Quand Montréal s’affiche

Image tirée du site d'Environnement Canada. Cliquez sur l'image pour les prévisions actuelles.

Comme une vague de froid a succédé à notre presque semaine entière de chinook, cela stimule à la «vie intérieure»… mais aussi à poursuivre le récit de nos pérégrinations de l’été dernier, alors que les températures étaient, disons, plus près d’être tropicales que polaires.

Affiche sur une clôture de l'Île Sainte-Hélène. Photo par Oyaté.

Je trouve toujours difficile de présenter sur ce blogue les photos de mes visites à Montréal. J’y ai passé près de dix ans de ma vie et je sais que plusieurs lectrices et lecteurs de ce blogue y demeurent. Qu’y a-t-il donc de nouveau à raconter sur cette ville, dont j’ai déjà parlé ici et , entre autres…

Nous étions hébergés tout près de là. Photo par Oyaté.

Une chose que je remarque, c’est que lorsque je retourne à Montréal avec quelqu’un qui n’y est pour ainsi dire jamais allé — dans ce cas Oyaté –, j’ai tendance à retourner aux endroits que je fréquentais lorsque j’ai commencé à vivre dans cette ville, en 1997. Je repasse donc dans des lieux fort fréquentés par les hordes de touristes. Nous logions hors de cette zone touristique, mais près de la Petite Italie, dans le quartier Villeray. Munis d’un laisser-passer de trois jours pour les transports en commun, nous nous en sommes donnés à cœur-joie un peu partout, en laissant notre voiture de location au stationnement (gratuit) de notre lieu d’hébergement.

Notre première réfection matutinale se prenait là, tout près. Sympathique ambiance… qui me rappelait ces déjeuners entre amis que nous prenions parfois la fin de semaine avant d’entreprendre une expédition ici ou là dans la ville. Petit restaurant de quartier bien campé, il donne une bonne idée de la vie à Montréal (on le voit en contexte en cliquant sur l’image).

Comme je ne savais pas trop comment vous présenter ces trois jours de canicule passés à Montréal, j’ai pris le parti de commencer par les affiches qui ont attiré notre attention. En cliquant sur certaines d’entre elles, on peut voir le contexte plus large. Cette première me décrit trop bien pour que je puisse la laisse passer… Surtout que, à Montréal, je peux davantage me laisser aller à ma passion pour la bonne chère.

Bon. Ça, à plus de trente degrés, ce n’était pas de la bonne chère. Et il n’était pas question que je paie 2,50$ pour quelque chose qui ne sert vraiment qu’à attraper les touristes qui se présentent sur la Place Jacques-Cartier (cliquez sur l’image). Comment ils conservent la neige en juillet? Dans des glacières.

Là, par contre, impossible de résister. Nous avons succombé dès notre premier soir à Montréal. Il y avait, comme d’habitude, foule, mais nous n’avons pas dû attendre trop longtemps. Oyaté était un peu déconcerté par la disposition des convives aux tables, car, comme en Italie, on vous assied là où il y a de la place. Et comme on maximise l’espace, ça veut dire que l’on peut être amené à partager la table de parfaits inconnus. Ce fut notre cas. Ce fut sympathique.

Là? Euh… non. Nous n’avions pas vraiment les moyens de nous une table dans le Vieux-Montréal. Un autre jour, peut-être, pour la table du restaurant «Les filles du Roy» qui se trouve dans cette auberge patrimoniale. L’édifice, que l’on voit en cliquant sur l’image, n’est pas mal du tout, quand même. On ne voit pas ça à Red Deer…

Ça non plus, d’ailleurs. C’est à peine si la ville que j’habite a une librairie complète (et c’est une chaîne) et une autre pour les livres usagés dont j’ai déjà parlé ici.

Et encore moins ça dans la prude Alberta! L’exposition a toujours lieu, jusqu’au 6 mars, pour les intéressé(e)s. Non. Nous n’y sommes pas allés par manque de temps.

Photo par Oyaté.

Cette murale, conçue dans les années 1980, commence à se faire bien vieille, mais elle a quand même survécu. À l’heure où on banalise socialement les drogues dites «douces», ça ne serait plus au goût du jour. Et pourtant…

Nos balades nous ont amenés à deux reprises sur le site du Festival de Jazz, qui battait son plein pendant que nous étions dans la ville. Oyaté n’a pas vraiment aimé le bain de foule de la première nuit que l’on peut voir en cliquant sur le chat. Quand on vient des vastes plaines, se retrouver coincé dans une foule de laquelle il semble impossible de s’extirper, ça effraie quelque peu. Je comprends que ça rende l’appréciation de la musique plus difficile. Moi, cette ambiance, ça m’énergise.

Au-dessus de la foule, triomphal comme au premier jour, le «baiser» (ou, plus correctement «la voie lactée», de Geneviève Cadieux) qui domine le Musée d’art contemporain de Montréal dit l’accueil de la ville aux visiteurs.

Sur le flanc d’un édifice (de la rue Saint-Laurent, si ma mémoire est bonne), on pouvait voir cette affiche qui souligne l’une des controverses ayant entouré la tenue des Jeux de Vancouver. Ce n’était plus vraiment d’actualité, mais cela soulève quand même la question, épineuse, de l’occupation non-résolue de terres des Premières Nations dans certaines parties du pays.

Dans la même ligne d’idées, cette plaque en granit (dont l’équivalent anglais était étrangement bien moins bien entretenu), fait passablement moins dans la rectitude politique. Elle se trouve devant la basilique Notre-Dame (cliquez sur l’image). Comme quoi les sensibilités changent avec le temps.

 

Cliquez pour voir le bâtiment.

Juste à côté, on trouve des témoins du passé moins controversés. Cette plaque orne entre autres le gratte-ciel le plus ancien de Montréal, construit en 1888. Il s’agit de l’édifice de la New York Life Insurance.

Cliquez sur l'image pour une vue générale du bâtiment.

Sur la rue Saint-Jacques, qui borde la Place d’Armes au nord-ouest, on trouve l’un des édifices patrimoniaux les plus imposants: le temple de Mammon faisant face à la basilique Notre-Dame. Il s’agit de ce qui fut jusque dans les années soixante-dix le siège social de la Banque de Montréal (maintenant situé à Toronto). L’édifice, construit entre 1845 et 1847, a tout du temple antique. Il s’agit d’un témoin d’une autre époque, celle d’avant les guichets automatiques et les transactions électroniques. La rue Saint-Jacques fut d’ailleurs longtemps le cœur financier du Canada.

D’une plaque à l’autre, ont traverse les époques et le fleuve pour se rendre sur l’île Sainte-Hélène, site d’Expo 67. Celle-ci se trouve à la Place des Nations (cliquez sur l’image), le site protocolaire de l’exposition internationale où s’est entre autre déroulée la cérémonie d’ouverture, qui lutte vaillamment pour ne pas se faire entièrement démolir par la nature, quatre décennies après la grande fête internationale qui a mis Montréal sur la mappe.

 

Photo par Oyaté.

Je ne sais pas trop où Oyaté a vu et photographié cette affiche, ni ce qu’elle promeut, mais disons que, après trois jours à marcher dans la ville dans une canicule intense, nos pieds à nous demandaient grâce.

C’est aussi à cause de la chaleur intense que je suis passé devant plusieurs fromageries sans même m’arrêter, sachant que notre cargaison ne survivrait pas au voyage de retour.

Là, par contre, avant de repartir vers l’aéroport, nous nous sommes arrêtés pour faire le plein. Combien de bagels, demanderez-vous? Cliquez sur l’image si vous osez. Oui, il nous en reste quelques-uns.

N’eût été du fait que cette fontaine du Parc du Mont-Royal est en fait un abreuvoir (cliquez), nous nous y serions bien rafraîchis… Juste reconnaissance que d’élever une plaque à quelqu’un qui prend soin des animaux.

Finalement, en ce qui a trait à l’importance de la charité et à sa reconnaissance, la Ville avait installé à divers endroits des parcomètres d’un type bien spécial. Les profits de ces «parcodons» servent aux activités de l’Itinéraire, un organisme qui publie entre autres un journal/magazine par et pour les sans-abris.

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13 commentaires sur « Quand Montréal s’affiche »

  1. Un petit tour de ville bien intéressant.
    J’ai retenu le parcodon, qui me semble être une super idée de départ. Reste à savoir quelle est la part de don qui reste effectivement disponible pour ceux qui en ont besoin.
    Et surtout, car c’est une question sensible, l’occupation des terres des Premières Nations par les colons. Et tu as eu raison d’utiliser les mots « non résolue ». Il y a des hontes dont on ne se débarrasse qu’en reconnaissant sincèrement ses torts. Certains, comme les Français, s’en sortent avec des excuses publiques bidons dont ils ne croient pas le premier mot. Pour moi, ce n’est pas suffisant mais réparer, cela se peut-il ?

  2. Ah! Les dons et ce qui en est fait… Impossible, évidemment, de savoir comment les dons versés dans les parcomètres décorés sont utilisés.

    Quant à l’occupation de terres, la «non-résolution» porte sur le fait qu’il s’agit là de terres qui n’ont jamais véritablement fait l’objet de traités. Ceux-ci, il faut le dire, ne constituent pas nécessairement une juste solution quand on sait quelles interprétations en sont faites, mais ça reste un acte de «partage» de la terre plus formel. Au Canada aussi, les excuses bidon sont la norme. Le gouvernement actuel a, il y a deux ans, présenté des excuses formelles pour l’héritage laissé par les pensionnats amérindiens. Cependant, l’orientation politique prise par les conservateurs au pouvoir indique bel et bien qu’il s’agissait de belles paroles d’une vacuité qui se vérifie par le désengagement du gouvernement en ce qui a trait aux mesures de soutien concret aux victimes.

  3. Comme je vais aller passer 3 jours à Montréal en février, j’ai une question importante: quel est LE truc que je dois absolument manger?

  4. LA question. Je ne dirais pas qu’il y a une chose qui fait la spécialité de la gastronomie montréalaise autant que divers établissement qui servent de l’excellente nourriture. J’y réfléchis… et je te reviens là-dessus.

  5. ….. Vaste question ! …. Je suppose que les Premiéres Nations vivaient paisiblement entre tribus , sans jamais se massacrer ni s’envahir ???
    Je n’ai pas de compétence sur ce sujet .
    Je fais seulement un paralléle avec la Premiére Nation aux Caraïbes , dont la légende dit qu’ils étaient d’une extréme cruauté , exterminant tous les « Exogénes  » qui s’égarait dans leurs îles … Mais , c’est une légende !
    Conclusion : L’histoire de l’Humanité est une suite de violences et de dominations .
    Le mythe du Bon Sauvage ( Rousseauiste) n’est qu’un mythe .
    Ceci n’exonére pas nos responsabilités occidentales , certes .
    J’attends toujours la repentance de la Ligue Arabe sur l’Esclavagisme , dont ils furent ( et sont encore…) des acteurs trés efficaces .
    Alors : Repentance ? d’accord ! Mais repentance pour tous ! ça fait du monde ….

  6. Mon commentaire était un commentaire à celui de ma Cousine , qui aime bien battre NOTRE coulpe de méchants ( exclusivement ) occidentaux .

  7. Il y a plus, dans l’occupation du Canada par des peuples (largement) de descendance européenne que les conflits qui opposaient occasionnellement des groupes amérindiens entre eux. Certes, la vision du «bon sauvage» est aussi faussée que celle qui voudrait qu’ils ne soient que barbarie incarnée. Cependant, ces peuples, dans leurs conflits, n’ont jamais tenté une extermination systématique de la même manière que le gouvernement canadien l’a fait entre 1876, au moment où a été votée la Loi sur les Indiens, et 1951, alors que les premières réformes leur concédant enfin des droits fondamentaux (notamment celui de voter aux élections fédérales et provinciales). Pendant plus d’un siècle, le gouvernement canadien a géré la question amérindienne en tenant pour acquis que les Premières Nations étaient vouées à disparaître… et de manière à hâter cette disparition en entreprenant un véritable génocide culturel (le système des réserves et des pensionnats en étant les manifestations les plus cruelles). Aujourd’hui, les Premières Nations vivent généralement dans un état de pauvreté et de sous-éducation digne du tiers-monde, largement à cause des sévices culturels profonds qu’ont laissés les politiques amérindiennes. Et ce n’est pas demain qu’on va s’en sortir.

  8. En effet , ces politiques semblent inacceptables . Comme je l’écrivais plus haut , je n’ai pas la compétence sur ces sujets .
    En revanche , à propos des  » pénitents  » de notre colonialisme franchouillard … J’ai quelques idées  » sur le terrain « Africain  » .
    Quand tu parles , pour le Canada , de  » sévices culturels profonds des politiques amérindiennes  » , j’en conviens sans arguties .
    Quitte à étre un peu Hors Sujet , ou plutôt en élargissant le sujet , je n’admets pas qu’on puisse parler de  » sévices culturels profonds  » à l’égard de nos anciennes colonies . Ce que tu ne fais pas , bien évidemment , mais que font beaucoup de nos compatriotes ignorant l’Afrique réelle .
    S’il y a bien un élément positif de notre  » colonisation du XIXéme siécle  » et aprés , c’est bien l’Ecole et les Hopitaux ! Et là , on ne peut parler de sévices ! ( Là encore , je parle de l’Afrique que je connais ) . Donc , les dominations ne sont pas systématiquement catastrophiques … pas plus que celle de Rôme sur les Gaulois !
    Pour me rapprocher du sujet , j’ai eu à comparer nos anciennes colonies Africaines avec des anciennes colonies Britanniques ( Ghana , Nigeria ) …. c’était pas le méme ressenti …!
    Quand je vivais à Lagos , à Ikoyi et Victoria Island , du temps de la colonisation anglaise , les colons anglais interdisaient aux Nigerians de se trouver dans cette zône aprés la tombée de la nuit …. sinon , ils se faisaient tirer dessus par les gardes ( africains eux mémes ) …. Je n’ai pas connaissance que les Français eussent fait celà dans leurs colonies , et notamment au Dahomey ( Bénin ) , juste à coté du Nigeria ?
    Tout celà , pour revenir à la repentance évoquée par ma Cousine ….

  9. Pour clarifier mon propos : Je ne vivais pas à Victoria Island au moment de la Colonisation Britannique ! mais en 1995 !
    J’en déduis que les Britanniques étaient plus  » durs » que les Gaulois , et beaucoup plus méprisants envers les Indigénes , ce qui nous raméne au sujet Amérindien ?
    Et là , je n’ai pas entendu de Repentance du coté Britannique , sauf erreur de ma part ?
    ( Ni du coté Espagnol pour l’Amérique du Sud ?)
    Alors …. pourquoi se moquer de NOTRE repentance , Krn ??????

  10. Je ne vais pas faire de réponse détaillée sur tous les points évoqués par Patton, qui me donne encore étrangement la qualité de cousine, alors que je le suis si peu dans les faits, même si les archives d’état civil précisent qu’en effet, nous avons des aïeuls communs.
    Il est assez habile de se déclarer incompétent. De cette façon, on insinue que ce que l’autre dit est ridicule, à moins qu’il ne prouve sa compétence.
    Je ne tomberai pas dans le piège.
    Je dirai juste qu’il y a deux manières d’aborder la colonisation selon son éducation et sa liberté de penser.

    La première est celle de Jules César ou de Charlemagne. (tous les deux empereurs, comme on le remarquera, j’oublie volontairement Napoléon et Hitler, qui ont échoué dans leur désir de conquête du monde) Un personnage puissant envahit un territoire occupé par un peuple. Il se contrefiche de leurs moeurs, de leur langage, de leur religion et tente de leur imposer les siennes, prétendant apporter le progrès et la vérité à ce qu’il nomme des barbares, ou des sauvages. Le vrai mot pour désigner cette action est guerre.

    La seconde est celle d’un peuple qui vit avec sa culture propre et voit débarquer une horde de soldats qui annexe leurs terres, détruit ses lieux de culte pour imposer d’autres croyances et se moque de ses traditions ancestrales quand il ne viole pas les femmes.
    Etant clairement pour la liberté des peuples à disposer d’eux mêmes, il n’est pas difficile de comprendre que je ne peux jamais soutenir une guerre, même et surtout, quand le prétexte donné est un mensonge.
    Quand à l’incompétence, elle se soigne avec la culture, en un seul mot.

  11. Le sujet principal n’était il pas :  » Repentance bidon … » ?
    En tout cas , c’est là dessus que je réagissais .
    Je te laisse le monopole du monologue . VALE ! Ooops …. SALUT !

  12. C’est original de présenter votre séjour via les affiches, avec les photos « cachées » 🙂
    Les « bagels » ressemblent à des machins bien bons que ramène ma collègue italienne… d’ailleurs à ce propos, je lui demanderai si c’est vrai cette histoire de placement dans les restaurants. En tous cas, ça ne m’est jamais arrivé.

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