Déception

Ce soir, au collège, avait lieu cet événement, intitulé Peeling the Layers of Poverty and Homelessness. Je n’avais pas d’attentes précises, parce que je ne savais pas exactement en quoi l’événement consisterait, puisque l’information qui m’avait été transmise était plutôt mince. Je savais qu’il y aurait un documentaire, une discussion, des invités et de la nourriture (parce que ça se déroulait à l’heure du souper). J’avais invité Oyaté à m’accompagner, parce que la question l’intéressait. Nous étions donc là, dans une salle hyper bondée (si le fire marshall s’était pointé, on nous aurait évacué illico), à attendre l’intervention salvatrice des techniciens du collège, car, une fois de plus dans cette salle, la vidéo ne fonctionnait pas. Mais bon… On s’y fait. Comme on se fait à l’idée qu’on devrait avoir des «discussions» aux tables entassés les uns sur les autres.

Pourtant, dès l’abord, j’avais un certain malaise. Et il n’était pas causé que par l’inconfort de l’entassement (bien relatif, hein, on est quand même au Canada, où si l’on se trouve à moins de un mètre les uns des autres on est entassés). Il y avait une atmosphère vaguement désagréable pour moi, qui ne connaissais pas vraiment les gens qui s’y trouvaient, hormis quelques collègues et étudiants. Et je sentais qu’Oyaté n’était pas à son aise non plus et qu’il pourrait décider de s’éclipser avant même le début de l’activité.

La nourriture était passable… pour de la bouffe collégiale. Des sandwiches, crudités et autres. La petite salade de quinoa n’était pas piquée des vers. Il n’y avait plus d’eau dans les pichets lorsque notre tour est venu, mais les robinets ne manquent quand même pas…

Donc, nous étions nourris, assis, et on a commencé à nous présenter l’activité qui, je suppose, devait avoir pour but de nous sensibiliser au phénomène de la pauvreté et aux diverses dimensions de la réalité des sans-abris (ou des abrités-précaires). Chaque table avait son animateur ou animatrice et quelqu’un pour prendre des notes et rapporter au grand groupe (plus de 150 personnes, quand même!) les discussions autour de trois questions préparées d’avance et bien anodines: «Quand vous pensez aux sans-abris, quelle image vous vient à l’esprit?» J’ai oublié la deuxième et la troisième, à n’ouvrir qu’après avoir vu tous les extraits de film, nous demandais à qui incombait d’agir en vue de réduire la pauvreté et quel rôle nous pouvions jouer.

On nous a montré deux extraits de vidéo d’une dizaine de minutes chacun. Les deux nous montraient deux familles, l’une centrée autour d’une mère monoparentale et de ses trois jeunes enfants (sa fille aînée, jeune adolescente, prenait la vedette) à Calgary et l’autre racontant l’épopée d’une famille avec trois adolescents (de 11 à 18 ans) dans la région de Toronto. Deux extraits canadiens, aucun des deux parlant réellement de ce qui se passe localement. Dans les deux cas, ces familles avaient dû passer un certain temps en refuge familial suite à une éviction. La famille ontarienne avait ceci de particulier que le père de famille avait un emploi dans le secteur manufacturier (lié à l’industrie automobile), lequel devenait de plus en plus précaire. Évidemment, les deux histoires visaient à nous faire «réfléchir» au fait que le phénomène «sans-abris» ne se limite pas aux hommes célibataires.

La discussion à notre table (et aux tables voisines a pris un tour fort prévisible: «Il ne faut pas les juger»; «Il faut offrir des services»; «Mais ils ne veulent pas toujours de ces services parce qu’ils veulent préserver leur dignité». Bla. Bla. Bla. Bla. Blech.

Bien peu des gens qui se trouvaient dans la salle avaient vécu une quelconque expérience proche de ce qu’est la pauvreté. Après tout, nous vivons dans un milieu bien protégé, au milieu d’une île de prospérité dans un pays dont l’économie manufacturière s’effondre à mesure que nous la délocalisons en Chine, en Inde et ailleurs… pour devenir de plus en plus une économie de ressources à l’avenir bien précaire (et à la diversité économique très fragile). Témoin le père de famille ontarien qui, autrefois aurait vu sa sécurité financière garantie pour la vie dans son secteur d’emploi. Mais ce n’est plus le cas.

Je pense que c’est ce qui me frustrait le plus dans ces échanges superficiels où, loin d’avoir épluché l’oignon de la pauvreté, nous n’en avons que vaguement effleuré la surface. C’est aussi la nature d’un forum de ce genre, qui donne bonne conscience et qui permet l’expérience voyeuriste de la pauvreté par le visionnement de vidéos qui renforcent la distinction entre «eux» et «nous».

Tout ce beau monde dénonçait l’inaction gouvernementale et la disparition de programmes sociaux (et même des centres d’hébergement pour personnes handicapées mentales!), mais n’allez pas leur demander de payer davantage de taxes pour supporter ces services! N’allez surtout pas parler de la complexité du phénomène de la santé mentale… qui ne se règle pas par l’enfermement ou la médication seules. Ces gens parlent de la pauvreté comme d’un phénomène qui ne les touche pas; c’est l’affaire des autres. Et ils vont chez Wall-Marde acheter leurs bidules inutiles faits en Chine pour que ça coûte moins cher et que ça leur permette de faire étalage de leur prospérité. Je sais. Au jeu de la consommation, je suis aussi coupable que les autres… mais il me semble que j’ai au moins la capacité de faire le lien… L’argent ne poussant pas sur les arbres et la prospérité croissante infinie n’étant qu’un mythe, je sais bien que cet argent vient des poches de quelqu’un d’autre.

Pas de discussion sur ce cercle qu’est la richesse et la vie… et l’impact de nos choix. Et je n’étais pas capable d’amener le sujet, car je me serais fait dire que «ça n’a pas rapport». On parlait plutôt de l’organisation nécessaire de la charité, de la participation des églises à celle-ci… et bla et bla et bla… blech encore!

Le problème commençait en fait par le fait que l’on nous nourrissait (sans qu’il y ait un coût à l’activité). L’organisme qui s’était chargé de rassembler tout ce beau monde bénéficie de subventions gouvernementales… pour nourrir des gens qui n’en ont pas besoin! Évidemment, les restes (car il y en avait, il y en a toujours dans ces cas-là) sont probablement allés aux ordures… remarquez que les viandes froides laissées à la température de la pièce se gâtent rapidement et je ne voudrais pas donner de ces sandwiches à quiconque le lendemain. Donc, sous le prétexte de nous sensibiliser à la pauvreté, on nous remplissait la bedaine.

Puis la discussion, avec autant de gens et surtout d’animateurs de tables peu chevronnés, ne pouvait aller bien loin, en un maigre deux heures. Il aurait été bien difficile de l’amener bien loin quand la direction générale de la discussion elle-même n’était pas très claire, sinon nous amener éventuellement à nous «engager dans la communauté» (donc à soutenir les organismes de bienfaisance et autres plutôt que de chercher à régler le problème lui-même). Était-ce une tentative de recrutement de bénévoles? J’ai bien peur que ce n’ait été que ça. Les deux évaluations qu’on nous proposait de remplir à la fin de l’exercice (l’une sur papier et l’autre en ligne) ne permettaient pas vraiment de creuser la raison pour laquelle cette activité avait été organisée. Re-blech.

Dans tout ça, une petite lueur… une lueur fragile s’est manifestée à notre table. Une femme autochtone qui a parlé de son expérience, des difficultés qu’elle a eues à trouver à se loger lorsqu’elle a quitté le père de ses cinq enfants… qui a maintenant trouvé la stabilité et dont l’un des fils (qui était présent) est étudiant au collège. Elle a parlé de l’aide qu’elle a reçue, mais comme dans bien des cas, et même si elle n’a pas osé le dire, c’est surtout sa résilience personnelle qui l’a aidée à passer à travers les obstacles qui se sont présentés sur son chemin. Elle n’a pas parlé non plus du racisme systématique qu’affrontent tous les Autochtones en Alberta. La majorité des gens autour de la table étant blancs, cela aurait heurté et elle n’en a pas parlé par pudeur. Je suis certain que si nous avions été seuls avec elle, Oyaté et moi, elle aurait tenu un autre langage. Cela m’a rappelé une cousine d’Oyaté, et il a aussi été visiblement touché par son témoignage… qui n’était pas vraiment prévu au programme.

On me répondra: oui, ton socialisme ressort clairement… mais que faire, à part créer et soutenir des organismes de bienfaisance? Eh bien… D’abord, nous vivons dans un pays où il se vit un recul de ce soutien et un désengagement face au phénomène de la pauvreté qui me désole profondément… car ce n’est pas le pays que j’ai appris à aimer, bien malgré ses imperfections. Nous vivons de plus en plus dans une société à l’étatsunienne, où c’est «sink or swim». Tu te débrouilles comme tu peux ou bien tu crèves. Nous regardons les riches s’enrichir et la marge de manœuvre économique de la classe moyenne se rétrécir au point d’atteindre la précarité dans l’endettement… et l’on trouve ça normal. On réélit ces conservateurs idiots qui bradent nos ressources au plus offrant en nous endormant sous prétexte de «prospérité», qui nous demandent de nous serrer la ceinture pour enrichir une classe de satrapes dépravés tétant au mamelon du capitalisme globalisateur… on tue les syndicats et autres associations… et on cherche à nous endormir en nous demandant d’offrir de notre temps et de notre énergie pour aider les pauvres et les sans-abris. Pendant ce temps-là, personne n’éduque aux réelles causes sociales de la pauvreté, personne n’a vraiment le temps de penser que certains des problèmes de santé mentale sont justement causés par ce système inique duquel nous dépendons tous et dans lequel nous devenons complaisants… Et si l’on ose soulever les vraies question, on nous accuse d’être irréaliste.

Y’en a un peu marre. Ce soir, on n’a rien épluché. L’oignon est bel et bien intact. Mais on a bien essayé de nous faire pleurer…

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18 commentaires sur « Déception »

  1. Il y a une passivité incroyable, je trouve, par ici: on ne veut pas changer, on ne veut pas être forcés de réfléchir, on ne veut pas avoir à se dire que notre petit monde n’est pas parfait. Passivité n’est pas le bon mot mais tu vois ce que je veux dire. Si j’avais organisé cette soirée, j’aurais mis à chaque table au moins 2 personnes qui ont vécu des expériences difficiles, comme cette femme dont tu parles, et j’aurais demandé à chaque personne de se créer un « plan d’action » individuel… mais ça n’aurait toujours pas changé grand’chose, parce que cette pauvreté commence à des niveaux où le champ d’action est très limité: je ne peux pas faire grand chose contre les politiciens élus, contre la course contre le pétrol, contre la délocalisation, etc. Acheter local, moins consommer de trucs inutiles faits en Chine, tout ça n’est qu’une goutte d’eau et c’est tellement décourageant…

  2. La solution miracle évoquée par les politiciens de touts bords, c’est la croissance ou « le retour de la croissance ». Je n’y crois pas parce que je pense que rien ne peut croitre indéfiniment dans un système à ressources limitées. J’ai l’impression de me trouver dans un système économique pyramidal qui joue son avenir sur l’utopie d’une croissance perpétuelle, un peu comme dans les arnaques du type « jeu de l’avion » ou « cercle d’abondance » (pour ne pas parler de ce financier américain qui a ruiné tous ses clients il y a quelques années) qui laissent la plupart des participants sur la carreau. Mais heureusement, je n’y connais rien en économie, alors je me trompe certainement…

  3. C’est intéressant, d’ailleurs, parce que je parle justement d’un petit bout de ce qui contribue à la misère de l’Alberta (je ne sais pas ce qu’il en est du reste du Canada) dans un post récent sur les casinos.

  4. Pour sensibiliser les gens, n’aurait-il pas mieux valu les mettre au contact de la pauvreté et de la précarité? Les faire participer à une action de charité, une vraie (pas un fundraiser où on se gave de p’tits fours et on fait un gros chèque pour se donner bonne conscience) ?

  5.  » Sink or Swim ! » ….. c’est dur …. mais plutôt réaliste , ce qui n’empéche pas de fournir des bouées de sauvetage ( y compris des gros( ou petits) chéques pour se donner bonne conscience ..? !!! …C’est toujours mieux que de ne rien faire du tout ou de ricaner sur les motivations des donateurs .
    J’ai pratiqué le Continent Africain – pas réputé pour son opulence … . Là bas : Ils  » swimment  » sans aigreur et font preuve d’une inventivité permanente pour survivre tandis que leurs dirigeants se goinfrent … Ils le savent bien , mais ça n’entame pas leur volonté de chercher des solutions pour améliorer leur condition sans acrimonie !
    L’acrimonie et le sarcasme : c’est un privilége de nantis ( même  » bien pensants  » ) …
    Je dirai même plus : SURTOUT bien pensants ……………

  6. Je pense de mon cote que donner bonne conscience aux gens fait définitivement partie des raisons pour lesquelles de tels événements existent.

    Je m’étonne également beaucoup de la capacité de la plupart des gens que j’ai rencontre jusqu’à présent (en Alberta) a ne tout simplement pas se poser les questions qui ne les concernent pas directement et a leur tendance a avoir un discours uniformisé sur des sujets comme les autochtones ou encore les raisons des maux dans nos sociétés occidentales.

    Il me semble que la curiosité et le libre arbitre ne fait pas tellement partie de leur mode de pensée et que la mentalité « rurale » de la province transpire a cet égard.

  7. Ok , Ok les Intellos ….. ! La question EST :  » QUE FAIS JE , MOI , pour contribuer à améliorer concrétement la situation des démunis de mon quartier , de ma province , de mon état , du Monde ??? selon mes possibilités ???????
    La Loi des 80/20 impliquent que SEULS 20% sont hors Crétinismes ….. dont 10% Hyper Crétins et 10% susceptibles de discernement …. Donc , si nous appartenons au dernier décile , que faisons nous ???? hein ???? au lieu de fustiger ceux ( la majorité …) qui n’ont pas les neurones et la capacité de réflexion dont vous êtes ( naturellement…! ) nantis ????
    Hein ? Que faites vous ? vous ….. ???????????????????????? Alors ?????

  8. La pauvreté et le manque de moyens ne sont pas des choses qu’on peut gérer de l’extérieur. Il aurait suffit justement d’un peu moins d’ingérence extérieure pour éviter de condamner des continents entiers. On peut toujours se donner bonne conscience en donnant une pièce à un SDF ou en donnant ses vieilles fringues à ceux qui n’en ont pas, mais ces actions ponctuelles ne régleront pas le problème global, qui est celui de la volonté de nivellement du monde par les plus privilégiés sous faux prétextes comme la sécurité par exemple.
    Que les pays industrialisés cessent leur course à la croissance et ça ira mieux partout et même chez eux où 1/3 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

  9. Le probléme de la pauvreté a de multiples causes . Cette question existait bien avant l’émergence des pays  » dits  » industrialisés , depuis l’origine du Monde .
    Quant à la course à la croissance ….. ( supposé LA CAUSE …) , précisemment : la pauvreté augmente en raison de ce manque de croissance dans les Pays nantis . Il est vrai que la croissance n’est certes pas la panacée . Il y a de multiples autres facteurs de tous ordres .
    J’ai connu la CHINE en 1985 : elle était VRAIMENT pauvre …. depuis , elle l’est beaucoup moins ce qui n’empéche pas une partie de sa population d’étre encore dans la pauvreté .
    Ce probléme est complexe et ne peut étre résolu par des anathémes ….
    Faute de mieux , les amortisseurs sociaux de nos sociétés  » d’ex  » abondance restent un pis aller
    mais c’est mieux que rien .
    Je vous invite à relire DICKENS , ZOLA et FAULKNER .
    Si VOUS avez LA solution , je suis preneur ……..

  10. Juste une précision: Ma prétention n’est certes pas de savoir comment éradiquer la pauvreté. Ironiquement, si j’étais en mesure de le faire, je serais probablement fort riche… Non. Là n’est pas mon propos. Ce message résultait de mon sentiment d’outrage face à l’organisation d’un événement supposément «éducatif», dans une institution d’enseignement supérieur, organisée par des «spécialistes» de la question (au sens académique, donc pas nécessairement des pauvres)… et que tout ce qu’on y faisait était de ne finalement même pas s’approcher du but d’éplucher l’oignon.

    Je ne nie pas que la pauvreté est un phénomène systémique et qu’il existe dans presque toutes les sociétés à travers l’histoire. Je sais que ce phénomène est complexe et qu’il n’y a pas de recette miracle. Je crois également qu’il est nécessaire de «faire ce qu’on peut», localement et avec ses moyens, pour tenter d’en juguler les pires effets. Toutefois, lorsqu’une activité qui vise à creuser la question n’arrive même pas à même l’effleurer, j’en reste béat d’incrédulité et de frustration.

    Ce n’est pas surprenant, malgré tout. Comme le disent plus haut Dr. CaSo et Alex, il règne en Alberta une apathie criante face à la pauvreté. C’est le problème des autres. Si cette soirée a permis à quelques personnes de changer leur image des «sans-abris», elle aura peut-être fait quelque chose. Les vidéos montrées avaient pour but évident de démythifier le phénomène de la précarité économique en montrant des gens «normaux» (lire, des personnes de race blanche, dans des familles hétérosexuelles, qui devraient «normalement» être de la classe moyenne, vivant avec des enfants) dont la survie économique et psychologique ne tient qu’à un fil. Ces vidéos réussissaient-elles pour autant à combler le fossé qui sépare les gens «confortables» des pauvres? Non. Le ton de la discussion le prouvait.

    Patton, je suis d’accord avec toi sur le fond, donc. Il n’y a pas de recette simple et il ne suffit pas d’en parler. Toutefois, le but de cette soirée était justement d’en parler. C’était une soirée d’intellos tentant de creuser la question et de sensibiliser les étudiants présents. Quant à lire Zola et al., c’est déjà fait en ce qui me concerne. Je ne vois toutefois pas ces étudiants se plonger dans cette littérature… car ils sont pour la plupart incapables de lecture soutenue. Dommage, d’ailleurs. Toutefois, l’auteur de Germinal représente justement un bel exemple de voyeurisme face à la pauvreté… dans le contexte du dix-neuvième siècle. Son jugement face aux pauvres est implacable: il les voit comme des victimes du double vice de l’hérédité et de l’alcoolisme, sans pour autant véritablement aller plus loin. Étant donné qu’il voit ces vices comme inéluctables, il considère qu’on n’y peut rien, sinon regarder les pauvres s’enfoncer dans la misère. Cela ne l’empêche pas de laisser libre-cours à une critique vitriolique de l’Église (j’ai lu les Rougon-Macquart en entier), tout en ne considérant pas véritablement son rôle caritatif à l’époque. Dickens, pour sa part, critique l’attitude bureaucratique de l’État en se gorgeant de misérabilisme… Ces auteurs ont-ils fait quelque chose pour aider les pauvres? Pas beaucoup plus que cette soirée d’épluchage d’oignons ratée. À un siècle et des poussiières de distance, ils nous donnent un point de vue historique intéressant et utile pour comprendre le phénomène à l’époque, tel que vu par la classe moyenne de l’époque. Steinbeck se rapproche davantage d’une compréhension de l’intérieur.

    Donc, pour répondre à la question à savoir ce que je fais? Ce que je peux… Mais je cherche toujours à mieux comprendre pour voir s’il n’y a pas des moyens à ma portée de s’attaquer au phénomène plus fondamentalement. En tant qu’éducateur, c’est ma responsabilité d’éveiller les consciences…

  11. J’avais bien compris le sens de ton propos Doreus .
    Je réagissais aux commentaires fustigeant telle ou telle communauté supposée imperméable à ces situations faute d’ouverture d’esprit ou même à cause d’un complot (!! ) des nations riches ….
    Ceci m’agace car le sous entendu est :  » Dieu merci , moi je suis pas comme ça , je vois le probléme… » Fort bien : dans ce cas que fais JE ? MOI qui comprend le probléme …..
    On peut ricaner sur les dons organisés , soit . ça ne régle évidemment pas le probléme , hélas !
    Mais , c’est mieux que rien … même si ça fait Dame Patronesse du XIX éme siécle .ou que dire : » ces gros balourds ne comprennent rien , moi si ….parce que moi je suis intelligent  » ….
    Eh bien ! sensibilisons les  » gros balourds  » , parce que – même parmi les Crétins – on peut en sensibiliser certains . 🙂

  12. L’Abbé Pierre et Coluche – en France – ont tenté celà . De multiples associations confessionnelles ou non le font aussi .

  13. … et effectivement, l’humour arrive à pousser la question plus loin, sans provoquer de réaction rédhibitive. Sol, dont ce blogue se faisait l’écho il n’y a pas très longtemps, était justement un luminaire en la question pour le Québec.

  14. Je préfére les dons de Bill Gates à l’absence de dons de nos Crétins de Footballeurs à 200.000 €
    par……. semaine !!!! ( financés , d’ailleurs par des supporters au minimum vital ) ……
    C’est vraiment trés complexe .
    Hors Sujet : heureusement notre nouveau Président qui n’aime pas les Riches (sic ) est élu ….
    celà dit , il n’a pas précisé qu’il aimait les pauvres ….Mais ça , c’est franco- français ….

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