Un rien de nostalgie

Memories
Café Memories, rue Clarence, dans le Marché By à Ottawa. Photo tirée de Google Street View.

J’ai de nombreux souvenirs de ce café du vieux marché d’Ottawa, un lieu que j’ai souvent fréquenté durant mes années d’études, surtout en agréable compagnie. Nous y allions pour prendre un chaleureux dessert, un quelconque café décadent… tout en papotant. C’est là que j’ai dégusté mes premiers cafés à base d’expresso. J’y ai appris et partagé des confidences; j’y ai aussi beaucoup ri. Je me souviendrai toujours, entre autres, de cette soirée où, en compagnie d’amis, mon coloc (et excellent ami aussi) et moi y dégustions je ne sais plus trop quelle somptueuse sucrerie. Soudain, devant l’air distrait de mon coloc, l’un des convives avait lancé, dans son authentique accent britannique: «How short was the skirt?», imaginant (probablement avec raison) que mon coloc avait les yeux fixés sur une jolie jeune demoiselle… Éclats de rires tout autour de la table et regard ébahi du principal intéressé, revenant à la réalité.

Nous y allions l’hiver pour nous réchauffer; les vitres givrées du plancher au plafond nous faisant apprécier la douce chaleur de l’intérieur, où trônait un gigantesque comptoir avec ses sections réfrigérées dans lesquelles s’alignaient des douzaines de gâteaux faits maison, le tout sous un plafond de tôle en relief datant d’un autre âge. C’était le genre d’endroit un peu bohême et sympathique où l’on pouvait croiser autant les habitants du lieu que les touristes. Les toilettes, pas toujours d’une propreté irréprochable, étaient couvertes d’affiches annonçant des prestations d’artistes locaux comme d’autres plus prestigieux. En été, sa terrasse était incomparable… du moins jusqu’à ce que le gouvernement étatsunien construise la monstruosité architecturale bunkeresque qui lui sert d’ambassade au milieu des années 1990, bloquant toute la vue vers la colline parlementaire.

Eh bien! J’apprends ce soir en feuilletant les nouvelles de la capitale (ça m’arrive), que le café a récemment déménagé. Qui plus est, le déménagement a été motivé par l’état de délabrement du bâtiment, qui, paraît-il, a «atteint la fin de sa vie utile». Et voilà que le Conseil municipal a autorisé sa démolition. Ce qui le remplacera n’est pas encore décidé, parce que le bâtiment proposé jure vraiment avec l’environnement bâti. Surtout, l’édifice illustré dans l’article en lien n’a rien de la chaleur de l’original…

Bon. Ça me fait un endroit de moins à visiter lors de mon prochain passage à Ottawa, apparemment. Ça fait partie de la vie, mais ça ne me rajeunit pas (les souvenirs dont je parle datent maintenant d’une vingtaine d’années!). Il me reste toujours, une rue plus loin, une délicieuse gelateria qui n’a pour seul inconvénient d’être trop occupée durant les mois d’été… mais où les souvenirs abondent aussi.

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2 commentaires sur « Un rien de nostalgie »

  1. Cet endroit va me manquer à moi aussi, d’autant plus que ce fût le décor de mon premier rendez-vous avec ma douce moitié…

  2. J’avais presque oublié! En effet. C’était un de ces endroits romantiques à souhait où l’on pouvait s’éterniser sans pour autant que le personnel nous indique la direction de la porte…
    Ceci dit, en fouillant autour, j’ai découvert qu’un autre de nos endroits préférés à Ottawa, Joy, est aussi fermé. Dammit!

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