Castor

Castor Welcome

Castor est un petit village sur la route 12 à environ 140 km à l’est de Red Deer. C’était mon dernier arrêt lors de ma tournée dans l’est de la province en juillet dernier.

Castor

Le village, comme j’en ai parlé ailleurs, a été nommé Castor en l’honneur du ruisseau qui le traverse, Beaver Creek. C’est pour cela qu’une statue surdimensionnée du rongeur se dresse à l’entrée du village.

Musée Castor

Près de l’entrée du village, on trouve cet édifice, l’ancienne gare du Canadien-Pacifique, qui héberge maintenant le musée régional. Celui-ci n’est manifestement pas une opération à grand budget et n’est ouvert que trois jours par semaine à raison de deux heures par jour ou sur rendez-vous. Je n’ai pas vu les objets exposés, mais un groupe scolaire en parle sur un mini site web. Des artefacts intéressants y apparaissent qui nous plongent à une époque où les communications étaient plus rudimentaires et où l’agriculture dominait encore véritablement l’économie des prairies.

Élévateur Castor

Castor, comme bien d’autres centres de l’Ouest canadien, s’est développé autour d’un élévateur à grains. En fait, il y en avait plusieurs, mais les autres ont été démolis; celui-ci n’ayant échappé à ce sort que de justesse. Les dernières pages du document expliquant la mission et les services du musée mentionne la controverse entourant la préservation du patrimoine bâti dans les prairies, un univers où l’utilitarisme prime sur la conservation. Celui de Castor est l’un des plus vieux élévateurs originaux existant toujours en Alberta. Il a été construit en 1910, ce qui en fait le deuxième plus ancien de la province. En 2004, l’élévateur a été déclaré ressource historique provinciale, ce qui lui donne le niveau de protection le plus élevé dans la province (ainsi que des subventions pour son entretien).

Wagons

À côté de l’élévateur, on voit ses compléments essentiels: des wagons. Il y en a quatre: un wagon à bestiaux à deux étages, deux wagons à grains et un fourgon de queue. Ceux-ci, donnés par le Canadien-Pacifique, ont été rénovés et repeints… gracieuseté d’un carrossier local qui s’affiche fièrement à proximité de ceux-ci. Fort bien! On utilise les ressources du milieu.

École Castor

Une gare, un élévateur, quelques wagons… Que manque-t-il à tout bon village? Une école, bien sûr! L’école de Castor a été construite en 1919 et est l’une des plus anciennes à avoir été préservées dans la province. On y a enseigné jusqu’en 1959 dans une seule salle de classe, un peu comme l’école que j’ai plus récemment visitée. L’intérieur semble toutefois en avoir été mieux préservé et reconstitué.

Atelier musée Castor

Un quatrième bâtiment s’ajoute au complexe muséal: un atelier de mécanique dans lequel on trouve des véhicules automobiles des années 1920 aux années 1950. Rien qui se compare au Musée Remington de voitures (principalement) hippomobiles à Cardston, mais quand même… j’aurais apprécié au moins pouvoir y entrer. Dommage que l’endroit ferme à 16 h!

Instruments aratoires

Autour de ces bâtiments, on trouve quelques instruments aratoires qui semblent presque abandonnés à leur propre sort… mais qui doivent pouvoir prendre vie avec une animation appropriée. Enfin, près de l’entrée du musée, tout près d’un castor qui autrefois ornait une locomotive du CP, on trouve un ancien chariot à bagages qui semble dire: Prêts à partir (vers le passé)? En voiture!

Chariot bagages Castor

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2 commentaires sur « Castor »

  1. Le castor est un rongeur bien sympathique.

    Mise à part ça, les couleurs sont décidément plus belles sous un ciel nuageux.

    Ceci étant dit, ces vestiges pré-industriels me portent à me questionner sur l’héritage puritain du Canada.

    As-tu lu l' »éthique protestante et l’esprit du capitalisme » de Max Weber ?

  2. Le castor est bien sympathique, pour autant qu’il se trouve loin des activités humaines… sinon, disons qu’il dérange.

    Personnellement, je trouve les couleurs fort ternes sur ces photos. Mais c’est certain que la lumière est moins crue que sous le soleil brillant.

    Il ne s’agit pas vraiment de vestiges préindustriels à proprement parler… Car quand l’Ouest canadien s’est développé, l’est du pays était déjà fortement industrialisé, et l’agriculture qui s’est développée ici était dès l’origine de type commercial et destinée à sustenter les villes industrielles de l’est. C’était ce qui était au coeur de la «politique nationale» de John A. MacDonald. Il cherchait à créer une économie nationale intégrée reposant sur le développement des terres de l’Ouest (grâce au chemin de fer, symbole par excellence de l’industrialisation) au profit des capitalistes de l’est et pour le bien des villes industrielles qu’il voyait concentrées le long de l’axe du Saint-Laurent et des Grands Lacs.

    Le Canada n’a pas vraiment d’héritage puritain au sens propre; c’est davantage le cas (et de manière fort limitée) au sud du 49e parallèle. Ceci dit, lorsque l’Ouest canadien s’est développé, une forte immigration étatsunienne, encouragée par le fait que le gouvernement fédéral, dans la politique sur les terres de 1872 a décidé de copier le modèle d’arpentage des terres de l’ouest des États-Unis. Le système d’attribution des terres était cependant différent et destiné, dans une certaine mesure, à réduire la spéculation foncière.

    J’ai lu de larges extraits de Weber, un livre d’ailleurs fort contesté et qui s’applique seulement de manière assez limitée au calvinisme davantage qu’au protestantisme en général.

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