Retour sur un viaduc

High Level au soleil couchant

Lors de mon récent passage à Lethbridge, je n’ai pas pu m’empêcher de retourner voir cette merveille d’ingénérie qu’est le High Level Bridge et dont j’ai déjà touché mot. Cette fois, j’étais en haut de la vallée et du côté est de la structure, ce qui m’en donnait un autre point de vue, au soleil couchant.

Locomotives sur High Level

Comme il s’agit de l’année du centenaire de la construction du viaduc, le plus long et le plus haut du monde en son genre, des oriflammes en son honneur décorent la ville et une exposition a été organisée au musée Galt. Je la verrai lorsque je retournerai à Lethbridge en août. Cependant, quelques jours plus tard, j’ai trouvé un livre écrit par Alex Johnston, Canadian Pacific Railway High Level Bridge at Lethbridge) originalement publié par la société historique de Lethbridge en 1977 et réédité à plusieurs reprises, dont en 2008 en prévision du centenaire. Johnston n’était pas historien professionnel, mais ce livre est ce qu’on appelle dans le métier un labour of love, où on trouve une fouletitude de détails mais peu d’analyse. On y trouve aussi de nombreuses images, dont certaines se trouvent également ici.  J’y ai entre autres appris comment on traversait la rivière Saint Mary au sud de Lethbridge avant la construction de cet immense viaduc; la route, compliquée, forçait les trains à ralentir et à se délester d’une partie de leur chargement, ce qui ralentissait considérablement le trafic ferroviaire.

C’est pour cette raison que le Canadien Pacifique a décidé en 1906 de construire un nouveau viaduc et de rediriger la voie ferrée de manière à réduire les tournants, les côtes et les obstacles divers. La construction de la nouvelle structure a posé des défis importants aux ingénieurs chargés de son érection, à commencer par les mesures qu’il était nécessaire de prendre avant que de commencer la construction. Le viaduc terminé mesure 1,6 km en longueur, se dresse à plus de 100 mètres au-dessus de la rivière Oldman et repose sur 33 piliers de 67 pieds (22 mètres environ) de largeur, lesquels sont espacés de la même distance sur les abords, et espacés de 98 pieds 10 pouces (près de 30 mètres) dans le centre de la vallée. Il a fallu pas moins de 328 000 rivets pour assembler les pièces du pont (en plus de ceux qui avaient été insérés dans les pièces préfabriquées formant entre autres le tablier). Les travaux de construction de la structure d’acier se sont étalés sur un an, de juin 1908 à juin 1909.

On avait pensé, comme pour son équivalent d’Edmonton construit en 1913 (qui est passablement moins long et haut) doter ce viaduc d’une voie carrossable sous la voie ferrée. L’idée n’a cependant pas été retenue et ce n’est que plus tard que des ponts ont été construits pour permettre aux voitures et piétons de traverser la rivière. Le pont supporte aujourd’hui, cent ans après sa construction (et sans réparations majeures sauf à quelques piliers dont les fondations ont été consolidées) des convois ferroviaires deux fois plus lourds que ce que l’on avait prévu lors de sa construction. S’il n’est pas un chef-d’œuvre esthétique comme le furent certaines réalisations de Gustave Eiffel au dix-neuvième siècle, il demeure un travail d’ingénérie impressionnant.

High Level et sentier

Du côté est, il n’est pas difficile de s’approcher du viaduc, car une série de sentiers parcourt cette partie de la ville, le long des crêtes entre les coulées. On trouve ce belvédère aménagé au bout du sentier de la photo précédente, question de se reposer si on a fait le chemin inverse, montant du fond de la vallée.

Belvédère sur coulée

De plus, le bureau d’information touristique se trouvant à proximité, l’endroit a été bien aménagé. On y trouve entre autres un jardin aménagé à flanc de coulée et nommé «jardin de la brasserie» en l’honneur d’une industrie qui se trouvait autrefois à proximité.

Jardin de la brasserie

Les fleurs ne semblaient pas avoir encore atteint leur plein épanouissement, mais l’herbe était beaucoup plus verte que lors de mon dernier passage. On peut également descendre en contrebas, où se trouve le vaste Indian Battle Park.

Sentier zigzagant

La vue sur la vallée à partir des approches du pont est aussi impressionnante. On voit entre autres le campus de l’Université de Lethbridge qui se dresse au loin.

Université de Lethbridge et coulées

Enfin, dans cet environnement si particulier des coulées, des plantes prennent racine et enjolivent la promenade, notamment ces cactus qui se cachent entre les herbes hautes.

Cactus à Lethbridge

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6 commentaires sur « Retour sur un viaduc »

  1. Effectivement, mais il y a une certaine beauté à cette régularité et, sous certains angles, le pont peut même avoir une certaine poésie. Il suffit de faire une petite recherche dans Google Images pour voir quelques exemples de photographes ayant réussi à faire ressortir le potentiel de cette structure.

  2. La beauté d’un ouvrage se trouve parfois seulement dans les justes proportions.

    Nul besoin de formes élancées et aérodynamiques inutiles là où la simplicité est de meilleur goût. Personnelement, je le trouve fort bien intégré et assez discret, je crois que c’est ce qui est important, car de loin, il doit passer complètement inaperçu.

    Je crois avoir déjà souligné cet aspect de l’architecture au sujet de l’université de Lethbridge.

    Ce qui est trop contre nature devient forcément éphémère.

  3. Là-dessus, je suis tout à fait d’accord… même si ce viaduc ne disparaît pas vraiment à distance; il s’impose dans la vallée, mais avec une certaine légèreté.

  4. J’ai tellement hâte d’aller à Lethbridge et photographier cette ville!!!!! Surement cet été si tout va bien! 😀

  5. Il y aurait tellement de belles photos à faire; si j’avais passé plus de temps, j’aurais pu prendre le viaduc à divers moments de la journée. Cependant, c’était un voyage où je voulais parcourir beaucoup de chemin…

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