Un conférencier attendu

Murray Sinclair TalkLe 30 mars prochain, le collège accueillera le juge Murray Sinclair, qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation, laquelle a été chargée en 2008 de faire la lumière sur un peu plus d’un siècle de pensionnats autochtones à travers le Canada. Ceux-ci ont existé des années 1830 à 1996, ayant pour mission de déculturer les peuples autochtones afin de renforcer le pouvoir colonial de l’État canadien. Je pourrais en raconter bien davantage, mais disons que je veux garder ce billet plutôt court.

Qu’il suffise de dire que, après que la Commission a entendu au-delà de six mille témoins, elle a rendu son rapport en décembre dernier. En bon historien (et puisque le sujet m’intéresse autant personnellement que professionnellement), je me suis procuré le document, disponible en français aussi, pour celles ou ceux qui seraient intéressé(e)s.

TRC Report Fronts TRC Report SideNon. Je n’ai pas encore tout lu. En fait, en mai de l’an dernier, lorsque le rapport préliminaire a été publié, j’en ai lu la portion historique et je l’ai fait lire à mes étudiants du cours sur l’histoire autochtone. Cela a engendré un intéressant débat… mais aussi des tensions qui ont révélé la profondeur des dissentions qui se font jour aussitôt que l’on met la plupart des descendants de colons (je m’inclus) devant l’évidence d’un système qui non seulement a opprimé des générations d’autochtones, mais qui continue à créer une société où le racisme systémique et l’oppression culturelle et économique fait partie de la réalité quotidienne.

J’ai bien hâte de rencontrer le juge Sinclair… et je ne peux qu’espérer que le travail de la Commission aidera à établir les bases d’une certaine réconciliation.

On peut consulter le site du Centre national pour la vérité et la réconciliation, qui continue le travail de la Commission.

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2 commentaires sur « Un conférencier attendu »

  1. Je viens de jeter un coup d’œil sur le rapport préliminaire dont le lien figure dans l’article. Je crois que je vais prendre le temps de le lire.
    Il est intéressant de remarquer qu’un peu partout, des initiatives pour rétablir une certaine équité entre les différentes ethnies qui partagent un territoire voient le jour et aussi que les injustices commises par le passé soient reconnues. Il en existe malheureusement encore trop pour lesquelles la réconciliation n’est pas à l’ordre du jour. On peut dire la même chose de beaucoup de communautés minoritaires perdues entre les autres.
    On peut toujours parler de civilisations. En réalité, c’est toujours le gros chien qui croque le petit, même s’il regrette après.

  2. Il y a énormément de chemin à faire en matière de réconciliation… la vie dans notre foyer en témoigne assez souvent, puisque vivre avec Oyaté me permet de percevoir à quel point le racisme ambiant est omniprésent.

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