Fort Whoop-Up: une déception

Fort Whoop-Up Carriage

Le Centre d’interprétation du fort Whoop-Up se trouve au pied du viaduc ferroviaire de Lethbridge, dans Indian Battle Park. Il s’agit d’une reconstitution historique de ce dont aurait pu avoir l’air le fort qui se trouvait originalement à quelque kilomètres en amont, sur les rives de la rivière Oldman, dans un lieu trop propice aux inondations pour y installer un musée. Le fort original, dont le nom était Fort Hamilton, occupe une place importante dans l’histoire et le folklore albertain. Il s’agissait d’un des établissements construits par des marchands étatsuniens à l’aube du transfert de la Terre de Rupert au gouvernement canadien. Ces divers forts permettaient à des marchands que le folklore veut sans scrupules d’acquérir des pelleteries des Amérindiens qui occupaient le territoire en échange de divers biens, dont de l’alcool. Le surnom du fort, Whoop-Up, signifie en anglais «faire le gros party». Ce fort et les autres du même acabit constituaient une menace à la souveraineté canadienne dans l’Ouest et le trafic d’alcool qui s’y déroulait (illégalement) menaçait la paix entre les Premières Nations. C’est en partie pour calmer les tensions que suscitaient de tels établissements que la Police à Cheval du Nord-Ouest (ancêtre de la Gendarmerie Royale du Canada d’aujourd’hui) a été créée en 1873.

Fort Whoop-Up Saloon
Saloon à l'intérieur du fort (le ventilateur électrique n'est manifestement pas d'époque)

Le centre d’interprétation n’est malheureusement pas à la hauteur de la légende créée autour du fort. On y trouve une enfilade de pièces tentant tant bien que mal de recréer l’atmosphère du fort Hamilton. L’élément le plus intéressant que fait ressortir l’exposition est le fait que la Police à Cheval du Nord-Ouest s’est établie dans le fort, obtenant l’hospitalité des marchants étatsuniens. En fait, à l’arrivée de la PCNO, le gros des tensions créées par la présence de ces marchants s’était calmée et la Police était surtout là pour maintenir un certain ordre.

Cour Fort Whoop-Up

Peut-être est-ce parce que je suis historien et que rien de tout cela n’est bien nouveau pour moi, peut-être était-ce l’heure à laquelle je me suis pointé au Centre d’interprétation ou bien encore peut-être était-ce les attentes très hautes qu’a créées ma visite au Fort Edmonton l’année dernière, toujours est-il que je n’ai vu dans ce centre qu’une répétition assez approximative et stéréotypée des mêmes exhibits déjà vus ailleurs, sans animation de qualité. J’ai d’ailleurs fait part de ma déception à la jeune femme qui se trouvait à l’accueil, qui m’avait simplement dit, après que j’ai acquitté le droit d’entrée de sept dollars, de suivre mon chemin pour visiter l’exposition intérieure sur les Amérindiens et ensuite de visiter le fort lui-même (ou plutôt l’enfilade de pièces que l’on voit sur la photo ci-haut). Dans l’exposition intérieure, on voit une série de scènes stéréotypées, notamment l’inévitable bison empaillé grandeur nature et cette carte à l’amérindienne de la bataille qui a donné son nom au parc:

Scène de bataille amérindienne

La présence de certains employés costumés et d’animaux dans la cour me laissent croire qu’il y a de l’animation… peut-être sur demande. Leur site annonce bien quelques activités spéciales, mais pas d’activités d’animation régulières.

Chèvre Whoop-Up

Baaaaaa… c’est pas graaaaave… On se reprendraaaaaaaa…

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2 commentaires sur « Fort Whoop-Up: une déception »

  1. Meme impression quand nous y etions alles l’an dernier : bof. Bon, voyons le bon cote des choses, ca a au moins le merite d’exister, et les touristes ne s’y bousculent pas 🙂

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