Barbecue d’hiver

avec-viandeC’était un lundi un tantinet médiocre. Vous savez, une journée qui commence par une contrariété majeure de nature administrative et enquiquineuse, puis qui ne prend jamais vraiment son envol par la suite. Je me suis donc retrouvé dans le bureau d’une collègue en milieu d’après-midi et après un brin de conversation je l’ai invitée à partager mon souper… à condition qu’elle se trouve un bifteck pour accompagner le mien qui attendait au frigo d’être cuisiné. Il était dégelé et c’était le menu obligatoire du soir, mais je n’en avais qu’un. Elle est donc passée par l’épicerie et est arrivée chez moi vers 18 h 30…

Nous avions tous deux besoin d’une bouffe réconfortante.

Au moment de son arrivée, le barbecue (oui, il faisait -10° dehors) chauffait déjà et il contenait une petite invention du moment. Vous vous souviendrez peut-être de mes pommes de terre barbecue de l’été dernier (qui semblent d’ailleurs avoir fait fureur auprès des internautes, du moins pour ce qui concerne le nombre de consultations). Il m’est soudain venu l’idée de les fabriquer… avec du bacon. Allez savoir pourquoi… ce n’était pourtant pas samedi!

patatebacon

Premièrement, prendre une belle pomme de terre par personne, la laver en brossant vigoureusement. Fendre les pommes de terre sur leur longueur (ici, deux fentes semblaient appropriées vu le format des patates). Il m’a aussi fallu faire dégeler du bacon au four micro-ondes… Ce n’est pas dans mes habitudes, mais bon, les circonstances l’exigeaient.

patate-garnie

Déposer les pommes de terre sur une feuille de papier d’aluminium. Insérer des bandes de bacon à l’intérieur des fentes et refermer.

patate-enlacee

Enrouler d’autres lanières de bacon autour de la pomme de terre et napper d’un peu de sirop d’érable pur.  Refermer le papier d’aluminium autour de la pomme de terre et déposer sur la grille supérieur du barbecue. Cuire selon la grosseur de la pomme de terre (une quarantaine de minutes ici). Ça peut aussi se faire au four, bien entendu, si votre barbecue n’est pas disponible pour l’hiver (j’avais fait l’erreur de ranger le mien au cabanon l’hiver dernier) ou si vous n’en possédez pas.

patate-cuite

Déballer délicatement (ça colle un peu, évidemment) et déguster. Quelques grains de fleur de sel rehaussent le tout. Les haricots d’accompagnement ont été cueillis dans mon jardin, blanchis et congelés. Ce qu’ils manquent en texture est largement compensé par leur saveur incomparable.

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38 commentaires sur « Barbecue d’hiver »

  1. Ça a l’air bien bon. Et quelle bonne idée de garder son BBQ à porter de la main. Beau petit pied dde nez à l’hiver (Je sais ça peut être esthétiquement bien beau, mais c’est une beauté qui se faire chèrement payer…)

  2. C’était bien bon. Et jamais plus je ne rangerai le barbecue en hiver… surtout qu’il est relativement protégé sur le patio. Dire que quand tu es venu l’an dernier nous aurions pu déguster… Mais il y aura d’autres occasions!

  3. Et c’est de ton crû ce nouveau crime culinaire ?

    Du sirop d’érable ? Pour renforcer la caramélisation ?

    Pour un peu je voudrais devenir carnivore !!!!!

    Bah !

  4. Oui, c’est une inspiration spontanée. Je ne suis peut-être pas le seul à y avoir pensé, cependant. Le sirop d’érable, c’est surtout pour le goût.

    Les Carnivores Illimités acceptent toujours de nouvelles recrues… Ceci dit, si ton végétarisme te comble, ne t’en fais pas. Ça fait plus de bidoche pour nous!

  5. Je sens Momo pret à succomber …! Si la toile portait les fumets ça serait chose faite , je crois .

  6. Avec un peu d’imagination, ce n’est pas juste l’écran mais tout le collège qui va sentir le bacon caramélisé au sirop d’érable.

    Les collègues vont sembler s’être parfumé au lard, le directeur parait être une grosse patate fumante et les élèves du premier rang baignent dans le sirop…
    Encore ?

    Momo, si tu craques, bon appétit, mais n’oublie pas « ohm mani padme hum » pour que le cochon renaisse dans la peau d’un humain.

  7. KRN, je me bidonne. Tu ne peux pas savoir à quel point ton commentaire va rendre ma réunion de l’après-midi avec les autres responsables de disciplines, ma directrice de département et mon doyen plus amusante…

    Ou peut-être en as-tu une idée après avoir lu la dernière phrase.

    Cochon, quoi!

  8. Hummm ! ce n’est pas une bonne idée, le goût ne serait pas à la hauteur.

    Ce doit être affreux une réunion de ce genre en fin de journée.
    Autant une journée de cours, même complète, donc nécessairement génératrice de fatigue, doit laisser un sentiment de satisfaction, car c’est tout de même la profession qu’on a choisie, autant, se taper un pensum pareil avant de rentrer doit être frustrant.
    C’est sans doute le mauvais côté de la profession.

    Tout comme l’artisan qui a choisi de faire de la mécanique, qui passe quand même 30% de son temps à faire de la paperasserie administrative.

  9. Ah! La paperasserie fait aussi partie de ma définition de tâches. En fait, ces réunions sont moins pire qu’il n’y paraît. Ce qui me tue, ce sont les réunions qui ne servent à rien. Notre département multidisciplinaire doit, pour coordonner un tant soit peu ses activités, permettre aux représentants des diverses disciplines de se rencontrer pour discuter des questions d’intérêt commun.

    Ces temps derniers, ici comme ailleurs, ça s’est mis à tourner autour des coupures à apporter aux cours (et à l’embauche de personnel à temps plein). D’un autre côté, ça nous force à adopter des approches créatives dans la gestion du département.

    Ce sont les grandes réunions départementales, qui regroupent tout le personnel (environ une cinquantaine) qui me flanquent littéralement le spleen. C’est encore pire pour moi étant donné que les discussions sérieuses ont déjà eu lieu au niveau des chefs de disciplines et que ces grandes réunions servent pour l’essentiel à entériner ce qui a déjà été décidé… avec quelquefois des empêcheurs de mener la réunion efficacement en rond. J’ai développé une réputation procédurale assez redoutable à cet égard. En décembre dernier, alors que la réunion s’éternisait et que l’un des profs s’amusait à sodomiser les drosophiles, j’ai demandé la parole… pour clore le débat et demander le vote, ce que personne n’avait pensé à faire. J’ai eu droit à de nombreux remerciements par la suite… J’ai aussi le don de proposer les motions d’ajournement.

  10. Soit dit en passant, j’ai passé l’après-midi à tenter d’éviter la correction que j’ai à faire… Ça, ça me fout le bourdon!

  11. Le bourdon, les drosophiles… on est en pleine diptèrophilie !

    L’après-midi est sans doute bien entamé mais il en reste un petit peu. Alors laisse les drosophilosodomites à leurs petites activités et fonce à tes corrections.

    Bonne fin de journée.

  12. Drosophilosodomites. Boris va l’aimer, celle-là.

    La correction avance. La préparation des cours de demain un peu moins. La réunion aura lieu dans quinze minutes.

  13. La juste mesure est plus difficile que les extrêmes. C’est sans doute aussi par faiblesse que je suis – ou j’essaye d’être – végétarien, car la décadence alimentaire prend dans mon corps comme une étincelle dans la paille. Quand je commence je ne peux plus m’arrêter.

    Drosophilosodomites : enculeurs de mouches ? Personne inutilement pointilleuse ? Maniaque ?

  14. Tout ça à la fois, Momo.

    Umberto Eco aurait parlé de tetrapilectomie (art de couper les cheveux en quatre)

    J’ajouterai qu’il y a deux disciplines :

    la tetralattitudinopilectomie, qui les coupe simplement après les avoir pliés en deux et puis en deux.

    Et la tetralongitudinopilectomie, qui les coupe dans le sens de la longueur, ce qui requiert bien plus d’habileté.

    Tout comme la diptérosodomie, c’est absolument inutile.

  15. Ta patate au bécon, Doreus, est à la fois aussi appétissante que « gore ». J’ai crû un instant m’être trompé de blog.

  16. Whouahahahaha !

    Tetralattitudinopilectomie ? C’est au moins aussi alambiqué que « otorinolaringologiste ».

    C’est dur à prononcer en plus.

    Sotto la panca la capra campa.
    Sopra la panca la capra crepa.

  17. Je connais bien la tétrapilectomie… mais je ne connaissais pas les autres variations, tout aussi intéressantes les unes que les autres. Faudra me procurer un microtome!

    Sodomiser les drosophiles est une expression inventée par l’ami Boris pour dire, effectivement, enculer les mouches. C’est tout de même plus poli!

    Quant aux patates gore… ben là! Au moins, elle ne saignait pas!

  18. Tu ne pouvais pas les connaître, Doréus, je viens de les inventer. Car inévitablement, quand on dit couper en quatre, on se demande comment.

    je n’ai pas encore trouvé de nom pour la discipline qui consisterait à les couper d’abord dans un sens et ensuite dans l’autre.

    Momo, que signifie Sotto la panca la capra campa. Sopra la panca la capra crepa ?

    Est-ce un genre de « si six scies scient six troncs, si cent six scies scient six cent six troncs » ?

  19. Je vois, KRN. Ton imagination n’a donc pas de bornes!

    Quant aux virelangues, en voici un (en anglais) qui est approprié en ces jours suivant la fête de la marmotte: How much wood would a woodchuck chuck if a woodchuck could chuck wood? It would chuck as much wood as a woodchuck could if a woodchuck could chuck wood. (il y a diverses variations sur le thème.)

  20. Doréus, ceux qui dorment dans le quartier vont te maudire. Je suis morte de rire rien qu’à essayer de prononcer cette phrase !

    Three swedish switched witches watch three swiss swatch watch switches. Which swedish switched witch watch which swiss swatch watch switch ?

  21. Idem ici. Bien que personne ne dorme encore… du moins je l’espère. Les bureaux sont plutôt déserts, d’ailleurs. Un travail à corriger et je vais aller déguster mon saumon de ce soir qui m’attend patiemment au frigo.

  22. Tout patient qu’il soit, gageons que le brave saumon n’aura pas trop à se morfondre dans son frigo, tant l’ami Doreus ne tardera pas à le transmuer gastronomiquement.

    Un chasseur sachant chasser est un bon chasseur.

  23. Papillotte ou carbonara ?

    Pour ma part, je vais aller faire faire un demi-tour à mon oreiller dont je compte bien profiter rapidement à défaut d’en profiter longtemps.

  24. Sous le banc la chèvre campe.
    Sur le banc la chèvre crève.

    C’est un virelangue (mot nouveau pour moi, merci Doreus) tessinois, ou italien, mais dans tous les cas d’origine, comme on peut s’en douter, paysan.

  25. Chez les Papous, il y a des Papous papas et des Papoux pas papas. Il y a aussi des Papous papas à poux et des Papous papas pas à poux. Il y a encore des Papous papas à poux papas et des Papous pas papas à poux pas papas.

  26. Ça papote, ça papote… et pendant ce temps-là, l’oreiller de KRN se morfond et mon saumon patiente. Je ne sais pas encore comment je vais l’apprêter… Ce sera encore l’inspiration du moment. Je me ferais bien un saumon grillé, mais je ne suis pas sûr que je vais en avoir l’énergie lorsque j’arriverai à la maison.

    Et Bernadette patiente, elle aussi.

  27. Drosophilosodomites. Oui, j’aime bien… On pourrait aussi parler de molesteurs de maringouins, pour faire dans l’allitération.

    Parlant d’allitération et de virelangues:

    Kiki la Cocotte et Koko le concasseur de Cacao

    Kiki était cocotte et Koko concasseur de cacao. Kiki, la cocotte, aimait bien Koko, le concasseur de cacao, mais convoitait un coquet caraco kaki à col de caracul. Mais Koko, le concasseur de cacao, ne pouvait offrir à Kiki, la cocotte, qu’un coquet caraco kaki mais sans col de caracul. Or un marquis caracolant, caduque et cacochyme, conquis par par les coquins quinquets de Kiki, la cocotte, lui offrit un coquet caraco kaki à col de caracul. Quand Koko, le concasseur de cacao, le vit, il dit: «Je clos mon caquet, je suis cocu »

    À dire rapidement en fin de repas arrosé de quelques Cabernet-Sauvignon de derrière les fagots!

  28. J’avais presqu’oublier de vous parler des défonseur de portes ouverte et des arroseurs d’océans du Ministère des affaires inutiles…

  29. Bon sang de bonsoir ! J’ai raté plusieurs chapitres ! …retenu par Vixen , M’sieu , j’ai un mot d’excuse . Encore une fois Merci Doreus pour ta traduction élégante de mon  » Fly Screwing System , FSS  » . Je traduisais d’une façon plus gauloise . …..les Drosophiles …..ça a plus d’allure . Bon Bacon de Picardie ! Ps : Comment s’est passée cette réunion tardive ? As tu joué les  » ballbroker  » ! ! …. Je suis heureux de découvrir que tu sais étre un procédurier taquin .

  30. Rendons à César…..je remercie ton ami Boris pour la paternité de cet apophtégme drosophilien .

  31. Merci, Boris, pour ces contributions essentielles à l’expansion de notre savoir des choses inutiles. Je sais que Eco a un département pour cela dans son Université mais j’ai oublié lequel et je suis — encore! — au bureau.

    Patton, la réunion d’hier soir s’est déroulée de manière positive… mais fut un peu longue. Quand le doyen se pointe, ça allonge toujours les choses. J’ai depuis longtemps appris que la maîtrise de la procédure peut être fort utile… pour fermer la g. aux enquiquineurs, entre autres.

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