Jasper… Blech!

Monsieur R n’avait pas tellement envie de nous voir partir hier après-midi… Il utilisait la méthode de résistance passive féline sur le sac d’Oyaté… Je le comprends. Il est chez nous, bien au chaud, sans avoir eu à se taper presque 600 km… Peinard, le chat. Derrière, en passant, un cadeau de mon père lorsque j’avais environ 10 ans et qui me suit depuis. Mon père a travaillé pour Bridgestone / Firestone pendant 37 ans. Voici donc notre route…

512 km, selon l’ami Google et à peu près la même chose au compteur. On peut se rendre de Red Deer à Jasper par un  chemin plus court, tel que nous l’avions fait l’été dernier (une centaine de kilomètres de moins, tout de même!), sauf que cette route, qui consiste à prendre la route 11 vers l’ouest jusqu’à sa jonction avec la route 93 vers le nord, passe en grande partie dans les montagnes.

En hiver, conduire dans les Rocheuses, surtout lorsqu’on nous annonce des chutes de neiges, c’est imprévisible et potentiellement dangeureux. Ce l’était d’autant plus que, puisque j’enseignais hier jusqu’à 14 heures, je savais qu’il ferait nuit lorsque nous atteindrions les montagnes, peu importe la route empruntée. Autant, donc, pour des raisons de sécurité, utiliser le chemin le plus fréquenté, car, en cas de pépin, on se sent moins seul. Bon… Nous oublierons facilement notre escale pas gastronomique du tout à Edson, où nous nous sommes véritablement sentis comme si nous étions au milieu d’un troupeau de gorilles en rut, mais passons. C’est ça, la culture tough en Alberta. En plus, Oyaté s’est tapé une belle indigestion…

Avec tout ça, nous sommes au milieu des montagnes, dans un endroit qui, m’a-t-on dit, peut être enchanteur. Ce ne l’a pas été jusqu’ici.

Première erreur: étant limité dans le budget de cette excursion qui n’a pas pour objet des vacances, nous avons choisi un hôtel offrant le minimum de commodités. L’endroit ne manque pas de charme, effectivement… on se sent comme si nous avions été transportés à une autre époque. Les portes des chambres ouvrent avec de véritables clefs! C’est tout dire! Les murs sont en carton et les chambres plutôt petites… Mais ce n’est pas là le pire. L’hôtel a un bar, ce qui est généralement le cas dans la plupart des établissement hôteliers. Avec de la musique live. Encore là, c’est un peu unique, mais pas nécessairement surprenant. Toutefois, nous ne sommes pas tant dans un hôtel dans lequel il y a un bar, mais plutôt dans une chambre au-dessus d’un bar dans lequel se produit un band de musique celtique (au demeurant pas mauvaise), les amplis à fond.

Nous sommes arrivés pendant le concert (vers les 21 h 30). La chambre que l’on nous avait assignés se trouvait directement au-dessus de la scène (à en juger par le volume qui augmentait en s’approchant de la porte…). Je n’ai même pas ouvert la porte, ai fait demi-tour, puis suis retourné à la réception pour demander une autre chambre. Le volume y était moins pire, mais c’est tout l’hôtel qui vibrait aux rythmes celtiques… donc pas question de se coucher tôt. Si ce n’était du fait que l’hôtel avait déjà pris le prix de la première nuit en garantie de notre réservation, je serais illico allé ailleurs. Nous sommes donc allés faire un petit tour en ville, à pied et quand nous sommes rentrés, tout était silencieux. La réceptionniste, l’air penaud, nous a cependant annoncé que notre nouvelle chambre ne serait pas disponible pour la nuit prochaine et qu’il nous faudrait changer de chambre. Ma réponse: «Nous ne savons pas si nous coucherons ici demain soir» l’a quelque peu décontenancée. En fait, nous ne coucherons pas à Jasper ce soir tel que prévu, mais plutôt à Edmonton. Au moment où j’écris ces lignes, nous finissons de nous préparer pour déjeuner et nous allons quitter sitôt que j’aurai accompli la mission pour laquelle je suis ici.

Pourquoi? Je suis d’une humeur massacrante. Voici la vue de notre chambre. Oui, la chambre donne sur la rue. La rue principale. La chambre qu’on nous avait initialement assignée était située à l’arrière. Celle où nous avons couché était à l’avant (et était plus chère… allez comprendre). La circulation sur la rue n’est pas terrible, comme on peut voir, mais si vous regardez derrière le stationnement, il y a ça:

Cette charmante locomotive de Via, eh bien, elle roule depuis au moins cinq heures ce matin. Sans avoir bougé. Elle roule au ralenti et répand ses vibrations désagréables tout alentour. Plus capable de fermer l’œil depuis six heures. Je suis grognon. Nous avons presque fini de faire nos bagages… je vous laisse pour aller prendre un café, un déjeuner, aller donner mon petit discours pour l’ACFA lors du lever du drapeau… et puis sacrer mon camp d’ici.

Sur l'entrée de la porte du bar... juste dessous notre fenêtre. J'aurais dû savoir...

J’espère un jour pouvoir apprécier Jasper. Nos deux expériences ici ont jusqu’à date été désastreuses…

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8 commentaires sur « Jasper… Blech! »

  1. Eh ben, c’est pas de chance tout ça! J’espère que la cérémonie sera au moins sympa et le retour facile!

  2. Ça va un peu mieux maintenant. La cérémonie de lever du drapeau fut charmante et je m’apprête enfin à déjeuner… après une tentative infructueuse au resto de l’hôtel…

  3. arf… décidément, vous avez cumulé !! j’ai frissoné rien qu’à la lecture de ton article. le bruit me hérisse, mais alors c’est atroce quand on le subit lors d’une escapade plaisir !!! mince alors 😦

    en tous cas, je partage ta grosse hésitation sur Jasper, j’en avais été terriblement décue ! moi qui m’attendais, naive, à une jolie petite ville dans les montagnes, pittoresque, touristique mais cutivant son charme….. quelle ne fut pas ma surprise lorsque nous avions débarqué à Jasper vers 20h un soir de fin de semaine de mars…. une petite ville franchement sinistre, minuscule, et qui donne l’impression d’etre industrielle ! Loin d’etre le point d’orgue après une journée absolument splendide sur l’autoroute des glaciers !

    Et pourtant, TOUS les hotels étaient plein à craquer (nous n’avions pas réservé !). Nous avions fini par reprendre la voiture et pousser jusqu’à Hinton pour y dormir dans un motel le long de la route principale.

    En tous cas…. tenez-nous au courant, nous lecteurs de ton blog, de votre périple !!! 🙂 et amusez-vous bien !

  4. Marine, ça nous fait, à Oyaté et à moi, deux déceptions. Je sais que j’aurai à y revenir… j’espère y découvrir ce charme un jour. Cependant, j’ai l’impression que le vrai plaisir d’être à Jasper n’est pas dans la ville elle-même, mais plutôt dans les excursions, sports et promenades qu’on peut faire dans les alentours. Malheureusement, jusqu’ici, je n’y suis jamais resté suffisamment longtemps pour pouvoir apprécier tout ça. Un jour, peut-être…
    Dr. CaSo, je suis heureux que ça t’ait plu. Je suis passé plus tard à la Cité moi aussi, mais c’était pour visiter la librairie et surtout déposer mon rapport de dépenses…
    Olivier, j’aurais le goût de rire… si j’avais pu dormir suffisamment! Merci pour l’optimisme.

  5. Quand j’ai lu « Les portes des chambres ouvrent avec de véritables clefs! C’est tout dire! », j’ai bien ri du décalage avec ici où, mis à part dans les chaînes d’hôtel, c’est plutôt récent de ne pas avoir de clé 🙂

  6. Oui… ici, la plupart des hôtels, et même les moins chers, ont migré vers un système de cartes électroniques, qui leur font probablement faire des économies considérables en clefs perdues… sans compter que cela rend les chambres un peu plus sécuritaires, le code électronique changeant continuellement.

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