Comme quoi la souffrance peut (parfois) engendrer des transformations

Amanda Lindhout (Photo tirée de Red Deer Advocate

Il y a de cela deux ans, Amanda Lindhout, journaliste indépendante originaire de Sylvan Lake se faisait enlever en Somalie. Après plus d’une année de captivité, elle a été libérée, puis elle est revenue au pays. Elle aurait pu, comme bien d’autres, nourrir un ressentiment que d’aucuns trouveraient légitime. Elle aurait pu, comme bien d’autres, se mettre à haïr et à proclamer la haine de ses ravisseurs et de leur société d’origine. Non. Elle a plutôt décidé, alors même qu’elle était encore en captivité, de lancer un projet de transformation de la société où elle s’est trouvée captive.

De ses quinze mois de captivité dans des conditions qu’elle n’aime pas trop évoquer; elle préfère se tourner vers l’avenir, elle a accouché d’un projet d’éducation. Son idée: la transformation durable de la société somalienne passe par l’éducation des femmes. Elle a donc décidé de lancer un programme de bourses destinées à des jeunes femmes somaliennes qui étudieront à l’université. Son objectif est d’envoyer cent femmes à l’université d’ici quatre ans. Bon… certains diraient qu’il s’agit là d’une autre forme d’impérialisme culturel; peut-être, mais c’est aussi là une lueur d’espoir dans un monde où il y a déjà trop de haine (et pas seulement dans les pays déchirés par la guerre). C’est là un projet de transformation des épées en charrues, comme le dit Isaïe (2:4)…

Elle sera au collège dans le cadre des conférences Perspectives: Canada and the World le 27 octobre prochain. Oui, j’y serai. Il s’agit là d’un exemple de ce que la tradition d’entraide des prairies peut générer de très positif.

Quant à son collègue de captivité, le photojournaliste australien Nigel Brennan, enlevé en même temps qu’elle, on n’en entend pas beaucoup parler ici depuis qu’ils ont été libérés tous les deux. Il jouit tout de même d’une renommée locale qui le rend porte-parole de campagnes de bienfaisance… sans lien avec la Somalie. Comme quoi la même expérience peut avoir des conséquences fort différentes.

Voir une entrevue sur le site de Radio Canada. Et visitez le site de la Fondation Global Enrichment, qui administre son projet.

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