Mine Atlas

La vallée de la rivière Red Deer dans la région dite des «Badlands» est dotée d’une caractéristique bien particulière. Les falaises qui encadrent la vallée sont enjolivées de strates très visibles de rochers… dont certaines sont en fait des veines de charbon. La région a donc, au début du vingtième siècle, été généreusement exploitée pour en extraire ce minerai qui servait à la fois aux transports par chemin de fer et au chauffage des maisons. L’arrivée des locomotives à moteurs diésel ainsi que l’utilisation croissante du gaz naturel dans le chauffage des domiciles a précipité le déclin de l’industrie de la houille à partir des années 1950.

Cette région autrefois prospère grâce à l’exploitation du minerai tente dorénavant de tirer une partie de ses revenus du tourisme. Malheureusement, comme à bien des endroits en Alberta, les installations témoignant du patrimoine industriel, qui avaient été construites pour remplir une fonction spécifique, ont pour la plupart disparu aujourd’hui.

La mine Atlas numéro 3, ou plutôt ses vestiges, constituent un des rares exemples de ce patrimoine industriel préservé.

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L’endroit est reconnu d’importance patrimoniale nationale par la Commission des sites historiques du Canada, mais il n’a pas encore été intégré au réseau administré (et financé) par l’Agence Parcs Canada. Il ne bénéficie donc pas des ressources que cette affiliation permettrait d’obtenir pour son développement ainsi que pour la protection et la mise en valeur des installations (il m’a donc fallu payer l’admission au site malgré mon laisser-passer annuel de Parcs Canada).

Bon… le fait que cet endroit n’est pas géré par Parcs Canada a certains avantages. Par exemple, le site n’a pas encore été «parcs-canadaifié», c’est-à-dire uniformisé et régularisé pour à la fois protéger les installations et les touristes. Je doute qu’il serait possible de monter le long des convoyeurs de la trémie pour voir la chûte à charbon sans plus de protection que n’en avaient les travailleurs de la mine à l’époque.

Ça permet quand même d’apprécier l’environnement. Il ne manque plus que le bruit, la chaleur et la poussière de charbon qui aurait été omniprésente dans ce lieu. La mine aurait probablement été plutôt tranquille en juin (au moment où nous visitions) car elle était surtout active l’hiver, au moment où la demande de minerai était la plus forte. Nul doute que les ouvriers devaient se trouver de l’ouvrage dans le secteur agricole au cours de l’été.

Le monument le plus important du site, la trémie de bois, servait au tri du minerai qui arrivait de la mine par un convoyeur descendant (pas besoin de chevalement quand la trémie est en-dessous du niveau d’extraction).

La sortie du puits se trouvait là où on voit le drapeau, à gauche du trait jaune. Un tunnel s’ouvre à partir de ce lieu qui mène au convoyeur dont on voit l’enveloppe de bois à droite. Il est possible de visiter le tunnel, mais nous n’avions pas le temps de le faire en cette visite. Les administrateurs du site projettent d’ouvrir une partie de la mine aux visiteurs, leur donnant éventuellement une expérience du souterrain.

D’ici à ce que ce projet se réalise, on peut quand même visiter le site et la trémie. Certains bâtiments ont été aménagés pour faire revivre non seulement l’histoire de la mine, mais celle de toute l’industrie du charbon dans la vallée de la rivière Red Deer. Un tunnel simulé nous donne une impression des défis et des conditions de travail des mineurs.

On peut ainsi voir reconstitués une maison de mineur, les bureaux de divers officiels de la mine (dont celui qui était responsable des lampes frontales). Ici, on voit les douches où, chaque jour, les ouvriers se changeaient et suspendaient leurs vêtements et objets personnels près du plafond, au sec et au chaud. Quelques guides sont disponibles.

On peut également visiter une partie du site en train minier, ce que nous n’avons pas fait cette fois.

Enfin, près de ce site, on peut voir un autre vestige du passé de la mine: ce pont ferroviaire en bois qu’empruntaient également les ouvriers pour se rendre de leurs demeures à East Coulee à la mine. Il s’agit là d’un autre morceau d’histoire qui pourrait bien disparaître si les mesures nécessaires à sa préservation ne sont pas prises…

Comme ce camion qui attend son chargement au pied de la trémie… le site est comme pétrifié dans un passé qui, lui, s’envole…

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9 commentaires sur « Mine Atlas »

  1. Lorsque mon amie Lune est venue durant l’été 2008, nous y avons pensé sérieusement. Elle avait acheté un guide Le Routard qui s’est avéré parfaitement inutile: il ne mentionnait que Calgary, Banff… et quelques bidules connus internationalement. Rien de Drumheller et de son musée, ni de la plupart des attraits locaux. La meilleure référence en ligne pour l’Alberta est probablement le site de Travel Alberta qui regorge de renseignements, de liens et d’idées.
    Ceci dit… si j’avais un peu plus de temps (et d’argent) pour voyager… qui sait s’il ne vaudrait pas la peine de rassembler ces renseignements sous forme de livre…

  2. Excellente suggestion de Dr. CaSo !
    Tu pourrais faire un site à partir de tes reportages ?
    Jumellons nos Villes : Red Deer / Amiens !!!! et la Francophonie ….

  3. Ils ont raison vos amis, vous devriez écrire un guide. Vous êtes passionnant.
    J’ai toujours regretté de ne pas avoir trouvé votre site plus vite, notre voyage en Alberta aurait été plus complet. Mais maintenant depuis la Suisse je vous suis avec assiduité et cela fait partie de mes « petits bonheurs » de chaque jour (ou presque !).
    Mille mercis.

  4. Patton, Dr. CaSo et moi en parlions justement ce matin au petit-déjeuner… En attendant, peut-être devrais-je rendre la section «touristique» plus aisément accessible en créant un onglet comme je le fais pour les recettes…
    Judicaelle, merci de l’encouragement. Ça fait chaud au coeur. Maintenant, vous aurez des raisons supplémentaires de revenir faire un tour!

  5. Oui ! l’onglet  » Tourisme  » serait déjà un bon début.
    Je suis heureux de constater que nos amis Suisses francophones te lisent aussi .
    Incontestablement, la Francophonie est fédératrice.

  6. L’impression qui se dégage, c’est que les conditions de travail ne devaient pas être ce qu’il y a de plus réjouissantes — comme dans toutes les mines, ceci étant. Personnellement, je trouve ça plus laid qu’autre chose et j’aurais plutôt envie d’effacer ces cicatrices, d’enlever toutes ces ferrailles et bouts de bois mités, pour rendre cet espace à la nature.

  7. Deef, je suis d’accord sur la question des conditions de travail. Et c’est justement pour rappeler ce passé ouvrier qu’il est important de laisser et de mettre en valeur ces «ferrailles» comme tu le dis. Nous avons un devoir de mémoire envers ces gens qui ont construit la société dans laquelle nous vivons… et l’existence de vestiges du passé industriel tels que ceux-ci permettent de rendre beaucoup concret le souvenir que ne le peuvent les seuls mots des livres d’histoire. Nous ne pouvons pas simplement oublier en «renaturalisant» ces sites.

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