Fringed!

Une des entrées du site du festival (à partir de Gateway Boulevard). Les affiches des diverses productions s’y retrouvent dans un désordre artistique de circonstance. Cliquez sur l’image pour accéder au site du festival.

Ça y est. Je peux dire que j’ai enfin officiellement assisté à une production dans le cadre du festival de théâtre Fringe, d’Edmonton. Il s’agit de l’un des plus anciens (sinon le plus ancien, mais ça reste à vérifier) festivals de théâtre «alternatif» d’Amérique du Nord et il en était à sa 31e édition cette année. On y trouve un peu de tout… des pièces à une personne presque improvisées à des productions un peu plus ambitieuses. Nous y allions pour voir (revoir dans mon cas) Bitchslap! par Darrin Hagen. J’avais vu cette pièce en 2008 à Red Deer et je ne pensais pas la revoir, mais quand j’ai appris qu’elle était présentée à nouveau (et que le prix des billets, à 12,50$ par personne, était plus qu’abordable), je me suis précipité.

Le site (et surtout l’affichage) est joyeusement bordélique, ce qui est plutôt surprenant dans une ville albertaine qui a habituellement des airs plus… disons… proprets (cliquez pour voir un détail).

Je devais être à Edmonton samedi matin pour une réunion (que j’ai finalement vécue par téléconférence du confort de mon salon). Toutefois, Oyaté était plus que content de sortir de «Dead Rear». Toutes les excuses sont bonnes. Une pièce de théâtre qui nous donnerait l’occasion de nous dilater la rate et qui pourrait être suivie d’un souper délicieux… il n’en fallait pas plus.

La pièce met en vedette deux travestis /drag queens qui jouent Bette Davis et Joan Crawford, deux actrices qui ont connu l’apogée de leur carrière dans le Hollowood des années trente et quarante. L’une (Crawford), la star; l’autre (Davis), l’actrice. La pièce est axée sur la rivalité entre les deux actrices ainsi que leurs efforts pour courtiser la presse (le personnage joué par Davina Stewart, seule femme sur cette scène, est une journaliste à potins) et porte largement sur le tournage du seul film qu’elles ont fait ensemble: «Whatever Happened to Baby Jane».

Évidemment, on se bidonne d’un bout à l’autre (de la pièce). L’une et l’autre ne manquent jamais une occasion de se lancer des injures (parfois directes, parfois moins). Les mimiques et intonations des acteurs sont également tordantes (Crawford prononçant «film» «fillem», par exemple, ou sa manière de s’asseoir à chaque fois dans la chaise roulante). Cette production des Guys in Disguise remporte d’ailleurs un succès mérité, avec des productions à divers endroits au Canada et même aux États-Unis.

La pièce était présentée au Varscona, où nous étions déjà allés pour assister à l’enregistrement d’une émission humoristique de Radio-Canada l’hiver dernier.  Ce théâtre aménagé dans une ancienne station de pompiers (et qui subira bientôt de très nécessaires travaux de rénovation) est l’un des rares édifices «traditionnels» dans lequel les représentations qui ont lieu au Fringe prennent place. La plupart des sites sont soit sous la tente, soit dans des cafés, restaurants et commerces avoisinants.

Le Fringe, ce n’est pas que du théâtre. C’est aussi plusieurs acrobates et amuseurs publics qui se produisent sur l’ensemble du site… et le tout avec beaucoup d’humour.

Il y a aussi d’autres formes d’«art» (le psychic reading, c’est une forme de comédie, non?) et d’artisanat dans une foule de kiosques sur et autour du site.

Comme il y a foule et que les restaurants des environs ne suffiraient probablement pas à la tâche, des kiosques alimentaires parsèment également le site… ce qui rappelle un peu ce que nous voyons à chaque foire estivale.

Et même de la racinette à l’ancienne… J’ai été un peu surpris que mon cher et tendre, qui adore ce breuvage (que je déteste), ne se soit pas laissé tenter.

Pour évacuer tout ça, la ville vient de faire construire ces superbes toilettes publiques (le vitrage visant à éliminer le vandalisme).

Quant à nous, nous avons préféré souper dans un tranquille restaurant indien des environs (qui était plus occupé que d’habitude). On s’y fait accueillir par une vasque dans laquelle flottent des pétales de roses. Et si vous voulez savoir c’est où, cliquez sur l’image!

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