Petite promenade à Lethbridge

Bureau de posteComme vous le saviez, le 29 juin dernier, j’allais assister à l’assemblée générale annuelle de la société Cinémagine, qui organise chaque année, à Fort Macleod, le festival de cinéma francophone de l’Alberta. J’avais décidé que ce serait le début d’une virée dans le sud de la province (ce qui m’a fait manquer une rencontre, le lendemain, de la communauté francophone avec le chef du parti libéral du Canada qui avait lieu à Edmonton; ça m’aurait fait un trajet de 450 km).

La rencontre de Cinémagine a duré un peu plus d’une heure et s’est déroulée dans une belle ambiance bon-enfant. On m’aurait élu au CA si je n’avais pas été en conflit d’intérêt de par ma situation de secrétaire de l’ACFA de Red Deer. Néanmoins, on m’a invité à assister aux réunions du CA en tant que consultant, car il paraît que j’ai des idées intéressantes. L’une d’entre elles va se réaliser à l’automne par la mise sur pied d’un genre de ciné-club francophone à Red Deer. Il en existe déjà un, fort dynamique, à Edmonton.

Ceci dit, la réunion terminée, je me suis retrouvé dans la rue… Pas affamé, quand même, car on nous avait préparé un copieux (et délicieux) buffet. En fait, je n’étais pas vraiment dans la rue, car l’un des membres du CA m’avait offert de m’héberger chez lui; c’était le besoin pressant de solitude qui m’a fait préférer d’aller risquer ma vie dans un motel… Je me suis donc promené dans le centre-ville pour l’explorer davantage à la lueur mordorée du crépuscule et furetant là où je n’avais pas encore mis les pieds.

Horloge bureau de poste

Je n’ai évidemment pas pu résister au charme classique du bureau de poste (qui en est encore un!) et de son horloge, prise ici juste après le coucher du soleil.

Devant ACFA Lethbridge

Ça, c’est la rue sur laquelle je me suis retrouvé, devant le local de l’ACFA de Lethbridge, dont on voit d’ailleurs la porte à droite, juste au-dessus de la boîte du pick-up noir. Il s’agit de la 6e Rue sud. Au bout, on voit la Galerie d’Art du Sud de l’Alberta, qui se trouve sur la 3e Avenue, à l’intérieur d’un beau parc urbain, les jardins Galt.

Metcalfe Block

Face aux jardins Galt, on trouve ce bel édifice (au coin de la 5e Rue, si je me souviens bien). Il était sur ma route alors que je me dirigeais vers le fameux pont de chemin de fer dont je parlerai demain et qui célèbre cette année son centenaire. Cependant, j’allais rencontrer d’autres surprises architecturales et culturelles, dont cet édifice qui fut une caserne de pompiers et dont la partie avant héberge dorénavant un restaurant qui semble populaire. Le soir où je suis passé, il y avait des cours de danse!

Ancienne caserne Lethbridge

En tournant le coin de la 2e Avenue, je me suis retrouvé, quelque peu surpris, devant ce magasin de curiosités japonaises:

Curiosités japonaises

En fait, il y a une présence japonaise importante à Lethbridge, que l’on remarque entre autres par le nombre impressionnant de restaurants japonais qui ont pignon sur rue dans le centre-ville. Le moment de surprise passée, l’historien est revenu à ma conscience. Cette présence remonte à la Deuxième Guerre mondiale, alors que, suite à des pressions populaires exacerbées par la guerre, le gouvernement fédéral décide de déporter tous les Canadiens d’origine japonaise qui vivaient le long des côtes du Pacifique. Ceux-ci avaient deux choix principaux: l’expatriation vers le Japon (alors que plusieurs d’entre eux n’y avaient jamais vécu) ou la déportation vers l’intérieur, soit vers des camps de détention ou pour travailler dans l’industrie de la betterave sucrière, dans le sud de l’Alberta. Malgré des conditions de vie et de travail déplorables durant la guerre, ces Japonais ont progressivement pris racine dans la région. Bien qu’ils constituent toujours une petite minorité, elle a ses institutions culturelles.

Francs-maçons chinois

Selon toute vraisemblance, la communauté chinoise est aussi importante à Lethbridge, comme en témoingne cette loge maçonnique, qui se trouve à l’autre bout du même pâté de maison que le magasin japonais.

Quartier de la caserne

Directement en face de cette loge maçonnique, on trouve aussi cet édifice:

Ligue nationale chinoise

J’ignore à quel point ces deux associations chinoises sont actives, mais elles sont certainement une grande visibilté sur la deuxième Avenue sud.

En ce lundi soir, le centre-ville était plutôt tranquille. C’était un temps parfait pour aller explorer les abords du géant centenaire qui traverse la vallée, ce que je vais vous raconter demain.

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2 commentaires sur « Petite promenade à Lethbridge »

  1. Je ne sais pas pourquoi, mais ça fait pas très sérieux, l’édifice « chinese free masons »… On dirait plus une échoppe qu’une loge.

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