Maison Redpath: un deuil

Je croyais que ce genre de formule (riche investisseur foncier achète bien patrimonial — riche promoteur foncier laisse le bien patrimonial se dégrader au point où il n’est plus possible de le sauvegarder sous la bienveillante surveillance des autorités municipales — riche promoteur propose un projet et réussit à le faire passer à travers tous les filets règlementaires) n’arrivait qu’en Alberta…

Triste. Trente ans d’abandon. Et là, une disparition très prochaine. C’est le passé de ce qui fut la métropole industrielle du Canada qui s’envole avec ces maisons qu’on laisse se faire démolir.

Pour un peu de contexte et des images de ce qui reste de ce qui faut un joyau de l’architecture victorienne finissante, allez faire un tour ici. Oh… et un point de vue fort différent du mien, mais qui se vaut, peut se lire ici, avec des photos de l’emplacement.

Mise à jour: J’apprends en ce 18 février que le gouvernement provincial vient d’intervenir pour interrompre la démolition annoncée… le temps d’étudier davantage le caractère patrimonial de l’immeuble. Disons qu’il est un peu tard pour intervenir… mais on ne sait jamais.

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4 commentaires sur « Maison Redpath: un deuil »

  1. Quelle tristesse… cette maison valait pourtant la peine d’être sauvegardée !
    Chez nous aussi ils utilisent cette méthode abjecte du pourrissement sur pied pour ensuite pouvoir agir à leur guise.

  2. Je crois que la loi de l’argent prime sur le reste. Il est évident que les acheteurs avaient vu le terrain et non l’architecture de la maison. La ville y a certainement vu également un profit.
    Un proverbe dit « Plus le diable en a, plus le diable en veut ».

  3.  » Le Yabe est dans Cabane  » ( Boris ) …..
    30 ans d’abandon ….. fallait réagir bien avant ! A présent cette ( belle ) ruine est évidemment TOTALEMENT irrécupérable . C’est effectivement regrettable , mais …. beaucoup trop tard .

  4. Dieudeschats, c’est bien malheureux, mais c’est une stratégie apparemment efficace.
    Krn, ce qui intéresse effectivement les promoteurs est le terrain, qui est très bien situé près d’un quartier assez huppé de Montréal et près du centre-ville, donc attirant pour le développement résidentiel de haute densité.
    Patton, tout à fait vrai. L’action a commencé en 1986, mais le propriétaire a attendu… et attendu… Personne n’a l’autorité d’exproprier un bien, tant que les normes minimales de sécurité sont respectées (terrain sécurisé, etc…) Il faut aussi dire que lorsque le propriétaire est riche, c’est aussi plus facile pour lui de faire pression aux bons endroits.

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