Maskwacis

Source: Google Maps
Source: Google Maps

J’ai presque oublié de mentionner quelque chose de très important qui s’est produit le 1er janvier dernier: une réserve située à mi-chemin entre chez nous et la capitale a enfin pris un nom qui lui convient davantage. La réserve d’Hobbema, qui rassemble quatre nations cries (connues sous les noms de Samson, Ermineskin, Louis Bull et Montana) a été renommée Maskwacis (prononcer «maskwatchisse»), qui signifie «Colline aux ours», le nom traditionnel de l’endroit.

Ce changement de nom, officialisé par les gouvernements albertain et canadien le premier de l’an, a pour but de développer un sens d’appartenance plus profond, qui pourrait avoir pour effet de contribuer à aider cette réserve, où la situation sociale est particulièrement difficile. On peut aussi, si l’on est un peu cynique, y voir un effort de plus de rebranding, qui a probablement coûté un bras à l’administration de la réserve, mais celui-ci n’est au moins pas que cosmétique et participe d’un mouvement de réappropriation du territoire par les Autochtones qui en ont été largement dépossédés.

C’est un pas de plus, un pas symbolique, qui montre une fois de plus une résurgence de l’identité autochtone qui, à la longue, ne peut qu’avoir des conséquences positives dans un processus de décolonisation et de rétablissement de relations sinon harmonieuses, du moins fonctionnelles et moins conflictuelles, entre les Premières Nations et les peuples colonisateurs. Dont je suis, d’ailleurs.

Il reste à espérer que, localement, cela montre aussi un début du processus de guérison des blessures profondes qui sont la cause de la violence endémique sur cette réserve.

 

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13 commentaires sur « Maskwacis »

  1. Le colonisation est toujours un manque de respect pour le peuple envahi. Lorsqu’on arrive plusieurs génération après les faits, chacun garde sa place, bien sûr, car il n’est pas question de remettre les choses dans l’état où elles étaient il y a des centaines d’années, mais seule l’égalité entre les peuples peut garantir une vie en paix et en harmonie les uns avec les autres.

    Je souhaite de tout mon cœur que chez vous, comme partout ailleurs dans le monde, les colons reconnaissent l’importance et la liberté de ceux que leurs prédécesseurs ont dépouillé de leur bien, sans toutefois en faire une question de culpabilité. Nous ne sommes responsables que de nos propres actes.

    Un nom, c’est important. Car nommer quelque chose, c’est le posséder. Vive la colline aux ours.

  2. Je suis de ton avis. Il y a beaucoup de chemin à faire pour décoloniser le Canada, témoin les commentaires imbéciles de notre premier ministre ces derniers jours pendant sa visite dans l’État sioniste.
    Nous venons toutefois de passer par Maskwacis sur l’autoroute… et j’ai pu constater que le ministère des transports n’a pas eu la nouvelle… Les affiches annonçant la route vers la réserve disent toujours «Hobbema». Je m’y attendais.

  3. Et que disait donc votre imbécile de Premier Ministre en Israël …?
    Parce que – ici en Gaule – on a aussi un gisement de Crétins au pouvoir ! On n’a pas de pétrole mais on a des Crétins à exporter . Le probléme est qu’on est toujours le crétin d’un autre et donc … il est difficile de s’y retrouver .

  4. Et ….. j’attend toujours la REPENTANCE des Italiens pour la colonisation de la Gaule , celle des Vikings pour les massacres de nos paysans Normands , celle des Anglais pour le barbecue de Jeanne d’Arc , celle des Arabes pour leur esclavagisme ( pas terminé ) depuis le VI éme siécle , etc … etc…
    Mais ….. je ne vois rien venir ?

  5. Patton, note que je n’ai pas associé l’épithète à la personne de notre chef de gouvernement, mais plutôt à ses commentaires. Il affirmait, à l’encontre de la politique officielle du Canada, qu’il n’avait rien à reprocher à Israël pour sa politique d’établissement de colonies dans les territoires occupés. Évidemment, en tant que chef d’un parti qui prône le renforcement du colonialisme face aux Premières Nations, cela n’a rien de surprenant.
    En ce qui concerne le «patrimoine» laissé derrière par les peuples colonisateurs, on ne peut pas effacer le passé. Néanmoins, il est nécessaire de trouver un modus vivendi qui ne soit pas qu’une forme de dominance permanente.

  6. Oui , à l’évidence , ses propos sont surprenants . Celà dit , comme je ne suis pas Canadien et pas candidat à l’immigration …. un type qui dit des conn…ies est pour moi un C.. ! n’ayant pas le gout d’étre diplomate . On en a un bon paquet actuellement chez nous aussi . ça console pas , mais bon …!
    Au moins le vôtre se déplace pas en Scooter avec casque intégral ? Du moins , je l’espére …. 🙂

  7. Le nôtre a eu raison de porter son casque , parce que Bobonne N° 2 est une violente ! Elle a cassé 3 millions d’euros de Vases de Sévres et autres bibelots dans son hystérie coculique . LA CLASSE …!

  8. Il me fallait un article de cette nature pour reprendre la plume sur ton blog apres si longtemps. Je suis redevable a oyaté et toi de m’avoir fait réalisé l’immense probleme qui existe toujours au Canada entre 1st nations et ex colonisateurs.
    Je suis assez sideree par le racisme rampant, banal et generalisé qui existe ici chez les « blancs » par faute de pouvoir mieux les nommer, envers les natives.

    J’entends regulierement le terme « indians » qui me herisse, tant je le sens connoté de l’ignorance du redneck local.
    Il y a clairemrnt un sens de superiorité, et les recents debats sur l’ouverture de la ring road sud ouest (le periph local pour toi Patton) furent l’occasion de deluge de conneries affligeantes sur le sujet.

    Pour revenir au nom, et à ce que cela dit de l’identité et du respect, en revanche, je suis TRES sceptique. Je me souviens notamment du commentaire d’une bonne connasse du coin, qui se fendait de la reflexion suivante (sur le sujet des enfances volees pour des generations d’enfants natives arrachés à leurs familles) : « come on, we have integrated them for years, we have so many streets named after their people, just look at Stoney Trail ! »
    Quand je lis ce genre de stupidité désolante, inculte et sans aucun bon sens, je ne peux qu’avoir envied e hurler et me dire que donner des noms Native à des emplacements, rues, batiments ou autres zones geographiques n’a malheureusement qu’un resultat je le crains majoritairement negatif en ce qu’il crée un pretexte supplementaire pour les « blancs » de se rencogner dans leur zone de confort, renforcé dans leurs convictions que le Canada fait « deja beaucoup » pour les Native.

    My 2 cents !

  9. Intéressante intervention Marine : d’autant que je crois que vous connaissez notre côté de la Mare et maintenant la rive Ouest 😉 . Décidemment la Loi des 80/20 est réellement universelle et uni sexe …
    La seule différence ( qui ne fait que confirmer l’universalité du taux de Crétinisme ) est qu’au Canada les Crétins de Droite sont majoritaires , alors qu’en Gaule les Crétins sont majoritairement de Gauche . Ce qui ne veut pas dire qu’il n’ y en a pas à Droite , non plus …:-D

  10. Marine, fort intéressante réflexion, que je supporte dans l’ensemble. Évidemment, changer le nom ne change pas nécessairement la réalité, quoi qu’en disent les post-modernes.
    Patton, malheureusement, la connerie est probablement la caractéristique la plus universellement répandue… elle n’épargne aucun groupe ni sexe.

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