Au menu du repas de Noël

Table Noël 2014Pour la journée de Noël, la famille d’Oyaté s’était annoncée. J’ai passé trois journées assez intenses aux fourneaux afin de préparer le repas. Il fallait non seulement qu’il y ait assez de nourriture pour le repas, mais aussi pour que les convives partent avec des restes suffisants pour nourrir tout ce beau monde pour un autre repas au moins. Car, voyez-vous, depuis quelques mois, et ce suite aux inondations de l’été 2013, ma belle-famille presque au complet se trouve à vivre en réfugiés. La maison de ma belle-sœur et celle de ma belle-mère ont été déclarées insalubres et tout ce beau monde (une vingtaine de personnes) a été évacué. En fait, deux de mes belles-sœurs et leurs enfants ont été déplacés il y a presque un an, parce que la maison qu’elles partagent est infestée par les moisissures. Elles et leurs familles ont d’abord vécu à l’hôtel (car il n’y avait pas de place ailleurs pour les héberger), puis pendant quelques mois dans une des deux résidences de personnes âgées désaffectées de la réserve, puis, depuis deux mois environ, dans ce camp que toute la réserve appelle «camp de détention»:

Camp refuge Morley octobre 2014
L’un des deux camps de «réfugiés climatiques» de Morley. Photo prise en octobre 2014. Cliquez pour agrandir.

Ne vous laissez pas tromper par la beauté enchanteresse des alentours, avec les Rocheuses (maintenant parées de neige) qui ceinturent le site. Il s’agit d’un camp mené de manière presque militaire, où les repas sont servis à heures fixes et où les invités ne sont pas les bienvenus. De plus, la nourriture est si mauvaise que tout ce beau monde souffre d’empoisonnements alimentaires. Je ne le dirai jamais assez: la manière dont le Canada traite les peuples autochtones est indigne d’un pays civilisé. Les blancs de Calgary ne vivent plus dans des camps, eux… Et je suis à peu près certain qu’on ne le leur servait pas de la nourriture avariée.

Mais passons… le menu du repas de Noël comptait:

Dinde Noël 2014L’inévitable gigantesque oiseau (11,175 kg) cuit avec farce «hollandaise».

Farce Noël 2014La plaque noircie sur la dinde est une tranche de pain qui ferme l’opercule dans lequel la farce a été insérée.

Tourtières Noël 2014Chacun avait sa tourtière individuelle (question de simplifier le service, même si cela n’a certainement pas simplifié la fabrication).

Soupe Courge Soupe PoisIl y avait également un choix de deux soupes: pois ou courge musquée. Bonne idée, parce que ce qui ne plaisait pas aux uns plaisait aux autres.

Ragoût Pattes 2014Pour la première fois de ma vie, je me suis amusé à préparer un ragoût de pattes de cochon, recette traditionnelle canadienne-française des Fêtes. Ma grand-mère en faisait un absolument délicieux, mais cela n’était pas nécessairement sa recette, puisqu’elle est décédée avant de pouvoir me la transmettre. De plus, depuis une vingtaine d’années, nous ne fréquentions plus la plus grande partie de ma parenté du côté paternel, donc mes souvenirs sont trop lointains pour les comparaisons.

Sauce Canneberges 2014Bien des gens ne peuvent imaginer la dinde sans son accompagnement de sauce aux canneberges. Je fais la mienne… qui est d’une simplicité enfantine à préparer, et la sers sans vergogne.

Salade Noël 2014Les jeunes (et moins jeunes) adorent la salade César. Gargantuesque. Photographiée ici avant d’y avoir ajouté vinaigrette et croûtons.

Pommes de terre 2014 Purée patates douces 2014Accompagnements: Pommes de terre et patates douces en purée. Simple, peu coûteux, et toujours satisfaisant. Je devais aussi faire cuire des légumes congelés que je n’ai finalement pas pu préparer par manque de contenants… et par manque de temps parce que tout ce beau monde est arrivé vers 14h30 et était affamé.

Sauce dinde 2014Pour napper viande et pommes de terre, bien entendu, une sauce préparée à partir d’une béchamel avec, cette année, une légère modification. J’avais dû préparer de la farine grillée pour le ragoût; elle a aussi servi à épaissir la sauce.

Je voulais également préparer de la bannique, mais il m’aurait fallu disposer d’un deuxième four. J’avais prévu la préparer la veille, mais l’énergie a manqué.

Bûche 2014Pour le dessert, une bûche, quoi de plus traditionnel. Il y avait également des biscuits sablés et au pain d’épice (j’ai d’ailleurs essayé une nouvelle recette, bien meilleure que mon originale, pour ces derniers).

Biscuits Noël 2014J’avais aussi préparé, pour emporter, trois tartes aux amélanches, préparées avec les fruits de notre jardin (mes amélanchiers ont été très productifs cette année!) et quatre pains aux bananes. Ma belle-mère raffole de mes tartes aux amélanches; mon conjoint, lui préfère ma version aux bleuets (que j’ai préparée ce soir).

Pour les recettes qui n’ont pas déjà été publiées sur ce blogue, je reviens dans les prochains jours! Je suis encore en mode récupération.

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6 commentaires sur « Au menu du repas de Noël »

  1. C’est pantagruélique. Je comprends néanmoins la motivation de cette quantité de nourriture qui met vraiment l’eau à la bouche. Et si nous passons, c’est sans doute que nous ne pouvons pas intervenir. J’attends la recette de la sauce aux canneberges avec impatience.

  2. Eh ben, quel travail!!! Je t’admire!! Je suis sûre que tout le monde s’est régalé 🙂 Quant à la situation dans ces « camps, » c’est une honte, je n’arrive pas à croire qu’ils n’aient toujours pas pu retrouver de situation stable et décente! Quand je pense qu’il y a trois jours, une femme de Calgary se plaignait à la radio parce que le gouvernement avait entièrement payé pour la reconstruction de sa maison… mais elle voulait profiter de la reconstruction pour rajouter une étable pour son cheval, et le gouvernement n’était pas d’accord de lui payer ça, quel scandale!!!! Pffff….

  3. Krn, je cherche par quel moyen je pourrais intervenir… malheureusement, en Alberta, il y a peu de support public pour les peuples autochtones, qui sont presque universellement considérés (à cause de diverses perceptions sociales et historiques largement fausses) comme un anachronisme. Nul doute que la lenteur à intervenir dans les diverses réserves pour régler les problèmes sociaux créés par l’état colonialiste qu’est le Canada est voulue. Faire la liste des problèmes causés par l’inertie du gouvernement fédéral à honorer ses obligations pourtant clairement établies dans des traités écrits serait trop long ici. Et pourtant, il doit bien y avoir quelque chose à faire… Je fais ma part auprès de mes proches pour leur rendre la vie plus tolérable.
    Dr. CaSo, je constate en lisant ton blogue que je n’ai pas été seul à renouer avec la cuisine ce Noël! Et effectivement, les complaintes des blancs privilégiés de Calgary me font rager. Ils vivent dans une bulle de privilège dont ils ne veulent surtout pas se rendre compte.

  4. Je vais patienter, je pense que le ragoût de pattes de cochons et la sauce aux canneberges sont en train de se préparer sous la neige.

  5. C’est vraiment horrible ces camps. Bravo à toi d’avoir préparé tout ça pour la belle famille. Au moins pour une journée ils auront quelque chose d’un peu meilleur à manger…

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