Fort Macleod II: La rue principale, côté nord

Queen Hotel

Poursuivons notre visite de Fort Macleod en parcourant cette fois le côté nord de la rue principale. Pour aider à comprendre la numérotation des édifices, je reproduis ici la carte de la rue principale (qu’on peut aussi retrouver, avec une carte plus étendue de la ville, dans l’article précédemment publié ici).

rue-principale-avec-couleursL’édifice qui ouvre le présent article, l’hôtel Queen’s, est le numéro 4 sur ce shéma. En se dirigeant vers l’est, on trouve un édifice sans intérêt architectural (construit ou rénové en façade durant les années 1970-80) et qui héberge une institution financière. La série de bâtiments qui suit est fort bien préservée.

Andrews Hardware and Rex Café

On trouve d’abord Andrew’s Hardware (5), un édifice de brique avec parement de pierre en façade érigé en 1910. Aujourd’hui inoccupé, il représente toutefois un exemple intéressant d’architecture commerciale du début du siècle. Le style est éclectique et marque certaines influences écossaises de l’artisan-maçon qui l’a construit (John Callie), et de William Renwick, le premier propriétaire. Tous deux étaient nés en Écosse et s’étaient établis à Fort Macleod au début du siècle.

À droite, on trouve le Rex Café (6, aujourd’hui le restaurant chinois chez Johnny’s, qui vaut le détour, en passant). L’édifice est également l’œuvre de Collie. À l’intérieur, on retrouve encore (si ma mémoire est bonne) un plafond d’étain repoussé.

Main street north centre

À l’est de Rex Café, on trouve les deux parties de l’édifice MacDonell (7 et 8). La partie ouest (plus basse) a été construite en 1909 par le contracteur J.S. Lambert qui a embauché les frères Macleod pour réaliser les travaux de maçonnerie. On y retrouvait originalement une quincaillerie. La partie est, pour sa part, a été reconstruite après un incendie en 1930.  L’édifice original, construit en 1912, contenait une bijouterie ainsi que les bureaux d’un avocat et d’une compagnie d’assurance à l’étage.

MacDonnell Block and Empress
Édifice MacDonnell est et cinéma Empress

L’édifice qui suit est considéré comme le «joyau de la rue principale». Il s’agit du cinéma Empress (9), construit en 1912. L’édifice a été substantiellement modifié dans les années 1940: on a changé l’enseigne et fermé le foyer pour construire un balcon. Cependant, il a conservé certains de ses attraits originaux. Comme il s’agit d’un théâtre servant aussi de cinéma, il y a trois loges au sous-sol, qui sont amplement ornées de graffiti, dont le plus ancien date de 1913. Dan Boyle, propriétaire du cinéma de 1938 à 1962 a également fait installer, dans les années 1940, les gracieuses tulipes de néon qui ornent le plafond de la salle de projection. Il s’agit de la salle de cinéma albertaine la plus ancienne qui soit toujours en opération.

Empress Facade from SEvestibule-empress

Le vestibule du cinéma. Même si cette pièce a été fermée, la loge de perception est originale (elle se trouvait alors à l’extérieur, même si elle était un peu protégée des intempéries par l’entrée voûtée).

Façade originale Empress

Dessin de la façade originale du cinéma Empress, avec l’entrée ouverte sur l’extérieur et sans la marquise actuelle.

Salle Cinéma Empress

La salle de projection. En regardant bien, on peut constater que la travée du centre est dotée de sièges plus larges en alternant les rangées. Ces sièges «doubles» (ils portent deux numéros) sont surnommés «sièges d’amoureux». On s’y trouve en effet bien à l’étroit à deux personnes. C’était là un artifice qui permettait de conserver le décalage des sièges d’une rangée à l’autre afin d’assurer une bonne vue à tous les spectateurs tout en conservant le caractère rectiligne de l’allée. Les peintures à caractère historique ont été réalisées en 2005 par Neil Boyle, fils de Dan. Ce fils de Fort Macleod a connu une carrière d’artiste assez remplie, notamment auprès des studios Disney.

Escalier des loges
Escalier qui descend aux loges, derrière la scène. Cliquez pour agrandir.

Graffito laissé par Earl Washington en 1915 dans une des loges.
Graffito laissé par Earl Washington en 1915 dans une des loges.
Les tulipes du plafond du cinéma Empress.
Les tulipes du plafond du cinéma Empress.

Le voisin immédiat du cinéma Empress à l’est est une salle communautaire à l’usage des aînés. Durant le festival Cinémagine, on y avait installé le «Café jazzette», qui était fort animé entre les films. On trouve ensuite un passage qui mène au stationnement à l’arrière et au musée du fort. Le long de ce passage, une dizaine de plaques d’interprétation historique permettent de connaître un peu mieux l’histoire locale. Celles-ci ont été installées en 2005, dans le cadre des célébrations du centenaire de la création de la province de l’Alberta.

Cliquez pour agrandir.
Cliquez pour agrandir.

Les édifices qui suivent à l’est, dotés d’une façade cosmétique de bois rappelant celle des anciens édifices, ne sont d’aucun intérêt historique. L’effort d’harmonisation avec l’environnement bâti mérite toutefois d’être souligné. C’est aussi dans ces édifices que l’on trouve quelques boutiques de cadeaux… pour touristes et autres.

Main street north east end

Pour lire la suite de cette série: Fort Macleod III.

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4 commentaires sur « Fort Macleod II: La rue principale, côté nord »

  1. Je pense que je n’aimerais pas vivre à fort mac machin, j’aurais l’impression de vivre dans un mauvais western avec sherif, bad cowboys, justice expéditive et tutti quanti…
    Sinon tu dis un « graffito », toi ? J’ai bien rigolé :p

  2. Depuis le début de cette rétrospective sur Fort Mac Leod, je me sens effectivement mal à l’aise en regardant les photos, mais je viens de trouver pourquoi.

    C’est l’absence d’arbres.

  3. Deef, j’avoue que si la ville se résumait à cette unique rue, on pourrait trouver que c’est bien étrange. Cependant, c’est entouré de maisons passablement plus récentes.

    KRN, je te comprends. C’est une région assez sèche de l’Alberta. Comme le dit David, il y a effectivement quelques arbres (encore une fois ils sont plus nombreux sur les rues résidentielles) mais ils sont assez rares. J’ai quelques photos des champs environnants à faire paraître… c’est assez impressionnant à quel point la terre est glabre dans cette région.

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