Halifax ville portuaire

Je crois l’avoir déjà dit, Halifax est une ville essentiellement portuaire et dont l’importance comme port militaire s’est avérée cruciale pour l’Empire britannique entier au cours des deux conflits mondiaux. Ce fut aussi le point de départ des recherches de l’épave du Titanic, dont on peut voir une réplique dans l’étang du Jardin Public au centre de la ville. Nous ne pouvions donc pas passer par cette ville sans aller se promener au bord de l’eau.

Je suppose que la vue doit y être belle par beau temps. Nous n’avons pas été gâtés de ce côté. On voyait quand même l’Île Georges, au centre du havre, qui constituait un des éléments de la défense du port. Aujourd’hui, ce site historique est en voie de réhabilitation pour l’ouvrir aux touristes.

Vu son importance historique, le port ne manque pas de rappels de son passé. Par exemple, l’horloge de l’Arsenal de la Marine, ici installée sur un support protecteur, a donné l’heure juste au port de 1772 à 1993. Construite en 1767 à Londres, elle a été donnée à la municipalité d’Halifax en 1996 pour être exposée en souvenir du lien historique entre la marine et la ville.

Tout n’est quand même pas que sérieux dans ce port. Ici, Theodore le Remorqueur, le héros d’aventure pour enfants. On peut y faire une visite du port qui doit enchanter les enfants.

Le port était rempli d’activité en ce 29 juin où nous y étions. On avait pu le constater dès notre visite de la Citadelle en début d’après-midi. On pouvait en effet voir des navires qui de toute évidence ne faisaient pas partie de la Marine canadienne, comme ce navire d’assaut étatsunien

… ainsi que ce sous-marin. Le port était en effervescence. Les navires avaient revêtu leurs plus beaux atours:

Bon… je savais bien que cette année marque le centenaire de la Marine canadienne, mais je ne comprenais pas vraiment pourquoi ce déploiement paraissait si important. D’ailleurs, tout le flafla entourant la célébration du centenaire ne peut que me faire sourire, étant donné l’immense controverse qu’a soulevé la création de la Marine en 1910 par les libéraux de Wilfrid Laurier, face à une opposition farouche des conservateurs menés par Robert Borden. Ceux-ci, des tréfonds de leur impérialisme, auraient préféré l’octroi de crédits à la Marine Royale plutôt que de créer une «tin pot navy» canadienne. La loi créant la Marine, ainsi qu’un projet de libre-échange avec les États-Unis, a constitué l’un des enjeux majeurs qui ont entraîné la défaite des libéraux de Laurier aux élections de 1911.

Que donc se passait-il en ce jour particulier? Que l’on voie une goélette n’a rien de surprenant en Nouvelle-Écosse… cependant, il y avait même un navire norvégien amarré tout près (et que nous aurions probablement pu visiter si nous étions arrivés quelques minutes plus tôt).

L’endroit regorgeait aussi de membres des personnels des marines diverses qui avaient revêtu leurs plus beaux atours. Plusieurs vétérans se promenaient également sur les quais.

Eh bien, c’est que, comme vous le savez peut-être, Sa Majesté la Reine Élizabeth II était en visite officielle au Canada. Au moment où nous sommes descendus vers le port, elle venait de terminer une revue internationale de la flotte dans le port. Nous l’avons manquée de peu. Elle a d’ailleurs remis au navire ci-haut, le HMCS Sackville, dernier survivant de la deuxième Guerre Mondiale, une plaque honorifique.

Avons-nous rencontré la Reine? Non. Elle se trouvait là, à la résidence de la lieutenante-gouverneure de Nouvelle-Écosse, lorsque nous sommes passés. La veille, elle venait de dévoiler une plaque soulignant les plus de deux cents ans d’existence de cette résidence officielle, la plus ancienne du Canada (on ne peut visiter, sinon en ligne).

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