues, les ormes majestueux… et le pick-up! Cette rue n’avait pas encore pris ses pleines couleurs. Cependant, avec le gel que nous aurons cette nuit, je doute qu’elle revête ses plus beaux atours comme l’an dernier… Les feuilles vont probablement bientôt joncher la rue sans cérémonie!

En descendant vers le centre-ville, près de l’endroit où j’ai pris la photo de la côte qui forme l’en-tête de cet article, on trouve un agréable parc qui longe le ruisseau Waskasoo. J’y suis d’ailleurs allé me promener en mai dernier pour y découvrir un des «fantômes» de Red Deer: Mickey.

Enfin, une photo des arbres longeant la 48e Avenue dans le centre-ville, prise alors que j’attendais une amie que j’amenais à un barbecue chez des collègues samedi soir. Red Deer a décidément de très beaux arbres!