Ottawa monumental

Au sortir de notre visite de l’édifice du centre du Parlement, nous ne pouvions pas éviter la Flamme du Centenaire, qui brûle en permanence à l’entrée du parterre du Parlement, alimentée par du gaz naturel albertain.

Fontaine du Centenaire. Photo par Oyaté.

Nous avons donc passé les grilles pour nous retrouver sur la rue Wellington.

Photo par Oyaté.

Puis nous avons traversé la rue où, devant l’Infocentre de la capitale, on trouve dorénavant une statue dédiée à un de mes héros canadiens préférés (dont j’ai déjà parlé ici et ).

Cliquez sur l’image pour en savoir plus sur Terry Fox.

Plaque de dédication de la statue. Cliquez pour agrandir.

À l’origine, cette statue avait été installée dans un endroit fort ingrat, sous une bretelle d’accès à une route principale, entre le centre fédéral des congrès et le centre Rideau. Elle était vue davantage par les sans-abris que par les touristes. En 1998, elle a été restaurée et déplacée à cet endroit, au cœur de la capitale, devant le Parlement. Alors que d’un côté de la rue, la vie politique du pays se donne à voir, sur cette petite esplanade, c’est le courage d’une personne ordinaire qui se laisse admirer.

Impossible, en manchant vers l’est à partir de la Colline parlementaire, de manquer le monument canadien aux guerres. Comme plusieurs autres monuments à travers le pays, il commémore les citoyens décédés durant les guerres auxquelles le pays a participé. La Première guerre mondiale en avait fourni l’inspiration. Sous une allégorie qui représente la victoire, on trouve des soldats qui passent de scènes guerrières (à l’arrière du monument) à une vision d’espoir.

Il s’agit bien entendu du lieu officiel de célébration nationale du Jour du Souvenir, le 11 novembre.

En 2000, on a ajouté devant le monument la tombe du soldat inconnu. Il y en a quelques-uns, comme ça, de tombeaux de soldats morts au combat et non identifiés. Ils représentent l’ensemble de leurs camarades tombés au combat. Malheureusement, comme il y a eu quelques actes de manque de respect envers ce symbole, on a dû ajouter ceci:

Dommage, quand même, d’en être rendus là.

Tout près de là se trouve le monument aux valeureux. Cet autre rappel de l’histoire militaire du Canada souligne, plutôt que l’ensemble des soldats, certains individus qui se sont démarqués et qui sont restés identifés dans l’histoire. Ainsi en est-il de Thayendanegea, mieux connu sous le nom de Joseph Brant, un guerrier Mohawk dont la loyauté aux troupes britanniques lui a valu de s’installer avec les siens sur une réserve dans le sud de l’Ontario après la guerre d’indépendance étatsunienne.

Une autre héroïne qui a été choisie pour ce monument est Laura Secord (oui, celle d’après laquelle les chocolats et friandises ont été nommés). Cette jeune femme dont la contribution à la Guerre de 1812 est d’ailleurs contestée parmi les historiens, représente le type parfait de «personne ordinaire» qui rejoint le peuple et lui donne l’impression d’être partie prenante des prouesses militaires du pays. Selon moi, c’est plutôt discutable… cependant je ne suis pas surpris de voir une profusion de tels monuments ces dernières années. Le Canada a en effet, comme son voisin du sud, remis en valeur sa dimension militaire depuis le début du présent siècle (ce mouvement s’était toutefois amorcé dès le milieu des années 1990).

Il y a un autre volet à la contribution militaire du Canada: celui des troupes du maintien de la paix. L’ancien premier ministre canadien Lester B. Pearson, alors qu’il était  ministre canadien des affaires extérieures et diplomate, avait contribué à la création de ces troupes onusiennes afin de résoudre la crise du canal de Suez en 1956. Il a d’ailleurs reçu le prix Nobel de la Paix pour cette initiative. Le monument «Réconciliation», inauguré en 1992, représentait alors ce à quoi s’identifiait la politique étrangère canadienne depuis les années 1950. Il se trouve devant la cathédrale d’Ottawa, tout près du Musée des beaux-arts… mais aussi de l’infâme forteresse qu’est l’ambassade étatsunienne.

.Sur l’esplanade du Musée des beaux-arts, justement… On retrouve une sculpture plutôt, disons, originale. Il s’agit de l’œuvre de Louise Bourgeois intitulée «Maman». Oui. C’est une gigantesque araignée de bronze portant, dans une résille abdominale plutôt imposante, des «œufs» de pierre. On aime ou on n’aime pas, mais ça ne laisse personne indifférent, même si ces badauds qui arboraient le rouge national en ce jour de fête du Canada (la photo a été prise le 1er juillet) semblent porter peu d’attention à l’arachnide. Cette sculpture a d’ailleurs déjà fait du chemin depuis sa conception en 1999.

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4 commentaires sur « Ottawa monumental »

  1. De nombreuses oeuvres d’art qui donnent bien des idées de recherches. Ce sera pour un moment où j’aurai un peu plus de temps :-).
    Une réplique de « Maman » se trouve sur l’esplanade du Musée Guggenheim à Bilbao. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’une exposition temporaire, mais elle semble s’y plaire.
    Les grilles sont également des oeuvres d’art. Je me demande si le ferronnier qui les a réalisées est resté un modeste artisan anonyme ou s’il est passé à la postérité comme ses confrères sculpteurs. Très jolie photo en tous cas, Merci Oyaté.

  2. Il y a beaucoup de bronze coulé à Ottawa. Je n’ai abordé ici qu’un tout petit échantillon. En fait, il y aurait une intéressante étude à faire sur ce patrimoine urbain, un secteur de recherche en émergence, mais encore sous-exploité. Il n’y a pas si longtemps, une étude critique des monuments montréalais a été publiée. À Ottawa, ça prendrait une tournure fort intéressante sur l’étude des mouvements autant politiques, civiques, qu’artistiques des monuments de la capitale.
    Quant à la grille qui entoure la Colline parlementaire, ses artisans sont malheureusement restés anonymes. En fait, je n’arrive pas à trouver beaucoup d’information sur cette clôture sur la Toile. Cependant, elle a inspiré plusieurs photographes. Je transmets tes compliments à Oyaté.

  3. Guggenheim ? Merci d’avoir posé la question, ça m’a permis de chercher, parce que pour moi Guggenheim = Frank Gehry. J’ai vu le bâtiment, mais je n’ai pas visité l’intérieur.
    Solomon Robert Guggenheim était un industriel américain, amateur d’art et créateur de la Fondation qui porte son nom, organisation à but non-lucratif, dont l’objet est la construction de musées. Il avait épousé Irène Rothschild en 1895. Elle avait fondé une association caritative d’aide aux femmes juives pauvres. Bien vu.

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