Ah! Que la neige a neigé!

Après première neige Pour la première fois de ma vie (depuis que j’ai quitté le domicile parental) et surtout pour la première fois depuis que j’habite en Alberta, il m’a fallu hier aller visiter le toit de la maison en hiver… pour le déneiger. La photo ci-haut montre la maison le 3 novembre dernier, après la première neige. La façade arrière de la maison, que l’on voit, donne sur le sud. Comme les pires tempêtes nous arrivent avec des vents du nord, c’est toujours sur ce versant sud du toit que les pires accumulations se manifestent, avec parfois des débordements, comme on peut voir ici et qui ne sont pas sans une certaine élégance. Évidemment, lorsque nous avons pelleté ce jour-là, nous avons aussi coupé les «bavettes» de neige qui dépassaient et qui auraient pu nous choir sur la tête à n’importe quel moment.

Toit 1Ça, c’est moi sur le toit hier, après avoir complété le déneigement de la moitié est du toit (enfin, de la partie arrière; le reste a suivi quelques minutes plus tard). L’accumulation étant devenue inquiétante, il m’a fallu prendre mon courage à deux mains, par une température polaire (il faisait -20°) et aller enlever ce qui commençait fort sérieusement à menacer l’intégrité physique de la structure de la maison. Il faut savoir que sous ce toit, il n’y a pas de véritables fermes (ce que j’ai appris en allant visiter le grenier à quelques reprises pour passer des fils). Non. Le toit est simplement constitué de madriers en pignon tenus par une traverse, formant essentiellement un «A» très évasé. Cela tient mais ce n’est pas conçu pour porter le poids phénoménal de près d’un mètre de neige bien tassée par endroits (du moins sur le versant sud; la quantité de neige sur les trois autres versants était plutôt autour de 40 centimètres).

Toit 2J’ai jadis appris comment faire de mon paternel qui, au Québec, monte presque chaque hiver sur le toit de la maison où j’ai grandi pour en enlever la neige. Il l’a encore fait cette année, malgré ses 70 ans bien sonnés. Les Albertains ressentent généralement moins cette urgence de déneiger leur toiture, surtout parce que les accumulations de neige que nous avons cet hiver sont plutôt exceptionnelles et que c’est en général superflu. Malgré que je me suis blessé à l’épaule au début décembre en pelletant, j’ai décidé de grimper, car, comme je le disais, je commençais à avoir de sérieuses craintes, surtout à mesure que la neige fond dans sa partie basse (qui touche le toit) et forme une couche de glace. Aussi, comme nous ne sommes qu’au début janvier, je ne serais pas surpris que nous recevions un autre mètre de neige d’ici la fin de l’hiver.

Toit 3Et voilà le travail. J’ai tenté de mon mieux de diriger mes chutes de neige hors des trottoirs et autres perrons, sans toujours réussir, mais Oyaté était là pour faire le travail au sol (il semble ne pas particulièrement aimer les hauteurs).

Quelques trucs pour réussir le travail sans se ramasser en bas de la maison avec une jambe ou un bras cassé?

  • D’abord, ne pas grimper si le toit est trop pentu ou s’il y a une couche de glace bien durcie sous la neige; procéder autrement, par exemple en utilisant une pelle qui s’opère du sol ou faire appel à des professionnels.
  • Porter de bonnes bottes lacées qui tiennent le pied et qui offrent une bonne prise (ou ajouter des crampons si on a).
  • Se frayer un chemin pour aller de l’échelle au pignon et commencer à déneiger par le pignon, ce qui permet de garder le plus longtemps possible un banc de neige en bordure du toit qui sert d’appui et peut freiner une éventuelle chute.
  • Faire bien attention aux obstacles sur le toit et ne pas endommager évents et autres (le scellant qui les entoure peut facilement se fissurer au froid), mais bien les dégager.
  • Bien entendu, on évite de gratter avec une pelle métallique (ou avec un rebord métallique) et surtout on ne gratte pas dans le sens inverse des bardeaux.
  • Laisser une couche de neige sur les bardeaux pour aider la préhension des chaussures et éviter d’endommager le bardeau.
  • Et prendre son temps…

Toit 4Oyaté, qui a pris ces photos, voulait que je pose non pas par satisfaction du devoir accompli, mais plutôt pour montrer les tas de neige monstrueux qui commencent à envahir notre terrain. Je mesure environ 5’10 » (1,78 m); ça donne une idée. Si j’étais plus jeune et si j’avais davantage de temps, je creuserais bien un tunnel là-dedans pour en faire une petite cabane glacée…

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9 commentaires sur « Ah! Que la neige a neigé! »

  1. Bravo l’Artiste ! 😉
    Cependant , je suis surpris que vos toits ne soient pas plus pentus vu l’accumulation de la neige dans votre région ? Il est évident que le poids de la Neige et/ou Glace sur une charpente minimum est un risque grave d’effondrement . En Europe Montagneuse , les toits sont pentus pour faciliter le glissement et … surtout …. trés robustement charpenté pour soutenir la charge ?
    A contrario , les centres commerciaux construits à l’économie avec toits plats en tôles ou équivalent s’effondrent parfois de par chez nous , mais vu la rareté de telles chûtes de neige , l’économie l’emporte sur la sécurité ….

  2. Judicaëlle, j’aime bien la neige; j’aimerais pourtant avoir le temps de faire autre chose que simplement la pelleter… skier, par exemple.
    Patton, nos ancêtres venus d’outre-Atlantique avaient construit leurs habitations avec un dénivelé de toit d’au moins 50% (ce qui a donné l’architecture dite «à la Canadienne»). Toutefois, les toits se sont graduellement aplatis, probablement pour économiser les matériaux, mais aussi sous l’influence du Prairie style et des bungalows indiens (de l’Inde, s’entend) qui se sont combinés pour former la maison typique de banlieue des années 1950 à 1970. La maison où nous habitons, construite en 1951, est typique du style et celle de mes parents est de semblable inspiration.
    En Alberta, le peu de pente du toit est rarement un problème, puisque nous avons rarement autant de neige. Toutefois, cet hiver est particulièrement et inhabituellement neigeux: nous avons reçu, à ce jour, plus de neige qu’on en reçoit en moyenne durant tout l’hiver, et ce n’est que le début du mois de janvier, qui est ordinairement le plus neigeux de tout l’hiver. C’est donc par précaution que j’ai déneigé.
    Quant aux toits plats, ils sont très communs au Canada, et généralement construits de manière à soutenir des charges de neige considérables sans devoir être déneigés. Il existe parfois des exceptions et certains centres d’achats ou autres bâtiments industriels se sont effectivement effondrés. Il y a quelques années, je me souviens qu’à Montréal, où plus de 90% des bâtiments ont un toit plat, on avait recommandé le déneigement. C’était toutefois exceptionnel.
    Amy, c’est plutôt rare par ici… mais ça arrive.

  3. Wow, impressionnant! Je n’ai jamais eu à dénneiger un toit (les hivers tchèques sont rudes, mais pas à ce point… et à Toronto, j’habitais dans un Condo, pas vraiment besoin de se préoccuper de ce genre de choses…)

  4. Je pense, Stéphane que tu parles de cet exécrable Hiver 2007-2008, où certaines écoles avaient été fermées durant près d’une semaine en raison de près d’une dizaine de chutes de m*rde blanche de plus de 30 centimètres… Plusieurs toits (mais aucun d’école, fort heureusement) s’étaient alors affaissés sous le poids de la sus-mentionnée m*rde blanche… La Ville de Montréal (qui a une fâcheuse tendance à oublier d’année en année quels sont les procédures en cas de tempête hivernale… ça fait «seulement» depuis 1642 que nous vivons les «les joies de l’hiver») ne savait plus où mettre la neige… Certains dépôts n’étaient pas encore fondus complètement au mois de Juillet!!!

  5. elPadawan, je vois… En plus, Toronto n’a pas vraiment d’hiver véritable comparativement au reste du pays, toutefois… Il y a peu de neige et elle fond plutôt rapidement.
    Boris, maintenant que tu en parles, ça me revient. C’était le premier hiver où j’étais ici et que je pestais parce que nous, nous n’avions pas de neige, alors qu’on pouvait presque skier dans les rues au Québec… alors que l’hiver précédent, je n’avais justement pas pu utiliser mes skis, bien que vivant juste à côté du Parc de la Gatineau.
    Quant à l’incompétence municipale en matière de neige, Montréal fait exemple aux côtés des villes albertaines, qui semblent toujours se demander qu’est-ce qui leur tombe sur la tête chaque hiver. À Red Deer, ça prend une semaine avant qu’ils arrivent à déneiger le centre-ville! Quant aux rues résidentielles, n’en parlons pas!

  6. Je devrais me réjouir du fait que certaine villes « canayennes » soient pires que Montréal, mais ça me donnerait quoi? C’est ici et maintenant que je vis et que j’ai peur de me casser la gueule ou une jambe ou une hanche ou une alouette… J’imagine que l’herbe nous semble toujours plus verte, ou mieux tondu dans la cour de nos voisins… J’espère que nous n’auront pas trop de cette m*rde blanche cet hiver…

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