Informatique

HP travailJe vais sembler me contredire… dans l’article d’hier, je m’insurgeais contre la pauvreté de moyens dans la communauté d’Oyaté et pestais contre mon incapacité à y changer quelque chose… et voilà que je vais parler de la surabondance informatique sur mon bureau. C’est que, dans un commentaire sur un de mes articles récents, le toujours sagace Boris, qui ne manque aucune des subtilités de mes phrases, se demandait pourquoi je semblais avoir changé d’avis en ce qui concerne les tablettes informatiques. Je suppose (mais je pourrais me tromper) que Boris avait en tête quelque chose du genre iPad ou équivalent.

Je vous raconte donc l’histoire. Au collège, il nous est possible d’utiliser une portion de notre allocation de développement professionnel pour l’achat de matériel (informatique ou autre) non fourni par le collège et qui serait utile à l’accomplissement de nos tâches. Je n’avais pas de gros moyens cette année, mais, parce que je suis présentement en charge du comité qui gère le fonds de développement professionnel, ma propre allocation est essentiellement doublée (c’est la compensation pour cette tâche autrement assez lourde et ingrate dont je ne parlerai pas ici). Comme je ne pensais pas vraiment pouvoir aller à des conférences, puisque j’enseignais pendant dix mois (session de printemps incluse) et qu’il y a quand même des limites aux livres que je peux acheter (pas plus de la moitié de mon allocation personnelle normale), j’avais des fonds disponibles pour mettre à bien une idée qui m’habitait depuis un certain temps… celle de me procurer un outil plus approprié pour la correction de travaux en ligne: quelque chose avec un écran tactile et plus léger que l’ordinateur que le collège me fournit et que l’on voit à l’avant-plan sur la photo ci-haut.

J’aime beaucoup mon ordinateur fourni par le collège (on le constate d’ailleurs, il me sert aussi à la maison). Il a la puissance et la polyvalence nécessaire pour accomplir toutes les tâches régulières de mon travail, et aussi certaines autres (comme la retouche de photos et l’écriture d’un certain blogue) moins directement reliées à mon travail. Cependant, je commençais à sentir que, par exemple, mon bras gauche, que j’utilise généralement pour le transporter, semblait s’allonger avec la multiplication des réunions auxquelles je dois assister un peu partout sur le campus. Son écran de 15,5 pouces est merveilleux pour mes pauvres yeux, mais en même temps, le bestiau est plutôt colossal. Je l’appelle familièrement ma brique. Pas question, donc, de l’utliser sur mes genoux, assis dans mon fauteuil, pour corriger les travaux que les étudiants me soumettent dorénavant par voie électronique (ce dont je veux bientôt parler sur mon blogue professionnel). Aussi, comme ce matériel appartient au collège, il est sujet à une surveillance et à une politique d’utilisation qui peut être restrictive. Jusqu’ici, j’ai réussi à obtenir toutes les permissions nécessaires (entre autres concernant le statut d’administrateur pour pouvoir y installer des logiciels), mais cela pourrait prendre fin si la politique collégiale change. Enfin, je ne veux pas voyager loin ou surtout outre-frontière avec un appareil qui n’est pas ma propriété et risquer des dommages.

Il me fallait donc à la fois une tablette informatique à écran tactile et un ordinateur entier, capable de faire tout ce qui m’est nécessaire. Les tablettes classiques (iPad et autres) n’ont pas la polyvalence voulue et reposent trop sur l’infonuagique pour mon goût. De plus, la plupart sont trop petites pour satisfaire les exigences de ma vue faible. J’étais presque tombé sous le charme de la seule tablette qui me conviendrait: l’immense Toshiba Excite 13. Toutefois, recherchant le produit et ses caractéristiques, je me heurtais encore à ses limites: un produit reposant entièrement sur la Toile et sur la technologie des «applications» (plutôt que des logiciels traditionnels) et incapable d’un fonctionnement autonome sans l’assistance d’un ordinateur à part entière, du moins pour répondre à mes besoins autant personnels que professionnels.

Et c’est alors que j’ai rencontré cette chose:

Ultrabook ouvert Au moment où j’ai mis la main dessus, en novembre dernier, il venait à peine de sortir. Ce n’est pas un modèle entièrement unique (d’autres marques ont des bidules plus ou moins équivalents) et il était un peu cher, mais il répondait à mes besoins: un ordinateur à part entière, avec un écran tactile, exploitant fort bien les possibilités de Fenêtres 8, plus léger et maniable. Seule limite d’importance: l’espace disque SSID intégré est un peu petit, mais il suffit à mes besoins généraux; les fichiers moins utilisés sont entreposés, pour des raisons de sécurité autant que de convenance, sur un disque rigide externe de 1.5 TO acheté avec ce qui restait de mon allocation.

Ultrabook ferméJ’ai fait beaucoup de correction, de navigation et autres activités ludiques avec l’ordinateur en mode tablette: le clavier se rétracte sous l’écran (cliquez sur ce lien pour voir les photos du processus sur le site de Toshiba). Une fois en mode tablette, on peut également retourner l’écran pour l’utiliser soit en mode paysage, soit en mode portrait, ce qui a un certain avantage pour lire, par exemple, les sites de journaux ou les blogues.

OrdinateursSon format, tout en me permettant un espace visuel convenable, est plus maniable que la «brique» et il est beaucoup, beaucoup plus léger, ce que la photo ci-dessous, comparant l’épaisseur des deux appareils, démontre sans besoin de plus de commentaires.

ÉpaisseursJ’aurais parlé bien avant de cette petite merveille s’il n’y avait eu un léger problème… Au mois de février, l’écran tactile a cessé de fonctionner. Le reste de l’appareil était parfaitement fonctionnel, mais étant donné qu’il s’agissait là d’une des raisons majeures pour laquelle je m’étais procuré ce modèle en particulier, je n’étais pas très content. Étant bidouilleur de nature, je m’étais rendu sur le site de Toshiba, j’ai téléchargé et installé toutes les mises à jour nécessaires… mais rien n’y fit. Donc, j’ai retourné l’appareil là où je l’avais acheté… et de là il est parti vers Toronto, au siège social de Toshiba. J’avais constaté, sur les forums informatiques, que je n’étais pas le seul à avoir fait l’expérience de ce problème. Toshiba semble avoir été alarmé et a même émis un communiqué concernant précisément ce problème.

J’en fus privé près de deux mois, retournant régulièrement chez le détaillant (ils devaient en avoir assez de me voir la fraise) pour prendre des nouvelles du patient, nouvelles qui ne leur parvenaient tout simplement pas. Il se passait des choses mystérieuses à Toronto. Puis, soudainement, et après que j’ai commencé à faire intervenir le gérant, il m’est revenu. Comme neuf. On avait remplacé l’écran et le disque SSID et rénitialisé le système. Il ne me restait plus qu’à réinstaller le système et les logiciels, puis à reconfigurer le tout… et espérer qu’il ne tombe pas en panne à nouveau. Jusqu’ici, le fonctionement s’est avéré sans anicroche et j’en suis redevenu très accro…

Donc voilà pour la petite histoire de l’ordinateur-tablette. Je préfère encore son gros et lourd cousin pour certaines tâches, notamment l’édition de photos, que je trouve plus aisée avec la souris que sur l’écran tactile, mais il remplit quand même toutes les tâches de manière plus que satisfaisante et m’offre la flexibilité et la portabilité dont j’avais besoin. De plus, mon poignet droit souffre beaucoup moins depuis que je n’ai plus constamment la main sur une souris.

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6 commentaires sur « Informatique »

  1. Si cela répond à tes besoins, tant mieux…

    Et est-ce que tu peux t’en servir pour contrôler une présentation de type Powerpoint?

  2. La brique qui allonge le bras m’a bien fait rire. Il faut reconnaître que l’offre est importante en matière d’informatique, alors effectivement, pourquoi s’en priver, quand c’est possible. Et, c’est tout de même une dépense plus abordable que l’aménagement d’infrastructures de qualité pour la communauté d’Oyaté.

  3. Tes étudiants rendent leurs travaux en pdf ? Tu utilises un lecteur pdf qui permet de faire des annotations ? Et ensuite, tu restitues aux étudiants les documents corrigés ? Le workflow n’est pas trop lourd ? Le sujet m’intéresse parce que je suis confronté au même problème.

  4. Boris, oui. Comme c’est un ordinateur complet, c’est entièrement possible. Toutefois, il faut que le branchement se fasse via connexion HDMI (ou avec un convertisseur de signal pour un projecteur VGA). J’ai utilisé cet ordinateur en classe à quelques reprises. Le seul inconvénient, c’est lorsqu’il est utilisé avec de l’équipement de type Smartboard; il semble y avoir conflit entre les deux écrans tactiles, celui de l’ordinateur et celui du tableau.

    Krn, j’essaie quand même d’être raisonnable et de ne pas me précipiter sur la dernière trouvaille et invention (ou mise à jour) simplement parce qu’elle existe. Cela explique entre autres le fait que j’ai longtemps tardé à même être intéressé par un appareil du type tablette, ne sachant pas trop à quoi ça me servirait.

    Olivier, pour faire bref, chacun de nos cours est doté d’une plateforme informatique sur le support «Blackboard» (une interface bâtie pour le monde éducatif; je suppose que ça existe en France, ou qu’il y a l’équivalent). Cela me permet de mettre en ligne des présentations, des vidéos, des textes ou des liens internet utiles pour les étudiants; cela leur permet également de collaborer à des travaux d’équipe et de me remettre des travaux (généralement en format MS Word). J’utilise alors les fonctions d’éditique de Word pour faire des commentaires et je peux construire à même Blackboard des rubriques de correction, ce qui permet à la fois d’avoir des commentaires sur le document (que je sauvegarde au format PDF pour que les étudiants puissent voir mes altérations et commentaires), ainsi que des commentaires liés à la grille de correction.
    Cela prend plus de temps, largement parce que je constate que je porte davantage attention à chaque travail que lorsque je corrige sur papier. Les avantages sont pour moi assez nombreux: je n’ai pas à manipuler des masses de papier, mes commentaires sont davantage lisibles pour les étudiants (mon écriture manuscrite est difficile à lire), ceux-ci peuvent consulter leurs travaux à leur guise, et je peux moi-même aller vérifier si les étudiants ont pris en compte les commentaires sur les travaux précédents dans les étapes suivantes des projets de recherche. Le seul inconvénient est que je n’ai pas encore développé une méthode pleinement efficace de planifier le temps consacré à chaque travail. Je pense toutefois que c’est une question d’expérience: après presque vingt ans dans l’enseignement, j’ai développé des réflexes qui font que je peux très rapidement corriger une copie papier, ce qui n’était pas le cas au début. Je pense que la même chose se produira à mesure que je prends de l’expérience avec le support informatique.

  5. Merci pour les explications. A la fac, nous avons Moodle qui est une plate-forme pédagogique assez connue dans le monde, et complètement gratuite. Mais son utilisation est un peu lourde. Les étudiants déposent des fichiers, l’enseignant les télécharge, éventuellement les modifie (annotations). Mais ensuite l’enseignant doit réaliser une suite d’opérations pour remettre les fichier modifiés à disposition des étudiants concernés. Faire cela avec 50 document devient vite très rébarbatif. Du coup, je suis revenu à la solution de demander aux étudiants de me transmettre leurs documents par email et je ne leur fait part de mes remarques que s’il viennent me voir…

  6. Plusieurs institutions ici utilisent Moodle. J’en ai fait l’expérience récemment en tant qu’étudiant. Les deux se ressemblent… et à ce que je peux voir, le processus de correction est assez semblable. Pour moi, toutefois, je ne pourrais pas demander à mes étudiants de m’envoyer leurs travaux par courriel… nous avons une boîte d’une capacité ridicule et donc elle serait rapidement submergée.

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