Réflexion du Nouvel-An, 2

Emblème sur la locomotive diésel du train de Stettler. Cliquez sur l'image pour un article plus complet concernant ce train. Photo prise le 15 août 2013.
Emblème sur la locomotive diésel du train de Stettler. Cliquez sur l’image pour un article plus complet concernant ce train. Photo prise le 15 août 2013.

Rétrolien: récollection, première partie.

Le manque d’intérêt

Déjà, en 2008, je m’interrogeais sur l’évolution que prenait ce blogue. À l’origine, l’idée de tenir un blogue m’avait été soufflée par une collaboratrice de recherche qui, apprenant mon déménagement imminent vers l’Ouest, m’avait suggéré de tenir le monde au courant par ce moyen. L’élément déclencheur fut lorsque mes premières Fêtes de fin d’année sont arrivées et que j’ai envoyé une «lettre circulaire» par courriel à une centaine de correspondants; je me disais qu’il devait bien y avoir un moyen plus efficace et surtout plus régulier de tenir «mon monde» au courant de mes péripéties. C’est ainsi que ce blogue est né en janvier 2008.

Toutefois, dès les débuts de ce blogue, il est devenu fort évident que les personnes auxquelles j’écrivais explicitement (ma famille et mes amis) n’étaient pour la plupart pas intéressés par ce que j’écrivais sur ce blogue. Après avoir envoyé le lien par courriel à la plupart d’entre eux, force était de constater que, sauf quelques rares exceptions, ils ne venaient pas en visite. Mon lectorat venait plutôt de la Toile… et je découvrais la «blogosphère». Ont suivi plusieurs mois d’échanges à la fois constants et enrichissants entre personnes qui ne se connaissaient pas autrement que par ce lien virtuel du blogue… mais qui pourtant paraissaient savoir tout des uns et des autres. Puis la vie a continué… et j’ai rencontré quelques personnes en Alberta grâce au réseau des blogues francophones du coin (dont Dr. CaSo, David et sa conjointe, ainsi que Marine et Alex, dont la seule à être toujours présente sur la blogosphère est Dr. CaSo). Cependant, plusieurs de ces blogues, le mien pouvant être inclus là-dedans, sont devenus soit moins actifs, soit sont disparus définitivement, leurs auteurs ayant décidé de passer à autre chose. Certaines des «activités» qui entraînaient des visites régulières, comme la «photo du mois», sont devenues des tâches onéreuses avec le temps, plutôt que des occasions plaisantes de faire connaissance entre blogueurs par-delà les frontières. Bref, pour tout un ensemble de raisons, je me suis progressivement retiré de la conversation sur la toile, en partie parce que ma propre vie sociale — la vraie — est devenue plus occupée, mais aussi parce que l’intérêt y était moins.

Et je crois que pour comprendre ce déclin d’intérêt, il faut revenir à ce que je disais au début de cette section: ce blogue fut bien nourri tant qu’il a rempli sa fonction première: je suis arrivé en Alberta à l’été 2007. Pendant ma première année ici, il y avait beaucoup de nouveautés ou du moins d’éléments de la vie quotidienne qui étaient, d’une manière fort surprenante, différents de ce que j’avais connu au Québec ou en Ontario. Je découvrais donc mon nouveau territoire avec l’étonnement de celui qui découvre constamment quelque chose d’inédit. Puis la nouveauté s’est progressivement estompée à mesure que je faisais le tour de mon «jardin» et que ce qui avait au départ soulevé mon étonnement faisait désormais partie du quotidien ou, pire encore, devenait une source d’agacement. Car s’il est une chose que je ne veux pas vraiment que ce blogue devienne, c’est un espace où triomphe la négativité et où je critique constamment le comportement des gens qui m’entourent (ou encore la météo). Oui, il y a ici et là des montées de lait sur ce blogue, mais ce n’est vraiment pas le but de la démarche et j’espère que ces notes critiques demeurent l’exception à la règle.

Donc, pour me résumer, ce manque d’intérêt provient en partie de cette intégration de ce qui étaient des nouveautés à ce qui devenait du quotidien, donc peu intéressant. Les visites d’amis et les excursions en solo qui ont eu lieu en 2008 et 2009 m’ont aidé à constamment rafraîchir mon regard. Cependant, ces visites sont devenues plus rares avec le temps… et donc les occasions de porter un nouveau regard plus rares. L’émerveillement s’émoussant, l’intérêt pour la chose bloguesque diminuait lui aussi.

Troisième partie: une vie professionnelle accaparante.

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4 commentaires sur « Réflexion du Nouvel-An, 2 »

  1. Grâce au systèmes d’abonnement et de notification, ce n’est pas gênant pour les lecteurs qu’un blogue ne soit pas mis à jour régulièrement. On est toujours content d’avoir des nouvelles, un peu comme si on connaissait quelqu’un à Red Deer, à l’autre bout du monde :-). Par contre, ça doit être frustrant pour l’auteur du blogue d’avoir peu de retour et peut être d’avoir l’impression de « parler dans le vide », parce que l’attention des lecteurs est « diluée » par les nombreux moyens de communication et sources d’informations du monde moderne : smartphones, réseaux sociaux… A cet égard, notre mode de vie est en train de changer. On est passé des articles de blog à de petits billets publiés sur FaceBook, puis à des « tweets » de quelques mots et on fini par crouler sous un flot d’informations de plus en plus superficielles…

  2. Olivier, merci pour ce commentaire qui effectivement brise le silence dans lequel nous parlons très souvent dans la blogosphère… j’ai omis de mentionner ce manque d’interaction qui est trop souvent le cas sur les blogues. Je reviendrai dans un billet subséquent sur la place qu’occupe Fesse-de-Bouc dans mon attirail de communication. Quant à Touiter, je n’ai toujours pas compris à quoi ça sert, sinon à perdre magistralement son temps et effectivement à voir une qualité de langage (dans n’importe quelle langue) fort douteuse (d’aucuns diraient «en déliquescence»).

  3. C’est drôle, j’ai aussi créé mon blogue dans la même optique: « tenir famille et amis au courant » lors de mon déménagement outre-Atlantique. Et je crois bien que plus personne dans ma famille ne le visite…

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