Pour que jamais la mémoire ne s’efface

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6 décembre 1989. Une journée comme les autres pour moi. J’étudiais à l’époque au collège de l’Assomption et je me préparais, dans un certain enthousiasme à entreprendre des études universitaires sous peu. Puis rentré à la maison, les nouvelles du soir m’apprennent l’horreur qui venait de se produire à l’école polytechnique de Montréal. 14 jeunes femmes venaient d’être froidement abattues… parce qu’elles étaient des femmes. Et qu’elles avaient osé vouloir étudier pour devenir ingénieures. Nous avions à peu de chose près le même âge. L’une d’entre elles avait étudié au collège.

Aujourd’hui encore, dix-neuf ans après la tragédie, ma gorge se noue encore à ce souvenir.

L’événement avait frappé les imaginations à l’époque et avait amené l’érection de monuments et plaques un peu partout à travers le pays. Le plus important, dont la pièce maîtresse (tirée de ce site) forme l’en-tête de cet article, se trouve à Montréal, près du lieu du massacre. Encore cet été, dans le jardin de la résidence du Lieutenant-gouverneur de la Colombie Britannique, à Victoria, j’ai pu voir cette humble plaque de bronze, posée au sol, au pied de majestueux séquoias.

plaque-polytechnique-victoria

Le 6 décembre 1989, quatorze jeunes femmes sont mortes parce qu’elles étaient femmes.

On arguera que celui qui a commis cet acte était un déséquilibré. Certes. Et comme il s’est suicidé, il n’aura jamais eu à porter la responsabilité des quatorze familles qu’il a détruites.

Ceci dit, il n’était malheureusement pas seul à entretenir une haine des femmes qui osent dépasser les barrières artificielles que la société met devant elles.

Nous sommes tous différents.

Nous sommes tous à risque.

Et nous devons tous nous battre contre les préjugés et tenter d’élargir les esprits obtus pour que de tels actes de sauvagerie ne se produisent plus.

Et ce, chaque jour.

Une minute de silence s’impose.

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4 commentaires sur « Pour que jamais la mémoire ne s’efface »

  1. Horrible ! Ce sectarisme monstrueux et criminel – a priori inimaginable dans nos pays dits civilisés _ se perpétue encore : Iran , Afghanistan , Arabie Saoudite, Nigeria , sans parler de l’Afrique ou les viols massifs dans les conflits ( en ce moment méme en RDC) sont habituels …et suscitent bien peu d’émotions . Au risque de choquer – car les criminels sont de toute origine – je constate que le meurtrier malgré son patronyme canadien était d’une autre origine , ou les atrocités ( historiques) n’étaient pas rares . Il est politiquement incorrect de relever celà , mais l’Histoire de l’Humanité montre qu’il y a des cultures plus cruelles que d’autres , qui modélent un inconscient collectif , sur des siécles et des siécles . Je me recueille avec vous Doreus et Boris .

  2. Je n’avais jamais entendu parler de cette abominable horreur !

    Il n’y pas de mot pour dire ce que l’on ressent en lisant cela.

    Ceci dit, sans vouloir justifier quoique ce soit, parfois j’en arrive à me demander si les sociétés n’ont pas les désiquilibrés qu’elles méritent.

    Il y a urgence à se poser des questions quant à comment les pires atrocités sont, décidément – c’est un fait avéré -, commises dans les sociétés les plus civilisées.

    Hitler était un désiquilibré, et il a bénéficié des moyens les plus avancés de notre évolution historique pour accomplir son horrible dessein.

  3. Patton,

    Oui c’est horrible, mais pointer du doigt un groupe ethnique particulier n’est pas forcément la solution. Il n’y a pas de cultures cruelles, il n’y a que des individus cruels.

    Tout le monde a encore en mémoire les atrocités commises par de bons Européens en Allemagne et en France entre 1936 et 1945. Ted Bundy n’avait pas d’origine ethnique autre qu’américaine et Henri Désiré Landru était parisien.

    Et qui pense à Marie Trintignant dont l’assassin, bien de chez nous, est dehors après juste quelques années de captivité ? Pour elle, c’est perpétuité.

    N’oublions pas que la violence commence avec des mots et parfois très tôt.

    Que celui qui ne s’est jamais senti supérieur à un autre me jette la pierre.

  4. La violence, sous toutes ses formes, reste inacceptable.

    Et qu’importe quelle était l’origine de Marc Lépine. La sauvagerie du geste aurait pu être celle de n’importe qui.

    C’est la haine et l’incompréhension qui tue.

    Et ce sont elles qu’il faut veiller à éliminer.

    Et non, KRN, je ne pourrais pas vous jeter la première pierre.

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