Petite découverte ecclésiale

St Luke's Facade

L’année scolaire va bientôt commencer et je continue à parler de mes excursions estivales… C’est que j’ai comme qui dirait un surplus photographique! Voici un autre chapitre, à Calgary cette fois. À la mi-juillet, il me fallait retourner chez le concessionnaire où j’avais pris possession de Bernadette, car celle-ci devait recevoir une inspection bisanuelle liée à un traitement qui a été appliqué à la carrosserie.

J’avais bien vu, lors de mon bref passage du mois d’août 2007, cet édifice qui se dressait de l’autre côté de la rue, mais j’étais plutôt pressé de rentrer à Red Deer. Je n’étais pas revenu dans ce coin depuis, mais il me fallait attendre deux heures pendant qu’on bichonnait ma voiture. Il y avait bien le centre d’achat voisin, mais après une heure à m’y promener, je voulais prendre l’air. C’est alors que j’ai ré-aperçu cette église, Saint Luke’s, et que la curiosité m’a poussé à y entrer. Ceux qui me connaissent savent bien que je suis fasciné par l’architecture moderne et par les aménagements liturgiques.

Intérieur St Luke's

L’extérieur de l’église est un exemple parlant de «brutalisme», cette vogue qui visait à mettre en valeur la texture brute des matériaux comme le béton ou la pierre. Les formes du bâtiment sont audacieuses et elles ont conservé leur intérêt malgré un agrandissement en 2004 qui en a modifié quelque peu le volume original. À l’intérieur, ce qui pourrait avoir l’air d’un cube de béton sombre se révèle être empli de lumière naturelle.

Vitraux St Luke's

Les vitraux, au niveau du sol, ne sont pas dénués d’intérêt. Ils ont été réalisés par Robert Oldrich et représentent des aspects de la création. Ils baignent les bas-côtés de la nef dans une douce lumière multicolore qui donne à ce bâtiment beaucoup de chaleur.

Baptistère

Le baptistère est de facture plus récente; il a été installé durant les travaux d’expansion et de rénovation réalisés en 2004. Comme il se doit, il se trouve près de l’entrée de l’église, symbolisant par sa présence l’entrée dans la vie chrétienne de chaque baptisé qui entre dans le lieu sacré. Je ne suis pas certain d’aimer le choix de l’aménagement en ce qui concerne le lien avec l’architecture générale du bâtiment, mais sa dimension symbolique est indéniable.

Abside

Les travaux d’expansion ont amené la construction d’un centre communautaire qui donne au bâtiment l’aspect d’un garage sur certaines façades… un choix douteux. Néanmoins, cette communauté est manifestement dynamique et avait besoin de bâtiments pour héberger ses nombreux services à la population environnante. J’ignore comment se vivent les célébrations liturgiques dans ce lieu, mais j’aurais envie de le savoir.

Dessin architectural de l'église telle qu'elle a été construite en 1968
Dessin architectural de l'église telle qu'elle a été construite en 1968
Vue de l'église depuis les travaux d'agrandissement de 2004. Les bas-côtés ont été ajoutés et l'édifice du presbytère lourdement modifié.
Vue de l'église depuis les travaux d'agrandissement de 2004. Les bas-côtés ont été ajoutés et l'édifice du presbytère lourdement modifié.
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6 commentaires sur « Petite découverte ecclésiale »

  1. C’est le règne du béton ! Cette architecture est typique des années 60… Une question à propos du baptistère : une telle installation est conçue pour les baptêmes par immersion. Cette pratique est peu courante dans l’église catholique romaine. Cette paroisse pratique-t-elle le baptême par immersion des adultes ? – Le béton est-il favorable à la prière ? une matière lourde, grise, rugueuse, et qui donne une acoustique déplorable… L’architecte de cette église, et de bien d’autres à cette époque, semble ne connaître qu’un seul outil : la règle. Pas une seule courbe dans cette architecture. Celle-ci est le témoin d’un christianisme de masse, qui a besoin de très grands espaces. Apparemment, puisqu’ils ont dû s’agrandir, ils parviennent toujours à drainer des foules. Ce n’est certes plus le cas des églises au Québec, c’est le moins qu’on puisse dire. Cette église est un témoin architectural intéressant, mais en ce qui me concerne, cette esthétique me paraît froide et anonyme.

  2. C’est une esthétique architecturale qui ne plaît pas nécessairement à tous. Elle a une certaine froideur et ces édifices demandent à être habités pour prendre vie. J’ai vu mieux dans le genre, il va sans dire, mais ce n’est pas sans mérite non plus. La courbe… cette forme si maternelle, si réconfortante, n’était souvent pas à l’honneur dans les années 1960. Une exception notoire se trouve ici dans ma petite ville, dans l’église Saint Mary’s (deux photos ici), conçue par Douglas Cardinal.

    Quant au baptême des adultes, dans un milieu où le catholicisme est une religion entre les autres, il est assez communément pratiqué, et toujours durant la veillée pascale, après une préparation d’un an en compagnie d’autres catéchumènes. Je l’ai vécu à Red Deer; c’est émouvant. Généralement, il ne s’agit pas d’immersion complète (d’ailleurs, cette piscine baptismale est trop petite pour le permettre). On demande au catéchumène de se tenir dans l’eau et on lui verse un pichet sur la tête.

    Quant à l’acoustique du lieu, je ne sais pas de quoi ça a l’air; le béton ne donne pas nécessairement une mauvaise acoustique, mais exige parfois d’être compensé par des moyens technologiques appropriés.

  3. L’ultramodernité, je ne sais pas ce qu’il en adviendra dans deux ou trois cents ans… Surtout que la qualité des matériaux et des assemblages est rarement au rendez-vous.
    Ceci dit, moderniser les lieux de culte, c’est aussi les faire vivre dans le présent et ne plus exclusivement les lier au passé.

  4. La modernité ne vise pas nécessairement la durée dans le temps… contrairement aux églises médiévales construites pour l’éternité. Ça reflète certes architecturalement des transformations sociales (et même ecclésiales). De plus, comme tu le suggères, un lieu de culte se doit d’être vivant et de répondre à la communauté présente et à ses besoins.

  5. Ici, en Europe, les églises modernes en béton sont presque toujours le fait de paroisses protestantes.

    À Genève, capitale du calvinisme, on voit beaucoup d’églises en béton. J’ignore, par contre, si les petites paroisses en périphérie, qui semblent plus anciennes, étaient catholiques, comme l’était, par exemple, la cathédrale Saint Pierre de Genève, avant de subir les destructions iconoclastes.

    Comment te positionne-tu par rapport à l’iconalatrie, et au culte des images sacrées en général ?

  6. Ah! Je «comprends» le culte des images, mais ce n’est pas mon truc. Par contre, l’esthétique protestante (surtout calviniste) qui évacue presque tout décor, me paraît souvent trop froide.

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