Idéologie? Mets-en!

Capture d’écran: Société Radio-Canada. Cliquez sur l’image pour accéder au site original.

Qu’il y ait une certaine dérive idéologique au sein de notre gouvernement fédéral depuis que les cons-serviteurs ont été élus pour former un gouvernement majoritaire, on n’en doutait pas. Mais voilà que ça s’immisce vraiment partout.

Les médias nous frottent les oreilles depuis l’an dernier avec le bicentenaire de la Guerre de 1812, ce conflit (le dernier) qui a opposé l’Amérique du Nord britannique (aujourd’hui le Canada) et les États-Unis de 1812 à 1814. Le conflit s’est surtout déroulé sur les Grands Lacs et a engendré quelques échaufourrées dans le sud du Québec (notamment la bataille de Châteauguay).

Ce conflit, qui s’est terminé en match nul, est surtout remarquable pour avoir amené, lors de la paix de Gand et des traités qui ont suivi la fin de la guerre, la création de la plus longue frontière non militarisée au monde, le long du 49e parallèle. Cela ne veut toutefois pas dire que les relations canado-étatsuniennes ont été au beau fixe depuis l’établissement de la frontière en 1818…

La Guerre de 1812 a également relégué les Premières Nations, autant au Canada qu’aux États-Unis, au rang d’empêcheur de développer les terres de l’Ouest. Bel héritage.

À mon sens et au sens de bien des gens qui ont grandi ailleurs que dans le sud de l’Ontario, la Guerre de 1812 est plutôt insignifiante dans l’ensemble des facteurs qui ont influencé l’évolution du Canada. Et pourtant, voilà que, opportunisme politique et volonté d’augmenter la visibilité de l’histoire militaire du Canada se conjuguent pour profiter de cette année bicentenaire. Et on voudrait que toutes les communautés francophones à la grandeur du pays commémorent soit la Guerre de 1812 (événement bien local au sud de l’Ontario, je le répète) ou encore le Jubilé de Diamant de Sa Majesté la Reine, ce qui ne fait pas vibrer la fibre patriotique des Canadiens français bien bien fort, on l’admettra. Ça me dégoûte, cette utilisation de l’histoire pour promouvoir une idéologie royaliste et militariste.

Commémorera-t-on avec autant de pompe le centenaire du naufrage du Titanic cette année?

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14 commentaires sur « Idéologie? Mets-en! »

  1. Hmmm… ça ressemble fort à du chantage, ce truc-là, d’autant que je pense que la communauté francophone n’a pas grand chose à faire d’un conflit qui s’est déroulé entre Anglo-Saxons. L’histoire du Canada est-elle enseignée de la même façon aux élèves francophones et anglophones ou bien les programmes sont-ils strictement identiques ?
    D’ailleurs, pourquoi célébrer le début de cette guerre et non la fin en 1814 ?

  2. C’est qu’au CANADA , une minorité reste une minorité ?
    On peut le déplorer ? mais chez nous , ce n’est pas comme ça !
    Le porc n’est pas servi , ni dans nos cantines , ni sur Air France …. ON est respectueux de nos minorités ………………………. NOUS !

  3. En revanche , ils servent du Porc sans restriction ….. Complexes , ces questions de Minorités dominantes ou pas dominantes !!!!! …………..
    Manifestement , les Astérix perdent du terrain , linguistiquement , sinon en cochonneries ……….

  4. J’essaie de me mettre « dans vos pompes » et d’imaginer ce que je pourrais ressentir face à cette nouvelle…. dur dur.
    Je n’aime pas, de manière générale, les tour de passe passe gouvernementaux visant à nous faire penser ce que l’on veut qu’on pense.

    Cela dit, au risque de m’attirer les foudres des Canadiens Francais parmi tes lecteurs (sans parler de l’auteur de ce blog lui meme !), j’ai tout de meme l’impression que ce sentiment de distinction profonde Franco/Anglo et l’impression d’envahissement ou d’agression qui en découle pour les Franco trouve essentiellement sa raison dans l’attachement extremement marqué des Franco à leur Francophonie. Parfois au détriment du sentiment d’union nationale sous le drapeau Canadien ?

  5. Cette question du BI ou Multi Linguisme par rapport au sentiment d’ Union Nationale existe aussi de l’autre coté de la Mare :
    Plutôt réussi en SUISSE ;
    En danger , en BELGIQUE .
    Exacerbé , si il y a – de surcroit – des disparités économiques régionales : cas de la BELGIQUE ,mais pas vraiment en SUISSE .. Ceci expliquant celà .
    J’imagine ? que le ressenti en ALBERTA est différent de celui du QUEBEC ??

    @ Marine : doit on parler de Canadiens Français , ou de Canadiens Francophones ?
    Le deuxiéme terme n’est il pas plus propice à un sentiment général d’appartenance à une même Nation ? ( Je pose la question , car je vois celà de loin , sans avoir vraiment la connaissance du  » terrain  » ! 🙂

  6. L’élément fédérateur pourrait être l’appétence au Bacon …!!
    Et là je salue TOUS les Canadiens ! Eux – au moins – n’ont pas renoncé au sanglier domestique , comme nous , pour ne pas heurter la Minorité Dominante ……
    Il est vrai que  » cette minorité  » là , est (probablement ) moins invasive chez vous que chez nous ?
    Pas exclu , que j’ immigre chez vous , finalement …….Ca ferait un Francophone de plus !

  7. KRN, les programmes d’enseignement de l’histoire sont extrêment diversifiés à la grandeur du pays. En fait, dans la plupart des provinces, des cours généraux de «citoyenneté» ou de sciences sociales, englobant des éléments d’histoire, de sociologie, de géographie et de morale ont remplacé, au secondaire, les cours d’histoire à proprement parler. Ça amène une certaine dilution de ce que l’on appelle, dans le milieu, la «pensée historique», soit la capacité de situer les événements et tendances dans leur contexte, plutôt que de voir l’histoire comme une suite inévitable d’événements nous ayant mené à aujourd’hui.
    Patton et Marine, la question de la situation des francophones n’est évidemment pas mineure en contexte canadien. Reconnus comme l’un des peuples fondateurs et enchâssés dans la Constitution canadienne, les droits des francophones à leur identité fait partie des gênes mêmes du pays d’une manière qui n’est pas la même pour les autres minorités (ou même pour les Autochtones). Cependant, ça ne fait évidemment pas l’unanimité. Quant à savoir ce qu’on devrait appeler les francophones canadiens, «Canadiens français» est l’appellation traditionnelle qui désigne généralement les francophones canadiens qui tracent leurs origines au Québec et plus généralement à l’époque coloniale française (avant 1759). Un terme plus global, qui inclut les francophones arrivés au pays par la suite, serait probablement «Canadien francophone» ou quelque chose du genre. Cependant, peu importe le terme, ça pose effectivement la question de ce qui fait (ou ne fait pas) l’unité nationale. Patton soulève effectivement d’autres exemples plus ou moins heureux de débats quant à l’identité nationale en pays pluralistes. Nous n’avons jamais vraiment réussi, au Canada, à faire l’unité entre les deux groupes linguistiques principaux (d’origine européenne). Cependant, il me semble que, si Patrimoine Canadien cherche à insister tant sur l’histoire, il aurait pu suggérer autre chose aux communautés francophones qu’un thème qui est si rébarbatif… Ce ne sont pas les exemples qui manquent!

  8. Patton, je suis entièrement pour une appellation « Canadien Francophone » plutot que Canadien Francais qui à mes oreilles sonne trop séparatiste.
    Cela dit, comme vous, je regarde encore tout cela de loin puisque Francaise de France, vivant en France à l’exception de 2009/2010 en Alberta…. mais commence à de plus en plus m’y intéresser puisque nous repartons au canada en tant que résidents permanents cette année.

    Peut-etre cela sera-t-il plus facile pour nous de nous sentir « Canadiens » sans essayer de faire de véritable distinction dans l’appartenance linguistique car nous serons venus de France justement ?
    Il me semble pour l’instant que mon attachement sera au pays dans sa totalité (pays au sens large), et non à une communauté linguistique spécifique.
    Disons que les appartenances spécifiques quelles qu’elles soient en général m’irritent quand elles sont trop revendiquées. Et pendant nos quelques mois au Canada, nous avions été assez frappés par la vigueur que mettent un certain nombre de Québéquois à se distinguer de par leur communauté linguistique, historique et culturelle, alors que face à eux, les « anglos » tenaient plutot un discours totalement désinvoltes et amusés/agacés par ce particularisme culturel qui pour eux semblait exister au détriment de l’unité nationale Canadienne.

    Ce débat est je trouve passionnant s’il est lancé et entretenu par un auteur comme Doreus qui met toujours une extreme mesure dans ses propos et parvient avec brio à faire preuve d’un équilibre remarquable qui lui donne une position d’autant plus éclairée sur le sujet. Malheureusement, j’ai trop souvent trouvé au Canada que les membres de cette communauté linguistique et culturelle manquaient cruellement de modération sur le sujet.

  9. C’est qu’on préfère tellement plus les Hymnes à l’Histoire… et quand je dis hymnes, je ne veux surtout pas parler des poésies à la douteuse qualité chantés sur une musique d’une indéniable médiocrité que l’on entonne avant les matchs de hockey!!!

  10. Avant tout, je voudrais dire que je ne connais le Canada et ses habitants que de loin et que je n’y suis jamais allée. Ce n’est donc pas sur les particularités des deux communautés linguistiques que je vais donner mon point de vue mais sur les différences entre des peuples cohabitant dans le même endroit.
    Il y a eu en France, un débat sur l’identité nationale, qui, même si à l’origine il était fait pour renforcer le sentiment nationaliste des français de souche, qui n’ont vraiment pas besoin de ça, a permis d’entendre quelques uns de nos compatriotes s’exprimer sur le sujet. Il est ressorti de ces discussions que l’identité d’une personne est faite à la fois de la langue qu’il parle et de l’histoire de ses origines. Plus un groupe est grand et plus il a d’assurance face à ce qui lui est étranger. Il n’a pas besoin de revendiquer ses différences. En revanche, lorsque, minoritaire, il est l’objet de mise à l’écart et de discriminations, il renforce son identité propre face à la majorité.
    Pour voir les langues régionales renaître en France, il a suffit de les interdire à l’école au début du siècle dernier. Ainsi, les Français sont devenus des Bretons, des Occitans, des Basques et des Normands. Le cas de l’Alsace est différent, puisqu’ils n’ont jamais cessé de parler l’Alsacien, étant sous domination Allemande jusqu’en 1918.
    Les programmes d’histoire sont établis « en haut lieu », ce sont des instruments de propagande politique qui changent régulièrement, ainsi, cette année, Louis XIV et Napoléon ont été supprimés des livres d’histoire. Il est mauvais en ce moment de parler d’Empire et de monarchie absolue.
    Ceux qui dirigent la France auraient eu tout intérêt à reconnaître son passé colonialiste et à introduire l’histoire des peuples colonisés dans les programmes, ce qui éviterait à certains instituteurs le ridicule de la fameuse introduction « Nos ancêtres les Gaulois… » à une classe d’enfants de nos colonies dont la blondeur ne frappe pas l’œil au premier abord, et, plus sérieusement ça aurait peut-être prévenu les tensions actuelles et la guerre apéro-saucisson contre burka qui n’est que l’exacerbation d’un racisme ordinairement constaté chez les uns et les autres sans autre fondement que le « kss kss ! » des hommes politiques qui en font leur chiffon rouge électoral. La vérité historique des peuples est bafouée et ceux qui le savent ne peuvent que s’en offusquer, c’est mon cas.
    Je suis généalogiste et je vois, de plus loin, que ces querelles entre peuples ne viennent que de l’éducation et non de l’origine, de la religion ou de la différence de langue.

  11. « ces querelles entre peuples ne viennent que de l’éducation et non de l’origine, de la religion ou de la différence de langue. »

    Je ne partage pas du tout votre point de vue dans la mesure où toute l’éducation, aussi tolérante et ouverte puisse-t-elle voiloir rendre un individu, ne peut prévoir, maitriser ou véritablement juguler sa part d’individualité profonde et d’opinions personnelles spontanées, si l’on peut les appeler ainsi.

    Je trouve que c’est un peu simplifier les choses que de rapporter à la seule absence d’éducation sur ces points les querelles profondes ou dissenssions qui peuvent separer des citoyens en raison de particularismes plus profonds ou plus anciens.

  12. Quant à l’éducation supposée propagande politique en France !….. Si tel était le cas , ce serait une confusion totale pour nos enfants , car le programme d’Histoire est parfaitement incompréhensible , morcelé et certainement pas soutenu par la moindre idéologie politique ! Si c’était le cas , on aurait un fil conducteur , et une chronologie cachant le politiquement incorrect selon le gouvernement en place !
    Louis XIV est bien enseigné , ( mon dernier fils n’était cependant pas informé qu’il y avait eu Louis XV et le malheureux Louis XVI …. c’est moi qui ait complété la chronologie ….! ) ( Classe de 4éme de Collége , hein ! , pas Cours Préparatoire …..;
    En fait , l’enseignement de l’Histoire est une  » Pétaudiére » totale , chez nous .
    A la limite , un programme de Propagande Historique – manipulé par le Pouvoir en place – serait au moins cohérent ….. De toute façon , le corps enseignant – traditionnellement socialiste – n’a que faire des directives ?!! ( Wouaff , wouaff ! ) d’un Ministre d’une autre tendance ! Ils font ce qu’ils veulent , et d’ailleurs ils en font le minimum , car ils sont  » débordés  » et  » sans moyens  » comme tout bon ? Fonctionnaire …;
    Si vraiment , on avait un enseignement de l’Histoire orienté , on traiterait de Louis XVI combattu par les  » valeureux  » Sans Culottes , restituant le Pouvoir au Peuple , et apportant les  » Lumiéres  » aux opprimés ….
    Et on occulterait BONAPARTE qui a sacrifié des milliers de Français à la propagation de NOTRE Révolution , pour le bonheur du Monde .Il est bien au programme , pourtant !
    Et ON ne ferait pas repentance ( Chirac ! ) pour notre Colonisation , pendant que la Ligue Arabe reste muette sur la tradition ESCLAVAGISTE , antérieure à celle des Européens , et….. qui perdure AU XXI éme siécle …… en ce moment !
    C’est – en effet – LA Pétaudiére ! Mais une vraie Pétaudiére sans aucun fil conducteur idéologique .
    Quant à  » Nos ancétres les Gaulois  » …. c’est depuis longtemps obsoléte …..
    La classe de mon fils comprend 80% de non purement  » gaulois » ….. dont 15 % d’enfants d’origine Chinoise qui sont presque tous en tête de classe …..et 30% d’enfants d’origine Maghrébine qui sont absolument tous les  » cancres  » de la même classe …..
    Je ne pense pas qu’un seul de ces enfants soit influencé par une prétendue Propagande Politique !
    Tout simplement , ils s’en foutent complétement , vu le manque total de cohérence de l’enseignement historique .

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