Petite lecture d’après-midi

Crucifix de l'Assemblée Nationale du Québec. Photo: Le Droit. Cliquez sur l'image pour accéder à l'article original.

Le Québec est une province bien particulière, déchirée entre son héritage chrétien (catholique) traditionnel et la pression d’être entièrement moderne et laïque. Il y règne trop souvent une intolérance crasse, de bas niveau… où l’attention du public se focalise sur des symboles à extirper plutôt que de se poser la question fondamentale de la coexistence de gens de traditions différentes. Qu’il s’agisse du voile musulman, du questionnement autour des accommodements raisonnables (qui se souvient aujourd’hui de la commission Bouchard-Taylor?) et maintenant du crucifix dans les lieux de décision publics (hôtels de ville et Assemblée Nationale).

L’argument veut qu’une société pluraliste se défasse des symboles religieux qui marquent publiquement une exclusion. Faux argument s’il en est… même si je trouve personnellement que le fait d’avoir, au-dessus du siège de l’orateur d’une assemblée délibérative, un crucifix, fait quelque peu sacrilège. Pas pour l’assemblée, mais pour le crucifix, étant donné tout ce qui se dit dans nos chères assemblées législatives. Néanmoins, il s’agit là d’un rappel d’une dimension spirituelle qui dépasse les chicanes de bas-étage, ce que dit, plus éloquemment que je ne peux le faire, Stéphane Laporte dans un texte publié dans La Presse aujourd’hui. Je vous invite à le lire.

En passant, pour ce qui est de la tolérance et de l’acceptation des minorités, l’Alberta ne fait guère mieux… j’en suis bien conscient.

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4 commentaires sur « Petite lecture d’après-midi »

  1. hum… merci pour cet article… le débat par ici est à peu près le meme, en toute stérilité somme toute tant que l’on refuse d’en voir la globalité et les implications. dommage ! en attendant donc, à bas les voiles, burqas et autres crucifix indignes des républiques laiques tous au meme titre apparemment (ah bon ? depuis quand un crucifix sur un mur a-t-il contraint quiconque à renoncer à une part de sa liberté… bon, c’est un autre débat !)

  2. Je ne sais pas à quel point je souhaite engager le débat sur ce blogue, mais il y a certainement quelque chose d’intolérant au message de «tolérance radicale» que certains mouvements anti-religieux avancent. Rien pour faire avancer un dialogue interculturel et interreligieux un tant soit peu socialement utile.

  3. Magnifique, cet article de Stéphane Laporte.
    J’ajouterai que lorsqu’on fait la guerre aux symboles, quels qu’ils soient, on se trompe de cible.
    Ne devrait-on pas ajuster ses lorgnons pour regarder ce qui s’affiche aux yeux de tous dans nos lieux publics ? La publicité nous étourdit par son omniprésence et nul ne fait de loi pour interdire les affichettes vantant les services X avec des images bien peu symboliques mais révélatrices. Des excès dont on se soucie peu de protéger la communauté.
    Alors, ça rapporte quoi, à qui, ces symboles que l’on veut cacher et qui sont les derniers remparts de l’humanité face au tout commercial et au tout profit ?

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