Les joies de l’hiver

Ruelle 9 janvier 2014Il y a quelques jours, je vous partageais l’une de nos récentes aventures en déneigement, alors que j’ai enlevé la neige du toit. Ce que j’ai oublié de mentionner dans ce récit, c’est qu’une heure environ après avoir terminé le travail, alors que j’étais assis dans mon fauteuil avec une grosse bouillotte sur l’épaule gauche (celle que je me suis blessée en pelletant début décembre et que je dorlote depuis), Oyaté et moi avons soudain entendu un gigantesque craquement. C’était la charpente de la maison qui reprenait sa position normale. Donc, je ne regrette nullement cet exercice qui nous assure une certaine sécurité. Comme on peut le voir sur la photo ci-haut, déneiger le toit du garage ne ferait pas de tort non plus, surtout que je soupçonne que la base de la charpente de bois des murs est un peu endommagée par l’humidité.

Cet hiver étant exceptionnellement neigeux pour l’Alberta, la Ville a déployé des moyens inhabituels, dans cette province où l’on souscrit largement à la méthode de déneigement par le chinook, c’est-à-dire attendre un inévitable redoux et la neige fondra d’elle-même. Rien de tel cet hiver. Par conséquent, nous avons eu droit, cette semaine, et pour la deuxième fois depuis le début de la saison neigeuse, à ce qu’ils appellent un surface plowing, c’est-à dire le grattage de la partie supérieure de la couche de neige sur les rues résidentielles. Rien à voir avec ce que l’on a l’habitude de voir au Québec ou en Ontario, où les villes se déneigent entièrement en moins d’une semaine, à moins de circonstances vraiment exceptionnelles. Ici, la politique de déneigement et déglaçage édicte un système de niveaux de priorité (de 1 à 6) de déneigement, lequel n’est pas sans fondement: il est évident qu’il faut déneiger les rues en pente et les intersections dangereuses avant de déneiger les paisibles rues résidentielles. Toutefois, ce que ça veut dire, ici, c’est que les rues résidentielles ne sont habituellement pas déneigées à moins qu’elles deviennent impassables, c’est-à-dire inaccessibles aux citoyens et aux véhicules d’urgence. Je pense que la politique de déneigement actuelle a été développée lorsque Red Deer était une ville beaucoup plus petite; en un sens, elle a été victime de sa croissance phénoménale, qui n’a pas pris en compte la nécessité d’avoir un système de déneigement capable de prendre en charge les nombreux nouveaux quartiers résidentiels. Le conseil municipal nouvellement élu a donc du pain sur la planche pour réviser cette politique.

Nous avons eu quelques hivers où l’accumulation graduelle de neige a entraîné un déneigement en règle des rues résidentielles. Nous aurons d’ailleurs droit à un tel déneigement au cours des prochaines semaines. Toutefois, par incompétence crasse et manque de désir d’investir dans un budget sensé pour le climat qui est le nôtre, le déneigement des rues résidentielles prend 40 jours! C’est la raison pour laquelle la Ville a commencé par un grattage de surface, qui a inclus les ruelles, parce que les camions d’ordures s’enlisaient dans les ruelles (faut le faire!). L’approche de notre garage est donc impeccable, comme on peut le voir ci-haut, grâce à nos efforts de pelletage. Quant aux rues, elles ont l’air de ceci, avec un petit banc de neige des deux côtés:

Rue 9 janvier 2014Oui, nous avons enlevé notre propre banc de neige pour pouvoir nous stationner au besoin devant la maison. Nous l’avons fait hier soir, après le passage du chasse-neige… et j’ai à nouveau mal à l’épaule gauche. Vous remarquerez que le niveau de la neige damée sur la rue est à la hauteur du trottoir, donc environ 15 cm. C’est beau présentement, mais aussitôt qu’il y aura redoux et que la neige fondra un peu, l’endroit deviendra une fondrière quasi-impassable. Et comme l’hiver n’est pas terminé, la Ville a décidé que commencerait demain un déneigement en règle de tous les quartiers résidentiels. Nous sommes plutôt loin sur la liste, donc je ne pense pas que nous avons travaillé pour rien en enlevant le banc de neige devant la maison. De plus, cette année, ils déposeront la neige sur l’autre côté de la rue.

Au-delà du déneigement des rues résidentielles, nous commençons toutefois à avoir un problème sur certains axes artériels de la ville. En effet, il semblerait que les opérateurs d’équipement de déneigement ne savent pas qu’il faut déneiger très très large aux premières chutes de neige, surtout lorsque celles-ci se produisent très tôt dans la saison. Sinon, les déneigeuses n’arrivent plus à pousser la neige assez loin sur le côté de la route et les bancs de neige envahissent la rue. À certains endroits, des artères importantes voient la voie de droite réduite du tiers, ce qui commence à sérieusement compromettre la fluidité de la circulations. Il faudra sortir les souffleuses… mais on dirait que c’est anathème de le suggérer.

Ah! Les joies de l’hiver albertain! On s’y fait. Il y en a même qui s’amusent à faire ce que, enfant, j’appelais un «igloo», mais qui porte plutôt le nom de «quinzee» et qui font les nouvelles…

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2 commentaires sur « Les joies de l’hiver »

  1. Lors de l’hiver 1995/1996, on a eu 20 cm de neige qui a mis trois semaines pour fondre ! C’est un souvenir parce que c’est plutôt exceptionnel dans la région dijonnaise :-).

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