La consigne à l’albertaine

contenants-a-recycler

J’ai déjà touché mot de la consigne en Alberta… Aujourd’hui, je vous emmène faire un tour au centre de récupération des contenants de boissons. De plus, depuis mon dernier billet, il y a eu quelques changements: premièrement, le montant de la consigne a augmenté de 5 cents (il s’établit donc à 10 cents pour les contenants d’un litre et moins et à 25 cents pour les contenants de plus d’un litre) et à partir du 1er juin prochain, les contenants de produits laitiers seront eux aussi asujetttis à la consigne. Cependant, celle-ci ne sera remboursée qu’aux contenants pour lesquels la consigne aura été payée… donc inutile d’accumuler les contenants de lait d’ici là (je suppose que le code-barre sera différent). Les bidons de lait sont par contre recyclables là où les services de cueillette sélective existent (c’est le cas à Red Deer). Une note importante: ici, contrairement au Québec, il ne sert à rien de rapporter les bouteilles au marchand. Il faut se rendre à des centres de cueillette spécialisés appelés Bottle Depot.

Si je ne m’abuse, mon dernier voyage au Bottle Depot avait eu lieu l’été dernier… en compagnie de ma visiteuse Lune. Depuis, j’ai acheté deux bacs bleus plus grands pour m’éviter des voyages qui ne paient même pas le prix de l’essence pour s’y rendre. Lune se souviendra peut-être qu’il faut bien choisir le moment… ou bien s’apporter beaucoup de lecture ou de musique. Un voyage au centre de récupération des bouteilles, ça se prépare, donc. On commence évidemment par accumuler les contenants quelque part où les chats ne peuvent pas les atteindre (dans la chambre froide). Lorsque les contenants de récupération commencent à déborder… il est temps de commencer à penser à organiser une expédition, un jour où il ne fait pas trop froid (pour éviter de devoir laisser rouler le moteur afin d’éviter de voir les vitres se couvrir de givre) et préférablement pendant les heures où tout le monde ou presque est au travail. C’est ce que j’ai fait vendredi matin. J’ai bourré Bernadette puis je suis parti.

entree-du-depot

La destination n’est pas exactement agréable à l’œil. Comme on peut voir, on y fait aussi de la récupération de carton. affiche-dinstructionsLes instructions concernant les contenants à rapporter sont assez pointilleuses. Il faut absolument apporter des bouteilles en bon état (donc pas question de les écraser, ce qui épargnerait beaucoup de volume… je n’aurais plus qu’à me rendre à cet endroit vaguement désagréable qu’une fois par année). Les contenants doivent avoir été achetés en Alberta (consigne à rembourser oblige) et être propres. Les bouchons doivent tous être enlevés. Remarquez que je comprends que si les employés devaient en plus s’affairer à décapsuler tous ces contenants, ils n’en finiraient plus. Comme le plastique des bouchons est d’un autre type qui n’est pas recyclable en Alberta, ça va aux ordures. Quant à la dernière instruction, la séparation des cannettes de bière de celles de boissons gazeuses… je ne m’en suis jamais préoccupé, puisque je ne bois pas de bière. Cependant, j’ai constaté que le préposé avait séparé mes cannettes de cidre Strongbow; je suppose que ça entre dans la même catégorie. Oh well! Tout le reste avait été suivi à la lettre. Une fois que tous les contenants sont prêts, on s’avance dans cette allée où on s’approche d’une fenêtre où se tient un préposé qui trie notre butin:

espace-de-recyclage1

Heureusement, vendredi matin, il n’y avait à peu près personne. Pas d’attente, donc. L’odeur persistante de bière rancie qui embaume les lieux me donne toujours un vague mal de cœur. Que je n’aimerais pas avoir à faire ce travail! Enfin… Une fois les contenants reçus et triés, le préposé nous remet un petit papier (désolé, pas de photo, mais ça n’en mérite pas vraiment) où il écrit le nombre de contenants de chaque catégorie, puis on se dirige vers une caisse qui se trouve juste à droite de la photo et où ce papier est métamorphosé presque par magie en espèces sonnantes et trébuchantes:

retour-de-foin

Oui, 17,50$. J’aurais pu me payer un dîner si j’avais voulu… Mais bon, ce n’était pas mon intention. J’avais un bagel, du fromage à la crème et du salami hongrois qui m’attendaient… En passant, à côté de la caisse on trouve une multitude de contenants remplis de bonbons que l’on peut acquérir pour quelques piécettes; quoi de mieux pour séparer une personne du remboursement de sa consigne le plus rapidement possible! Mais non. Les bonbons, ce n’est pas bon pour moi. De plus, chaque fois que j’y vais, je me demande qui serait assez fou pour consommer un produit «alimentaire» conservé dans cet endroit d’un insalubrité même pas douteuse. Donc, j’encaisse et je redémarre!

Au moment où j’écrivais ceci, j’apprends que les centres de tri du Québec ont de la difficulté à se maintenir à flot à cause de la baisse catastrophique du prix des matières recyclées. J’ignore si les centres albertains font face à la même situation.

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13 commentaires sur « La consigne à l’albertaine »

  1. Certaines associations de commerçants (J’ai failli écrire malfaiteurs) du Québec font des pressions pour que la consigne soit abolie, sous prétexte que les consommateurs sont maintenant assez « éduqués » et qu’ils n’ont donc plus besoin de l’incitatif pécuniaire pour les encourager à recycler. DÉJECTION BOVINE!!! Comme je fait régulièrement, pour arrondir mes fins de mois, la collecte des canettes de bière et de boisons gazeuses outrageusement abandonnées, au mieux dans les poubelles, au pire carrément dans la rue ou sur les trottoirs , je suis en mesure d’affirmer sous serment devant n’importe quelle commission parlementaire Ad Hoc que c’est faux. Juste autour du Domicile Montréalais de notre valeureuse équipe de hockey locale, les soir de joute ou de grands spectacles, je peux me faire presque 5$ à 8$. Et ici, la consigne n’est que de 5¢ par contenant, sauf pour les plus gros formats de bière, qui se laissent aller pour 20¢. Faite donc le calcul…

  2.  » J’ai bourré Bernadette  » …..chez nous , c’est limite convenable ! Oui , je sais !…..j’ai mauvais esprit ….

  3. Boris, c’est un peu la même chose ici. Malgré la consigne, les contenants se retrouvent toujours un peu partout. Au collège, où des récipients spécialement conçus à cet effet se trouvent un peu partout, les contenants vides jonchent divers endroits. Plusieurs, bien intentionnés mais paresseux, déposent les bouteilles un peu partout dans l’espoir que le personnel d’entretien (dont ce n’est pas la tâche) les envoie à la récupération. On dirait que le fait de ne pas être à la maison rend les gens particulièrement négligents…

    5 à 8 dollars. Ça fait bien quelque part entre 100 et 160 cannettes. Au Québec, les marchands râlent parce qu’ils doivent avoir un espace destiné à l’entreposage des contenants. Ça se comprend, surtout pour les propriétaires de petits dépanneurs, mais j’ai comme l’impression que ce ne sont pas eux qui font le plus de bruit. Le Québec pourrait toujours importer un système à l’albertaine… mais j’en doute.

    Patton, sors ton esprit du fossé! Néanmoins, cette pourrait peut-être attirer vers ce blogue de drôles de lecteurs au moyens de recherches Google…

  4. Tu as raison ! Grace à tes conseils , je me suis installé un mapping , génial ! Je te trouve à Red Deer , et mon ami prés de Tel Aviv , mais….pas ma Cousine ? ? Elle doit étre cryptée ? ? Le lecteur en Normandie ne correspond pas à sa situation géographique . Pour en revenir à ton blog , ça te permet aussi de savoir les pages consultées en général ou par lecteur ( restant anonyme , bien sur ) . Trés intéressant . Tu devrais en insérer un ? PS: J’ai un lecteur coté Quebec également . Sympa , tout ça .

  5. J’ai vu la carte sur ton blogue. Tu sais, j’ai des outils me permettant de savoir d’où viennent mes lecteurs et quelles pages ils consultent… mais ça ne se voit pas sur le blogue.

  6. Recycler comporte beaucoup d’inconvénients personnels. Il n’y a aucun avantage financier, bien au contraire, et si dans certaines villes, il y a une collecte à domicile sous la forme d’une poubelle de couleur distincte, chez moi, il faut se déplacer et trier dans différents conteneurs.
    J’ai la chance de n’avoir que quelques centaines de mètres à parcourir pour recycler les plastiques et les cartons, mais certaines persones doivent parcourir plusieurs kilomètres et le stockage prend de la place et est peu esthétique, je charche justement une solution définitive à ce problème car, par souci écologique, je ne jette à la poubelle que ce qui ne peut vraiment aller nulle part ailleurs, c’est une discipline acquise depuis longtemps (n’oubions pas que j’ai grandi sans la notion de poubelle, en bonne descendante d’auvergnats)
    C’est malgré tout une contrainte qui me coûte du temps, de l’énergie et de l’argent.

    En ce qui concerne la carte sur le blog de Patton, je dois dire que je suis choquée de voir ce genre d’outil. Il y a de quoi se poser légitimement la question de l’atteinte à la vie privée.
    Personnellement, je me réjouis de ne pas y apparaître, bien que je m’interroge sur le genre de protection dont je bénéficie.
    J’ai regardé toutes les localisations et celles qui pourraient être les plus proches géographiquement ne correspondent pas avec les pages visitées. Etrange.

  7. KRN, recycler requiert effectivement un effort, et c’est pour cette raison que ce n’est pas très populaire dans notre société nord-américaine. En fait, il y a trois «R» dans la mouvance: Réduire, réutiliser et recycler. Ce sont en fait trois étapes nécessaires: d’abord, n’acheter que ce qui est nécessaire et avec le moins d’emballage possible. Ensuite, trouver si possible un autre usage pour ce qu’on ne peut pas faire autrement qu’acheter (genre contenants) et enfin récupérer lorsque les deux premières étapes n’ont pas pleinement réussi. Malheureusement, encourager les deux premiers «R» va à l’encontre des principes sacro-saints de notre société de consommation. Ce sont cependant des principes que j’applique le plus possible. Évidemment, ça laisse quand même un certain nombre de contenants à recycler au bout de la ligne; je ne peux en réutiliser qu’un nombre réduit…

    Je pourrais évidemment boire moins de jus d’oranges ou acheter des oranges et me faire mon propre jus, mais le coût en serait prohibitif (et ça rendrait mon compost trop acide).

  8. Quant aux cartes et compteurs, c’est pour moi un moyen de savoir si le site est visité et quels sujets intéressent davantage mes lectrices et lecteurs. Ils ne permettent pas de savoir (pas directement du moins) qui est qui. Se promener sur Internet veut dire que certains renseignements concernant notre ordinateur deviennent effectivement publics. Cela sert surtout les intérêts des sociétés commerciales.

  9. Je dois quand même avoir une sorte de bouclier car je ne reçois jamais de spam non plus. Malgré les fous rires qu’ont suscité les articles de Momo sur le dit spam, je suis assez contente d’y échapper.

  10. Oui, je suis extrêmement satisfaite de ses services, même si d’autres le critiquent sur les problèmes d’installation.

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