Saint-Paul

Place OVNI

Saint-Paul, en Alberta, c’est une petite ville d’un peu plus de 5400 habitants (à peu près la taille de Vegreville, quoi!). Son histoire est toutefois assez particulière. À son origine, Saint-Paul-des-Métis devait être un genre de colonie modèle pour aider les Métis (issus, surtout durant l’époque de la traite des fourrures, de l’union d’Européens à des femmes Autochtones).

À l’origine, en 1896, le père Albert Lacombe, OMI cherchait à faire de Saint-Paul un lieu de formation protégé pour les Métis. Ayant constaté l’échec de la politique du gouvernement canadien face aux Premières Nations, celui-ci désirait protéger les Métis de la spoliation de leurs terres qu’avait entraîné le système de concessions de terre (scrip) par lequel les Métis pouvaient échanger leurs lopins de terre sur des terres réservées pour une somme d’argent. Ce système entraînait la marginalisation des peuples indigènes.

C’est quand même avec la collaboration du gouvernement fédéral que le père Lacombe a pu réaliser son projet initial, créant un espace protégé de 92 160 acres de terres de la Couronne pour une colonie modèle visant à amener l’intégration progressive des Métis à la vie agricole. Une cinquantaine de familles s’y étaient établies en 1897. Cependant, au début du vingtième siècle, une série de catastrophes naturelles, combinées au financement déficient (une caractéristique récurrente de la politique autochtone à l’époque) ont amené l’échec de la colonie. En 1908, le bail original de 99 ans qu’avait signé le père Lacombe en 1896 est révoqué et la colonie s’ouvre aux Canadiens français. C’est pourquoi la ville de Saint-Paul célèbre son centenaire de fondation en 2009, soulignant l’établissement des pionniers canadiens-français sur les premiers homesteads ouverts le 10 avril 1909.

La communauté d’aujourd’hui est devenu un bastion des francophones en Alberta, même si, comme partout dans la province, on y trouve une diversité de groupes ethniques. C’est aussi à cet endroit que l’on retrouve une attraction touristique unique: une piste d’atterrissage pour ovnis.

Landing pad

Celle-ci se trouve en bordure d’un vaste parc au cœur du village. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’avaient lieu les activités de la Fête franco-albertaine qui m’attirait en ces lieux. Il s’agit là d’un projet du centenaire (de la confédération canadienne) réalisé en 1967. Maintenant que vous avez fini de rire hystériquement (parce que, oui, ça fait un peu drôle au départ comme idée) voici la raison pour laquelle, à une époque où l’exploration spatiale commençait à dominer la culture ambiante et laissait poindre un avenir à la fois plein d’espoir et d’insécurité, ce projet a été choisi pour rassembler les énergies de la communauté:

Affiche St Paul OVNI

On reconnaît là l’enthousiasme et l’optimisme un peu béat des années 1960… en même temps que l’on peut y lire les tensions de la Guerre froide entre les lignes. Saint-Paul se voulait un lieu de paix. C’est tout de même un beau rêve lorsque l’on célèbre le centenaire de l’existence d’un pays!

Carte Saint-Paul

La piste d’atterrissage situe Saint-Paul dans le Canada avec cette carte de mosaïque de pierres. Au-dessus, on peut apercevoir les drapeaux des provinces et territoires (qui ne sont pas dans l’ordre protocolaire, je ne sais pas pourquoi). Cet espace est devenu un lieu de rassemblement pour les habitants de la municipalité.

Infotouriste St Paul

Et quoi de plus logique que de construire le centre d’information touristique de Saint-Paul directement à côté de la piste d’atterrissage, son attraction touristique principale?

Don't be alien

Évidemment, les commerces locaux ont décidé de tirer parti de la thématique spatiale, un peu comme à Vulcan. On mêle d’ailleurs, sur cet auvent de restaurant, le langage de Star Trek et des extraterrestres en général.

Cathédrale Saint-Paul

Saint-Paul, c’est aussi un diocèse catholique, l’un des quatre de l’Alberta. J’ai d’ailleurs déjà parlé de son évêque, qui a son franc-parler lorsqu’il s’agit de questions de justice sociale, lesquelles ne manquent pas sur ce territoire. C’est en effet dans le diocèse de Saint-Paul que se trouve Fort McMurray, centre de l’exploitation des controversés sables bitumineux. Cependant, en ce samedi de juillet, c’était plutôt un mariage qui occupait le parvis de la cathédrale. Je n’ai d’ailleurs pas pu jeter un œil à l’intérieur: la cérémonie était terminée et c’était verrouillé.

Centre culturel

À côté de la cathédrale, l’école du Sommet et le centre culturel. Ça me faisait tout drôle de voir, en Alberta, une affiche entièrement rédigée en français. J’en ai perdu l’habitude! C’est un des seuls témoins visibles de la présence francophone (pourtant importante) dans cette ville.

Quant à l’architecture… aux témoins du passé… disons que les années 1970-1980 ont été bien cruelles et que Saint-Paul a bien peu d’édifices que l’on pourrait qualifier de «patrimoniaux». Le pire exemple était certainement l’hôtel Lavoie/Hensen, qui rappelait son passé sur un mur:

Hotel Lavoie

Disons que le reste du bâtiment est, enfin, un massacre architectural éhonté d’un goût que l’on ne peut même pas qualifier poliment de «douteux»:

Hotel Hanson

La murale ne fait que regretter davantage le passé…. à une époque où l’aluminium ne défigurait pas tout. Car, sous cette coquille, le bâtiment original dort encore. Pour ne pas terminer sur une note négative, il y a quand même quelques édifices charmants le long de la rue principale:

Heaven Sent

Il y avait bien cette petite échoppe qui a gardé l’essentiel de son caractère boomtown. Les bâtiments avoisinants, toutefois, ont depuis longtemps été remplacés.

Bureau de poste Saint-Paul

Le bureau de poste ne manque pas de charme non plus, et il est orné d’une statue d’Autochtone dont on se demande un peu ce qu’elle fait là… Le bureau de poste vient évidemment du «catalogue» d’architecture du ministère des postes à l’époque où il a été construit, mais il a une certaine stature… malheureusement un peu perdue lorsque dans les années 1980 les fenêtre ont été changées.

Maison Saint-Paul

Enfin, il y avait cette charmante maison du début du siècle dernier. Peut-être était-ce une maison du catalogue Eaton (oui, ils vendaient des maisons en kit à l’époque et certaines suivaient ce style). Il y en a un peu partout en Alberta, des maisons de ce genre, mais elle était particulièrement plaisante.

Une note à l’intention de ceux qui attendent les recettes du festin de samedi dernier… ça s’en vient. J’essaie de reprendre le retard pris dans l’histoire de mes expéditions du mois de juillet avant que la neige nous tombe dessus et je ne peux pas vraiment écrire plus d’un article substantiel par jour. Je passe de longues journées aux archives ces temps derniers… Il y a un projet de recherche qui commence à prendre forme!

Note: Les renseignements concernant l’histoire de Saint-Paul ont été tirés d’un article publié par une ancienne chargée de cours qui m’a enseigné jadis à Ottawa… et aujourd’hui professeure au Campus Saint-Jean. Nathalie Kermoal, « De Saint-Paul-des-Métis à Saint-Paul », Le Franco, vendredi 26 juin 2009, pp. 2-3.

25 commentaires sur « Saint-Paul »

  1. Merci pour la balade🙂 (pour les recettes, je sens que je vais aller acheter des saskatoons et les congeler pour en avoir encore à disposition quand tu auras enfin le temps de nous donner les recettes😉 ).

    PS. J’ai rencontré deux personnes qui travaillent au même endroit que toi, hier, et qui te connaissaient… mais je ne me souviens plus de leurs noms, il y avait trop de monde.

  2. Bien aimé la piste pour ovnis et la « stargate alpha » : plus fort que Hollywood, l’Alberta, mouahaha ! Sait-on s’il y a eu au moins un atterrissage, genre de nuit, subrepticement, pendant que tout les « Saint-pauliens-les métissés » dormaient à poings fermés ? :p

  3. Dr. CaSo, quelle était l’occasion de cette rencontre de collègues à moi? Et les recettes s’en viennent… Je vais toutefois commencer par l’entrée! En fait, j’ai tout un livret de recettes avec des amélanches; je devrais t’en faire une copie…

    Deef, j’te jure, l’Alberta, c’est out of this world… Quant à l’atterrissage possible, qui sait? Peut-être même les «atterrisseurs» auraient-ils utilisé une stratégie soporifique quelconque?

  4. C’était une soirée avec plein de gens qui travaillent dans mon domaine (academic writing) des universités et collèges du sud de l’Alberta. En fait, j’ai aussi revu un ami de Toronto, hier, qui est allé 3 ans à la high school de Red Deer et qui est ami avec un certain Michael Dawe (pas sûre de comment s’écrit son nom et tu peux l’effacer si tu veux) que tu connais peut-être et qui travaille à la bibliothèque de ton collège, je crois.

  5. Ah! Dawe était jusqu’à tout récemment l’archiviste de la ville de Red Deer. Il travaille maintenant au musée. Il est un peu la mémoire vivante de la ville. Je ne l’ai malheureusement pas encore rencontré (du moins de manière officielle).

  6. Cher Doreus,

    Si j’ai bien tout suivi, il y a dans cette petite ville une piste d’atterrissage pour ovnis, je me demande alors légitimement à quoi ressemble cette piste, surtout moi qui, comme tu le sais, nourris une passion non dissimulée pour les airstrips.

    Ne me dis pas que c’est la petite place fleurie en tête de ce billet ?

    Une autre question, qui n’a rien à voir avec la précédente ; j’ai beau avoir commencé à apprendre l’anglais il y a une année et demi, je ne comprends décidément pas l’inscription : « Take out or beamed to your door. Don’t be alien ».

    What does it mean, please ?

  7. Ah Momo! Merci de ta visite! Oui, la piste d’atterrissage, c’est la plate-forme surélevée qui se trouve derrière la place fleurie (laquelle représente la feuille d’érable stylisée qui avait été choisie comme symbole des célébrations du centenaire de la confédération en 1967). On suppose donc que, contrairement aux avions, les ovnis décollent à la verticale, comme les hélicoptères.

    Quant à l’inscription sur le restaurant, Take out veut dire: «Mets à emporter» et beamed to your door fait référence à un moyen de transport dans la série Star Trek, la télétransportation. Le verbe utilisé en anglais pour «télétransporter» dans le langage courant était beam, faisant référence aux rayons lumineux (beam). Donc, le restaurant fait la livraison (qu’on suppose rapide!). Quant à alien, ça veut dire soit «étranger» ou «extraterrestre». Autrement dit: ne vous gênez pas d’entrer!

  8. Puisque c’est ouvert aux  » alien » , j’entre sans vergogne . Relativement à l’intervention récente de Horacio chez Momo , et à ton aphorisme  » Don’t be a lurker  » , je ( nous ) pose les questions suivantes :
    1. Qu’est ce qui nous pousse à ouvrir un Blog ?
    2.Pourquoi avons nous beaucoup plus de lecteurs invisibles que d’intervenants ?
    3.Certains Blogs semblent plus accueillants que d’autres , pourquoi ?

    Doreus , ton Blog est clairement généreux et accueillant . D’autres- pas ceux que je fréquente – vous font sentir que votre  » intrusion  » dans leur petit cénacle est déplacée . vous avez l’impression de rester la main tendue ( comme un facheux) au milieu des  » pias pias  » des  » Initiés  » .

    Ceci n’explique t il pas la reluctance de la plupart à intervenir ?
    Pour ma part , j’ai eu une ou deux expériences de ce genre . C’est désagréable et peut expliquer le faible taux d’intervention .
    Enfin , si vous maniez l’humour , ç’est pire ! car il y a plusieurs formes d’humour … et l’absence de vision directe de l’interlocuteur brouille la  » bonne  » reception du message . Ce n’est pas facile la COMMUNICATION .

  9. Doreus, merci de ta généreuse explication (comme à ton habitude), et je respire un grand coup en constatant que l’inscription faisant subtilement référence à Star-trek n’était tout de même pas si facile à comprendre pour un néophyte.

    Je constate que les saintpaulins supputent la dimension de l’objet volant avec une relative précision, c’est à dire, dans le cas présent, un ovni pas plus grand, justement, qu’un hélicoptère (encore que même un hélico pourrait s’avérer trop grand, risquant de s’emmêler dangereusement les pales avec les drapeaux à l’arrière).

    À en juger par la photo, ce serait alors, une sorte d’oeuf consulaire, pas plus grand que trois ou quatre fois la dimension d’une télécabine de ski.

    Je me suis entendu dire que les raéliens (une secte qui croit, si j’ai bonne mémoire, que nous aurions tous été fabriqués dans des éprouvettes par des extraterrestres) s’adonneraient, eux aussi, à un type d’activité de nature consulaire avec, notamment, constructions de pistes d’atterrissages.

    Juassss, juassss, juasssss, Patton, c’est de loin ton intervention la plus drôle !

    Il faudrait proposer aux saintpaulins de te choisir comme embassadeur, à l’accueil de l’objet volant non identifié. Ce serait chic.

  10. Il a déjà prévu ça …. Il a coupé ses cheveux …. Prochaine étape : la boule à Zéro !!!

  11. Patton, tes questions sont intéressantes (et je les ai vues surgir à divers endroits dans la blogosphère). Personnellement, il y a longtemps que je me suis réconcilié avec l’idée du fait que la majorité des gens n’ont pas nécessairement envie de laisser des commentaires. Combien de fois m’est-il arrivé, à moi qui suis pourtant bavard, de lire ici et là et de rester silencieux? Probablement plus souvent qu’autrement.

    Les commentaires rendent toutefois le blogue plus interactif, plus social. J’apprécie. J’aime aussi savoir ce que les gens pensent de ce qui s’écrit ici. Contrairement aux autres écrits que je sors (articles et livres) pour lesquels je n’ai à peu près jamais d’échos, le blogue permet d’avoir une réponse (qu’elle soit appréciative ou critique m’importe peu, l’essentiel étant de garder les lignes de communication).

    Il semble y avoir autour de certains sites une «communauté» qui se crée. Je ne vois pas cela comme un obstacle. Il m’arrive d’y laisser une note; peu m’importe que l’on m’inclue dans le «cercle» ou qu’on me considère comme un visiteur de passage. Puis il y a, à travers certains sites dont les lecteurs s’entre-lisent, une interaction plus active parfois… ou même, comme c’est le cas pour les blogueurs francophones en Alberta, des rencontres fort intéressantes entre gens qui ne se seraient pas connus autrement!

    En un mot, peu m’importe que l’on commente ou non; pourvu qu’on se sente libre de le faire.

    Momo, les Raéliens m’ont toujours fait rire… par leur justification de l’hédonisme qui forme le centre de leur pratique. Curieusement, ils profitent chaque année du défilé de la fierté gaie de Montréal pour se faire connaître. Ce n’était pas le cas à Edmonton l’an dernier; on verra pour Calgary cette année. Disons que dans cette province plutôt puritaine, il y a peu de chances qu’ils soient présents. Ils ont effectivement construit des sites d’atterrissage… et ils ne sont pas les seuls.

    Cependant, les Saint-Paulins ont faut preuve d’un bel alliage de vision socio-politique, d’humour et de créativité avec leur site, qui est connu à travers la province. On en lit… mais en même temps on vient voir!

  12. une communauté se créant autour d’un blog est positive . Je faisais référence à des bogs ou une intervention est reçue comme l’apparition d’un  » paysan du Danube  » …ça se sent tout de suite . Ceci réfréne grandement la tentation de persister . Bon ! c’est pas grave ! Les cénacles existeront toujours . Ca doit étre bune forme de protection ? Mais , je repose ma question ; pourquoi ouvre t on un blog ? Nb : sorry ! je suis sur mon portable et le clavier n’est pas facile , touches argentées peu lisibles !

  13. Je pense que les raisons sont aussi diverses que les blogueurs… pour ma part, c’était pour tenir des gens que je connaissais au courant de ce qui m’arrivait «au loin».
    J’en ai d’ailleurs parlé ici, à l’occasion du premier anniversaire du blogue. Pour d’autres, ce moyen sert de lieu de partage de passions (les blogues à thème par exemple). Pour d’autres enfin (car je ne m’éterniserai pas; les raisons étant fort variées), il semblerait que la passion de l’écriture et/ou de la photographie joue un rôle déterminant.
    Et puis, il y a les polémistes…
    D’autres veulent poursuivre la discussion?

  14. Pour en finir une bonne fois pour toutes avec mon blocage à l’égard de l’anglais.

    Mais aussi pour réactiver des molécules endormies, assouplir mes synapses, entrer dans un nouvel espace mental, instaurer des dialogues et rechercher un échange dynamique avec le public.

  15. Ah! Mais oui! J’avais omis la raison linguistique… qui m’avait moi-même amené (à la lointaine époque de mes études secondaires) à correspondre avec des gens à l’étranger. À l’époque, il fallait du papier, une enveloppe, un timbre… et du temps pour attendre les réponses! Plusieurs services existaient pour mettre les jeunes en lien un peu partout sur la planète. J’ai correspondu (en anglais) avec une Française (qui vit en Vendée avec sa petite famille), des Allemandes, une Néérlandaise, des Australiennes (dont une vit maintenant aux États-Unis après un détour par le Kenya et le Canada)… et j’en passe. Il semble que ce genre de service intéressait davantage la gent féminine; pas un correspondant masculin!

  16. Ah oui ! Je correspondais par le  » Pen club  » avec une japonaise . On s’envoyait méme des bobines de ruban magnétique , à l’époque les mini K7 n’existaient pas encore . Ca défilait à 9,5 cm par seconde , mais comme nos magnétos n’étaient pas trés calibrés , ça lui donnait une voix de basse !
    Ca prenait environ 6 semaines dans chaque sens … Vive Internet !!

  17. … et les téléphones mobiles, desquels je ne peux plus me passer. En fait, j’adore vivre dans le futur. J’irais même jusqu’à dire qu’avant internet et les téléphones mobiles la vie c’était de la m…

  18. C’est , en effet , un fantastique outil de communication . Momo , je te surveille depuis le Mont Saléve , jouass jouasss . Regarde bien le Cessna blanc et bleu ….. c’est moi !

  19. Bon ! Le controle de Cointrin me refuse l’atterrissage . Je retourne sur Annemasse ! D’ailleurs Proserpine y est garée . Je reviendrai avec elle par Moëllesulaz ….. c’est à 5 minutes du Léman .

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