Surpris, je suis!

Cet édifice, c’est l’école La Prairie, l’école française de Red Deer. Ouverte en 1996, elle accueillait alors 23 élèves. Aujourd’hui établie dans les locaux agrandis d’une petite école de quartier dont l’édifice original date de 1952, l’école peine à accommoder la clientèle, qui s’étend de la prématernelle à la dixième année, qui vient de partout dans la région. On s’attend à dépasser bientôt le cap de 200 étudiants, qui y auront bientôt accès à toutes les années du primaire et du secondaire.

L’année dernière, le gouvernement albertain a pris la décision de construire une série de nouvelles écoles, dont une nouvelle école francophone à Red Deer. La nouvelle a été accueillie avec grande joie. La question reste à savoir: où établir la nouvelle école.

Un site, dans le quartier Aspen Ridge, dans le sud-est de la ville, a été choisi par le Conseil Scolaire Centre Nord et fut l’objet d’une entente entre celui-ci et le conseil scolaire public de Red Deer, qui détenait les droits sur ce site pour l’érection d’une école allant de la première à la huitième année. L’école francophone proposée offrirait le cours de la maternelle à la douzième année. Ceci suscite une opposition plutôt farouche dans le quartier, opposition qui s’est manifestée lors de la dernière réunion du Conseil de Ville.

En lisant la dernière partie de l’ordre du jour de cette réunion du Conseil, on peut lire les résultats écrits des consultations publiques, c’est assez consternant. Plusieurs commentaires expriment des réserves qui restent polies simplement à cause du caractère public du document, envers le fait qu’il s’agit d’une école francophone financée à même les fonds publics. La grogne que cela soulève vient du fait que, sauf exception, pour pouvoir envoyer leurs enfants à l’école française, l’un des parents doit, soit être francophone, soit avoir étudié en français au primaire, ou encore avoir envoyé un autre de ses enfants étudier en français, ce qui n’est pas le cas de plusieurs résidents du quartier. Il y a donc dans ces commentaires un ethnocentrisme larvé qui fait peine à voir. Les discussions lors de cette rencontre (à laquelle je n’ai pas assisté) furent, on s’en doute, assez vives.

Et voici que notre quotidien local, habituellement plutôt conservateur et étroit d’esprit, montre dans sa page éditoriale d’aujourd’hui une ouverture d’esprit assez formidable et surprenante. En gros l’éditorial affirme que le fait d’avoir une école francophone dans son quartier, c’est un enrichissement qui, contrairement aux craintes exprimées par la plupart des résidents du voisinage, qui craignent surtout l’arrivée d’élèves du cours secondaire (neuvième à douzième année) et la circulation accrue ainsi que les dommages potentiels qu’ils pourraient causer.

J’avoue être sceptique quant à l’issue de ce débat; il faudra vraiment que le leadership politique affirme une volonté d’établir l’école dans la ville… ce qui risque de froisser des ailes et de coûter des votes, ce que nos politiciens généralement frileux et démagogues n’aiment pas. Cependant, il est permis d’espérer quand même The Advocate se met de notre côté!

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