Copyright?

fair-copyrightDepuis 2002 se tient au collège une série de conférences intitulées «Perspectives, Canada and the World». Elles ont lieu deux fois par année, à raison d’une par session académique. La dernière à laquelle j’avais assisté m’avait profondément déçu, mais ce n’était pas une raison pour bouder cette série par principe, même si celle de l’automne n’avait pas réussi à m’attirer parce qu’elle mettait à l’honneur un militaire.

Le mercredi 11 mars dernier avait lieu la présentation de Michael Geist, professeur de droit spécialisé sur les questions liées à l’internet à l’Université d’Ottawa. Sa conférence portait sur la campagne qu’il a menée pour réformer le projet de loi C-61 mort au feuilleton l’automne dernier lors de la dissolution du Parlement par suite du déclenchement des élections générales. Ce projet de loi criminalisait un ensemble de pratiques liées au partage de fichiers électroniques ou de ressources numériques; il devenait par exemple illégal (et passible d’une amende allant jusqu’à 500$ par fichier) de transférer de la musique d’un DC protégé à un lecteur numérique. La publication d’une vidéo dotée de droits d’auteur sur un support comme YouTube entraînerait une amende pouvant aller jusqu’à 20 000$ par infraction.

La réaction à cette copie d’une législation étatsunienne datant d’il y a plus de dix ans (donc avant l’explosion des technologies numériques) avait en fait commencé avant même que soit déposé le projet de loi, en partie grâce à un groupe Facebook lancé par Geist. L’été dernier, il avait également organisé un concours sur YouTube: «C-61 in 61 seconds» destiné à lancer un débat public sur le projet de loi qui était alors débattu en Chambre.

Que l’on soit d’accord ou non avec les idées mises de l’avant par Geist, sa conférence mettait de l’avant de manière éloquente le fait que la question du copyright n’est pas qu’une question de droits d’auteur et de juste compensation à donner aux auteurs et producteurs de biens culturels. En fait, sa conférence soulignait l’importance croissante de la participation citoyenne dans un monde numérique qui n’a pas une existence seulement virtuelle. De la même manière, la loi devrait évoluer non pas d’une manière rétrograde qui ne rend pas justice à une évolution sociale et technologique qui peut donner une voix aux citoyens comme elle peut aussi servir de bâillon.

Chose certaine, il s’agit là d’un débat qui n’est pas près de mourir; Brett Gaylor, un réalisateur canadien vient justement de produire un documentaire sur le sujet.

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20 commentaires sur « Copyright? »

  1. Le même débat a lieu partout, en France y compris. Beaucoup d’hypocrisie, beaucoup de lobbying de la part des majors qui s’en mettent plein les fouilles et ne rétribuent pas davantage les auteurs, bref… toujours la même rengaine : saint pognon, sainte thune, saint fric et sainte oseille continuent de faire tourner le monde à nos dépens…

  2. Ben oui, c’est bien ce que je disais.
    Ce qui est dommage, c’est que ça va passer les doigts dans le nez et qu’on va encore nous distraire avec les pitreries ou la vie privée de notre président qui s’y entend particulièrement bien pour faire diversion.
    Les Français sont trop indisciplinés pour agir ensemble.

    Ce n’est pas seulement pour le fric, Deef, c’est aussi pour la restriction des libertés. Nous n’avons pas le « patriot act » mais des multitudes de petites mesures qui, au final, vont nous bouffer jusqu’au trognon.

  3. C’était l’essentiel de l’argumentaire de Geist: au-delà de la question d’une juste compensation par le moyen des droits d’auteur, ce sont les droits fondamentaux des citoyens qui sont menacés par une législation punitive et qui ne tient pas compte des nouvelles réalités de la communication et de la diffusion numériques de l’art et de l’information.

  4. Oh là ! oh là ! Tout ça ne me parait pas aussi simple , amis libertaires ….. L’architecte se fait payer pour son travail ? Le peintre vend ses tableaux ? Mozart vivait de ses mécénes ? Et vous voulez que les créateurs musicaux , voire littéraires , vivent de l’air du temps ? Et , surtout , pas de couplet gaucho libértaire sur les Lobbys des Majors …. MOTOWN … vous connaissez ? C’était une sorte de coopérative pour chanteurs noirs qui ne DONNAIT pas pour autant les oeuvres de leurs artistes ….et HEUREUSEMENT pour les artistes ! ! Le téléchargement gratuit n’implique pas de nourrir l’artiste piraté ! ! …. Il va vivre de quoi ? …. de vos bons sentiments ? Désolé ! ça ne nourrit pas ! Et ne pensez pas non plus que les artistes sont ESSORES par leurs éditeurs ! Ils sont capables de se défendre , car l’abuseur éventuel est LEUR éditeur …tandis que les millions de téléchargeurs clandestins …. c’est une AUTRE AFFAIRE !

  5. Il suffit de faire la différence entre les oeuvres sous copyright , utilisable moyennant un  » fee  » ( style SACEM française ) , et les  » généreux libertaires  » qui veulent rester  » open source  » . C’est ça la LIBERTE …! Mais je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à acheter son oeuvre à un artiste , un écrivain , un cinéaste , etc… Ps : Mon oeuvre graphique et littéraire (?) est libre de droits . Pillez sans vergogne ….

  6. Patton, personne ne prétend que les créateurs doivent vivre de l’air du temps; cependant, il y a d’autres modèles de diffusion des oeuvres (musicales, littéraires ou autres) qui commencent à se faire jour et qui garantissent un revenu à la fois aux auteurs/compositeurs/éditeurs/producteurs… C’est un modèle d’affaires différent mais qui fonctionne. Celui-ci deviendrait impossible selon cette législation punitive.

    Il y a un problème lorsqu’il n’est même plus légal de transférer une pièce musicale d’un support DC que l’on a légitimement acheté vers un format numérique pour pouvoir l’écouter sur son propre lecteur MP3. On ne parle plus de piratage, ici, mais la loi proposée rendait de tels comportements illégaux. Idem pour la production d’une copie d’un DVD destiné à protéger l’original que l’on a acheté (que l’on pense à des DVD pour enfants qu’ils écoutent en boucle, usant le support). Enfin, idem pour tout enregistrement télévisuel, qui doit être détruit après avoir été écouté une fois.

    On ne parle pas de libertarisme, mais de gros bon sens.

  7. Pour cela je suis bien sur d’accord . D’ailleurs si je me fais des copies d’un CD ou d’un DVD pour moi méme et sans le diffuser sur le Net , je ne vois pas QUI m’en empécherait ? En achetant légalement , j’ai acheté aussi un droit d’usage . En revanche  » pirater  » une oeuvre et la distribuer à tout le monde est tout simplement un vol de l’auteur , d’abord et accessoirement – si l’on n’a pas de compassion pour eux….! – un vol de l’éditeur . Relis bien les commentaires d’une cousine à moi , elle en fait un principe de liberté universel ! Mais UNIVERSAL … n’est pas d’accord …. et elle n’est pas seule dans ce bataillon … TOUT doit étre à TOUS ? C’est comme celà qu’ont commençé les grandes invasions , et ça n’a pas conduit à l’harmonie ! Les anti colonialistes font du colonialisme à rebours ! Paradoxe , quand tu nous tiens ! Donc : réglementer les téléchargements , n’est pas une EFFROYABLE CONSPIRATION des « eux » , c’est une saine gestion de l’Equité , et du respect des oeuvres et de leurs créateurs .

  8. Celà dit , j’aimerais que les oeuvres protégées et celles libres de droits soient clairement identifiées ! Je constate en revoyant mon blog taggé MUSIQUE que certaines vidéos sont subitement occultées ? … et pas d’autres … du méme artiste ! ( Elvis Presley, Eddy Mitchell, Samantha Fox ( une Vixen aux normes !) , et méme un chant de Noel allemand: Kling Gloekchen Kling … qui est dans le domaine public ! ! Je vais faire un procés à YOU TUBE !  » ILS  » vont m’entendre ! ! RICHARD contre le MONDE ENTIER . AH ! mais….;

  9. La question est effectivement complexe. Chose certaine, ce que demande «Fair Copyright» n’est pas le droit de reproduire et de distribuer n’importe quoi, n’importe comment. Cependant, ce «groupe» dénonce avec raison les abus de pouvoir qu’entraîne une règlementation aux règles floues qui ne s’accommode pas de modèles alternatifs de diffusion. Quant aux grandes invasions… est-ce qu’on ne va pas un peu loin?

    YouTube est un des moyens de diffusion qui se fait le plus attaquer par les lois étatsuniennes sur le droit d’auteur et ça affecte effectivement aussi des oeuvres techniquement libres de droits.

  10. Bon, alors, je voudrais quand même souligner que lorsqu’un peuple fait payer sa culture, elle la perd.

    Mozart vivait peut-être de ses mécènes mais ce n’est pas pour ça que tous ceux qui avaient des oreilles autour de lui devaient passer à la caisse ou se les bourrer avec des morceaux de comté.

    François Villon chantait ses ritournelles dans la rue. Les pièces de Molière se jouaient à la cour mais se répétaient dehors.
    Le principe, c’est tout de même que certains payent pour que le plus grand nombre en profite. Les artistes de variété ont des trains de vie scandaleux qui montre bien que leur rémunération est disproportionnée avec leur activité. Refuser le téléchargement ne leur rapportera pas plus. Ils se priveront seulement d’une partie de leur auditoire. De plus, les jeunes n’aiment pas les radins, l’heure est au partage.

    Les expositions de l’école des Beaux Arts sont gratuites et ouvertes à tous, pourtant, ce sont des artistes à part entière qui exposent. Ecouter de la musique, c’est comme regarder un tableau. Celui qui emporte le tableau doit le payer, mais celui qui le regarde, combien on va lui facturer ? et les statues dans les rond-points, sur les parvis des mairies, dans les préfectures ? Combien pour avoir le privilège de les voir en allant chercher sa carte grise ou les tickets de cantine ?

    Il y a aussi des abus à la propriété intellectuelle. Microsoft fait payer ses logiciels une première fois lors de l’installation et il est interdit de les installer plus d’un certain nombre de fois sur le même ordinateur, pourquoi ? Une carte mère qui grille, on la remplace, ce n’est plus la même machine et les mises à jour automatiques, qui ne sont en fait que des mouchards, génère des messages demandant de payer la « copie » de windows.

    Parce que ce sont des logiciels propriétaires et que les clauses abusives sont nombreuses dans les contrats de licence, vous savez, les petits caractères de la liste déroulante qu’on nous demande d’approuver avant de finir l’installation.

    Et bien c’est parce que je ne suis pas d’accord avec ces contrats de licence que je n’installe pas de logiciels propriétaires et que je suis passée à Linux. C’est aussi pour cette raison que je n’utiliserai pas Photoshop, même si, par ailleurs, je reconnais que c’est un bon logiciel.

    J’écris, et je publie mes oeuvres sur internet, sur un site gratuit qui les met en ligne pour que tout le monde puisse les lire. le jour où elles seront sur des livres, je demanderai qu’on me paye le papier, pour le reste, c’est comme tout ce que je dis, il n’y a pas de brevet .

    Cessons de protéger les nantis qui en amassent sans rien faire contre ceux qui ont soif de culture et on aura peut-être autre chose que les traine-misère des ghettos des banlieues d’un côté et les fils à papa friqués Neuilly Passy de l’autre, tous oisifs mais pas pour les mêmes raisons.

  11. Comme tu as un réel talent d’écrivain , j’attends le jour ou un  » Petit Malin  » de libertaire publiera tes oeuvres sous son nom pour empocher les droits d’auteur ! Ta naiveté est sans borne ! Quant à Microsoft…..Bill Gates est simplement un mec intelligent , et s’il n’avait vendu que de la daube , il n’aurait pas eu TOUS les fabricants d’ordis du Monde . Chez Bull , on donnait tout  » gratos  » ? … C’est pour celà qu’ils ont fait faillite ? ajouté au fait que plus un ingénieur ne travaillait aprés t’avoir croisée dans les couloirs …. ?

  12. Avant que les esprits ne s’échauffent trop… il n’est pas nécessaire de se retrancher dans les extrêmes pour constater que la question est pertinente et doit être soulevée. La question des logiciels propriétaires en particulier est d’actualité. Si au moins on achetait «Petit-Mou» parce que les produits de Guillaume Barrière étaient supérieurs. Ce n’est pas le cas: ils sont lourds, ralentissent inutilement les systèmes… mais on n’a presque plus le choix à cause d’une situation à peu près monopoliste. Le fondateur de cette compagnie n’est pas tant intelligent que sans vergogne. Et ce sont ces gens que les lois proposées dans les projets dont on parle visent à protéger. Pas les créatrices et créateurs d’oeuvres qui ont droit à une légitime compensation.

  13. Patton, le débat ne se situe pas au niveau de l’argent, car on sait que l’argent n’achète pas forcément le meilleur, mais ce qui est à vendre.
    Le petit malin pourra bien essayer de vendre ce qui est gratuit ailleurs, s’il y a des clients et bien tant mieux pour lui. En faisant ça, il se dévalorisera à ses propres yeux, obligé de reconnaitre qu’il nest pas capable d’en faire autant. les plagiats sont toujours ridicules et en litérature, ça tue.

    Vérifie tes données avant de dire des bétises.
    Microsoft est loin d’avoir le monopole de l’informatique et ses propres systèmes tournent sous Linux, car windows n’est pas fiable. Microsoft n’équipe que des micro-ordinateurs individuels grâce à un accord passé avec les principaux constructeurs de micros destiné au grand public qui équipaient systémétiquement tous leurs produits, ce qui les a mis dans une situation de monopole qui leur vaut leur mauvaise réputation et les nombreux procès en cours. En ce qui concerne les grands systèmes informatiques et les serveurs, Microsoft ne détient que 1% des parts de marché, contre 87,7% à Linux, le reste étant développé sous d’autres systèmes. ces chiffres sont vérifiables sur ce site http://www.top500.org/stats/list/32/osfam

    Quand à Bull, ils ne produisent pas de logiciel, seulement du matériel, donc le problème du piratage ou du don ne se pose pas.
    Quant à la faillite de Bull, tu as 25 ans de retard, leur CA est en progression de presque 10% par rapport au dernier exercice. Que veux-tu, ils peuvent enfin bosser, maintenant que je suis partie…

  14. Oui , oui….. MAIS …. vous savez ce que vous dit Bill ? Cause toujours , tu m’intéresses !…. Bizarre , cet acharnement à dénigrer les réussites financiéres ? .. Bill est , au pire , celui qui a tiré les conséquences de La Loi des 80/20 …. Vous que le  » fric  » n’intéresse pas , car vous trouvez ça méprisable ! Fichez lui la paix , c’est pas vous qui l’avez rendu richissime ! Ce sont les 80% de crétins auxquels vous n’appartenez pas . Alors ? Tout va bien !

  15. Et bien, justement, il cessé de le dire. Il a même indemnisé Apple pour la honteuse copie qu’il a faite de MAC-OS.

    Et depuis six mois, il tente même un rapprochement avec les puristes de Linux, il sait que le verdict va tomber.

    Ce n’est pas le fait qu’il ait de l’argent que l’on conteste, ça on s’en fout, de toutes façons, même avec sa carte bancaire en poche, dans un cercueil, on est tous au même niveau. Ce qui pose problème, c’est la fermeture, l’état d’esprit étriqué, petit, mesquin qui empêche d’évoluer. Ne rien concéder, on ne sait jamais, ça pourrait profiter à quelqu’un.

    Avec le web, l’esprit a changé et tant mieux. Les internautes partagent. Ils partagent leurs images, leurs écrits, leurs expériences, sans arrière pensées.

    Ceux qui pensent à faire du fric avec, ce sont ceux qui en ont déjà et en veulent plus encore, ou les entrepreneurs qui développent des catalogues en ligne. Mais c’est différent, je ne télécharge pas un porte jarretelle sur mon PC. Je le commande et il arrive par la poste, c’est matériel, pas virtuel.

    Quand à la valeur de l’argent, Patton, nous la connaissons parce qu’elle représente notre vie.

    Je dépense mon temps de vie à gagner de quoi me nourrir et avoir un minimum de confort. Je ne méprise pas l’argent, je n’en ai pas suffisamment pour ça, mais quand je m’offre quelque chose, je sais ce que ça me coûte. Je vais te donner un exemple : J’ai une table en marbre dans ma cuisine. Je l’ai achetée il y a plus de 25 ans, juste après mon divorce et je sais qu’elle m’a coûté deux mois de salaire. Par contre le prix, je ne sais plus du tout, mais de toutes façons, ça ne voudrait rien dire, on pourrait même dire : seulement ? alors que, compte tenu de l’évolution des prix, si je voulais la même aujourd’hui, il me faudrait 6 mois de revenus, ce serait donc hors de mes moyens. Voilà comment je compte. pas en euro, en jours de vie.

  16. Magritte aurait pu écrire sous l’image du porte-jarretelle :

    « ceci n’est pas un porte-jarretelles »

    Il avait déjà compris l’internet.

  17. Je ne bois pas, j’ai besoin de toute ma tête. Le chat de mon fils est entre la vie et la mort chez le vétérinaire, s’il arrive quelque chose de fâcheux à son chat, il faut que je sois là pour lui éviter de craquer.

    Il vit seul avec Sacha, qu’il a trouvé sur le bord d’une route, petite boule de poils mouillée et affamée et il l’a ramené chez lui il y a quatre ans dans son blouson de moto. Depuis, ils ne se quittent plus. ça ferait un trou énorme dans sa vie.

    En ce moment, il se demande déjà pourquoi il se lève tous les matins, sa seule joie est de rentrer pour retrouver Sacha, alors je n’imagine pas si Sacha n’était plus là et qu’il rentre dans une maison vide.

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