Souvenirs de Nouvelle-Écosse: Louisbourg

Vue de Louisbourg en arrivant par la navette. Cliquez pour agrandir.

En cette fête nationale des Acadiens, une petite note prise de ce coin de pays.

Je crois l’avoir déjà mentionné (ici, , et là encore), lors de notre séjour en Nouvelle-Écosse en juin dernier, le mauvais temps s’est acharné sur nous. Malgré tout, nous avons quand même tenté de notre mieux de profiter de notre séjour. L’historien que je suis ne pouvait pas se rendre à l’autre bout du pays sans aller visiter l’un des centres névralgiques de ce qui fut la Nouvelle-France: la forteresse de Louisbourg.

«Lajoie», qui nous a accueillis à l'entrée d'une manière tellement affable que même Oyaté a été conquis.

N’écoutant que notre courage, nous nous sommes donc mis en route pour le nord de la province, faisant, après une longue route sinueuse à travers la forêt, quelques escales le long du Lac Bras-d’Or (j’en reparlerai). Nous avons passé la nuit à Sydney (où nous avons d’ailleurs pris un délicieux et sympathique souper), puis, de grand matin, nous avons pris la route vers Louisbourg (que les gens du coin prononcent, ce qui m’énerve, «Lewisburgh».

Son collègue «LaTerreur» nous attendait de pied ferme à la grande porte... mais il nous a laissés passer sur un mot de Lajoie.

Louisbourg fut l’une des grandes forteresses de la Nouvelle-France. Ce poste avancé, isolé, a été construit suite au Traité d’Utrecht de 1713 qui a cédé l’Acadie et Terre-Neuve à l’Angleterre… à l’exception de l’Isle Royale (Île du Cap-Breton aujourd’hui). Un certain nombre d’Acadiens se sont réfugiés sur cette île rocheuse, mais surtout, ce qui avait été un humble port de pêche est devenu l’une des plus impressionnantes forteresses de l’empire français d’Amérique; un empire à l’étendue immense mais aux défenses fragiles qui se sentait de plus en plus menacé.

Le pont-levis de la porte principale, vu d'une meurtrière de l'échauguette que l'on peut voir en arrière de Lajoie sur la photo ci-haut.

C’est à une entrée grandiose dans le dix-huitième siècle que nous sommes conviés en venant à Louisbourg. Le trajet emprunté pour s’y rendre devient alors en quelque sorte un voyage dans le temps autant que dans l’espace.

Derrière l'entrée monumentale: les quartiers de l'officier en charge à droite et ceux des soldats, beaucoup plus humbles, à gauche.

Lorsque l’on arrive au parc national de Louisbourg, on nous accueille dans un centre d’information, puis on prend une navette vers la forteresse, dont environ 20 pour cent ont été reconstruits (le tout ayant été détruit lors de la Guerre de Sept Ans, il ne restait plus grand-chose de Louisbourg dans les années 1960). On arrive alors à une maison de pêcheur qui es trouve près de la forteresse et où nous avons droit à une présentation de la vie familiale de ces gens au dix-huitième siècle.

La résidence du gouverneur est impressionnante. Dans la partie à droite de la photo se trouvent des pièces qui reconstituent l’existence du gouverneur à l’époque.

La chapelle, bel exemple du style «jésuite» de l’époque, a été reconstituée avec soin. On s’y croirait presque.

La vie quotidienne du gouverneur revit aussi grâce au mobilier des pièces de vie. Ici, la salle du conseil, centre névralgique de la forteresse et de la ville.

Sur une note plus personnelle, le dernier gouverneur de l’Isle Royale, Augustin Chevalier de Drucourt, souffrait tellement de la goutte qu’il avait besoin de cette chaise à porteurs pour se déplacer… ah! Les difficultés de la grande vie!

On n’avait peut-être pas l’eau courante, mais on savait pallier cette difficulté avec ces astucieuses fontaines qui permettaient d’avoir de l’eau fraîche pour les ablutions.

Nous avons eu droit, malgré un crachin persistant, à un tir de canon à mi-journée, précédé par une petite parade. Oyaté en a fait une vidéo.

Au sortir de la résidence du gouverneur, ce cheval de bois nous rappelait la discipline de fer à laquelle étaient assujettis les soldats. Cet engin servait à punir divers manquements à la discipline militaire: quelques heures assis sur ce cheval, les mains menottées derrière le dos, avec des poids aux pieds, auraient suffi à calmer les ardeurs belliqueuses…

Nous avons ensuite descendue la grand-rue vers le port. Une auberge sympathique nous a attirés…

… où nous avons dîné de dinde et de saumon préparés selon des recettes du dix-huitième siècle, dans de la vaisselle reproduisant celle de l’époque. Ma cuiller d’étain a subi quelques assauts alors que je tentais de manger mon dessert… Délicieux et, ma foi, pas cher étant donné l’endroit. Le Gouverneur accepte les cartes de crédit modernes…

Le parc est un espace vivant. On y démontre les métiers de l’époque, comme la réparation de filets, important dans un endroit où l’on vivait largement de pêche, puisque les alentours ne se prêtent pas du tout à l’agriculture.

Toute forteresse a bien entendu besoin d’une forge… Il y avait aussi une boulangerie où l’on pouvait acheter du pain… comme je ne voulais pas trimballer des victuailles durant la visite, j’ai préféré laisser faire…

Alors que certains s’affairaient à des métiers, disons, alimentaires, d’autres pratiquent avec talent les arts décoratifs, qui enjolivent la vie dans ce rude endroit.

Le surintendant des finances, par exemple, ne se privait pas de musique… Ceci m’a permis d’apprendre qu’Oyaté déteste le son métallique du clavecin…

Cet exhibit dans l'aile gauche de la résidence du gouverneur est intitulé «Historien au travail»...

D’autres métiers ont été nécessaires pour faire revivre la forteresse… mais l’exposition qui en parle pourrait peut-être subir une cure de rajeunissement.

Rassurez-vous. Il y avait des services sanitaires modernes…

Louisbourg, forteresse réputée imprenable, a pourtant failli deux fois à sa mission: en 1745, durant la Guerre de succession d’Autriche et en 1758, durant la Guerre de Sept Ans. Les raisons en sont multiples, mais un problème majeur fut le fait qu’elle avait été construite comme élément clef d’un ensemble de fortifications visant à prévenir une attaque maritime. L’attaque décisive est plutôt venue de la terre, tel qu’on le montre en maquette au centre d’accueil.

Belle visite… qui saura enrichir mes cours d’histoire du Canada cet automne. Et il me faudra revenir. De toutes façons, nous n’avons pas pu parcourir la fameuse Cabot Trail à cause de la température.

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4 commentaires sur « Souvenirs de Nouvelle-Écosse: Louisbourg »

  1. Que ça a l’air intéressant! Il va falloir que j’aille visiter le tout un jour. Et je suis bien contente que tu sois de retour sur la toile, Doréus!

  2. Oui. Pour ma part, il faudra que j’y retourne aussitôt que j’en aurai la chance (et je sais que ce ne sera pas demain).

  3. Bonjour,

    J’aimerais utiliser votre photo de l’historien au travail pour ma newsletter mensuelle. Elle est diffusée à nos clients et prospects soit 200 contacts environ. Ce document n’est pas commercial.
    Est-ce possible?
    Je vous remercie de votre retour,
    Bien cordialement,
    Anne-Florence

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