Un grand moment

Cliquez sur l’image pour les détails de l’événement et pour voir la liste des conférencières et conférenciers précédents.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de cette conférence de Susan Aglukark au titre quelque peu mystérieux et accompagnée de chansons. Puis Oyaté et moi-même nous y sommes rendus. Je me doutais que ce serait une belle soirée. Je ne m’attendais cependant pas à ce que ce soit aussi émouvant. Cela a rendu cette journée additionnelle de notre année particulièrement riche.

La conférence-concert elle-même, d’une durée d’environ une heure et demie, consistait en un témoignage personnel racontant son parcours artistique. À travers son parcours personnel, c’est toute l’histoire du peuple inuit et de ses transitions au cours du siècle dernier, de la génération de ses grands-parents, qui ont vécu le choc des civilisations, puis de la génération de ses parents, qui a été largement dépouillée de sa culture, à la sienne, qui tente de se trouver des racines. Non seulement cela m’a permis de mieux apprécier son art, mais j’ai aussi ressenti cette connection intime à sa culture.

Puis il y a eu cette longue file de gens qui, à la sortie de l’auditorium, ont pu faire signer des autographes et parler un peu avec elle… Nous avons fermé la file avant de partir vers le salon du personnel du collège, où avait lieu une petite réception informelle, comme après toutes ces conférences. Là, en compagnie d’un petit groupe d’étudiants des Premières Nations, nous avons pu profiter d’un bon moment de conversation riche et intime. Je me suis senti extrêment privilégié d’être dans ce cercle. Je dois surtout en remercier Oyaté, qui m’a permis de passer de la théorie à une connaissance quelque plus intime des premiers peuples du Canada.

Et je n’en reviens pas encore. C’était un moment magique. Je suis également infiniment reconnaissant à Susan d’avoir si généreusement donné de son temps… alors qu’il était quelque part comme une heure du matin à son horloge biologique et qu’elle semblait vouloir continuer la conversation.

 

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Fontaine, je boirai de ton eau!

Bon… la photo n’est pas fameuse, car la fontaine est située dans un corridor mal éclairé et je n’avais pas mon véritable appareil photo; j’ai donc eu recours à mon téléphone, qui a tenté, tant bien que mal, de compenser l’obscurité par une granularité quelque peu dérangeante. Cliquez sur l’image pour voir une meilleure illustration d’une fontaine semblable en cours d’utilisation. Ceci dit, cet ajout au-dessus de la fontaine est très apprécié.

Il s’agit d’une fontaine permettant de remplir une bouteille d’eau que l’on peut ensuite transporter avec soi… évitant ainsi d’acheter de l’eau embouteillée. L’eau est refroidie comme celle de la fontaine en-dessous, ce qui n’est pas négligeable. Je traîne toujours, surtout depuis les deux dernières années, une bouteille quand j’enseigne. L’air albertain étant sec, si je ne le fais pas, je me retrouve rapidement avec une gorge sèche et un niveau accru de fatigue à la fin de la journée. Donc, j’espère que le collège se décidera rapidement à multiplier ces postes de remplissage à travers l’édifice, et pas seulement dans le Centre des Arts.

Bienvenue à Messieurs A et O

Nous n’avons pas pu résister. Après quelques visites chez un détaillant de produits animaliers où nous allons régulièrement, chats obligent… nous avons craqué pour ces deux petites bouilles adorables qui nous regardaient derrière une vitrine du Centre d’adoption. Ted et Bill, qu’on les avait appelés… Bon. Pas fameux. Ils venaient d’un organisme partenaire du magasin nommé Alley Cats Rescue. Nous avons passé une bonne demi-heure en leur compagnie hier, puis nous avons décidé que, la nuit portant conseil (et qu’il fallait bien consulter les résidents félins actuels de la maison), nous avons décidé d’attendre et de peser le pour et le contre… Et ce matin, nous sommes allés les chercher, ces deux frères âgés de 10 mois.

Nous avons choisi de les renommer Oscar (Wilde, bien sûr!) et Alfred (Lord Alfred Douglas, son amant qu’il surnommait Bosie, bien entendu). Oscar est à gauche sur la photo; Alfred à droite. Et oui, nous aurons beaucoup de poil roux dans la maison.

Bon. Pour l’instant, ils restent plutôt cachés au sous-sol, évitant soigneusement Messieurs R et E qui ne savent pas trop que faire d’eux. Alfred est beaucoup plus timide que son frère; Oscar s’est aventuré un peu plus loin, mais ils n’ont pas encore fini l’exploration du sous-sol… encore moins de la maison.

Donc, on peut dorénavant nous traiter de «folles aux chats»… ou limite, du moins. Ça va. On s’assume.

Un nouveau portail pour la francophonie albertaine

Le nouveau portail web de l'ACFA provinciale, qui donne directement accès à l'administration provinciale ainsi qu'aux régionales. Cliquez sur l'image pour accéder au site.

L’ACFA dévoile aujourd’hui son nouveau portail web, dont l’image vous est donnée en en-tête de cet article. Une grande partie des ressources destinées aux francophones dans la province sont regroupées sous l’égide de l’ACFA, qui s’est aussi dotée, aujourd’hui d’un engagement envers le Franco-Réso, un réseau liant entre eux les diverses administrations des régionales. Lire le communiqué.

Beau travail pour amener à une francophonie plus unie dans sa diversité à travers la province.

Nouvelles sportives

… si tant est que le curling est un «sport». Red Deer vibre au rythme du Scotties Tournament of Hearts depuis la fin de semaine dernière, un tournoi qui rassemble des curleuses (c’est un tournoi féminin; les hommes compétitionnent lors du Brier) de partout au pays. En fait, dans la ville, mis à part des étalages et affichages spéciaux dans les commerces et restaurants, on ne sent pas une énergie particulière, hormis, bien entendu sur les lieux de la compétition. Toutefois, les nouvelles locales prédisent des retombées d’environ un million de dollars par jour. Sur dix jours, ce n’est quand même pas négligeable.

C’est quoi, le curling, diront certains? Eh bien, ce sport d’origine écossaise est une version sur glace de la pétanque, du boulingrin, ou encore du mississippi. Il s’agit pour une équipe de poser ses pièces (en l’occurrence, de lourdes pierres munies d’une poignée que je pensais, enfant, être des bouilloires) le plus près du centre d’une cible dessinée sur de la glace. Une personne lance la pierre, ses coéquipiers essaient de leur mieux de la diriger en balayant la glace devant la pierre pour la placer le plus près du centre de la cible et aussi afin de déplacer les pierres de l’équipe adverse afin de les éloigner du centre de la cibl. C’est un jeu très civilisé et en fait fort agréable à regarder, même si je n’ai pas eu le temps de me rendre à l’aréna où ont lieu les compétitions…

Nouvelles destinations culinaires à Red Deer

Comme je le disais hier, il y a du changement dans les restaurants de mon patelin. En fait, mis à part les restaurants de chaînes, bien ordinaires dans l’ensemble, il semble que tous les endroits où Oyaté et moi avions nos habitudes ferment sous nos pieds. Comme s’il était impossible à Red Deer de faire vivre quelque chose d’un peu différent de la bouffe typique, grasse et insipide, qui fonde la diète nord-américaine. Bon. Déjà, Red Deer n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un arrêt obligé du guide Michelin, mais quand même.

Le restaurant indien du centre-ville fermant, il nous fallait chercher des alternatives. Il y avait bien l’autre restaurant bien établi, Astha, dans le nord de la ville. Nous y sommes allés une fois: l’endroit ne nous a pas particulièrement impressionnés. Le décor était recherché et le service avenant (un peu trop!), mais la nourriture était bien quelconque. De plus, nous y étions quelque peu après l’heure habituelle du souper dans cette province (il devait être environ 19 heures) et le serveur nous a vraiment fait comprendre que nous devrions prendre certains mets… dont il devait avoir un surplus en cuisine. J’ai persisté dans mon choix à son grand désarroi… et le service a été, disons, un peu plus sec par la suite.

Un de mes collègues m’ayant recommandé le restaurant illustré en en-tête, Indian Flame, nous en avons fait l’essai. Encore une fois, le service était bien quelconque (mais il faut s’y attendre dans cette province) mais la nourriture, elle, était particulièrement savoureuse. Nous y retournerons. Seul inconvénient majeur: la salle à manger est très petite. Le soir où nous y sommes allés, il y avait un groupe un peu bruyant et nous étions chanceux d’avoir déniché la seule table un peu isolée de l’endroit.

Deuxième mission: Il nous fallait trouver un restaurant thaïlandais en mesure de nous faire accepter la disparition du Thai Gardens. C’est presque par hasard que j’ai vu l’annonce du tout nouveau Rueon, caché dans un édifice qui contient surtout une station de radio, en marge des grandes avenues de la ville. Quelques jours plus tard, nous allions en faire l’essai. Puis nous y sommes retournés, juste pour nous assurer que l’éblouissement des papilles ressenti le premier jour se perpétuait… Puis nous avons jusqu’ici fait une bonne dizaine d’essais, tous plus concluants les uns que les autres, si bien que maintenant, la propriétaire de l’endroit nous connaît par nos noms.

L’endroit où je me rendais lorsque j’ai trouvé Rueon, c’est ce petit restaurant sans prétention aucune qui se trouve dans un triste petit centre commercial du nord de la ville. Je l’admets, la façade ne paie pas de mine et je ne me souviens plus trop comment nous sommes tombés sur ce restaurant. Toutefois, nous y avons également pris nos habitudes. Les évaluations de l’endroit sont divisées, sauf qu’en les lisant, j’ai l’impression de retrouver, chez les détracteurs, des habitués des resorts mexicains qui ne connaissent rien à la nourriture latino-américaine non destinée aux touristes. Ce restaurant sert, à très bas prix, de la nourriture fraîche qui rappellerait surtout la cuisine domestique, avec certaines concessions aux goûts albertains (les plats ne sont pas très relevés). J’aime particulièrement les pupusas et le plato satiagueño, un généreux steak de porc. On y trouve aussi le plus gigantesque hamburger format individuel qu’il m’ait été donné de voir (et à Oyaté de manger).

Tiens! Je constate que Clio voulait faire son apparition... dans le reflet de la vitrine!

Non loin de là, on trouve Fusion Café, un restaurant sans prétention, mais qui mérite le détour, et qui sert une variété de plats d’inspiration asiatique. Le menu est vaste (on se demande en fait comment ils peuvent servir autant de plats d’origines aussi diverses), mais nous n’avons pas été déçus lors de notre première visite, la semaine dernière. Le service est attentionné (selon les standards albertains, du moins) et l’endroit agréable. On y retournera.

Juste à côté, la franchise locale de la chaîne d’origine montréalaise Cora déjeuners. Le marché pour les restaurants spécialisés en déjeuners est complètement ouvert en Alberta: il y a peu de compétition. La seule concurrence locale se trouve complètement à l’autre bout de la ville, le long de l’autoroute, dans le secteur de Gasoline Alley: Glenn’s. Et encore, j’avoue préférer Cora pour la qualité et la fraîcheur. Comme je n’ai pas essayé la franchise locale (il est plutôt rare que je ressente le besoin de sortir pour déjeuner dans la ville où j’habite…), je ne peux pas vous parler de la qualité de cette succursale en particulier. Cependant, il y a quelques mois, nous avons rencontré des anciennes collègues de classe d’Oyaté à celui d’Edmonton et cela correspondait en tous points à ce à quoi Cora nous a habitués au Québec.

Finalement, hier soir, nous avons découvert ce restaurant (de chaîne locale) qui se spécialise dans la cuisine familiale «qui fait du bien à l’âme», comme le dirait si bien l’ami Boris. J’avais plus ou moins manqué ce restaurant sympathique depuis mon arrivée et c’est l’ACFA qui, en organisant divers événements à cet endroit, a attiré mon attention sur cet établissement. Il y aura d’ailleurs une semaine de déjeuners typiquement Canadiens-français en mars. Il se trouve que les propriétaires de la franchise locale, les Leclair, sont d’origine franco-manitobaine et qu’ils se feront un plaisir de vous servir dans la langue de Molière. De plus, certains desserts sont faits maison… Un vrai plaisir.

Ceci ne résume certes pas la liste de restaurants de la ville, mais ce sont quelques-uns de nos petits coups de cœur… En espérant qu’ils ne disparaissent pas!

Le visage changeant de la restauration red-deeréenne

Ross Café. Ce nouveau restaurant n'est pas encore ouvert. Nous regrettons le départ de son précédesseur l'été dernier (cliquez sur l'image pour voir la façade précédente).

L’été dernier, nous avons eu le regret de voir disparaître l’un des meilleurs restaurants thaïlandais de la ville (de la province, je dirais). Je m’en suis aperçu lorsque, voulant apporter quelque chose à manger pour une réunion du conseil d’administration de l’ACFA régionale, dont je faisais alors partie, j’ai voulu me rendre au Thai Gardens voisin et que je me suis heurté, à l’heure du souper, à une porte fermée. Ce restaurant avait parfois des heures d’ouverture aléatoires, mais c’était inhabituel. Quelques jours plus tard, mes doutes étaient confirmés lorsqu’est apparu une affiche sur la porte qui ne laissait plus aucun doute sur le caractère définitif de la fermeture de l’établissement. Je me suis laissé dire que ce fut ce qu’on appelle un fly by night, mais quand même… Le nouveau restaurant qui va s’établir à cet endroit cherche toujours des cuisiniers et n’a pas encore ouvert ses portes; on verra bien. L’endroit est situé dans un local d’une partie du centre-ville que Paul Harris, propriétaire du Sunworks voisin et conseiller municipal, essaie désespérément de revitaliser pour y attirer des gens hors des heures de bureau.

Une de ses initiatives récentes fut l’établissement, au deuxième étage de son magasin d’articles de cuisine, décoration et jardinage (dont j’ai déjà parlé il y a de cela quelques années) qui inclut déjà une galerie d’art, fut d’ouvrir un café haut de gamme. Un agent d’immeuble (et ancien voisin) dont le bureau jouxte le café, en a fait une belle chronique illustrée de photos prises par sa femme photographe.

Affiche pour café Dose. Cliquez sur l'image pour un aperçu de l'intérieur.

Nous y sommes allés à deux reprises, Oyaté et moi… et avons été quelque peu déçus. Oui, le café est de qualité exceptionnelle. Cependant, le service est prétentieux à la limite du tolérable et pas moyen d’avoir un véritable capuccino ou un café au lait qui ne soit pas fait de lait 2% ou de soja… Le monsieur ferait bien de perdre un peu de son attitude et d’aller faire un tour dans la Petite Italie. Il connaît la théorie du café, ça c’est certain… et il croit au café équitable et à l’économie durable. Il sert aussi d’artistiqueslattés et des repas légers qui semblent délicieux. On verra comment ça va évoluer. Pour l’instant, il s’y retrouve une clientèle éclectique et épicurienne qui fait quand même le charme de l’endroit.

Côté cafés, il y en a quelques autres au centre-ville, mais ils sont pour la plupart fermés la fin de semaine. Pas facile de trouver un endroit pour se rassembler autour d’une table sympathique à part près des centres commerciaux de la périphérie. Le café City Roast est un exemple: on y sert du café de bonne qualité (du moins supérieur à une chaîne étatsunienne dont je tairai le nom) et que l’on peut acheter en vrac. L’équipement de rôtisseur s’y trouve aussi, bien que je ne l’aie jamais vu en fonction.

En tournant le coin de la rue, on trouve ce petit café, qui était lui aussi fermé au moment où je suis passé en ce lundi après-midi de la Journée de la famille. Ça a l’air sympathique mais je n’y ai jamais mis les pieds.

Ce ne sont que quelques-uns des établissements qui servent du café au centre-ville… mais surtout durant les heures de bureau. Pas mal si on travaille au centre-ville, mais moins pratique si on y vient en soirée et la fin de semaine. Depuis le départ de la plupart des grandes chaînes de magasins (au cours des années 1970 et 1980) du centre-ville vers les centres d’achats de la périphérie, le centre-ville est entré dans une phase de déclin dont il semble avoir de la difficulté à s’extirper. Témoin la récente fermeture de l’un de nos restaurants préférés, le Sangam Tandoor & Grill, situé à l’autre bout de la rue Ross. L’édifice ayant été vendu pour devenir une résidence pour personnes âgées à loyer abordable, le bar et le restaurant qui se trouvaient au rez-de-chausée de ce qui était un hôtel ont dû trouver un autre logement. Au moment où j’écris ces lignes, l’avenir du restaurant indien demeurait fort incertain. Pour ce qui est de l’hôtel destiné à devenir résidence pour personnes âgées, on aurait pu choisir meilleur endroit. À l’ouest, on trouve la prison commune (remand centre) jouxtant le palais de justice. À l’est, un casino. Je me demande bien qui voudrait aller vivre là… mais le plus triste pour nous (ainsi qu’une bonne partie du personnel du collège) est la disparition de ce restaurant.

Résultat de ces fermetures: nous avons dû chercher d’autres endroits où nous restaurer ces jours où l’appel de la cuisine se fait moins fort que la fatigue. Je vous en parle demain.